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comme victime expiatoire, et comme roi. Ses prédictions messianiques ont une si grande clarté qu'on a nommé quelquefois ce livre un cinquième évangile; le N. T. l'appelle le prophète par excellence (6 iraofYjTYjç), elle cite très souvent. Déjà chez les Juifs il jouissait d'une grande considération; les prophètes, en particulier Jérémie, s'appuient constamment sur lui.
Les oracles d'Esaïe ne sont pas classés d'après un ordre très chronologique. On les divise en deux parties principales, et la première partie elle-même, 4 -39, se subdivise en quatre sections. — 4° Ch. 4 à 42, prophéties concernant le royaume de Juda et celui d'Israël, et oracles messianiques. — 2° Ch. 43 à 23, prophéties contre des peuples étrangers, l'Assyrie, Babylone, Moab,Tyr, Edom, etc.; le ch. 22 est dirigé contre un certain Sebna,q.v. — 3° Ch. 24 à 35, prophéties du temps d'Achaz et d'Ezéchias, concernant Juda. Le prophète décrit les péchés et In misère du peuple avec une humble et compatissante sympathie; il dépeint l'invasion assyrienne, la destruction de Samarie, la détresse et la délivrance de Jérusalem, avec de nombreuses allusions à la conversion des Juifs à l'Evangile. — 4° Ch. 36 à 39, Esaîe raconte l'invasion de Sancbérib et la destruction miraculeuse de son armée, abordée aux prières d'Ezécbias; puis la maladie d'Ezéchias et sa guérison. Ce fragment est presque identique avec 2 R. 48 à 20. — Quant à la seconde partie du livre, ch. 40 à 66, elle a été probablement composée après un fort long intervalle et vers la tin de la carrière d'Esaïe, sous le règne de Manassé. Le vieillard se transporte par la pensée jusqu'aux temps de l'exil; et sur ce terrain idéal il annonce la délivrance de la captivité de Babylone, et désigne même deux siècles d avance, par son nom, le prince qui en sera l'instrument. Mais eu même temps il porte ses regards sur une délivrance plus importante encore, sur la rédemption spirituelle, sur le Messie; et, par cela même qu'ils sont très analogues, ces deux sujets apparaissent tour à tour sur le premier plan, ou semblent quelquefois se confondre l'un avec l'autre.
L'authenticité de celte dernière partie a été fortement attaquée. Ce peut être une attaque contre l'Ecriture; mais ce peut n'être aussi qu'une simple question de critique. Ou peut supposer, en elîel, qu'un prophète postérieur, animé du même Esprit de Dieu, soit l'auteur de c*»s 27 chapitres, et que son nom se soit perdu. Mais le fait serait assez extraordinaire, et l'on a peine a comprendre comment un prophète d'une aussi grande valeur aurait pu passer inaperçu a une époque quelconque, saus laisser d'autres traces que ces admirables oracles. S'il y a quelques difficultés à reconnaître que le
même auteur a écrit la première et la dernière partie de ces prophéties, on ne peut y échapper qu'en admettant qu'il y a eu deux prophètes comme Esaie, ce qui ne simplifie pas la question, et en ajoutant que le second de ces Esaie est resté inconnu, ce qui la complique au lieu de la résoudre. 11 n'eu est pas moins vrai que la différence de ton qui existe entre cette dernière partie et celles qui précèdent, a fait élever des doutes sur l'identité de l'auteur. Ces doutes ont été présentés sous différentes formes. L'hypothèse de de Welle et de Gesenius, qui pensent que ces vingt-sept chapitres ont été composés du temps de l'exil, a été réfutée par Jahn, Mœller, Kleinert, Hengstenberg (Cbristologie), rfcevernick, etc.
Contre l'authenticité on allègue: 4. que l'auteur semble avoir vécu dans le temps de la captivité, puisqu'il la suppose constamment; pour lui Jérusalem est détruite, la Judée désolée, le peuple de Dieu rejeté. Mais il est très ordinaire que les prophètes se transportent dans l'avenir et le décrivent comme s'ils l'avaient sous les yeux. C'est ce que font Moïse, Deut. 32, Joël 4, 2. 45., et Esaîe lui-même, plus d'une fois dans la partie du recueil qu'on ne lui conteste pas, par exemple à l'égard de Tyr, ch. 23. — 2. On dit qu'avant d'annoncer le retour de l'exil, il aurait dû annoncer l'exil lui-même; mais c'est ce qu'il a fait, 5, 6, 44.sq.,et surtout au ch. 39, avec lequel toute la dernière partie est intimement liée. — 3. On fait remarquer que le style de ces derniers chapitres est assez différent de celui des trente-neuf premiers, plus ample, plus calme, mais plus pathétique et plus éloquent. Ces nuances s'expliquent facilement par l'âge plus avancé de l'auteur, par la différence des sujets, etc. — 4. On a prétendu encore relever un certain nombre de chaldaïsmes. Cet argument a été réfuté par les plus habiles connaisseurs de la langue hébraïque, Ewald par exemple, qui ne saurait être suspect en pareille matière. — 5. On a enfin soutenu que la désignation de CyrusparsoR nom est un fait sans analogie chez les prophètes. Mais cette assertion est facile à réfuter; nous ne citerons que 4 H. 43,2., où le roi Josias est annoncé par son nom trois siècles à, l'avance.
Remarquons encore en terminant, que c'est précisément de ces vingt-sept deruiers chapitres, que le N. T. cite le plus grand nombre de passages en les altrihuant clairement à Esaie; v. Matth. 3, 3. 42, 48. 25, 35. 26, et 27 ;Hom. 9, 20. 40,20. 4 1, 26. 44, 4 4. Act. 8, 32. 43,47. Luc 4, 47. 48., etc.
Les commentaires les plus utiles à consulter pour l'élude de ce prophète sont ceux de Calvin, de Gesenius, de Maurer, d'Umbreil et de UiUig, el (a Christologie de Hengstenberg.
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ÉSAR-HADDON, roi d'Assyrie, fils et successeur de Sennachérib, Es. 37, 38. 2 R. 49, 37. Esd. 4, 2, indiqué encore, sans èlre nommé, 2 R. 17, 24., que Calmet el d'autres croient reconnaître aussi, mais à tort, sous le nom de Sargoo, Es. 20, 4. Il commença de régner vers 670 ou 681 av. C, et occupa le trône pendant vingt-neuf ans. Il fit transporter dans les contrées désolées de la Samarie, privée de ses habitants en exil, des colonies de gens de Babel, de Cuth,et d'autres villes babyloniennes; ces colonies ayant beaucoup à lutter dans leurs premiers travaux d'établissement contre les bêles féroces, qui s'étaient d'abord emparées de ces lieux, crurent que les dieux de ces localités ne leur étaient pas favorables parce qu'elles ne connaissaient pas la manière de les adorer, et sur leur demande, Esar-Haddon leur envoya un des sacrificateurs exilés ; mais cette expédition ecclésiastique fut sans résultat réel, et le prêtre en fut pour ses leçons de religion : les colons apprirent bien la foi juive, mais ils n'en continuèrent pas moins de se faire leurs dieux, qui Nergal, qui Asima, qui Tarlac; ce fut le commencement de la religion des Samaritains, q.v. — C'est probablement encore Esar-Haddon qui fit la guerre à Manassé et l'emmena captif à Babylone, chargé de doubles chaînes, 2 Chr. 33, 4 4.12. — Quelques-uns pensent que c'est lui qui est connu dans l'histoire profane sous le nom de Sardanapale ; mais r. Pul.
ÉSAU ou Edom, premier-né d'Isaac et de Rébecca, Gen. 25, 25., fut un homme des champs, s'adonnant au labourage et aux travaux de la chasse. Au retour d'une de ses violentes excursions, accablé de fatigue et dévoré par la faim, il parla légèrement de ses lèvres, et céda son droit d'aînesse pour un plat de lentilles, tombant par son impétuosité dans les filets d'une mère et d'un frère dont il eût dû se méfier. Il oublia bientôt celte imprudence; il en lit une autre en épousant deux Cananéennes (Héthiennes), Gen. 26, 34. 36, 4. v. Elon, et se compromit lui-même gravement par celte infidélité, compromettant en même temps la paix de la famille patriarcale. Puis son père étant devenu vieux, el voulant donner sa bénédiction au fils ainè qu'il chérissait, Gen. 27, 4., Jacob, l'enfant de la ruse, le supplanta par un habile déguisement, et accomplit par un pécbé les plans éternels de la Providence : Esaii ne reçut que les restes de la bénédiction paternelle, la promesse d'une nombreuse postérité, puissante, belliqueuse et riche, mais parfois soumise à celle de l'aîné béni. v. Edom. Justement indigné, Esaii croyait pouvoir se faire justice à luimême, et ne cachait pas son intention de tuer son frère après la mort d'Isaac ; mais Jacob ayant disparu d'après les conseils de sa mère,
Esaii, espérant de rentrer dans la faveur paternelle, et peut-être dans celle de Dieu, par une alliance avec la famille d'Abraham, épousa une fille d'Ismaël; ce fut en vain; lorsque le cœur n'est pas sain, l'esprit ne peut l'être non plus. La famille d'Ismaël n'appartenait pas à la promesse, et ne fit venir aucune bénédiciion sur celui que l'Eternel avait rejeté hors du peuple quidevaitêtreledépositairede la vérité. Mal. 4 , 2. Héb. 42, 46. Les années s'écoulèrent, la haine s'éteignit dans le cœur d'Esaû,el lorsque Jacob revint de la Caldée, dans l'entrevue qui eut lieu entre l'usurpateur el la victime, Gen. 32, Esaû se montra bien au-dessus de son frère par la chaleur de son affection, la noblesse de sa conduite, et son oubli du passé; car, évidemment, tout ce que Jacob pouvait lui offrir n'était rien en comparaison de la bénédiciion dont il l'avait dépouillé. Les deux frères se revirent encore une fois à la mort de leur père, Gen. 35, 29. Esaii conlinua d'habiter au pays de Séhir, dont Dieu avait assuré la possession à sa postérité, Deul. 2, 5. On ne sait rien sur sa mort.
Le nom d'Esaù signifie velu (comme un manteau de poil), Gen. 25, 25., et lui fut donné à sa naissance ; celui d'Edom signifie roux, et lui fut donné selon les uns à sa naissance, a cause de la couleur de son poil, selon d'autres à cause du plat de lentilles, Gen. 25, 30. Ces deux noms sont employés l'un el l'autre pour désigner les tribus iduméennes et la contrée qu'habitèrent les descendants d'Esaû, mais ce dernier s'emploie surtout dans les livres prophétiques, Jér. 49, 8. 40. Abd. 6. 8. 9. 49. — Quant aux trois femmes d'Esaû, v. Gen. 26, 34. 28, 9.; cf. 36, 2. sq.
Il existe une tradition assez singulière sur la descendance d'Esaû, et qui excite fortement l'indignation du père Calmet, c'est qu'Esaû aurait eu un fils nommé Roum, duquel seraient descendus Romulus et les rois de Rome; voici du reste ce qu'il dit : «C'est une tradition commune à toutes les nations du Levant qui ont quelque connaissance des livres sacrés, que du lemps d'Habdon, juge des Hébreux, une colonie d'Iduméens passa en Italie où elle s'établit, que Latinus régna parmi eux, et que Romulus fondateur de Rome tirait d'eux son origine. Tout cela est une fable mal inventée par 1rs Juifs pour faire tomber contre les chrétiens (de Rome) tout ce qui est dit dans l'Ecriture contre l'Iduméeet les Idumèens. Les plus fameux rabbins soutiennent opiniâtrement cette impertinente tradition. Le Talmud appelle l'Italie et Rome « le cruel empire d'Edom ; »» Edom signifie roux; les empereurs romains étaient vêtus de rouge; les cardinaux portent encore la même couleur. Les belles raisons! » — On comprend l'indignation de Calmet; toutefois II ne paraît