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où élève des bestiaux a toujours été en Orient, surtout daus l'antiquité, une occupation importante et très respectée; les Hébreux, en particulier, faisaient remonter jusqu'à Ahel le Juste la généalogie des bergers. Pareils aux Bédouins d'aujourd'hui, les patriarches et les Israélites voyageaient en hordes nomades, cherchant di s pâturages vastes et fertiles dans les plaines méridionales de Canaan, de l'Arabie Pétréc, et des contrées qui avoisinent l'Egypte, Gen. 4 2, 40. 43, 9.; ils y passaient ainsi des années sous des tentes, vêtus et nourris du produit de leurs troupeaux, faisant venir leur blé d'Egypte, Gen. 42, et achetant parfois aux caravanes en passage quelques-unes de leurs marchandises précieuses, 37, 25. Ils avaient des troupeaux de bœufs, de chèvres, et de moulons, puis des ânes et des chameaux pour le transport, 12, 46.; des esclaves des deux sexes étaient chargés des soins matériels du troupeau, et pouvaient, en cas de danger, former de petites armées, 44, 44. — Après que les Hébreux se furent établis dans des villes fortifiées, ils continuèrent encore de s'occuper de leurs troupeaux, et plusieurs des lois de Moïse sont dirigées dans ce sens, celles sur les viandes défendues ou permises, celles en faveur des animaux. Ex. 23, Deut. 25, etc. On comptait en Palestine de fort riches propriétaires de bestiaux, 4 Sam. 25, i., principalement dans les tribus transjourdaines qui, libres de s'étendre avec leurs troupeaux jusque sur les bords de l'Euphrate, reliraient le plus grand prolit de cette vie nomade, Numb. 32, Jér. 50, 19. Mich. 7, 4 4. Les tribus cisjourdaines s'étendaient aussi quelquefois vers le sud au delà des limites de Canaan, et conduisaient leurs troupeaux dans ces forêts et ces plaines inhabitées qui portaient le nom de Déserts (v. cet an.). Des rois eux-mêmes eurent des troupeaux considérables, 4 Chr. 27, 29.
Le bétail passait tout l'été en plein air, et se rassemblait la nuit dans des parcs, comme chez nous; il pouvait, en conséquence, facilement arriver que quelques pièces de ces nombreux troupeaux s'égarassent, 4 Sam. 9, 3. Matin. 4 8, 4 2. Lorsque approchait la saison des pluies, c'est-à-dire au commencement du mois de marchesvan (novembre), les troupeaux rentraient dans leurs écuries où ils restaient jusqu'à Pâques.
Voyez encore les iiri. Berger, Bœuf, Brebis, etc., ainsi que notre observation sur le fumier de ces animaux, dont on se servait quelquefois comme combustible, après l'avoir séché au soleil.
ÉGLAJIM, ou Eglayim (les veaux}, Es. 13,8. ville peu connue; ou trouve Ez. 47, 10. Dené- ^lajim, ville des Moabites , qui. d'après saint Jérôme, aurait été située à l'embouchure du
Jourdain, au nord de la mer Morte; il n'est pas probable, quoique possible cependant, que l'une et l'autre soient la même. Eusèbe nomme une ville, -Igalliim, et Josèphe, Âgalla, à 8 milles (14 kiiom.) sud d'Aréopolis, qui peut être Eglayim. mais serait trop loin de la mer Morte pour être Henéglajini; les villes d'Es. 13, et Ez. 47, seraient alors différentes. Douteux.
EGLISE. On s'accorde de plus en plus eu nos jours, à reconnaître que la Parole de Dieu n'a mis aucune précision dans ses ordres relatifs aux formes extérieures et à l'administration de l'Eglise, y. Baptême et Cène. C'est ce que nous retrouvons lorsque nous cherchons la définition même de ce qu'est cette Eglise. La Bible n'est positive que sur deux grands sens généraux de ce mot. Il désigne primitivement, et en droit, l'ensemble ou {'assemblée de tous les vrais fidèles, et d'eux seuls, Eph. 5, 25-32.; puis, dans la pratique ou en fait, comme il est impossible de distinguer ici-bas les vrais lidèles d'avec ceux qui ne font qu'une profession extérieure, et les vierges folles d'avec les sages, il désigne tout ce qui porte ou prend le nom de chrétien, et par conséquent les deux extrêmes de l'idée dont il s'agit, c'est-à-dire ou l'Eglise pure, abstraite et parfaite, ou l'assemblée telle quelle, de tous ceux qui professent être de Christ, si profond que puisse être d ailleurs leur égarement ou leur décadence. C'est ainsi que, d'un côté, le passage aux Ephésiens cité plus haut, nous représente l'Eglise comme sans tache, tandis qu'ailleurs il est dit, en parlant de l'Eglise, que dans une grande maison il n'y a pas seulement des vases à honneur, mais d'autres à déshonneur, 2 Tini. 2, 20. La preuve que les vases à déshonneur désignent ici des hommes étrangers à la vraie Eglise, se trouve dans les versets qui précèdent, comme d;ms ceux qui suivent immédiatement. C'est encore dans ce dernier sens qu'il est dit de l'Eglise de Sardes, que ce n'étaient qu'un petit nombre de ses membres qui étaient vivants, Apoc. 3, 4., etc. Par conséquent, toute congrégation qui s'établii entre ces deux extrêmes, et qui se donne pour un fragment de la vraie Eglise, de l'Eglise normale, est par cela même dans l'erreur : elle est trop pure pour être composée selon les règles de la vraie Eglise visible, qui admet tout ; elle n'est pas assez pure pour être composée comme l'Eglise parfaite, puisqu'elle renferme encore beaucoup de péché, et qu'elle est toujours sujette à receler des hypocrites. Mais comme professant le christianisme, elle appartient néanmoins au grand ensemble et a celte Eglise générale qu'elle méprise.
Nous n'avons point à répéter ici des réflexions qui se trouvent ailleurs, et qui repoussent un rang des absurdités les prétentions d'une por-
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lion quelconque de l'Eglise universelle a former seule l'Eglise visible de Christ. Cette observation s'applique par excellence à la fraction catbolique-romaine qui, par plusieurs détails de son système, par son culte matériel, par l'importance qu'elle attache aux traditions, et surtout par le caractère charnel de sa puissance, constitue plutôt l'un des éléments les plus prononcés du règne des ténèbres dans le monde. Cependant, elle aussi, elle appartient à l'Eglise générale, puisqu'elle professe le christianisme.
Notre Seigneur n'a établi aucun pouvoir central sur l'Eglise extérieure .: les apôtres, lorsqu'ils furent appelés à décider pour la première fois une grande question de foi et de discipline, s'adjoignirent les membres les plus âgés de l'Eglise de Jérusalem (ce qu'on a appelé les prêtres), et même la masse des fidèles, Act. 15, 22. 23. Tout le N. T. nous annonce l'égalité des fidèles entre eux, quoique dans les choses d'administration, et comme principe d'ordre, ils doivent une déférence particulière à leurs conducteurs spirituels. Quant au pouvoir proprement dit de F Eglise, il ne réside absolument que dans l'ensemble des fidèles, comme les termes seuls suffiraient pour l'indiquer, puisque le dernier de ces mots n'est que la traduction du premier. — La vieille folie d'une principauté de saint Pierre n'existe plus qu'à l'état de fiction, comme la pierre angulaire d'une société vermoulue qu'on voudrait renouveler et qu'on craint de démolir; ce n'est plus une affaire religieuse, c'est une affaire politique et presque sociale, où l'Eglise n'a rien à démêler.
On a tenté dernièrement (version suisse du N. T.) de traduire le mot Eglise par le mot correspondant français que nous avons employé nous-même, assemblée; cette traduction est fort utile et fort importante lorsqu'il s'agit des églises particulières, mais le mot ne va plus dans la plupart des cas, lorsqu'on l'applique à l'Eglise en général ; on éprouve alors une espèce de repoussemenl instinctif qui indique assez que le mot ne correspond plus à l'idée; et de fait, quoi qu'il en soit de l'élymologie, le mot Eglise a pris dès l'origine, et a acquis dans le cours des siècles, une signification plus ample, plus large et aussi plus spéciale, plus religieuse, que le sens qu'on donne au mol assemblée. L'usage étant « le maître souverain des langues, » il n'est pas toujours permis d'innover, et l'on ne peut changer le sens de certains mots une fois qu'il est admis et déterminé depuis longtemps.
L'Eglise de Jésus a reçu la promesse que les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle, Matlh. 46, 48.; celte promesse ne se rapporte qu'à elle et non à aucune Eglise particu-
lière, toujours frappée au coin de l'homme, et par là même incomplète et périssable. L'Eglise, romaine renouvelle de nos jours de grands efforts pour rétablir son règne qui s'en va; elle sait braver à la fois le ridicule et l'indignation publique: le protestantisme lui-même est dans un état de crise qui l'affaiblit sous quelques rapports, et présidera peut-être à sa régénération; l'Eglise ne subsiste que par la vérité, la victoire restera à la fraction de l'Eglise qui sera le plus près de la vérité. Des douleurs attendent ce petit troupeau, mais il triomphera par son chef, et régnera éternellement.
Les diverses questions soulevées par l'idée d'Eglise, sur les rapports des fidèles entre eux, des fidèles avec leurs pasteurs, des pasleurs entre eux, de l'Eglise avec l'Etat, etc., ont été examinées avec soin et sous différents points de vue ces dernières années. Quelques livres et de nombreuses brochures ont été publiés; outre les travaux de MM. Bauty, GrandPierre, Burnier, Roehat, Guers, F. Olivier, Panchaud, Moulinié, Monsell, Darby, van Muydcn, de Mestral, etc., nous citerons spécialement la Théorie de l'Eglise, du docteur Sehérer, traitée au point de vue scientifique; les Recherches de À. Bost, relatives à l'organisation de l'Eglise, ouvrage qui renfermait en germe la formation de l'Alliance évangélique ; l'Essai de Vioet, où le plus puissant talent vient en aide à la conviction la plus arrêtée quant à la nécessité de maintenir l'autonomie de l'Eglise, en la séparant de l'Etal; enfin la Réponse de M. de Rougemont au livre de M. Vinet, la plus solide des nombreuses réfutations que ce travail a fait surgir, et l'une des meilleures sous le rapport de l'esprit chrétien.
Les questions d'Eglise ne peuvent avoir de gravité qu'autant qu'elles impliquent des questions de foi, de fidélité et de liberté ; en dehors de là loul est volontaire, parce que les Eglises sont des associations librement consenties qui doivent travailler, chacune pour sa part et suivant les circonstances dans lesquelles elle se trouve, au plein développement de la vie spirituelle de leurs membres. Il ne peut pas plus y avoir un moule pour les Eglises, qu'il n'y en a pour l'individualité humaine. Chaque Eglise a sa mission spéciale et son œuvre particulière dans le plan de Dieu. A tout être vivant sa forme et son élément, mais à tous la vie.
Quant aux sept Eglises de l'Apocalypse, v. Epitres.
EGYPTE, en hébreu >litzrayim (le second fils de Cam, Gen. 40, 6.), et dans la langue poétique Matsor, Es. 4 9, 6. 37, 23. (mal traduit digues ou forteresses), Mieh. 7, 42. (mal traduit villes fortes), quelquefois terre d»- Cam q. v., Ps. 78, 54. 405. 23., ou Rahab, Es. 3»,
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7. 51, 9. Ps. 87, 4. L'Egypte porte encore de nos jours le nom de Misr.
Mitsraïm, qu'on prend d'ordinaire pour te duel d'un nom sémitique (Matsor), est, comme Patbrusim, Naph.iuchim, etc., un mot égyptien avec la terminaison sémitique du pluriel ; il faut lire Mitsra-ïm, et non Mitsr-aîm. C'est ce que prouve le nom de l'Egypte chez les anciensPhéniciens. Misra, qui a perdu sa voyelle finale dans le Mesr des inscriptions cunéiformes de l'Assyrie, et dans le Misr des Arabes modernes, Mis-ra,ou Mes-ra, signifie en ancien égyptien: fils de soleil ; avec l'article, Mis-pAe-ra, fils du soleil. Pline, 36, 4 4., connaît un roi d'Héliopolis, Mesphérès ou Mesphrès, qui passait pour avoir élevé le plus ancien obélisque, et qui pourrait bien être le fils de Cam en personne. Il est fort probable en effet que, venant de Babel, Mitsraïm se sera établi à l'entrée de l'Egypte, et qu'il est le fondateur d'Héliopolis, la seule ville considérable qui existât à l'est du Nil, et la cité saiote par excellence de tout le royaume des Pharaons. Le nom de cette ville et celui de Mis-ra nous apprennent que le culte du soleil a été la première forme que l'idolâtrie a prise chez les Camiles du Nil, et l'obélisque de Mesphrès est le plus antique symbole par lequel ils ont figuré leur dieu suprême. Nous avons dans ces faits le point de départ et la clef de toute l'histoire politique et religieuse de l'Egypte (Rougemont).
Célèbre par le rôle merveilleux et presque énigmalique qu'elle a joué dans l'histoire du développement de l'humanité, celte contrée est bornée au nord par la Méditerranée; à l'orient, par l'Arabie et la mer Rouge; au sud, parla Nubie ; à l'occident, par les déserts de Barca et de Libye. La vallée du Nil, longue d'environ 900 kilom., et large de 45 à 20, est comprise entre les collines arides de la chaîne libyque â l'ouest, et la chaîne arabique â l'est; des montagnes granitiques s'étendent le long de la mer Rouge, et renferment des carrières de porphyre. On l'a souvent divisée en trois parties principales , la Haute - Egypte ou Thébaïde (v. Pathros); la Moyenne-Egypte, ou Heplariomis, dans laquelle se trouvaient les lacs de Mœris et de Menis, et la Basse-Egypte, qui renfermait les bouches du Nil ou Delta. Par les inondations périodiques du grand fleuve, que l'on sut de fort bonne heure utiliser au moyen de canaux, Es. 7, 18. Ez. 30, 42. 32, 14. et de machines, Dent. 4 4, 4 0., et dont on conduisait ainsi le limon dans des districts qui fussent restés stériles sans ces irrigations factices, l'Egypte est devenue une des contrées les plus fertiles de la terre, et une source inépuisable d'approvisionnements pour l'Europe et l'Asie, Gen. 12, 10. 44, 57. Ex. 10, 3. Tacit., Hisl., 3,
8. 3. ». Fleuve. Outre le blé qui était son principal revenu, l'on y trouvait encore en abondance des oignons, des aulx, des haricots, des courges, des concombres, des melons, des poireaux, du lin, du coton, du vin, le palmier, le figuier, le sycomore et l'acacia, cf. Nomb. 1 1 , 5. Ex. 9, 34. et les auteurs profanes : le bois cependant y était rare, soit bois de construction, soit combustible. Le Nil produisait encore le papyrus, et nourrissait toutes sortes de poissons, Nomb. 44, 5. Es. 49, 8.; sur ses bords habitaient l'hippopotame et le crocodile. Les volailles y étaient prodigieusement nombreuses; le bétail, et principalement les bêles à cornes, étaient fort estimées; les chevaux y abondaient, forts, souples et bien faits, 4 R. 40, 28. Es. 34, 4. 36, 9. Jér. 46, 4. Ez. 47, 45. Le pays était riche en pierres de construction, granit, grès et calcaire; on y trouvait même des mines d'or dans la partie supérieure.
L'Egypte, dit Hérodote, est un don du Nil ; c'est à lui qu'elle doit son existence. Et Napoléon, dans ses Mémoires, présente sur ces inondations les observations suivantes : « Elles sont régulières et productives ; régulières, parce que ce sont les pluies du tropique qui les causent; productives, parce que ces pluies, tombant par torrents sur les montagnes de l'Abyssinie, couvertes de bois, entraînent avec elles un limon fécondant que le Nil dépose sur les terres. Les vents du nord régnent pendant la crue de ce fleuve, et par une circonstance favorable à la fertilité, en retiennent les eaux... Le Nil commence â s'élever au solstice d'été -, l'inondation croît jusqu'à l'équinoxe, après quoi elle diminue progressivement. C'est donc entre septembre et mars que se font tous les travaux de la campagne. Le paysage est alors ravissant : c'est le temps de la floraison et celui de la moisson. Après le mois de mars, la terre se gerce si profondément, qu'il est dangereux de traverser les plaines â cheval, et qu'on ne peut le faire à pied qu'avec une extrême fatigue. Un soleil ardent, qui n'est jamais tempéré ni par des nuages, ni par de la pluie, brûle toutes les herbes et les plantes, hormis celles qu'on peut arroser. C'est à cela qu'on attribue la salubrité des eaux stagnantes qui se conservent en ce pays dans les bas-fonds. En Europe, de pareils marais donneraient la mort par leurs exhalaisons; en Egypte, ils ne causent pas même des fièvres. » — Le même auteur ajoute plus loin : « L'Egypte a, de tout temps, excité la jalousie des peuples qui ont dominé l'univers. »
A ce jugement d'un grand juge, nous ajouterons quelques paroles d'un de ses contemporains, roi comme lui, dans un autre domaine, M. de Chateaubriand. « C'est dans ce pays dont tout amant des lettres ne doit prononcer le
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nom qu'avec respect, que nous trouvons les premières bibliothèques. Comme si la nature avait destiné celle contrée à devenir la source des lumières, elle y avait fait croître exprès le papyrus pour y fixer les découvertes fugitives du génie. C'est de ce coin du monde que l'aurore des sciences commença à poindre sur notre horizon, et l'on vil bientôt les lumières s'avancer de l'Egypte vers l'Occident, comme l'astre radieux qui nous vient des mêmes rivages. »
Une forte rosée remplace le bienfait des pluies du ciel. — Le chamsin, vent brûlant qui souffle du sud à l'équinoxe du printemps; les moustiques, Ex. 8, 21., cf. Es. 7, 18.; les sauterelles, Ex. 10; les grenouilles, Ex. 8, 6. Ps. 78, 45.; enfin la peste, la lèpre, des pustules et l'éléphantiasis, sont les plaies principales qui affligent l'Egypie, et qui tempèrent les autres avantages que Dieu lui a accordés.
Les Egyptiens, qui atteignent en général un âge avancé, n'ont jamais passé pour beaux : leurs pieds, en particulier, sont quelquefois difformes; leur peau est brune, leur front plat, leurs pommettes saillantes, leur bouche large, leurs lèvres épaisses; les hommes avaient la réputation d'être grands, Ez. 16, 26., et leur crâne était extrêmement dur. Les femmes étaient et sont encore d'une fécondité remarquable.
Nous trouvons l'Egypte déjà peuplée dans les temps les plus reculés auxquels nous ramènent les documents des nations-, Diodore de Sicile nous y montre des enfants de l'Ethiopie (3, 3.), Heeren une colonie de prêtres, partout des cultivateurs. Dans l'A. T. (cf. surtout Jér. 44, 1. Ez. 30, 13.) plusieurs grandes villes égyptiennes sont mentionnées, On ou Héliopolis, Rabmésès, Pithom, Tsoan ou Tanis, Noph (Memphis), Bubaste, Sin (Pelusium), Dapbné, Noammon (Tbèbes), et quelques autres, q. v. Les arts et les sciences y fleurirent bientôt, quoiqu'on ne puisse admettre pour ces dernières, qui ne furent pas d'abord un privilège de la caste sacerdotale, toutes les merveilles que les Grecs en onl rapportées, soit quant a leur degré de perfectionnement, soit quant a leur nombre : il parait que la physique et les mathématiques furent plus particulièrement étudiées, et avec le plus de succès; peut-être aussi la médecine, q. v. Les ruines de ses temples, les obélisques, les canaux, les impérissables pyramides, sépulcres de tant de rois, et en général tous les produits artistiques qui nous ont été conservés de ce peuple, témoignent que le zèle et la persévérance jouèrent un plus grand rôle dans ses arts que le goût. Le fameux zodiaque du temple de Dendérab, transporté eu France en 1821, et déjà signalé en 1806 par le mémoire de Dupuis, représente l'état du ciel à une épo-
que où le point équinoxial coïncidait avec le signe de la Vierge, et qui remonte à 15 ou 16 mille ans. S'il avait été fait de visu, d'après nature, l'astronomie égyptienne serait plus vieille que le globe; mais* on a reconnu depuis qu'il était de fabrique romaine, fait sous Néron ou sous Doroitien; selon d'autres, ce qui est le plus probable, il remonterait au temps des Ptolémées.
La caste des prêtres lirait, à ce qu'on croit, son origine de quelque, tribu plus civilisée venue des contrées méridionales, peul-êlre aux beaux jours des Pharaons; elle se divisait ellemême en plusieurs classes, auxquelles appartenaient les sages et les magiciens nommés dans l'Ecriture, Gen. 41, 8. Ex. 7, 11. 8, 18. 9, 11. Les autres castes indiquées par Hérodole (plus subdivisées que dans Diodore et Strabon), sont celles des soldats, des bergers, des gardeurs de pourceaux, des merciers, des interprèles et des bateliers (sur le Nil). C'est de la caste des guerriers, placée sous la dépendance des prêtres, que sortaient ordinairement les rois dans les changements de dynastie. Les prêtres et les guerriers seuls pouvaient être propriétaires du sol. Le métier des pères passait aux enfants, sans que personne pût changer de profession ; l'artiste ne pouvait cultiver qu'une spécialité, le médecin qu'une branche de son art. La classe des artisans était fort nombreuse; outre la culture du sol, elle s'occupait encore de broderies, de tissage, de diverses fabricalions, et faisait un commerce étendu que les eaux faciles du fleuve contribuaient beaucoup à favoriser, Prov. 7, 16. Es. 19, 9. Ez. 27,7. C'est surtout avec les Indes que l'Egypte faisait de nombreux échanges : ses vaisseaux allaient par les mers de l'Arabie et de la Perse chercher les épices, l'ivoire et les soies de ces régions lointaines. Ils s'avançaient jusqu'à laTaprobane, la Ceylan des modernes. Sur cette côte, les Chinois et les nations situées au delà du cap Comorin apportaient les marchandises à l'époque du retour périodique des flottes égyptiennes, et recevaient en échange l'or de l'Occident.
Quant à la religion, Ex. 12, 12., c'était une espèce de culte symbolique de la nature, qui n'était pas le même non plus dans toutes les parties du pays; l'astrolâlrie dominait; Osiris, Ammon, Isis, et d'autres divinités du ciel étaient adorées ; à côlé d'elles on trouvait des veaux, des bœufs, des crocodiles, d'autres animaux encore que la zoolàlrie avait divinisés comme représentants des forces de la nature. Des temples grandioses et magnifiques leur étaient élevés dans les principales villes, Jér. 43, 12. Ez. 30, 13.; Thèbes renfermait un oracle célèbre du dieu des sables, Jupiter Ammon, Jér. 46, 25., cf. Es. 19, 1.
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La langue égyptienne n'avait pas de point de contact avec les langues sémitiques; elle s'est peu à peu ramifiée et fondue dans trois dialectes coptes, et maintenant elle est entièrement perdue, depuis près de deux siècles. Les noms propres de l'Egypte, et quelques noms communs, nous sont conservés par la Bible dans leur langue originale, le Nil, \eôr, Pharaon, etc. Le copte actuel est un mélange du grec avec l'ancien égyptien. La classe des lettrés comptait deux espèces d'écritures, l'une commune, pour le peuple et pour le commerce de la vie ; l'autre hiéroglyphique, sainte, indéchiffrable, dont M. Champollion a le premier retrouvé la clef depuis longtemps perdue; v. Quatremère, Recherches sur la langue et la littérature de l'Egypte, Paris 1808. Heeren, Ideen, II, 2. 4. Champollion, l'Egypte; Sharpe, Early Hist. of Eg.; Gliddon, Ancient Egypt; Bunsen. EgyptensStelle in der Weltgesch., etc.
L'histoire ancienne de cette contrée se perd dans les nuages de la poésie et de l'imagination des peuples enfants. La succession rapide d'un grand nombre de dynasties, dont dix-sept peutêtre antérieures à Moïse, l'absence presque complète de sources, et l'incertitude dans le peu de documents que l'on possède : puis la possibilité que plusieurs de ces dynasties aient été contemporaines dans la Haute, la Moyenne et Basse-Egypte, tout concourt a jeter un voile sur celte portion de l'histoire, à tel point que si les uns placent Ménès et la 4" dynastie < ,700 ans av. C, d'autres, comme Lepsius, le placent 3,892 ans av. C, et Bunsen deux siècles plus tard. A peu près vers l'époque où la Bible nous montre ce peuple en contact avec les Hébreux, quelques hordes venues de l'Orient, quelques Arabes dirigés par des chefs nommés llyksos, passèrent l'isthme de Suez, et chassèrent devant eux les premiers occupants, qui s'arrêtèrent dans la Thébalde, et y demeurèrent près de deux siècles, battus, mais insoumis, jusqu'au moment où leurs tribus diverses s'clanl réunies sous l'influence de biopolis, la plus puissante d'entre elles, et guidées par Thoutmosis III ou Mœris, elles purent secouer le joug des rois pasteurs. C'est donc avant l'invasiôn des Hyksos qu'Abraham, Isaac, Jacob et Joseph auraient visité cette contrée. — Mais ce n'est guère que depuis Sésostris (Ramsès 11, ou III, ou V, env. 4 ,500 ans av. C.) que l'histoire d'Egypte perd ce qu'elle a de fabuleux et d'incertain; elle commence dès lors à se mêler au mythe, la vérité au roman ; c'est l'époque des constructions gigantesques, des obélisques et des révolutions. Le pouvoir de Sésostris offusque le parti prêtre qui, humilié de n'occuper que le second rang
enfin, secondé par les Ethiopiens de Méroë, s'élance sur le trône dans la personne de Séthos, et en précipite le dernier roi de la caste guerrière. Sabakon. Le prêtre-roi gouverne avec habileté, mais les guerriers qu'il a refoulés au second rang l'abandonnent, et son autorité s'éteint avec lui. A cet usurpateur succède l'anarchie, puis la dodécarchie, et Psamméticus, après avoir supplanté par la ruse et la force ses onze collègues, devient, en 650, maître de toute l'Egypte; sa famille occupe le trône encore trois générations, Nècho, Psammis et Apriès (c'est apparemment pendant le règne de l'un d'entre eux que Nébucadnetsar fait la conquête de l'Egvpte annoucéc par les menaces des prophètes, Jér. 43, 42. 4fi, 13. Ez. 20, 19. 30, 4.) : Apriès est tué dans une émeute populaire, el un homme nouveau , Amasis, est revêtu de la royauté par la volonté nationale; son règne fut le dernier moment de l'indépendance de l'Egypte; son fils Psamménite (526) n'hérita pas de ses talents, et laissa tomber sa couronne entre les mains de Cambyse, roi des Perses (521). L'histoire nomme encore les rois Inarus, Achoris, Tuchos, Nectanebus qui fut dépouillé par Artaxercès Ochus (346). Dix neuf ans aprs c'est Alexandre le Grand qui vient y planter ses armes (327), et qui la livre pendant trois siècles aux Ptolémées, descendants d'un de ses généraux : Soter, Philadelphe, Evergèle, Philopaior. Epiphanes, Philoiuétor, Evergèle II ou Physcon, Lathure, Cléopatre Pr, sa fille, femme d'Alexandre Ier, neveu de Lathure, Alexandre II, Ptol Nolhus ou Auléiès, Piol. Dénys ou Bacchiis, Cléopatre II sa sœur. La bataille d'Actium met tin a cette dynastie. A rexcepiioo des Pharaons pasteurs dont il est parlé dans la Genèse et l'Exode, l'Ecriture sainte ne nous a conservé les noms propres que de quatre de ces rois d'Egypte, savoir Sisak, 1 R . il, 40. (Sesonchis), Nécho, 2 Chr. 35, 20. Jér. 46, 2.; So, 2 R. H, 4., et Hophra, Jér. 44. 30. v. ces articles.
Les dates égyptiennes sont le labyrinthe, en même temps que le nœud, de la chronologie; Manétbon, Hérodote, Diodore de Sicile varient dans leurs données et ne s'accordent que rarement sur les chiffres, ce qoi semble indiquer déjà que le calendrier égyptien était jugé diversement chez les divers peupU s; d'ailleurs le nombre prodigieux d'années du règne de certains rois, et même de plusieurs suites de rois, milite passablement en laveur de l'opinion que les années de l'Egypte n'étaient point les mêmes que les nôtres; enfin, nous avons le témoignage de Diodore de Sicile qui dit que de son temps déjà l'on se méfiait de ces années, et que quelques-uns les réduisaient à un mois suivant le
dans la nation, prépare ses mesures, laisse pas- cours de la lune; les années des Egyptiens auser avec calme quelques générations, puis | raient subi diverses modifications : d'un mois
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d'abord, elles auraient été ensuite de deux mois, puis de quatre. C'est dire qu'il n'y a pas moyen de s'en tirer, car l'embarras serait, en admettant même ces suppositions, de fixer qu* lies années auront été d'un mois, ou de deux, ou de quatre. Le plus sûr est par conséquent de s'en tenir pour la chronologie égyptienne à quelques dates générales, et notamment aux synchronisme* qui sont indiqués dans la Bible: ainsi la coniemporanéité de Nêcho et de Josias cUéhojakim, 2 R. 23, 29. (cf. Ez. 19), celle de Sédécias el d'Apriès (Hophra), Jér. 44, 30., celle de l'Ethiopien Tirhaca et d'Ezéchias, 2 R. 49, 9. Es. 36, 6., celle de So et de Oosée, roi d'Israël, 2 R. 47, 4., celle de Sisak et de Salomon et Jéroboam, 1 R. 11, 40M puis en remontant encore plus loin, celle de David et des Pharaons, 1 R. 3, 1. 7, 8. 9, 16. 11, 18.; cnlin peut-être celle des Hyksos et de Moïse; Joseph aurait alors vécu en Egypte avant l'invasion des peuplades orientales.
Il ne parait pas que depuis Moïse jusqu'à Salomon les Israélites aient eu aucune relation avec les Egyptiens; c'est a ce dernier monarque qu'il était réservé de former une alliance avec les ennemis de son Dieu, et cette alliance ne fut préjudiciable ni ù son trésor, ni à sa sensualité, I R. 3. Cependant il en fut puni, 1 R. 11, 40. comme ses descendants après lui ; il dut comprendre déjà que l'Egypte est un roseau qui se brise entre les mains de celui qui veut s'en faire un appui, et qui lui perce l'épaule, Ez. 29, 6., cf. Es. 36, 6. L'Egypte continua de rester l'ennemie du peuple qui s'était soustrait à son joug quelques siècles auparavant, et qui avait voulu ensuite traiter avec elle d'égal à égal ; et nous la voyons, Joël 3, 19., se liguer avec Edom contre Israël au 8e siècle av. C. Plus tard, sous Ezéchias, l'Egypte menacée par les armes assyriennes recherche l'alliance des Hébreux; les prophètes la déconseillent, la repoussent, mais les politiques la désirent et la font accepter, Es. 30. 2. 31, 1. 36, 6., cf. 18, 2.; cette démarche, dangereuse parce qu'elle est impie, est fatale au peuple de Dieu qui se trouve a deux doigts de sa perte, 2 R. 18, 19. Sous Josias, nouvelle lutte entre l'Egypte et Juda, 2 R. 23, 29. Juda succombe et reste sous la domination de cet ennemi, 2 R. 23, 33., jusqu'à ce qu'il passe sous celle de la Caulée. Une nouvelle alliance du dernier roi de Juda avec l'Egypte porte à ce malheureux monarque le coup de mort, et Juda a cessé d'exister, Jér. 44, 30. Ez. 17, 15. L'n grand nombre de Juifs s'enfuient en Egypte, Jér. 41, 17., où ils trouvent un nombre également considérable d'israélites, Zach. 10, 10. Hosée, roi d'Israël, trouve sa ruine dans la même alliance, 2 R. 47, 4. Os. 5, 13. 7, 11. Après l'exil, les Ptolémèes
sont seigneurs de la Palestine (301 à 480 av. C); les livres apocryphes nomment Philopator, 3 Macc, Philométor, 1 Macc. 10, 57. 11, 3. 8. 2 Macc. 4, 21., et Physcon ou Evergèle, 1 Macc. 15, 16. Sous leur gouvernement les Juifs domiciliés en Egypte obtiennent des franchises, el peuvent se construire à Léontopolis un temple suivant le modèle de celui de Jérusalem, dans lequel ils sont libres de célébrer leur culte selon les rites de la loi; les Juifs persécutés par les Syriens en Palestine sont heureux de pouvoir se retirer dans un pays si tolérant, et Joseph, le père putatif de Jésus, s'y réfugie avec l'enfant et sa mère pour échapper aux fureurs d'Hérode, Malth. 2, 13.
L'Egypte a été le sujet d'un grand nombre de prophéties qui ont reçu maintenant leur accomplissement (t\ Keith, Evid. des prophéties), el l'on peut comparer avec Ez. 29, 4 4. 45. 30, 7. 42. 13. 32, 15. ce que dit Volney dans son Voyage en Syrie, t. I, ch. 6 : « Enlevée depuis 23 siècles à ses propriétaires naturels, elle a vu s'établir successivement dans son sein des Perses, des Macédoniens, des Romains, des Grecs, des Arabes, des Géorgiens,' et enfin cette race de Tariares connus sous le nom de Turcs ottomans. »
Son histoire moderne, comme théâtre d'agitations et de bouleversements, ne le cède en rien à son histoire ancienne, et le dernier mot n'est pas encore prononcé. Ce qui lui manque, c'est l'indépendance ; vassale de la Turquie, elle n'ose rien faire, el se laisse exploiter par les ressortissants des quinze ou vingt pays chrétiens dont les consulats abritent trop souvent les plus criantes iniquités. Le percement de l'isthme de Suez, de quelque manière qu'on l'envisage d'ailleurs, est une preuve évidente que les Egyptiens ne sont, pas plus que les Turcs, les maîtres chez eux. Comment les mahomëlans doivent-ils juger les chrétiens, el que doivent-ils penser de leur morale?
ÉHUD (louant). 1° Le second des juges d'Israël (1506-1426 av. C), Jug. 3, 45., de la tribu de Benjamin. Habile et fort, quoique gaucher, il résolut de délivrer son peuple asservi depuis dix-huit ans à Héglon, roi de Moab ; il obtient par la ruse un entrelien particulier avec cet oppresseur et le frappe de son poignard ; puis il retourne vers les siens, se place à leur tête, et met en pièces les Moabites qui n'ont pas eu le temps de se reconnaître et de se donner un chef. Quatre-vingts ans de repos sonl le résultat de cet exploit. L'action d'Eltud, à notre point de vue, est un meurtre politique; tout peul le justifier ou l'expliquer, mais non l'excuser : c'est Guillaume Tell tuant Gessler. Au point de vue théocratique, il se comprend mieux. L'Ecriture ne le blâme ni ne l'approuve; elle se borne