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en effet des réunions régulières d'instruction qu'ils tenaient les jours de sabbat, les jours de nouvelle lune, et à d'autres moments déterminés; on peut le conclure de 2 R. 4, 23. De ces écoles sont sortis plusieurs historiens et poêles sacrés, 1 Chr. 29, 29. 2 Chr. 9, 29. 12, 15. 13, 22., etc., quoique l'exemple d'Amos nous montre que le ministère prophétique restait entièrement indépendant de toute forme extérieure de vocation et d'éducation.

Ces réunions subsistèrent jusqu'à la captivité de Babylone; on en trouve peut-être encore quelques traces, Ez. U, 1 . 20, 1 . 8, 1 ., etc., puis elles furent remplacées par les synagogues, dont le nombre se multiplia tellement au retour de l'exil, que dans la seule ville de Jérusalem on en compta jusqu'à 394 ou 400; chaque corps de métier avait la sienne, les étrangers même en possédaient plusieurs.

ÉCRITURE. L'écriture fut de bonne heure connue des Hébreux; cependant l'on n'est pas d'accord sur l'époque où elle fut introduite d'une manière générale, et deux opinions passablement tranchées sont encore en présence aujourd'hui. Hengstenberg et Hsevernick réclament déjà pour les patriarches la connaissance de l'art d'écrire; Wincr ne la fait remonter qu'aux jours de Moïse; Hartmann et Bohlen veulent même ne lui donner qu'une origine beaucoup plus récente. Nous ne dirons rien de cette dernière opinion qui n'a pour elle qu'une volonté et des préoccupations dogmatiques, non plus que de celle qui attribue à Adam l'invention de l'écriture et la composition d'un livre; quant aux prophéties d'Enoch, dont il est parlé Jud. 14. v. Enoch. En faveur de la première opinion, Haevernick(Einleit., p. 269 sq.) a réuni un grand nombre de passages et de présomptions diverses, qui ne sont pas tous également probants, mais dont l'ensemble milite avec beaucoup de force à l'appui de sa thèse. Les rapports fréquents des Hébreux avec les Phéniciens, les richesses et la prospérité de Sidon, ses vaisseaux bien connus des patriarches, Gen. 49, 13., les relations du Nord avec le Sud, les marchands madianites venant de Galaad pour se rendre en Egypte, Deut. 3, 12. Gen. 37, 25., les ornements et autres articles de luxe, mentionnés dans l'histoire des patriarches, Gen. 43, 11.24, 22. 37, 3., les échanges, et l'emploi de l'argent comme valeur déterminée, 20, 16., tout indique un degré de civilisation tellement avancé, qu'il est difficile de croire que la culture intellectuelle n'ait pas marché de pair avec un pareil développement, et que l'écriture ne soit pas devenue une nécessité. — L'histoire de Juda et Thamar, Gen. 38, 18. nous présente une autre trace qui semble indiquer la connaissance de l'écriture; il y est parlé

d'un cachet (cf. Hérod., 1, 195); or un cachet suppose l'art de graver, qui suppose à son tour l'écriture. - Le mot hébreu employé Gen. 41, 8. pour magicien est un composé du mothhéret, Es. 8, 1.,qui signifie) un burin à graver (une touche de fer, Job 19, 24); nouvel indice. — Enfin le mot shoterim, traduit par commissaires, Ex. 5, 6. et ailleurs, et qui se rencontre fréquemment dans le Deutéronome, même en parlant de temps antérieurs à Moïse, signifie proprement écrivains, inscripleurs; c'étaient peut-être des espèces de commis teneurs de livres, comme il y en eut plus tard, surtout parmi les Lévites, un grand nombre, chargés des registres généalogiques et des dénombrements.

A ces traces antémosaïques on objecte, que les patriarches sont représentés dans la Genèse comme se faisant des monuments naturels, des autels, des monceaux de pierres, des arbres, pour suppléer à l'absence de l'écriture et pour seconder la mémoire. On voit en effet plusieurs mémoriaux de ce genre; mais d'abord nous ignorons s'ils ne portaient pas quelques inscriptions, et ensuite il est peu probable que leur simple existence secondât suffisamment la mémoire, si du reste aucun signe caractéristique ne venait rappeler l'événement : ces monuments d'ailleurs se retrouvent encore après les temps mosaïques, et même de nos jours sans qu'on puisse nier l'art d'écrire.

A l'époque de Moïse on ne peut plus douter que l'écriture, ne soit bien connue ; Moïse écrit la loi, la fait lire par le Lévite, copier pour l'usage des rois, Deut. 31, 9. 11. 17, 18.; les anciens d'Israël sont convoqués par écrit, Nomb. 11, 24. 26.; les imprécations prononcées contre la femme soupçonnée d'adultère, au cas qu'elle soit coupable, sont écrites dans un liore, Nomb. 5, 23. (puis effacées avec de l'eau, ce qui laisse supposer qu'elles étaient écrites sur des peaux de bêtes, et non sur des matières plus altérables); les pierres sont sculptées, même on y grave des noms, Ex. 35, 33.28, 36. Deut. 27, 8. en lettres tantôt fines, tantôt fort grandes; des passages écrits doivent servir de fronleaux aux Israélites au lieu des amulettes égyptiennes, Ex. 13, 16. Deut. 6, 8. 11, 18.; les poteaux des maisons sont recouverts d'inscriptions pareilles, 6, 9. ; enfin l'époux qui veut répudier sa femme doit lui donner une lettre de divorce, Deut. 24, 1-*- — On peut voir ensuite, pour l'époque qui suivit Moïse, Jos. 24, 26. 8, 32. 34. 35. 18, 4. 6. 9. Jug. 5, 14. 8, 14. Jér. 52, 25. etc. Ez. 9, 2. - Dans les premiers temps, et pour les actes d'une certaine importance, des masses solides, des rochers sont les matériaux dont on se sert, Ex- 24, 12. 31, 18. 34, 1. Deut. 10, 1. 27, 8.; de lourds et puissants burins de fer sont les plu-

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mes des écrivains, Job 19, 24. Jér. 47, 1. Des plaques de mêlai, et quelquefois de bois,*servent cependant aussi à recevoir les caractères, Ex. 28, 36. Nomb. 47, 2.; on trouve encore mentionnés parmi les objets en usage l'encre, Jér. 36, 48., cf. 2 Jean 42. 3 Jean 43. 2 Cor. 3, 3.; un canif, Jér. 36, 23.; une pointe de diamant pour graver, Jér. 47, 4., cf. Es. 8,4.; des plumes, Jér. 8, 8., cf. 3 Jean 43. Du papier égyptien semble mentionné 2 Jean 42., et des feuilles de parchemin 2 Tim. 4, 43. On se servait aussi de tablettes légères pour l'usage journalier, Luc 4 , 63. Les ouvrages un peu volumineux étaient écrits sur des feuilles réunies en rouleaux, Jér. 36, 14. Ez. 2, 9. Zach. 5, 4. Ps. 40, 8; cf. Luc 4, 47. 2 R. 49, 4 4. Apoc. 6, 4 4., et divisées en colonnes, Jér. 36, 23. Le plus ancien manuscrit connu se trouve à la Bibliothèque de Turin; il remonte à la 5° année de Mœris-Tboutmosis, env. 4,732 ans av. C, et par conséquent aux jours de la naissance de Moïse.

ÉDEN. 4° Gen. 2, 8. v. Paradis. — 2° Am. 1 , 5. ou Belh-Eden, maison de plaisance des rois de Damas, située sur le Liban. Selon Gesenius, une ville de ce nom existerait encore a la même place. — 3° Les enfants d'Eden ou Héden, 2 R. 49, 42. Es. 37, 42., habitaient le pays de Télasar, q. v. D'après Ez. 27, 23. ils faisaient le commerce avec Tyr, et comme ce nom est lié avec Haran dans tous ces passages, on voit que c'est dans la direction est ou nord-est, sur les bords de l'Euphrale ou du Tigre, qu'il faut l'aller chercher. — Le mot Eden ou Héden, qui rappelle le grec f,5cvrj, signifie plaisir, délices.

EDOM (roux, rouge), Edomites ou lduméens; peuplade issue d'Esau, q. v. Ils s'établirent dans les montagnes de Séhir, après en avoir exterminé ou subjugué les anciens habitants, Deut. 2, 42.; ils étaient divisés par tribus et gouvernés par des ehefs, Gen. 36, 45. sq. (mal traduit ducs). Moïse demanda au roi d'Edom la permission de traverser son pays pour entrer en Canaan, mais Edom refusa, Nomb. 20, 4 4., et les Israélites se détournèrent de leurchemin, parce que pieu leur avait défendu de traiter hostilement cette peuplade, Deut. 2, 4. Ils demeurèrent indépendants jusqu'au temps de David qui les assujettit et accomplit la prophétie d'Isaac, que Jacob asservirait Esaû. L'es Edomites ne supportèrent qu'impatiemment le joug des rois de Judée, et dès la Un du règne de Salomon, Hadad, iduméen, beau-frère de Pharaon, qui avait été transporté en Egypte fort jeune, revint dans son pays et fut proclamé roi, 1 R. 41, 17-22.; sa domination ne s'étendit probablement que sur lidumée orientale, car les autres lduméens qui étaient au midi de la Judée demeurèrent dans l'obéissance des rois de Juda jusqu'au règne de Joram, (ils de Josaphat ; ils

essayèrent alors de secouer le joug, et réussi, rent pour un temps, 2Chr. 21. Amatsia, fils de Joas les soumit de nouveau, se rendit maître de Pétra, et précipita dix mille d'entre eux du haut d'une roche dans la mer, 2 Chr. 25. Hozias (Hazaria) prit sur eux la ville d'Elalh sur la mer Rouge, 2 R. 44.; mais Relsin la reprit, 16, 6., et ces conquêtes n'eurent pas de suite. Les prophètes reprochent fréquemment aux Edomites leur jalousie et leur haine contre Israël, Joël 3, 49. Am. 1, 41. Ps. 4 37, 7. Lara. 4, 21. Ez. 25, 12. 35, 45. Cette inimitié se manifesta surtout lors du siège de Jérusalem par Nébucadnelsar, quoiqu'ils n'aient pas pris alors une part active aux combats. Abdias leur annonça que leur joie maligne serait punie, et cinq années après la prise de Jérusalem, Nébucadnetsar, jaloux, et se méfiant d'un peuple qu'il connaissait perfide, tomba sur Edom et le ravagea ; ainsi font les alliés de ce monde. Pendant l'exil, un grand nombre d'entre eux vinrent habiter la partie méridionale de Juda qui était déserte (cf. Ez. 35, 40. 36, 5.); expulsés de ce pays, ils méditèrent d'y rentrer, Mal. 4, 4., mais ils n'y réussirent qu'en partie. Cependant à dater de ce moment leurs frontières sont changées; ils ont quitté leur territoire de sables et de montagnes, et ils possèdent une portion notable de la tribu de Juda et de celle de Siméon. Plus tard, Judas Maccabée les attaqua et les battit à plusieurs reprises; Jean Hyrcan les subjugua de même; il leur imposa l'obligation de se faire circoncire, et de se soumettre aux autres lois de Moïse. Dès lors ils furent en quelque sorte incorporés à la nation juive ; ils restèrent soumis aux derniers rois de Judée, et vinrent défendre Jérusalem contre les Romains; mais . bientôt ils quittèrent la ville, et repartirent pour ridumée chargés de butin. — Hérode le Grand était Iduméen, et l'empereur Philippe, dit l'Arabe, l'était pareillement, étant né à Botsra.

Les Edomiies étaient adonnés au commerce par mer et par terre, à l'agriculture et à l'élève des bestiaux, Nomb. 20, 47. Quant à leur religion, elle est peu connue; nulle part l'Ecriture ne leur reproche l'idolâtrie ou ne mentionne leurs idoles; il est à croire que la connaissance du vrai Dieu se conserva parmi eux pendant les premières générations depuis Esaû ; une tradition porte même qu'ils adoraient Moïse (Epiphane), et ce qui fortifierait cette opinion, c'est que Josèphe appelle Kosé, ou Cbosé l'une de leurs divinités. Ce nom qui signifie en hébreu un voyant, un prophète, s'applique parfaitement au législateur des Hébreux. Cependant, leur religion n'était pas identique avec celle des Juifs, puisque Hyrcan ne put les y amener que par la force.

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