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— C'est dans le même sens encore qu'il faut entendre l'eunuque de la cour de Candace, seigneur commis sur les richesses de la reine d'Ethiopie, prosélyte juif qui fut converti au christianisme par Philippe q. v., Act. 8, 27. — Le passage Matth. 49, 12. se rapporte aux ascètes qui se faisaient eunuques pour gagner le ciel, exemple qui fut suivi par Origène dans une intention moins prétentieuse, et pour se délivrer seulement des tentations charnelles; on peut aussi prendre ce verset comme indiquant le simple renoncement au mariage et aux plaisirs de la chair, sans opération corporelle; ce serait le cas de Paul, et les promesses d'Apoc.
14, 4. seraient faites pour eux.
EUPDUATE, hébreu Ph'rath, Gen. 2, 14.
15, 18. Jos. 1, 4. Apoc. 9, 14., appelé simplement le fleuve, Ex. 23, 31 . Es. 8, 7. 7, 20. Jér. 2, 18. Mich. 7, 12., ou le grand fleuve, Deut. 1,7. De tous les noms géographiques, l'Eupbrate est certainement le plus ancien, puisqu'il est le seul qui nous ramène aux jours du paradis terrestre. Ce fleuve, un des plus considérables de l'Asie, prend sa source au plateau de l'Arménie, et sort de la chaîne des montagnes dont i'Ararat est le sommet le plus élevé. A trois journées d'Erzeroum, les deux premiers affluents du fleuve se rencontrent, l'un, le Frai, plus court et venant de l'ouest; l'autre, le Mourad-Tchaï, venant d'orient, plus long et prenant naissance au pied des monts Alma-Dagh, dans les environs de la ville de Bayazad. A leur jonction, les deux rivières réunies prennent le nom de Mourad-Sou, ou Euphratc, et présentent une masse d'eau pareille à celle de nos fleuves les moins considérables, tels que la Moselle. L'Eupbrate coule d'abord vers le sud et sépare l'Arménie de la Cappadoce, puis bientôt chassé par les racines du Taurus, il tourne à l'ouest et descend par d'étroits passages et de nombreuses chutes, jusqu'à ce qu'il arrive dans la plaine non loin de Samosate, où sa course se ralentit, et continue d'abord au sud, puis à l'est et au sud-est, ayant à sa droite la Svrie et l'Arabie déserte, à gauche la Mésopotamie. A la latitude de Bagdad il se rapproche du Tigre, dont il n'est plus éloigné que de 200 stades à Séleucie, cl de nombreux canaux permettent une communication libre et facile entre les deux fleuves. Il s'éloigne de nouveau du Tigre, passe devant Babylone, envoie une partie de ses eaux se perdre dans les marais sablonneux de l'Arabie, puis revient en serpentant vers l'est, et se perd a Kornah dans le Tigre ; là les deux fleuves, sous le nom de Scliat-al-Arab (fleuve des Arabes;, traversent encore 32 lieues d'un pays noyé, et se jettent finalement dans le golfe Persique par plusieurs embouchures.
Le cours de l'Euphrate est d'environ 4850
kilom. ; il est accessible à de petits bateaux pendant la première partie de son cours jusqu'à son arrivée dans les chaînes du Taurus, puis il cesse de l'être jusqu'à quelques lieues au-dessus de Samosate, où sa course longtemps accidentée redevient plus douce et plus unie; la vallée s'élargit et les pentes s'affaiblissent; la largeur du fleuve est de 800 pieds ; mais sa profondeur varie encore et ne dépasse jamais dans les eaux basses 10 à 12 pieds, quoique dans la saison des pluies elle s'élève jusqu'à 24. La navigation n'y est jamais sûre, et tous les essais qui ont été faits jusqu'à ce jour ont échoué contre les caprices du fleuve indompté, cf. Es. 8, 7. Les vapeurs le Nitocris et le Nimrod, dans leur navigation du mois de mars 1841, n'ont fait que constater les difficultés qui restent encore à lever pour la navigation régulière de ce fleuve; d'autres essais faits postérieurement ont mieux réussi, mais ne sont encore que des essais. — L'eau de l'Euphrate est presque toujours trouble, mais ne laisse pas que d'être saine et d'un goût agréable quand elle est clarifiée. Les Arabes l'estiment extrêmement.
EUROCLYDON, Act. 27, 14., vent du sudest, irrégulier et tourbillonnant.
EUTYCHE, Act. 20, 9., jeune homme de Troas, qui, s'étant endormi sur l'embrasure d'une fenêtre pendant un discours de saint Paul, tomba dans la rue et fut relevé mort; mais l'Apôtre s'étant approché se pencha sur lui, l'embrassa, et annonça aux assistants que le jeune homme était revenu à la vie. La réunion ne fut ainsi interrompue qu'un instant, puis les frères s'assemblèrent de nouveau en attendant le départ de Paul, prirent la cène, et s'entretinrent jusqu'au jour. — On a révoqué en doute le miracle, par conséquent la mort et la résurrection d'Eutycbc, et l'on s'appuie sur le peu de cérémonies que fait l'Apôtre, qui ne prie pas même ; on dit encore que le jeune homme, n'ayant éprouvé qu'une violente secousse, a bien eu besoin du reste de la nuit pour se remettre, ce qui explique pourquoi au lieu de remonter immédiatement dans la salle, il ne reparut qu'après le départ de Paul. Nous répondons : le v. 9 est positif; même s'il n'y a eu que secousse violente on ne se remet pas en quelques heures d'une chute de trois étages; les paroles du v. to ont le même sens que celles de Maith. 9, 24 ; saint Paul s'est penché sur le jeune homme comme le firent Elie et Elisée en pareille occasion, 1 R. 17, 21. 2 R. 4, 34. « Enfin, ajoute M. Coquerel, s'il n'y a point ici de miracle, l'accident était trop peu important pour être rapporté par saint Luc. Depuis Ephèse jusqu'à Milet, Act. 20, 1. 15., le récit ne s'arrête point et n'offre aucun intérêt; l'historien aurait-il interrompu la rapidité de son narré pour ra-
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conter seulement qu'un dormeur était tombé par une fenêtre sans se tuer? Lui:, présent à toute cette scène, était niédecinj s'il s'agit d'un évanouissement et non d'une résurrection, c'est de son aide et non de celle de Paul que l'on avait besoin, et en se rappelant que le récit est d'un homme de l'art, il est impossible de ne pas y voir un prodige divin et non un accident vulgaire. »
11 est intéressant de voir avec quelle bonté et quelle compassion saint Luc rapporte le fait de ce jeune homme qui s'endort pendant que le grand apôtre parle aux âmes; Eutyche ne cède qu'à un profond sommeil, il faisait une chaleur étouffante, et la fumée des lampes nombreuses y ajoutait son influence engourdissante; c'était extrêmement tard, minuit; enfin Paul avait fait un long discours, de l'aveu même de Luc: toutes les circonstances se réunissaient pour faire succomber la chair, et là où bien des formalistes se seraient indignés, le Saint-Esprit n'exprime pas un seul mot de blâme. Chacun sait que ce n'est pas bien de dormir au culte, et l'on peut même dire qu'une Ame pieuse n'en éprouvera jamais le besoin. Voilà la règle, puis vient l'exception, c'est que la ebair est toujours chair avec une faiblesse insurmontable, inhérente à sa nature; s'il y a des cas où la faiblesse est péché, il y en a d'autres où la faiblesse n'est qu'un malheur et doit être pardonnée, et le tact chrétien joint à la charité pure saura toujours faire distinguer les uns uï* autres.
ÉVANGILE, évangélistes. L'Evangile, celle clef de voûte d'une économie nouvelle où le mystère est remplacé par l'amour, l'Evangile, mot sacramentel que lesanges proclamèrent du haut des cieux, Luc 2, 10., en annonçant aux hommes un grand sujet de joie, l'Evangile, cette épigraphe de la religion chrétienne et d'elle seule, ce résumé des gratuités divines, ce nom que chacun réclame dans l'Europe chrétienne et qui s'avance en conquérant dans toutes les parties du monde, sur les côtes de l'Amérique, dans les déserts de l'Afrique, au bord des fleuves de l'Asie, et dans les lies de l'Ocèanie, jusqu'à ce qu'il ail gagné des hommes de toute tribu, langue, peuple et nation, l'Evangile n'est dans son origine comme dans sa signification littérale, ui un système de philosophie, ni un système de devoirs, ni une prédication de morale, mais lu publication simple d'un fait, d'une nouvelle, d'une « bonne nouvelle, » ainsi que le marque son nom même, dérivé des deux mots grec.s Ei, ^f/IXtcv, qui oot celte signitication.
Ce fait, c'est que Jésus est venu chercher et sauver ce qui était perdu, M itih. 18, 44.; cYsi qu'il n'y a point sous le ciel d'autre nom qui soit donné aux hommes par lequel il nous faille
être sauvés, Act. 4, 4î.; c'est que Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son fils au monde, afin que quiconque croirait en lui ne péril pas, mais qu'il eût la vie éternelle, Jean 3, 46.
Fait historique, il repose sur un fait moral qu'il suppose, celui de la corruption entière du cœur humain, corruption telle qu'il ne peut plus être question pour l'homme d'un simple changement, d'une amélioration, d'un mieux aller, mais d'une métamorphose totale, d'une transformation, d'une conversion, d'une rétrogradation complète et sans restriction aucune. Cette base posée, cette corruption reconnue, dont les conséquences naturelles sont une éternelle condamnation, Dieu a opposé comme remède la mort de son fils éternel dont le sang doit à la fois expier et purifier. Ce plan, conçu dès avant la fondation du monde a été dévoilé à l'homme aussitôt après la chute; et des lors, développé de plus en plus clairement par les sacrifices, par le mosaîsme, par les prophéties, et par la foi des Juifs craignant Dieu, il a pris place dans l'histoire de l'humanité il y a 4,860 ans, le Verbe s'étant incarné, ayant souffert, étant mort, étant ressuscité, s'étant montré publiquement, ayant été vu, entendu et louché pendant plusieurs années, ayant prêché dans les plaines et sur les montagnes, dans les villes et dans les déserts. Puis son œuvre étant accomplie, il est retourné dans le sein de son Père.
Tous ces faits avaient pour but unique le salut des hommes, et ç' est leur ensemble qui constitue l'Evangile, la bonne nouvelle.
Il importe donc pour ce mot comme pour tous les autres d'en conserver présente à la pensée la signification historique et salutaire, afin de ne se pas fourvoyer comme on le t'ait souvent dans des phrases creuses et sonores qui n'ont aucun sens : pratiquer l'Evangile, la loi de l'Evangile, les menaces, les foudres de l'Evangile, autant de formules qui dénotent chez ceux qui les emploient l'ignorance ou l'oubli le plus déplorable de ce qui fait le fondement de la religion chrétienne. Nous ne pouvons développer, ni même indiquer ici toutes les idées également importantes qu'entraîne après elle, et comme conséqueuce, la bonne nouvelle annoncée aux hommes : l'inutilité d'oeuvres supplémentaires à la mort de Christ qui a pleinement accompli le salut, en même temps que la nécessité des œuvres produites par une foi opérante dans la charité, ou plutôt la producliou meute de ces œuvres qui sont la conséquence naturelle de la véritable foi, du véritable amour pour le Dieu- Sauveur. (Bost, Qu'est ce que l'Evangile
Si le nom d'Evangile s'appliquait dans l'origine plutôt à la proclamation et à la prédication de la bonne nouvelle, car à cette époque on lisait peu, et l'on écrivait moius encore, on finit