‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 13 sur 398 · A RU · texte numérisé non relu

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est eu Egypte, il s'abandonne à des craintes excessives qui le font tomber dans le péché. Son mensonge n'est sans doute pas des plus grossit rs, puisque Sara est sa demi -sœur; néanmoins, en donnant ù entendre autre chose que la stricte vérité* il induisait son prochain en erreur et pouvait devenir l'occasion d'un grand crime; en sorte que les reproches de Pharaon, parfaitement fondés, durent humilier le patriarche plus que ne le réjouirent les grands présents qui lui furent offerts.

4° On apprécierait bien mal la valeur morale des actions humaines, si l'on en jugeait toujours par leurs résultats les plus prochains. Abraham semble récompensé de son mensonge par les grands biens qu'il emporta d'Egypte, mais cet accroissement de fortune fut la cause d'un de ses plus grands chagrins domestiques : il dut se séparer de Lot, son neveu, qu'il aimait tendrement et qui était pour lui comme son fils adoptif.

5° Si la foi des enfants de Dieu a ses éclipses, comme le soleil les siennes, elle ne reparaît ensuite que plus brillante. Il n'est personne qui n'ait remarqué la débonnaireté, la douceur et la confiance en Dieu qu'Abraham manifesta dans sa conduite avec Lot lorsqu'ils durent se séparer. Gen. 43. C'est ainsi que le père des croyants fut relevé de sa chute par la grâce du Seigneur.

6° Le salut du fidèle est fondé sur les promesses et sur la véracité de l'Eternel : « Ce n'est point par les œuvres, afin que nul ne se glorifie. » Cependant le fidèle ne fait jamais une œuvre, n'accomplit Jamais quelque devoir difficile, ne remporte jamais quelque victoire sur le péché, sans que Dieu ne lui don ne un sentiment plus vif de sa miséricorde; c'est-à-dire que la grâce qui sauve sanctifie l'Ame qu'elle veut sauver, et console celle qu'elle sanctifie. — Après qu'Abraham eut montré sa foi par ses œuvres dans sa conduite avec Lot, l'Eternel lui renouvela ses promesses, les lui rendit plus claires et même les agrandit, car il ne lui avait pas encore annoncé que sa postérité serait innombrable, Gen. 13, H-t7. La même chose lui arriva plus tard en de semblables occasions, particulièrement après la défaite des rois de la plaine, 15.4. et après le sacrifice d'Isaac, 22, 46.

7° Nous avons une preuve de la grandeur et de la puissance d'Abraham dans l'histoire de la délivrance de Lot. Il fallait qu'il eût de grands biens, celui qui pouvait armer 348 esclaves nés dans sa maison, car cela suppose naturellement qu'il en avait d'autres qui n'étaient pas nés chez lui, en qui il avait peut-être moins de confiance, et qu'il laissa pour la garde de ses troupeaux. Si l'on y ajoute encore les femmes et les petits enfante, on comprendra que les Héthiens aient

pu lui dire : « Tu es un prince excellent parmi nous,» 23, 6. Ainsi s'accomplissait déjà une partie des promesses qui lui avaient été faites. Ce qui n'est pas moins à remarquer, c'est ie désintéressement et l'esprit de justice qui le portèrent à refuser la propriété du butin, tout en réservant la part des Cananéens qui lui avaient donné du secours, 44, 24. 24.

8° Quant à l'union d'Abraham et d'Agar, on s'exposerait * porter un faux jugemeut si l'on voulait juger cette action d'après nos mœurs et en se mettant uniquement au point de vue de l'Evangile. D'abord, il est évident que le patriarche ne contracta pas ce mariage, ou plutôt cette union passagère, pour satisfaire les inclinations de la chair ; de plus, il le fil non pas malgré Saraï, ni avec le simple consentement de son épouse légitime, mais sur sa demande expresse; enfin, la polygamie était déjà généralement adoptée par les mœurs dégénérées de l'Orient. On peut ajouter que l'Eternel n'avait pas encore dit à Abraham que c'était de Sara que naîtrait la postérité promise: il pouvait donc s'abandonnrr a la pensée qu'une autre femme devait accomplir pour lui la parole de l'Etemel. Tout cela peut expliquer sa conduite, et diminuer ce qu'elle eut de blâmable sans toutefois la justifier pleinement. Cependant, quand on réfléchit qu'Abraham est le premier des descendants de Sem qui se soit écarté de l'institution primitive du mariage, que cet écart fut le résultat d'une faiblesse dans sa foi, l'on ne peut s'empêcher d'y voir une chute. Comme Adam, Abraham eut tort d'obéir à la parole de sa femme, Gen. 3, 47.; il eut tort de penser un seul instant qu'il dût amener la réalisation des promesses divines par une voie de péché; et certes, cette fols comme toujours, la peine du péché fut à la porte. Dès ce moment Abraham eut de grands chagrins domestiques, la division se mil dans sa famille, et plus tard il dut renvoyer de chex lui cet Ismaël qu'il aimait tendrement, el celte Agar qui, selon toute apparence, était redevenue simplement son esclave, puisqu'il n'en eut pas d'autres enfants, Gen. 25, t. 2., mais qui n'en était pas moins la mère de son premier -né. v. GrandPierre, sur le Pentateuque.

9° L'alliance de l'Eternel avec Abraham était à la fols temporelle et spirituelle; elle reposait d'ailleurs tout entière sur des promesses. Abrahnm sera grand, il aura une nombreuse postérité, plusieurs nations sortiront de lui, et lg pays de Canaan sera son héritage. D'autre part, il lui est annoncé que toutes les familles de la terre seront bénies en sa postérité. — Abraham est grand, mfme à ne parler que selon la manière de voir des hommes ; soh nom est vénéré non-seulement des julfe et des chrétiens, mais

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