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lite a été reproduit par Cotelerius, par Fabricius, et en 4764 à Venise, par Mingarelli. Le Protévangile de Jacques a paru à Bâle en 1552; les Pères semblent l'avoir connu ; l'Evangile de la Nativité de Marie date du sixième siècle dans sa forme actuelle, mais il semble avoir été déjà connu de saint Jérôme qui l'attribue à Séleucus le manichéen. — Le plus curieux des écrits de ce genre est l'Evangile de Nicodème, appelé aussi Actes' de Pilate; it est divisé en 28 chapitres; les 15 premiers racontent et paraphrasent la passion du Christ, le reste du volume raconte sa descente aux enfers, telle que l'auteur dit la tenir de Lenthius et Chatinus, fils de Siméon, qui ressuscitèrent à la mort de Jésus, mais n'entrèrent dans la sainte ville qu'après sa résurrection. Il y en eut plusieurs éditions, en 1490, 4516, 1522, 4538, et 1569. Pour plus de détails, v. Kitto, Cyclopaîdia, Gospel. Quelques-uns de ces évangiles apocryphes peuvent être utiles a consulter comme renseignements.
EVE, Gen. 3, 20. 1, 27. 2, 18. 3, 1., etc. 2 Cor. 11, 3. 1 Tim. 2, 13., la première femme et la première pécheresse. L'homme ayant par la chute perdu l'immortalité, donna à sa femme le nom de vie, Zoé, Zwrj (Sept.), hébr.Bhivvab, puisque son existence devait se continuer infiniment par sa descendance-, cette espèce d'immortalité remplaça pour lui l'immortalité corporelle qu'il avait perdue : il devait encore trouver dans la postérité de sa femme une immortalité plus précieuse et plus glorieuse, mais il ne put la comprendre qu'en partie lorsqu'elle lui fut annoncée.
L'histoire de la chute et de la peine prononcée contre la femme est trop connue pour qu'il y ait lieu à la répéter, on peut se borner à quelques observations. La femme fut créée pour l'homme, mais tirée de l'homme; ce double fait établit de la manière la plus claire et la plus délicate les rapports qui doivent exister entre eux, rapports que les peuples non éclairés de la lumière d'en haut ont vainement cherché à déterminer, les uns ayant fait de la femme la reine de la société, les autres l'ayant ravalée au niveau de l'esclave ou de la brute. Dieu ayant destiné l'homme et la femme à vivre ensemble, a dû les faire dissemblables et inégaux en force afin d'empêcher les luttes el les frottements; il a fait l'homme le chef pour commander, et il lui a donné une aide formée après lui et pour lui, 4 Cor. 44,8. 9., mais à son image et à sa ressemblance, alin d'effacer ainsi ou de diminuer la distance qui les eût séparés autrement. Us sont de même essence el de même nature, ils sont égaux; mais la femme est venue après, elle est plus faible, elle doit obéir. Celte inégalité de forces a si bien été reconnue déjà dès le commencement, que c'est à elle que le tentateur
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s'adresse en premier lieu, c'est contre elle qu'il dresse ses premières embûches, et il la séduit en flattant sa sensualité, son orgueil, et son amour pour ce qui est beau à voir. — La peine imposée à la femme a paru grande à ceux qui regardaient sa faute comme petite, mais il n'est aucune femme chrétienne qui ne comprenne cette parole du livre de Job, que Dieu exige de nous beaucoup moins que notre iniquité ne mérite (11, 6.). Saint Paul, dans un passage souvent mal compris, envisage comme moyen de salut ce que Dieu infligea à la femme comme peine, lorsqu'il dit : « Elle sera néanmoins sauvée en mettant des enfants au monde, ou plutôt, « par r enfantement, » 1 Tim. 2, 15. Pour l'intelligence de ce passage, il faut reconnaître que l'apôtre qui a parlé d'Eve en passant, généralise cependant ce qu'il a a dire de son sexe : l'idée qu'il développe, c'est que la femme ne doit pas enseigner; elle est par nature trop accessible aux impressions qui viennent du dehors. Adam ne fut pas tente par le serpent, il le fut par Eve qu'une séduction extérieure fil tomber; la femme donc doit s'abstenir d'enseigner ; cependant elle sera sauvée, mais le salut qui lui a été promis après la chute ne détruit pas sa position inférieure, ni même les douleurs de l'enfantement qui lui furent imposées comme peine naturelle extérieure. Dans l'idée de l'apôtre, la femme chrétienne ne peut pas dire : « Il est vrai que c'est la femme qui est tombée la première, et que c'est elle qui est en général la partie la plus faible, mais il n'y a pas de différence dans le règne de la grâce. » C'est aux paroles de Gen. 3, 45. 46. que se rapportent les exhortations de saint Paul, et les douleurs de l'enfantement peuvent être considérées comme un exercice de la foi. On peut ajouter comme idée, secondaire peut-être et cachée à l'arri ère-plan, le salut qui devait sortir pour la femme comme pour l'homme de la malédiction elle-même reposant dans l'enfantement, c'est que de la semence de la femme devait naître Celui qui briserait la tête du serpent, et rendrait à l'humanité le bonheur éternel qu'elle avait perdu par la chute. Mais il faut repousser toute une série d'interprétations sensuelles, qui sont contraires à l'analogie de la foi comme au sens naturel du passage, celle qui met le salut de la femme dans la vie de famille, et dans l'éducation de ses enfants, celle qui prend le texte à la lettre (et quelle lettre!}, a savoir que la femme sera sauvée en faisant des enfants, excluant de fait celles qui restent vierges ou qui sont stériles, l'idée qu'elle sera sauvée malgré l'enfantement, celle que les douleurs de l'enfantement ne seront pas mortelles pour elle et qu'elle y résistera (Benson cl quelques Anglais), etc.
Toutefois, à l'interprétation que nous avons donnée, il ne faut pas oublier de joindre les réserves mises par Paul lui-même à la fin du verset : « Pourvu qu'elle persévère dans la foi, dans la charité, et dans la sanctification avec modestie. »
ÉVÉQUE, en grec Ixfexcrcoç, surveillant, inspecteur. Employés ecclésiastiques, institués, à une époque et d'une manière inconnue, mais déjà du vivant des apôtres; ils portaient encore le nom de xpsaéÛTspot (prebtres, prêtres), ainsi qu'on le voit dans plusieurs passages où les deux mots sont employés l'un pour l'autre; Paul étant à Milet fait venir les prêtres (ou anciens) de la ville, et leur dit : « Prenez garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évéques, » Act. 20, 17. 28.; — cf. encore Tite 1, 5. et 7., où l'apôtre, en engageant Tite a ne choisir pour anciens que des hommes recommandables , ajoute : « car il faut que l'évêque soit irrépréhensible, etc. » Cela ressort également du nombre d'évèques qui se trouvaient à Philippes, Phil. 1, 4., où Paul en salue plusieurs, avec les diacres. Depuis qu'on a établi une hiérarchie, il faut plusieurs villes pour un évêque ; aux jours apostoliques il y avait plusieurs évêques pour une ville. On le prouve encore par le fait que lorsque les employés de l'Eglise sont classés et énumérés, comme 4 Tim. 3, 4. 8. Phil. 4,4., les évêques seuls sont nommés à côté des diacres, sans aucun dignitaire intermédiaire. Les Pères de l'Eglise sont d'ailleurs tellement d'accord sur ce point, Clément Romain, Irénée, Théodoret et Jérôme (olim idem erat presbyter, qui et episcopus), que les catholiques-romains, au moins plusieurs d'entre eux, reconnaissent ce fait, et Calmel le dit positivement dans son Comment, sur Phil. 4, 4. : « Anciennement le nom d'évèque et celui de prêtre étaient communs et réciproques. » 11 parait que le titre d'évèque n'était pas extrêmement en usage dans les temps primitifs, et qu'on distinguait ces ouvriers par les fonctions plus extérieures de leur activité, par les noms de pasteurs et docteurs, Eph. 4, 44., de présidents d'Eglise, 4 Thess. 5, 42., etc., quoiqu'il y eût aussi des anciens (ou évéques) non enseignants, 4 Tim. 5, 47. Il n'y a rien, du reste, dans les qualités exigées des évêques, qui les distingue des autres saints sous le rapport religieux, 4 Tim. 3, 4-44. Tit. 4 , 5-9. ; et ces derniers conservaient le droit d'accuser leurs évéques dont les fautes bien constatées devaient être reprises publiquement, 4 Tim. 5, 49. 20. Les évêques étaient établis par les apôtres et les autres anciens, Act. 1 4,23. 1 Tim. 5, 22. Tit. 4,5., de la pari du Saint-Esprit, Act. 20, 28., mais rien n'indique comment leurs pouvoirs devaient se transmettre, ni même
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quelle était l'étendue de ces pouvoirs : ce qui est sûr, c'est qu'ils n'étaient accordés qu'à ceux qui avaient des dons particuliers pour remplir dignement les nouvelles fonctions auxquelles ils étaient appelés. — M. Amand Saintes, dans son Etude sur les Epîtres pastorales, a cependant émis quelques idées différentes des nôtres, et qui méritent d'être sérieusement examinées.
Quoi qu'il en soit des détails, on sait que l'idée primitive n'a pas tardé à dégénérer dans l'Eglise, et que les formes de la hiérarchie juive et romaine ont pénétré au sein d'une économie d'égalité qui posait en principe le sacerdoce universel. Aux diacres on a joint des sous-diacres et des archidiacres; aux curés (curatores), des évêques, des archevêques, des cardinaux, puis enfln lo pape, comme couronnement de l'édilice. Cette marche progressive a été lente ; elle répondait à des besoins réels, au besoin de s'entendre et de régler certaines questions, au besoin de se défendre contre les barbares d'abord, puis contre les empiétements des pouvoirs temporels. On ne peut qu'admirer au moyen âge cette colossale institution, et reconnaître les services qu'elle a rendus au monde et à la société plus qu'à l'Eglise. Sa force a été longtemps dans son mérite réel et dans sa spiritualité; elle représentait un pouvoir spirituel. Mais du jour où son âmbition l'a poussée à revendiquer un pouvoir temporel, elle a perdu ce qui la caractérisait, elle est devenue semblable aux royaumes de ce monde, elle a perdu la première place pour tomber a la cinquième ou sixième.
L'épiscopat en lui-même n'étant qu'une forme, peut être discuté dans l'Eglise ; comme il a des avantages, il a des inconvénients; l'Eglise romaine et l'Eglise anglicane seules l'ont conservé; l'Eglise luthérienne a paru quelquefois faire de timides efforts pour l'établir, et quelques évéques ont élé nommés en Prusse, à titre purement honorifique.
Il est naturel qu'avec l'importance donnée au pasteur central d'une même contrée, et avec les charges qui lui incombaient, on lui ait accordé une indemnité pour subvenir aux dépenses plus considérables auxquelles il était appelé. II est naturel enfin qu'on ait choisi pour remplir les fondions ecclésiastiques dans un chef-lieu de diocèse, un des pasteurs les plus anciens, les mieux doués et les plus pieux. Voilà la théorie. Malheureusement en pratique, la vie ayant disparu, et les postes ayant acquis une valeur matérielle considérable, on les accorda à l'intrigue, à la vanité, aux protections ; quelquefois même on les vendit. On connaît le proverbe, peut-être la meilleure critique du système : Crosses de bois, évêques d'or; crosses d'or, évêques de bois.
ÉVIL-MÉRODAC (le fou de Mêrodac), 2 R.
25, 27. Jér. 52, 31., roi de Babylone, tils et successeur de Nébueadnetsar, 561 av. C, succomba après un règne de deux ans, sous les coups de son beau-frère Nériglissar; selon Josèphe, il aurait régné dix-huit ans; dans ce chiffre seraient alors comprises les années qu'il aurait régné avec son père et pendant sa folie, ou bien la vice-royauté de quelque province. Dès la première année de son règne il tira de prison Jéhojachin , qui y languissait depuis trente-sept ans, le traita avec douceur, l'admit à sa table, et lui accorda une pension jusqu'à la fin de sa vie. L'histoire profane, qui a conservé le nom de ce monarque, n'en parle pas d'une manière toujours fort honorable, et raconte qu'il livra aux corbeaux les restes de son père, pour l'empêcher de ressusciter du tombeau, comme il était ressuscité de son délire.
ÉVODIE (bonne odeur), et Syntiche, Pbu\ 4, 2., deux femmes, peut-être diaconesses, de l'Eglise de Philippes, que saint Paul exhorte à vivre dans l'union chrétienne, soit qu'il veuille les encouragerà y persévérer, soit plutôt qu'elles aient été divisées sur quelques points particuliers de la doctrine évangélique. Elles avaient combattu avec Paul, pour l'avancement du règne de Dieu, comme on voit que d'autres femmes chrétiennes l'avaient fait, Priscille, Phébé, Lydie, Marie de Rome, Junie, Tryphène, îryphose, Perside, et les quatre filles de l'évangéliste Philippe (v. Rilllel, sur Phil. 4, 2.). — Le compagnon d'oeuvre que Paul invite à les aider, v. 3., nous est inconnu; peut-être était-ce un de leurs parents.
EXCOMMUNICATION. t>. Bannissement et Interdit.
EXIL et Captivité. Outre la servitude de l'Egypte, et les asservissements successifs d»-s Hébreux à l'époque des Juges, on compte ordinairement deux captivités plus connues sous ce nom et sous celui d'exil.
1° Israël. Déjà , sous le règne de Pékacb, vers 740 av. C, une partie des habitants de la Galilée et des tribus transjourdaincs furent emmenés, par Tiglath-Filéser, en Assyrie, 2 R. 15, 29. Après la destruction de Samarie et de tout le royaume d'Israël par Salmanéser , lii av. C, sous le règne d'Hosée, le reste des dix tribus fut également transporté, 2 R. 47, 6. t8, 9. 10. On leur donna, pour s'y établir, le territoire du fleuve Chabor ou Chaboras, et quelques villes des Mèdes, ainsi que d'autres petites provinces dans lesquelles ils furent disséminés.
2° Juda. Les habitants de ce royaume se virent à différentes reprises et successivemeat emmenés en captivité. — a) Sous JébojaJum d'abord (vers 606), Jérusalem fut prise par Né-
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