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de ses vignes, des aqueducs qu'il a fait bâtir, de ses viviers, de ses esclaves, de ses trésors en or et en joyaux, de sa grandeur, qui a été plus élevée que celle de lous ceux qui ont été à Jérusalem avant lui, de sa sagesse divine ; il parle encore des sentences et des proverbes qu'il a mis en ordre, Eccl. 42, 44 . 42., cf. 1 R., 4, 32., etc.; il n'y a qu'un type qui réponde à tous ces caractères. Toutefois, nous devons mentionner l'opinion des Talmudistes, qui attribuent cet ouvrage au roi Ezéchias; celle de Grotius, qui l'attribue à Zorobabel; celle de Kimchi, qui l'attribue à Esaïe. Kilto pense qu'un auteur plus récent s'est servi du nom de Salomon, comme personnifiant la sagesse en Israël, pour introduire ses idées sur la vanité des choses terrestres et l'importance suprême de la piété. C'est la présence de plusieurs expressions toutes modernes qui fait hésiter beaucoup d'écrivains à reconnaître Salomon pour l'auteur de ce livre.
Au dire des rabbins, confirmé par saint Jérôme, quelques-uns de ceux qui recueillirent les livres saints après la captivité, furent d'avis de ne pas insérer PEcclésiaste dans le Canon, de peur que des esprits faibles ne fussent scandalisés de certains passages obscurs qui s'y trouvent, et qu'ils pourraient mal interpréter, par exemple, 3, 48-22. 4, 4-3. 9, 2., etc., et ils ne s'y décidèrent qu'à cause des conclusions. Effectivement, quelques versets trahissent un matérialisme révoltant-, ils rappellent dans leur genre ce passage des Romains, 6, 1 . : « Péchons, afin que la grâce abonde », et ces paroles du même apôtre, 4 Cor. 45, 32.: « Mangeons et buvons, car demain, nous mourrons » ; si les unes et les autres de ces paroles impies se trouvent dans l'Ecriture, celles du N. T. pourront nous expliquer celles de l'Ancien; dans l'un et l'autre cas, ce sont les raisonnements du pécheur reproduits par l'Esprit-Sainl pour être combattus. Le but de l'auteur a été de démontrer la vanité des choses de la terre comme telles, et l'excellence de la sagesse et de la vraie religion; son ouvrage présente une espèce de dialogue dont les rôles sont quelquefois assez difficiles à distinguer, parce que les interlocuteurs se rencontrent en plusieurs points, et que celui qui relève la grandeur divine s'accorde avec l'autre à dire que tout n'est que vanité. Ou peut supposer avec Grotius un homme de bien discutant avec un impie ou un Sadducéen; c'était une forme qu'affectionnaient volontiers les anciens, Platon, Xénophon, etc.; cependant le dialogue n'est pas aussi marqué que dans les ouvrages de ces philosophes. Il paraîtrait plutôt que Salomon discute avec luimême, soit qu'il reproduise les arguments sadducéens que sa profonde intelligence lui avait
1 certainement fait pressentir, soit aussi que le roi pénitent raconte ses erreurs passées, et le matérialisme insensé qui avait été pour lui le fruit de ses débauches et de son idolâtrie. Quoi qu'il en soit, on voit dans ce livre des opinions contraires mises en présence; il y a donc deux hommes qui parlent, fictifs peut-être, et les doutes de l'un ne sauraient pas plus être comptés au nombre des paroles sacrées, que les discours des rois impies, des faux prophètes, et de Satan lui-même, qui sont reproduits en maint endroit de nos saints livres.
On a souvent remarqué la solennité avec laquelle s'ouvre le ch. 5e; l'impie, dégoûté, mais non désabusé, a critiqué tout ce qui se fait sur la terre; il s'est plaint de voir prospérer le méchant, le faible tomber sans consolateur; le Sa^e lui répond : « Quand tu entreras dans la maison de Dieu, prends garde à ton pied; ne te précipite pas à parler; Dieu est au ciel et toi sur la terre ; c'est pourquoi use de peu de paroles. >» Homme chétif! tu veux critiquer cet univers, qui marche, conduit par la puissante main de Dieu ; tu veux aborder le temple mystérieux de la Providence; tu veux sonder la profonde sagesse; eh bien, sois au moins prudent, ne te hâte pas de juger, et regarde.
Il est difficile de donner une idée exacte du plan de cet ouvrage ; on peut le diviser en trois parties : 1° la thèse 4, 4-3.; — 2° le développement, 4, 4.-4 2, 8.; — 3° la conclusion 42, 8-46. Le développement lui-même comprend deux parties principales : l'une négative, sur la vanité des choses de la terre ; elle va jusqu'à 6, 9.; l'autre, positive, sur la nature, l'excellence et les effets bienfaisants de la révélation divine, jusqu'à 42, 7. Quant à l'ordre des idées, on ne peut pas le déterminer, et malgré tous les efforts qu'on a faits, on n'a pas réussi à exposer l'enchainement méthodique des arguments, soit que l'âme trop pleine du prophète ail débordé de tous côtés, versant à la fois le désespoir et l'espérance, les plaintes et le repentir, les vieilles erreurs et la nouvelle intelligence; soit, comme le dit naïvement Heidegger, soit que nos humbles esprits ne soient pas capables de suivre la logique subtile et déliée d'un si grand roi. — Le dernier chapitre présente à un haut degré ce caractère d'autorité que les païens remarquaient dans les discours de Jésus ; le sage ne discute plus, il affirme; il ne raisonne plus, il impose : « Jeune homme, marche comme ton cœur te mène, mais sache que pour toutes ces choses Dieu t'amènera en jugement. — Crains Dieu, et garde ses commandements, car c'est là le tout de l'homme; parce que Dieu amènera toute œuvre en jugement, louchant tout ce qui est caché, soit bien, soit mal. »
Personne n'était mieux qualifié que Salomon {