‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 126 sur 398 · BNF · texte numérisé non relu

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ainsi que l'a partout traduit la version de Lau sanne. Mais commentaire

sanne. Mais «ne traduction est plus facile qu'un et le lieu invisible, sans autre dé-

termination, no dit absolument rien à l'esprit. Le mol enfer (inférieur) avait été préféré, parce qu'il renfermait une idée, peut-être fuisse, mais au moins un sens. En tout cas, il est toujours pris dans un mauvais sens, comme compagnon de la mort, désignant une puissance ennemie de l'Eglise, et le lieu du séjour des reprouvés; l'idée de lieu inférieur ressort de Matlh. \ |, 23. : "Tu seras abaissé jusque dans le lieu invisible, ». cf. Es. i l, |.M5. Ps. 139. H. Ce lieu invisible est généralement considéré comme le lieu où les ;lmes attendent ie grand jour du jugement de l'Eternel, et si les âmes ne donnent point, il est dans l'analogie de la foi de croire que l'état d'attente est pour « lies la continuation de la vie présente et le commencement, de la vie à venir. De là les limbes et le purgatoire de l'Eglise romaine, avec cette différence que, d'après celte Eglise, on peut sortir du purgatoire pour du l'argent, tandis (pie, d'après a Bible, « il y a un grand abîme, » tellement que ceux qui veuîenj passer de l'un a l'autre, du lieu invisible au sein d'Abraham ne le peuvent, Luc 16. 20.

L'enfer, dans le sens théo'ogique du mot, est appelé dans la Bible le feu éternel, la géhenne du feu. Malth. 18, 8. 9.; la géhenne, le feu inextinguible, où le ver i;e meurt point et où le feu ne s'ét. jnt point, Marc 9, 43. sq. (d'après Esaïe 66, 24. à qui déjà les apocryphes ont emprunté cette expression, Ecclés. 1, 17. Jnd. 46, 21.); la mort, \ Cor. tii, 36. I Jean 5, 16.; la punition éternelle, >latth. 25, 46.; le jugement ou la ruine étemelle, Marc 3, 29. 2 Thess. |, 9.; l'étang ardent de feu el de soufre, Apoc. 19, 20.; la mort seconde, Apoe. 20, 14.; des liens éternels, Jude 6; les ténèbres du dehors, où seront les pleurs et les grincements de dents, failli. 8. 12.; un opprobre et une infamie éternelles, Dan. 12, 2., etc.

Il est évident que ces expressions sont, so:is la plume des écrivains inspirés, des ligures, des images humaines, dont le sens général est que l'enfer sera un séjour affreux. Mais est-ce que sous la ligure on doit voir aussi la réalité, le ver, le feu, les ténèbres, le soufre, les liens1 II serait certainement aussi téméraire de le ni»>r que de l'affirmer, et nous n'oserions aller jusque-là ; mais il n'est pas sans intérêt de remarquer que. plus on a spiritualisé le ciel, plus on a matérialisé l'enfer. Serait-ce que l'homme comprend mieux la douleur que le bonheur ? Serait-ce que dans son étal actuel, déchu, l'homme puisse mieux : e représenter le malheur que la joie inllnieP 11 en résulterait alors qu'il faudrait prendre le contre-pied de l'imagina-

tion des hommes, et spiritualiser le mal, comme nous avons vu (art. Ciei) que le bien avait été trop idéalisé.

« Ubi est infernus? Quales futuri sunt crucialus isli ' » dit Hutlerus. «Où est l'enfer ? Quels en seront les tourments?» El après avoir pose cette double question, il refuse d'y répondre. L'Ecriture ne nous en dit rien, sinon que notre intelligence ne les saurait concevoir ni aucune langue les décrire.

La rage nui wh hasards, le délire effréné.

Le veilige trouMant lV*prit désordonné,

La colique tordant les entrailles souffrante».

Les ulcères nnjo r , les pierreg déchirante*,

M la triste insomnie au teint pâle, h l'a* il rre<n,

El la mélancolie an regard langoureux,

La toui, l'asthme, essoufflé, dont la fréquente haleine

Par élan* redoubles entre et sort avec peine;

Rt l'enflure hydropique, et IVtique maigreur,

El des accès fiévrem la bouillante fureur;

L'évanouissement, la langueur défaillante,

Ft h goutte épancliaut son Acre té brûlante,

El du catarrhe affreui les fuuc-stcs dépôts,

Ft la peste qui, seule, égale tous ce* maui.

Est-i e l'enfer dont Hilton offre ici le désolant tableau? (Paradis perdu, XI, Irad. Delille., Non, ii ne s'agit que de la vie présente, d'une partie seulement des maux physiques de l'humanité. Que sera donc l'enfer! et comment le décrire, lorsqu'on peut à peine décrire tout ce que notre monde recèle de douleurs et d'angoisses ?,..

Les deux premiers chants de Hilton, bien dignes de ce vaste et noble géuie, suffisent cependant à prouver l'insuffisance mènv du génie et de l'imagination la plus colorée pour dire les horreurs t'e l'existence infernale.

Aucun auteur moderne, à ma connaissance, n'a louché ce sujet, au moins directement. Je n'ai pas de système, ni même de vues générales à présenter sur une matière où l'Ecriture, en empruntant aux hommes leur langage, semble par là même refuser de les initier aux secrets de l'avenir. Mais quand l'enfer ne serait (ju'uue peine négative, la privation de la vue du Seigneur, avec la conscience d'avoir mérité cette peine, l'enfer justifierait déjà l'horreur que son nom seul inspire. Les réprouvés seront comme oubliés de Dieu; leur nom ne passera plus par ses lèvres, Ps. 16, 4. Il est lumière, ils sert nt dans les ténèbres. Il est la source de la vie, il ne sera plus rien pour eux. Ils ont refusé de porier son joug, son joug ne pèsera plus sur eus ; celui qui était souillé se souillera toujours dava:.t 'ge; ils iront en empirant, creusant toujours plus l'abîme qui les hépare de celui sans qui ils ne sauraient vivre; et s'enfonçant toujours plus dans la fange de l'étang bourbeux où ils sont plongés, progressant dans la mort comme les rachetés dans la vie, ils se seront vus privés par leur faute des biens que pieu

leur avait offerts, et souffriront de cette décadence morale et intellectuelle que l'Ecriture appelle la seconde mort. Sera-ce l'anéantissement?

Quelques personnes, qui alla» lient à la doctrine de l'éternité des peines, comme dogme, une grande importance (et elles oui raison), trouveront peut-être hardi, peut-être hérétique, le simple doute de la possibilité d'un anéantissement. Il ne nous parait positivement contredit par aucun passage, mais comme ce n'est qu'un doute, il y aurait mauvaise grâce à y insister, et nous nous rapprocherons de la doctrine reçue en disant : Sera-ce l'abrutissement? la dégradation de l'être tout entier poussée à sa dernière limite ?

Nous ferons encore un pas, et laissant subsister l'être moral, nous demanderons : Sera-t-il simplement privé de la conscience de lui-même? de l'idée de ferops? de ridée d'éternité?

Doutes cl questions qui nous paraissent légitimes, et dont nous hésitons d'autant moins  nous occuper que la doctrine des peines éternelles nous parait plus clairement, pius positivement établie par la lettre de l'Ecriture, il n'y a guère d'exégèse, en effet, ni d'interprétation qui puisse ôter à des passages tels que Es. 66, 24. Dan. 4 2, 2. Matfh. 3, 42. 12, 32. 18, 8. 25, il. 46. 26, 24. j)Iarc 9, 13. sq. Jean 3, 36. 2fhess. 1, 9. Apoc. 9, 6. 20, 10. (Jud. 6, 7.), le sens simple et naturel que l'Eglise chrétienne de tous les ternes leur a toujours reconnu. C'est une chose h, ors de question; la réjection, des réprouvés est dite devoir être éternelle. Nous n'épiloguerons pas sur les mots , quoique ce soit ici que se posent les questions : Que signifie le mot éternel? quelle sera la nature île la réprobation? Les partisans de la doctrine du rétablissement tinal, peuvent aspirer à la restau rai ion harmonique de toutes choses; ils peuvent en trouver une preuve morale dans l'idée, juste d'ailleurs, qu'ils se font de l'amour et de la bonui de Dieu ; une preuve philosophique dans l'instinctive répulsion qu'on éprouve pour un bonheur éternel fondé sur des débris toujours palpitants et souffrants, pour l'idée d'une paix éternelle en présence d'un dualisme toujours subsistant, d'une lutte noyée dans la victoire, mais se montrant encore dans les imprécations des vaincus, et daijs cette fumée qui s'élève de l'étang ardent où ils maudissent encore et toujours le vainqueur; on l'établira avec plus ou moins de sagesse sur l'apparente disproportion qui se trouverait entre l'offense l la peine (argument que Jes elernilaires ont toujours éludé ou faiblement combattu}; on en trouvera d'autres preuyes enfin, dans une interprétation équivoque de quelques passages douteux. Es. 4ii, 23,. ftqui. 14, 14. l'hil. 2, 40.

Act. 3, 21. 4 Pierre 3, 18., et surtout : Rom. 3, 12-21. « Par une seule justice justifiante, le don est venu sur tous les hommes, etc.; « 1 Tim. 4, 10 : « Le Dieu vivant qui est le sauveur de tous les hommes, et principalement des fidèles, etc., » 1 f.or. jo, 28. «Après que toules choses lui auront été assujetties, alors aussi, le Fils lui-même sera assujetti à celui qui lui a assujetti toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous. »

Quelle que soit la valeur de ces preuves, elles ne peuvept détruire ni |a précision des passages indiqués plus haut, ni cet autre sentiment instinctif que corrobore l'expérience, que celui qui est plongé dans le mal, s'y enfonce toujours plus, à moins du secours d'en haut, qu'il s'y dégrade saçs retour, et que son abrutissement ne saurait avoir d/autre terme que sa vie.

Mais c'est précisément à cause de l'évidence de cette doctrine, et parce que Je rétablissement final des réprouvés nous paraît impossible à établir par l'Ecriture, que nous croyons pouvoir, soil à cause de l'impérieux besoin d'harmonie qu'on éprouve, quoiqu'on en veuille, à la pensée du bonheur a venir, laisser une porte ouverte au doute sur la nature même de la peine. L'anéantissement n'exclut pas l'éternité, et c'est une chose au moins remarquable, nonseulement que la condition des réprouvés soit appelée la mort seconde, ainsi qu'on l'a vu, mais qu'elle soit encore appelée la mort par opposition à la vie, Rom. 6, 21-23., et que la condamnation de ceux qui désobéissent au Fils soit prononcée en ces mots : « Ils ne verront point la vie, » Jean 3, 36.

Si Dieu nous a tracé la ligne des pensées et des paroles dont nous devons nous servir en parlant du jugement des pécheurs, il est évident aussi qu'il ne nous a pas tout dit, et que la clef de ces effrayants mystères est encore entre ses mains. Il est également évident que son nom, qui est amour, comme il est sagesse et sainteté, n'autorise ni les déclamations, ni les développements hideux, dans lesquels se sont complus trop souvent des esprits atrabilaires, plus jaloux d'honorer Dieu par un zèle amer, que de le glorifier par une vie sainte et charitable.

ENIGMES. Les Hébreux, comme tous les peuples orientaux , aimaient les jeux d'esprit, et se plaisaient à assaisonner leurs repas et leurs festins de quelque piquante question dont la solution était demandée aux assistants. C'était même parfois un jeu de prince, comme on le voit par les rapports de Salomon avec la reine de Sèba, 1 R. 10, 4. Les principales énigmes dont le souvenir nous ait été conservé par l'Ecriture sont celles de Samson, Jug. 4 4, 14.,

ENO

ENO

d'Agur, Prov. 30, 12. sq., et d'Ezéchiel, 47, 2. sq.

ÉNOCH, ou Hénoc. 4° Le septième homme après Adam, descendant de ce patriarche à la sixième génération, (ils de Jéred, père de Méthusélah, vit ses jours abrégés sur la terre, el ne compta que trois cent soixante-cinq années (A. !W. 4422-1487), pendant lesquelles il marcha avec Dieu, puis il disparut, « parce que Dieu le prit, » Gen. 5, 21-24. Un voile est jeté sur la nature de l'intime communion de cet homme pieux avec son Père céleste; le chrétien seul peut comprendre ce que c'est que marcher avec Dieu, et il n'y a qu'un bien grand développement de la vie nouvelle, qui puisse en donner une idée exacte ; c'est la perfection dans la sainteté qui seule peut faire jouir de la communion parfaite. Un voile est également jeté sur sa disparition. L'auteur sacré ne dit que juste ce qu'il faut pour nous apprendre qu'Enoch n'a point passé par la mort, cf. Hébr. 11, 5. Il ne se trouva plus, de la même manière que, Gen. 37, 30., Joseph ne se trouva plus dans la fosse lorsque Ruben voulut l'en retirer : les mêmes expressions sont emploies pour la disparition d'Enoch et pour l'enlèvement d'Elie, 2 R. 2, 3. C'est tout ce que l'Ecriture nous dit sur la vie sainte el l'enlèvement glorieux de ce témoin de la vérité. Une tradition juive ajoute qu'il fut transporté dans le jardin d'Eden, et qu'il y restera jusqu'aux derniers temps avec Elie, cf. Apne. 11, 3-9. Le N. T. le ramène sur la terre, Jud. 1 4 et 15., pour faire entendre de lui quelques so'ennels avertissements ;mx lils des hommes, sur les jugements que l'Eternel prononcera contre les impies. On se demande où saint Jude a puisé cette citation, et quel degré d'authenth ité elle peut avoir. La réponse n'est pas facile. De fait, il existait dans les premiers siècles de l'Eglise chrétienne un livre ou recueil de prophéties, attribué â Enoch, singulier mélange de choses excellentes, de fables et d'absurdités, dont quelques pères, Justin, Athénagore, Irénée, Clément d'Alexandrie, Laetance, Terluliien, Taisaient assez de cas, mais auquel Origène, Jérôme et Augustin n'accordaient aucune autorité. On l'a cru perdu tort longtemps, et le seul fragment qu'on en possédât avait été publié par Sealiger (mort en 1609), d'après l'ancienne chronographie de George Syncellus. L'original devait avoir été écrit en hébreu ou eu caldéen, puis traduit en grec; mais l'on n'en trouvait plus aucun exemplaire, lorsqu'on apprit au dix-septième siècle qu'il en existait une traduction éthiopienne, et que cet ouvrage était lu et fort estimé des Eglises de l'Abyssinie. Longtemps les essais que l'on fit pour se le procurer échouèrent, lorsque enûn, en 1773, !e voyageur Bruce réussit à s'en procurer trois

exemplaires, qui furent promptement traduits en latin et en anglais, et publiés. En 1834, l'Allemand Ruppel en rapporta également d'Ethiopie un exemplaire dont il donna en 4838 une traduction allemande, peu différente de celles qui avaient paru en 1821 et en 1833 d'après l'anglais. On a tout lieu de. croire que cet ouvrage éthiopien est le même que celui dont parlent les Pères de l'Eglise, et le passage cité par Jude s'y trouve presque littéralement, quoique un peu abrégé, au commencement du second chapitre : « Voici, il vient avec des myriades de ses saints pour juger le monde, pour détruire les méchants et pour punir toute chair, à cause de tout ce que les pécheurs et les impies auront fait et commis contre lui. »

Mais, malgré cette identité, et quoique plusieurs raisons militent en faveur de l'opinion (Calmet, Kitto, etc.) qui pense que Jude a transcrit sa citation du livre indiqué, bien qu'on puisse admettre encore que cet ouvrage apocryphe, écrit par un Juif pieux, probablement peu de temps avant Christ, contienne des vérités dont Jude, éclairé d'une lumière surnaturelle, a pu faire usage pour IVdilicaiion des lidèles; bien qu'une citation de cet ouvrage n'ait rien qui doive surprendre plus que les citations d'Epiménide et de Ménandre, faites par saint Paul, nous ne saurions souscrire à cette manière de voir. Le témoignage de Jude, exprimé comme il l'est dans son Epilre, serait en effet non-seulement une garantie de la vérité des paro'es citées, mais encore, comme le fait remarquer saint Jérôme, un témoignage rendu a l'authenticité du livre lui-même. Il nous paraît beaucoup plus naturel et plus vrai d'admettre que l'auteur du faux livre d'Enoch, et Jude, auront l'un et l'autre puisé à une source commune, maintenant perdue, source qui pourrait n'être autre que la tradition; el sil'on réfléchit que le (ils d'Enoch, Mélhusélah, après avoir vécu trois cents ans avec son père, est venu loucher ensuite à l'année même du déluge, il n'est point difficile de comprendre que les paroles d'un si grand prophète, a qui la communion de Dieu devait avoir révélé sans doute bien des choses à venir sur la corruption des hommes et les châtiments qui les attendaient (peut-être le déluge sur le premier plan de sa perspective prophétique, et le jugement final sur le dernier plan), que ses paroles, disons-nous, aient êlé religieusement conservées parmi les Juifs pendant une longue suite de générations, v. sur < e livre R. Lawrence (1838), S. de Sacy, dans le Magasin Encyclop., an VI, t. 4., Lucke, Gfrœrer, Moses Stuart, Hofmann, elc.

2° Hénoc, fils aîné de Gain, donna le nom à une ville que son père bâtit, Gen 4. 17. Dans les anciens temps la grandeur ne faisait pas la .

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