‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 141 sur 398 · EX · texte numérisé non relu

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bucadnetsar, qui se contenta d'emmener des otages, parmi lesquels se trouvait Daniel, Dan. 4, 4. 6. — b) La ville fut prise derechef sous Jébojacbin (597), et Nébucadnetsar emmena une partie considérable de ses habitants, au nombre de dix mille au moins, hommes de guerre et artisans, 2 R. 24, 44., probablement sans compter leurs femmes et leurs enfants. — c) Sous Sédécias (586), la ville révoltée fut de nouveau reprise par le vainqueur, qui la livra aux flammes, emmena le reste de ses habitants, et n'y laissa que les plus pauvres ouvriers, vignerons et laboureurs, pour entretenir le pays, 2 R. 25, 12. D'après Jér. 52, 29., il n'y aurait eu que 832 Juifs emmenés , sans doute leurs femmes et leurs enfants non compris. Le livre des Rois ne parle pas d'autres déportations que de ces deux dernières; le livre des Cbrohiques, 2 Chr. 36, 10. 20., qui raconte la prise de la ville sous Jéhojachin et sous Sédécias, ne mentionne de déportation que celle qui eut lieu sous ce dernier roi. En revanche, le prophète Jêrémie, 52, 28-30., parle d'une troisième déportation, la première que nous avons mentionnée n'étant point regardée comme telle. — rf) Jér. 52, 30., cinq ans plus lard (581), Nébucadnetsar aurait fait transporter de nouveau 745 personnes des Juifs. — e) Un grand nombre enfin s'enfuirent encore en Egypte après le meurtre du gouverneur Guédalia, Jér. 41, 47.

Il y a plusieurs difficultés chronologiques à résoudre ou à accepter dans cette histoire de l'exil. L'auteur (probablement Esdras) du 52e chapitre de Jérémie, appelle l'année où Sédécias fut emmené, à la fois la dix-neuvième et la dixhuitième du règne de Nébucadnetsar, v. 12 et 29. De même Tannée où commença la captivité de Jéchonias, et que le livre des Rois nomme la huitième, 2 R. 24, 12., est appelée la septième, Jér. 52, 28., différences qui tiennent à une différence dans le principe du calcul, l'habitude générale des historiens sacrés étant de prendre pour point de départ le commencement naturel de Tannée, et l'auteur de Jér. 52. ayant dérogé â celte règle, et comptant depuis Tavénement de Nébucadnetsar au trône, v. Juda, et Chronologie. — L'exil partiel aurait donc commencé pour Juda vers 597, et il aurait été à peu près total en 586.

La positiou des exilés n'était , du reste , pas aussi défavorable qu'on le pense quelquefois ; ils purent s'établir à leur aise sur la terre étrangère, bâtir, planter, se marier, ainsi qu'on le voit Jér. 29, 5. ; le livre de Tobic nous les montre jouissant d'une certaine aisance, même de quelque prospérité; l'histoire de Susanne, ei les passages Ez. 14, 1. 20, 1. nous font voir qu'ils avaient des anciens de leur nation et une

juridiction indépendante Plusieurs d'entre eux étaient revêtus de fonctions très honorables; Daniel, Néhémie, d'autres encore étaient employés à la cour au service du roi. Toutefois plusieurs psaumes (137, etc.) montrent combien les cœurs pieux étaient déchirés par le poids dn malheur, et soupiraient après une restauralion. Rejetés par le nialheur des temps, et à cause de leurs péchés, vers les contrées qu'avaient habitées leur» ancêtres, dispersés dans les plaines de la Babylonle, en Mésopotamie, en Egypte, ils retrouvaient partout des souvenirs et des leçons, des reproches et des encouragements. La famille d'Abraham était en quelque sorte replacée à son point de départ , mais les rivages qu'ils foulaient, les montagnes, les forêts, les ruisseaux , tout devait leur rappeler l'alliance que Dieu avait faite avec leurs père6, et les bénédictions qui leur étaient promises s'ils étaient fidèles et S'ils se convertissaient. Pour eux l'exil était un appel, et dans répreuve même ils pouvaient puiser des motifs de relèvement : elle était en même temps pour le monde la dispersion de la semence sainte, et les prophètes, puissants en parole, qui les avaient accompagnés, ne se lassaient pas d'élever la voix pour rendre témoignage, mûrissant les peuples et préparant le chemin du Seigneur. Le contact des Israélites aveo toutes les races anciennes, et avec toutes les classes de la société, était une propagation de la vérité telle que Dieu l'avait révélée â Moïse, une conquête de la lumière sur les ténèbres. Dieu faisait sortir le bien du mal, de la douleur la régénération morale; et bientôt, sanctifiés par l'épreuve, les exilés purent reprendre le chemin de leur patrie, et recommencer sur ses ruines désolées une existence nouvelle.

L'histoire du retour est également hérissée de difficultés chronologiques dès qu'on entre dans les détails; mais les traits généraux peuvent être déterminés. Cyrus monta sur le trône d'Assyrie en 536, et la première mesure de son gouvernement fut la permission donnée aux Juifs de retourner dans leur patrie. Selon Josèphe, Arch., 41, 1. 32., ce fut la lecture du prophète Esaïe , et l'impression qu'il en reçut, qui détermina Cyrus à publier Tédit de délivrance. Les soixante-dix années prédites par Jérémie 25, 11. 42. s'étaient précisément écoulées, et quoiqu'on ne puisse pas dire à la lettre que Juda eût été captif pendant soixante-dix ans, ni surtout que Jérusalem eût été en ruines aussi longtemps, on peut faire dater le commencement de la captivité de la première prise de Jérusalem par Nébucadnetsar, en laquelle Daniel fut emmené comme otage ou captif (606), de sorte que les soixante-dix années se trouvent accomplies à la fin de la première année de Cy-

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ras, en 536. Environ 50,000 Juifs, hommes et femmes, Esd. 4, 1., composèrent la première caravane d'émigrants ; à leur lête se trouvait, comme cbef politique , Zorobabel , fils de Salathiel , fils de Jéhojachin , l'avant-dernier roi de Juda, Esd. 3, 2. 4 Chr. 3, 47. Mattb. 4, 42. Le pontife qui les accompagnait était Jésuah , fils de Jotsadak, de la souche d'Aaron et d'Eléazar, 4 Chr. 6, 44. Esd. 3, 2. Les peines et les dépenses de premier établissement furent facilitées par les ordres du roi, qui assigna aux émigrants un secours sur les fonds publics, en invitant en même temps ses sujets à les assister par des dons volontaires. Beaucoup de Juifs préférèrent des établissements avantageux formés à Babylone, en Mésopotamie et en Perse, à une patrie qu'ils n'avaient jamais vue, et qui ne leur offrait pas alors beaucoup de ressources; d'autres purent être retenus par des obstacles réels et insurmontables; Daniel lui-même, quoiqu'il fût l'âme de tout ce qui se faisait pour la restauration de sa patrie , resta a Babylone, retenu peut-être par son grand âge (plus de quatre-vingts ans), peut-être par la pensée que sa présence à la cour, auprès de Cyrus, serait plus utile à ses frères, peut-être enfin par le désir de ne pas laisser sans prophètes les Juifs restés en arrière. — Sous les successeurs de Cyrus, l'empire de Perse était rempli de Juifs, et nous en trouvons encore un grand nombre à Babylone, au temps des apôtres.

A leur retour dans leur patrie, les Juifs y trouvèrent, outre ceux de leurs frères qui n'avaient pas quitté la Judée, une population païenne , reste des Cananéens , et mélange de Babyloniens qui s'y étaient établis pendant la dévastation du pays, Esd. 6, 24, 9, 1. Néh. 4, 4, 43. Réunis à leurs concitoyens, les Juifs revenus de Babylone parvinrent sans peine, à ce qu'il semble, à rentrer dans leurs droits de propriétaires, Esd. 2, 70. Chacun d'eux, à peu d'exceptions près, avait des pièces qui constataient le nom de l'ancienne famille à laquelle il appartenait, ou au moins celui du lieu d'origine de ses aïeux, Esd. 2, 59., ce qui pouvait l'aider à faire reconnaître ses titres légitimes. Chacun d'eux se fixa dans la même ville ou dans le même village que ses ancêtres, Esd. 2, 70. 4 Chr. 9, 44. — Cf. les art. Juda, Israël, Temple; el, pour celte période en général, le Comment, de Haevernick sur Daniel, et mon Epoq. des Maccabées.

EXODE. Le second livre de Moïse et de la Bible, appelé en hébreu Ellé schemoth (voici les noms), des deux premiers mots par lesquels il commence, porte en français le nom d'Exode, tiré de la version des Septante, et signifiant la sortie , espèce de résumé de son contenu. Il contient la persécution des Israélites en Egypte

sous un roi qui n'avait pas connu Joseph , la merveilleuse délivrance qu'ils obtinrent par Moïse, et le commencement de leur voyage dans le désert, la traversée de la mer Rouge, la victoire remportée sur les Hamalécites, la manne descendue du ciel, l'institution de chefs judiciaires ou magistrats, l'arrivée au pied duSinaï, la Loi promulguée, enfin diverses ordonnances relatives au culte, et à l'érection du tabernacle. Il embrasse une période de 446 années, soit depuis l'an du monde 3545, date de la mon de Joseph, jusqu'à la sortie d'Egypte, 3690, plus la première année du séjour dans le désert jusqu'au départ du Sinaï, et à l'érection du tabernacle. L'Exode se divise, d'après son contenu, en trois parties principales : a) La servitude et les préparatifs du départ, 4-42, 37. 6) La délivrance et le voyage jusqu'au pied du Sinaï, 42, 38.-49. c) La loi et les ordonnances, 20-40. Cette dernière partie renferme en outre, 32-34, l'idolâtrie du veau d'or et les tables rompues.

On ne sait à quelle époque de sa vie Moïse écrivit l'Exode, mais on peut croire que ce ne fut qu'après l'érection du tabernacle, el dans l'un ou l'autre des campements tranquilles où, pendant 38 ans, les Israélites attendirent leur mort. Toutefois, à cause de la nature même de son contenu, a cause des nombreux miracles qu'il raconte, a cause du voyage dans le désert, on comprend que des objections de tous genres aient été soulevées contre l'authenticité de l'Exode; Lengerke, De Wette, K no bel, ont insisté sur le fait des deux documents, déjà invoqués contre la Genèse ; Haevernick a prouvé que, pour l'Exode en particulier, cette hypothèse augmentait les difficultés, bien loin de les résoudre, v. Pentateuque.

Le N. T. fait de fréquentes allusions aux faits rapportés dans l'Exode; Etienne les résume, Act. 7, 47-45., et Paul les rappelle, en en développant le sens typique et prophétique, dans i'Epilre aux Hébreux 4 4, 23-30.; cf. Gai. 3, 4 9. 4 Cor. 40, el ailleurs. Le but du livre de l'Exode est de montrer l'accomplissement des promesses faites à Abraham, que sa postérité posséderait la terre de Canaan ; il montre la fidélité de Dieu envers les ennemis de son peuple, sa bonté envers les fidèles; il montre le gouvernement de l'Eglise el le salut par la foi en Christ, par le ministère de la loi qui a été donnée aux hommes comme pédagogue, Gai. 3, 24., pour les amener à Cbrist qui est justice à tout croyant, Rom. 40, 4. ; il montre la faiblesse de la chair à faire la volonté de Dieu, même après avoir été comblée de biens par lui; il dit enfin à l'Eglise: Sois fidèle, supporte patiemment les épreuves et les tribulations, obéis a ton maître dans les plus petites choses, et tu verras le salut luire sur toi, les ennemis s'évanouir, et l'Eternel te

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