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ou moins synonymes, mais exprimant sans doute aussi diverses nuances du genre, quoiqu'il soit impossible maintenant de les déterminer d'une manière exacte. L'agriculture avait de la peine à lutter contre la multitude et la ténacité de ces plantes inhospitalières, Jér. 42, 43. Job 34, 40. Matlh. 43, 7. Hébr. 6,8., et souvent on prenait le parti d'y mettre le feu avant le labour, soit pour les exterminer d'une manière plus expéditive, soit pour fumer la terre, Es. 40, 47.; mais la racine restait presque toujours dans le sol. L'épine de Christ, le tribule avec ses fruits épineux, qui couvrent le sol, l'aubépine d'Orient, abondaient en Syrie, et semblent désignés en divers passages; cf. Ps. 58, 9. Aujourd'hui encore les artichauts sauvages, et les chardons du Thabor, ornés de corymbes pourpres de douze ou quinze têtes, atteignent la hauteur de 2 ou 3 mètres, et couvrent les plaines et les montagnes au point de rendre le passage très difficile, sinon impossible. MM. Keith, Bonar et Me Cheyne reviennent à plusieurs reprises sur ce fait qui constate à la fois l'accomplissement des prophéties, et la déplorable incurie du gouvernement turc dans l'administration de la Terre- Sainte. — Quant aux épines de la couronne de Jésus, v. Couronne.
ÉPITRES. Si la Bible nous montre les plus anciennes lettres écrites avec des Intentions criminelles, celle de David contre lîrie, celle de Jésabel contre Nabolh, celles de Sanchérib, de Bérodac, des Samaritains, 2 Sam. 44, 44. t R. 21, 8. 2 Chr. 32, 47. 2 R. 20, 42. Esd. 4, 6. (v. Lettres], c'est elle aussi qui renferme les lettres, ou épîtres, les plus importantes qui aient été écrites pour la transformation et pour le bonheur de l'humanité, celles qui nous donnent la pensée de Dieu et qui exposent les doctrines de la foi et de la religion chrétienne. On les divise généralement en deux classes, les épîtres de Paul et les épîtres catholiques. Les épîtres de Paul sont au nombre de treize, quatorze si l'on compte l'épitre aux Hébreux, comme on le fait d'ordinaire : elles sont rangées dans nos versions, non d'après l'ordre chronologique, mais d'après l'importance des Eglises ou des personnes auxquelles elles sont adressées. Presque toutes, sauf celle aux Romains, ont été provoquées par des circonstances particulières. Toutes les lettres écrites par Paul n'ont pas été conservées, cf. 4 Cor. 5, 9. La nature des sujets qu'elles traitent, les rapports de l'homme avec Dieu, du temps avec l'éternité, de la grâce avec la loi, ce qu'il y a de nécessairement vague et indéterminé dans l'emploi de certains mots, la profondeur et l'élévation des idées, ont pu faire dire avec raison qu'il y avait dans ces épîtres
des choses difficiles à comprendre, 2 Pierre 3, 46., mais l'apôtre n'en insiste que plus fortement sur la nécessité de les étudier, car ce ne sont que les mal assurés qui les tordent, à leur propre perdition. Quant aux épîtres catholiques, c'est-à-dire générales, on a voulu expliquer ce nom qui leur a été donné dès les premiers siècles, en l'entendant soit des auteurs (épîtres de tous les apôtres indistinctement, sauf Paul), soit de leur contenu (épîtres sur des sujets généraux), soit enfin de leurs lecteurs et destinataires (épîtres adressées à tous les chrétiens, et non à une communauté particulière) : c'est cette dernière opinion qui a prévalu depuis Eusèbe et Clément d'Alexandrie, v. Bible et les différents articles.
La correspondance d'Abgare avec Jésus a été reconnue fausse dès les premiers temps, par Eusèbe, et par le concile de Rome (494) : mais on a de Jésus-Christ les lettres qu'il a dictées aux Eglises de l'Asie Mineure, Apoc. 2, et 3. Ces épîtres, adressées d'abord aux anges, ou conducteurs spirituels, de ces sept Eglises, et qui renferment des directions particulièrement applicables à leurs circonstances, ont un caractère général qui permet de les regarder aussi comme s'adressant aux Eglises de tous les temps. On a même été plus loin, et l'on a cru reconnaître dans leur succession l'histoire même de l'Eglise chrétienne dans ses sept périodes consécutives: le sens étymologique des noms grecs de ces Eglises justifierait cette interprétation, qui cependant ne doit être considérée que comme une tentative spirituelle et bien réussie; Ephèse, le commencement, serait l'Eglise apostolique : Smyrne, l'amertume, représenterait les persécutions qui suivirent; Pergame, la persistance ; Thyatire, de nouvelles persécutions; Sardes, le résidu, le petit nombre qui ne fléchit pas le genou devant le mal; c'est le moyen âge et l'aurore de la Réforme : Philadelphie, l'amour fraternel, a gardé la Parole; c'est la Réformation; enfin Laodicée, le jugement des peuples, c'est l'époque de tiédeur qui caractérisera la tin du monde. Dans ce système, le mol ange ne désignerait pas seulement le clergé, ou les clergés, des différentes époques, mais il comprendrait aussi d'une manière générale cette puissance mystérieuse que le langage des siècles appelle l'idée dominante (intellectuelle ou morale), et que les apôtres semblent indiquer lorsqu'ils parlent des puissances qui sont dans l'air. L'ange représenterait ainsi le trait saillant de chaque époque, et pourrait subsidiairement se rapporter au clergé lui-même, comme subissant l'influence de son temps au lieu de réagir contre elle, et se faisant l'écho du monde quand il devrait au contraire protester au nom de Christ contre l'envahissement du
mystère d'iniquité. — r. les différents articles; Barnes, on the Revel.; Gaussen, Daniel, t. II.
ÉPOUX. Les rapports conjugaux ont toujours été chez le peuple de Dieu, avant et après Moïse, bien différents de ce qu'ils étaient chea les autres peuples de l'Orient. Si la polygamie existait sans être formellement défendue, elle ne constituait pas cependant une vie de harem, ni l'esclavage pour les femmes. Le mari avait les garanties qu'il pouvait désirer quant à leur lidélilé; mais les femmes avaient les leurs pour elles et pour leurs enfants. Elles ne pouvaient être répudiées si, avant le mariage, leur époux avait déjà habité avec elles, ou si, après, il les avait calomniées, Deul.22, 49. 29.; il est assez probable aussi qu'elles ne pouvaient être renvoyées étant enceintes. Quelquefois, en Orient, les préférences entre les femmes en amenaient entre leurs enfants; la loi de Moïse ne le permettait pas; elle rendait inamovible le droit de primogéniture, et ne permettait pas qu'on élevai le (ils d'une mère préférée au détriment de l'alné, Deut. 24, 45-47. v. Femmes, Mariage, etc.
Él'HEUVES judiciaires. Ces moyens, imaginés par l'ignorance et la superstition pour découvrir la vérité dans les cas douteux, ont joué un grand rôle cbez les peuples et dans les siècles barbares. On les appelait jugements de Dieu, et toujours ils étaient ordonnés de manière a ce qu'un miracle fût nécessaire pour sauver l'innocent, car le prévenu était censé coupable jusqu'après l'épreuve. L'eau froide, l'eau bouillante, le fer rouge, certaines boissons, des sauts dangereux, étaient les moyens le plus ordinairement employés,; quelques-uns étaient connus déjà de l'antiquité la plus reculée (Sophocle, Antig., 264). Les Juifs n'avaient de cérémonie pareille que pour un seul cas, et encore l'épreuve était-elle en elle-même innocente, redoutable seulement pour la femme adultère. v. Eau de jalousie. — On peut trouver dans le Dict. bistoriq. des cultes, ainsi que dans les Mémoires deSanson, des détails curieux sur les épreuves admises cbez les différents peuples.
ER, un des ancêtres de Marie, Luc 3, 28.
ÉHASTE, disciple que Paul envoya d'Epbèse en Macédoine, avec Timotbée, Acl. 49, 22. pour préparer les aumônes des fidèles. On peut supposer qu'il accompagna longtemps l'apôtre dans ses voyages, et c'est le même sans doute que l'on retrouve, 2 Tim. 4, 20., demeurant à Corintbe, éloigné de Paul qui le regrette. Il était ou avait été trésorier, Rom. 46, 23 (si toutefois ce ne sont pas deux personnages différents, comme Winer le suppose), et aurait donné sa démission de sa charge en se décidant a suivre l'Apôtre. Il était apparemment de Corintbe, ainsi que l'indiquent et le passage de
Timotbée, et celui des Romains, « le procureur de la ville » celle d'où écrivait saint Paul, et qui était selon toute probabilité Corintbe.
ÉREC, Gen. 40, 10. Une des villes bâties par Nimrod ; il y a deux opinions : 4° Bochart pense que c'est Arecca, dont parlent Ptolémée et Ammien Marcellin, située sur les bords du Tigre, entre la Susiane et Babylone, opinion que Wioer trouve plus probable à cause de la place qu'occupent les Arkévieos, Esd. 4, 9. — 2° Ce serait Edesse, d'après le témoignage positif de Jérôme, d'Epbrem et de quelques rabbins.
ÉSA1E. 4° Lévite, Esd. 8, 49. t>. Sérébia.
2° Prophète hébreu, fils d'Àmots. On n'a que fort peu de notices positives sur sa vie et sur sa personne. Son nom signifie aide de Dieu. D'après une tradition, son père aurait été frère du roi Amalsia, et lui-même aurait été de la famille royale. Plusieurs circonstances font croire qu'il avait reçu, dans sa jeunesse, une éducation distinguée ; son style orné et majestueux, qui décèle une grande étendue de connaissances, et ses relations avec la cour viennent à l'appui de la tradition. Il commença les fonctions de prophète vers la fin du règne d'Hosias, probablement la dernière année de ce roi, si, comme c'est probable, le ebap. 6 indique la consécration d'Esaïe; et il les poursuivit sous les règnes de Jotham, d'Acbaz et d'Ezéchias. Il parait même, d'après 2 Chr. 32, 32., qu'il a survécu à ce dernier, et, selon une tradition des Juifs et de l'ancienne Eglise chrétienne, i| aurait vécu jusqu'à l'époque de Manassé, qui l'aurait fait mettre à mort. 11 aurait doue fourni une carrière prophétique de plus de soixante ans (mort d'Hosias 757, avènement de Manassé 696;, et aurait atteint un âge fort avancé, au moins quatre-vingt-dix ans; la tradition même lui en donne cent vingt, et porte qu'il aurait été scié en deux par les ordres de Manassé, sous prétexte que par ses oracles il avait contredit et violé la loi de Moïse, cf. 6, 1 . et Ex. 33, 20.; le passage Débr. 44, 37. semble se rapporter à cette tradition et la confirmer. Esaïe demeura toujours à Jérusalem, où il était marié, et où il avait au moins deux enfants, Es. 7, 3. 8, 3. 4. Il est encore nommé comme auteur de deux ouvrages historiques, l'un sur Hozias, l'autre sur Ezécnias, 2 Chr. 26, 22. 32, 32.
La mission de ce prophète s'explique par l'histoire des règnes sous lesquels U vécut. U devait surtout combattre le formalisme et l'hypocrisie, iusister sur le sens spirituel de la loi, annoncer les terribles jugements que le peuple s'attirerait par son impcnilence ; mais aussi consoler et encourager le résidu fidèle par K-s promesses d'un meilleur avenir, et tout particulièrement diriger leurs regards vers le Sauveur qu'il annonce à la fois comme docteur.