‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 15 sur 398 · A CC · texte numérisé non relu

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peuple par sa popularité, se concilia sa faveur par des intrigues et des promesses, employa toutes sortes d'artifices pour parvenir à ses fins, se procura des chevaux et des chariots, et s'entoura d'une garde permanente de 50 archers. Enfin, la quatrième année depuis son retour de Syrie, il se rendit à Hébrou, sous prétexte d'y accomplir un vœu : deux cents personnes de distinction l'y attendaient, mais sans suspecter ses desseins. Aussitôt il s'ouvre a ceux qui étaient là, et fait proclamer dans toutes les villes d'Israël qu'il a fixé le siège de son en pire à Hébron, là même où David, son père, avait été sacré roi quarante ans auparavant, 2 Sam. 2, 4-44. Achithophel est des premiers à joindre l'usurpateur; la masse du peuple suit cet exemple, et David s'enfuit de Jérusalem avec une poignée d'amis sûrs et fidèles. Absalon s'y rend aussitôt, et le vengeur d uo inceste devient lui-même incestueux, d'après l'avis de son principal conseiller, en se faisant livrer les femmes de son père, pour rendre toute réconciliation impossible. Achithophel voulait encore qu' Absalon lui remît le soin de poursuivre immédiatement David, avec 42, 000 hommes de troupes choisies ; mais cet avis ne fut pas écouté, grâce à Cusaï, qui, feignant d'entrer dans la révolte, afin de mieux servir son maître légitime, et flattant l'amour-propre d' Absalon, lui conseilla d'attendre, de réunir d'abord tout le peuple en une formidable armée, et de marcher ensuite lui-même à la tète de ses troupes. Une victoire brillante lui était assurée. Pendant qu' Absalon rassemblait ainsi le peuple, il donnait à David le temps de réunir ses vieux soldats, et ce furent eux qui le délivrèrent de s»*s ennemis dans la bataille qu'ils livrèrent au milieu des forêts d'Ephraïm. Vingt mille hommes restèrent parmi les morts, el Absalon lui-même, en traversant l'épaisseur de la forêt , demeura suspendu aux branches d'un arbre, entre lesquelles sa tête ou sa chevelure s'embarrassa. Son cousin Joab l'ayant appris, courut en hâte, et, de sa propre main, lui arracha la vie, malgré la défense du roi, qui voulait qu'on l'épargnât (environ 1021 av. C.) Ce fut donc un neveu de David qui le priva d'un fils, bien coupable sans doute et peu digne d'intérêt, mais auquel son père n'avait pas retiré son affection. Absalon, pour éterniser sa mémoire, s'était fait ériger un monument, près duquel il désirait peut-être qu'on l'ensevelit. L'historien Josèphe dit que c'était une colonne de marbre, et qu'elle était à 300 pas de Jérusalem, dans la vallée de Josaphat : le monument qui porte aujourd'hui son nom, est en tout cas d'une date postérieure : Absalon ne put jouir de son tombeau ; son corps fut jeté dans une fosse immédiatement après le combat, et recouvert d'un monceau de pierres.

Quand David apprit la mort de son malheureux fils, il versa sur lui d'abondantes larmes, dont l'amertume était bien justifiée par une si triste vie suivie d'une si triste fin, 2 Sam. 18, 33. — Le nom d'Absalon ne se trouve, en dehors des livres historiques, que dans l'épigraphedu Ps. 3 .

ABSINTHE. Les Hébreux, qui regardaient les plantes amères comme nuisibles, et comme vénéneuses (Apoc. 8, 40. 44.), se servent souvent du nom de l'absinthe pour désigner ce qui est généralement désagréable, nuisible et pernicieux ; et le paraphraste caldéen appelle cette plante « absinthe de mort. » Les versions orientales et les rabbins traduisent l'hébreu Lahenah par absinthe, tandis que les versions grecques d'Alexandrie lui substituent le nom des choses représentées. Ainsi, Deut. 29, 48., elles le traduisent par amertume; Jér. 9, 45., par nécessité ; 23, 45., par douleur. Les idolâtres sont représentés Deut. 29, 48., sous l'image même d'une racine qui produit de l'absinthe; cf. Hébr. 4 a, 45. La Bible lui compare aussi les attraits d'une femme de mauvaise vie, Prov. 5, 4.; les juges iniques, Am. 5, 7. 6, 42. Jér. 9, 45. 23, 45 ; les souffrances el les tribulations, Lam. 3, 45. 49. Les savants pensent que la plante mentionnée dans la Bible n'est pas l'absinthe ordinaire qui ne se trouve pas en Palestine, mais plutôt l'absinthium santonicum, ou chiha des Arabes, ou encore l'artemisia judaica, absinthe de Judée qui croît librement et sans culture dans les déserts de l'Arabie Pétrée, et en Judée, et dont les jeunes pousses fournissent le semen-contra des pharmacies.

ACACIA, v. Sillirn,2°.

ACCAD, ville bâtie par Nimrod au pays de Sinhar, Gen. 40, 10. Il faut la chercher en Babylonie ou en Assyrie. Les Septante lisent Arcad, ce qui a fait penser à Bochart qu'elle était située aux environs du fleuve Argade, dans la Sitlacène.

ACCOUPLEMENTS hétérogènes. Il était défendu aux Hébreux d'allier, dans le cours de leur vie et dans les affaires les plus ordinaires, les choses qui ne devaient pas naturellement aller ensemble, Lév. 49, 19. Deut. 22, 9. sq. Ils ne pouvaient pas, en particulier : 4° porter des habits faits d'étoffes différentes, de laine et de lin ensemble (demi-laine); 2° semer dans un même champ deux sortes de graines différentes ; 3° atteler a la charrue deux animaux différents, un âne et un bœuf; 4° accoupler, pour la propagation, des bêtes d'espèces différentes qui auraient produit des animaux neutres et bâtards, des mulets.

L'Ecriture n'explique nulle part la cause de cette défense, et les Juifs eux-mêmes ne paraissent pas l'avoir comprise d'une manière plus claire. Mais l'idée qui se présente le plus natu-

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reilement à l'esprit, et qui est le plus conforme à l'ensemble des dispositions mosaïques, c'e-t que le législateur voulait en défendant l'union de choses hétérogènes, inculquer toujours plus fortement au peuple l'horreur des alliances étrangères, soit avec les Egyptiens qu'ils vendent de quitter, soit avec les Cananéens qu'ils allaient rencontrer, et avec lesquels ils ne devaient se rencontrer que pour les déposséder et les extirper. La semence sainte allait se trouver sur le même sol que la semence maudite : ils devaient avoir horreur de cet alliage, de ce mélange qui les souillerait ; ils devaient l'empêcher par l'extermination du mal.

la défense d'accoupler des animaux d'espèces différentes se comprend mieux que les autres. Pervertir en effet le cours de la nature pour essayer de produire ce que Dieu n'a pas créé, forcer ou favoriser une marche différente de celle qui est établie, et faire des monstres, était une pensée qui devait répugner déjà au simple sens moral et religieux, et provoquer des mesures préventives; en outre, et a fortiori, cette interdiction disait le dernier mot sur le crime de la bestialité si fréquent parmi les anciens païens, et que le législateur n'a pas même osé nommer; ce crime, la plus grande des monstruosités morales, était banni même de la loi, comme le parricide l'était des lois de Solon. — Du reste il n'était pas défendu d'acheter et de nourrir des mulets, et les Israélites en faisaient venir pour leur usage des pays étrangers.

Quant à la défense d'atteler à une même charrue des animaux différents, Josèphe et Philon la regardent comme une loi d'humanité en faveur des animaux laboureurs; on sait, en effet, que de semblables attelages sont pour l'un et l'autre animal une charge pénible et difficile, à cause de la différence de pas, de forces et d'allure.

Les rabbins ont donné encore beaucoup d'autres explications, toutes plus ou moins satisfaisantes : ils ont dit, par exemple, qu'il était défendu au peuple de porter des vêtements milaine, parce que ce devait être le costume des seuls sacrificateurs, ce qui n'est pas prouvé. Ils ont dit encore que par laine la loi n'entendait absolument que la laine de moutons, et qu'elle permettait le poil de chameaux et d'antres ani maux ; que celte défense ne s'appliquait qu'aux vêlements, et point aux autres tissus que l'on pouvait faire, tapis, linges, couvertures, essuie mains, etc. Ces explications de détails ne me nent guère loin.

ACHAB (frère du père) (908 av. C), 1 R <6, 28.-22, io., fils et successeur de Homri monta sur le trône d'Israël lorsque Asa régnai a Jérusalem ; il fut le plus impie de sa race, et

pagne Jésabel ou Izebel, fille d'Ethbahal, roi de Sidon. Son idolâtrie fut punie par une famine qui désola le pays pendant trois ans et six mois, et qui lui fut annoncée par le prophète Elie. A la fin de ce temps, une épreuve solennelle fut proposée par Elie : les ministres de Banal se réunirent au Carmel, offrirent des sacrifices cl prièrent leur dieu qu'il voulût bien faire tomber la pluie sur la terre; mais ils prièrent en vain pendant une demi-journée. Elie, s'approchant son tour, bâtit un autel et pria le Dieu d'A- >raham, d'Isaac et de Jacob, de se manifester comme le seul et vrai Dieu : le feu du ciel onsuma l'holocauste, un petit nuage parut à l'horizon, comme la paume de la main, et Achab, montant sur son char, s'enfuit en oute hâte a Jizrèel avant que l'orage l'atleienit. Quelques années après commença la uerreavec Ben-Hadad, roi de Syrie, et trentedeux autres rois, 1 R. 20; mais quelque nombreux que fussent les ennemis d'Israël, l'Eernel n'était point avec eux, et leur déroule fut complète; ils furent vaincus par deux fois sur la montagne et dans la plaine. Achab pouvait et devait exterminer Ben-Hadad, mais par orgueil, ou par une générosité hors de saison et que Dieu réprouvait, il préféra faire alliance avec lui. Cette désobéissance i devint fatale : un prophète, 20, 35. (probablement le même Michée que 22, 8), lui annonça que puisqu'il avait laissé échapper l'homme que Dieu lui avait donné à détruire, sa vie répondrait pour celle de Ben-Iladad, et son peuple pour le sien. Irrité de ces paroles prophétiques, de l'accomplissement desquelles il ne pouvait douter, Acliab revint a Samaric et ne fit que pécher davantage au lieu de chercher à apaiser l'Eternel. Sa femme fil lapider Naboth dont la vigne plaisait â Arbab; mais pendant que le malheureux roi parcourait sa nouvelle possession, Elie se présenta devant lui, et l'âme coupable et bourrelée s'écria comme le démoniaque du Nouveau Testament : « Pourquoi viens-tu me tourmenter ? Me chercheras- tu toujours? Suis-je ton ennemi? » Tu l'es, lui répondit le prophète, el en même temps il lui annonça les maux qui devaient l'accabler lui-même et fondre sur sa coupable famille. Epouvanté de tant de malheurs, Achab déchira ses vêtements dans cette vigne même dont un crime l'avait rendu l'infortuné propriétaire, il se couvrit d'un sac el se traînait en marchant. L'Eternel eut égard â cette humiliation, sincère peut-être, mais passagère, et renvoya d'une génération l'accomplissement de ses menaces. « Tantil est vrai, ajoute Saurin, ce que nous disons, que Dieu aime tant la repentance qu'il en couronne quelquefois les dehors, et qu'il en récompense quelquefois oc fut dépassé peut-être que par sa digne com- 1 jusqu'aux apparences. » (Serm. sur les dévot.

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passag.) Trois années après, 2 Clir. 18, Achab s'unit à Josaphat, roi de Juda, pour reprendre la ville de Ramolh de Galaad, et fit mettre en prison le prophète Michée , qui lui prédisait sa mort et la défaite de son armée. Cette mesure séculière n'empêcha pas l'accomplissement de la parole divine : Achab fut blessé malgré son déguisement et mourut malgré son armure; une flèche tirée presque au hasard le frappa au défaut de la cuirasse, il tomba au fond de son chariot et mourut vers le soir, baigné dans son sang, après un triste règne de 22 ans (887 av. C). On lava son char et ses armes dans le vivier de Samarie. cl les chiens léchèrent son sang, ainsi que l'Eternel l'avait annoncé. L'auteur sacré nous trace en deux mots le caractère de ce méchant prince. « Achab fit ce qui déplaît a l'Eternel, plus que tous ceux qui avaient été avant lui. El il arriva que, comme si ce lui eût élé peu de chose de marcher dans les péehés de Jéroboam, fils de Nébat, il prit pour femme Izebel ; puis il alla et servit Banal et se prosterna devant lui; et il lui dres:>a un autel, et fil un bocage, » I Rois 16, 30-33. Son histoire est la plus triste peut-être de toutes celles des rois d'Israël et de Juda, et l'Ecriture sainte s'en sert comme d'un terme de comparaison pour juger l'impiété de ses successeurs, î R.8, 18. 9,7.10, 1.21,3. 2 Chr. 21 ,6. 22, 3. Mich. 6. 16.

2° Achab, fils de Kolaja, et Sédéclas, faux prophètes qui séduisaient te peuple juif captif à Babylonc, et qui joignaient à des paroles de mensonge des mœurs impures, Jér. 29, 21 . 22. Leur mort passera en proverbe et deviendra un formulaire de malédiction, dit Jérémie, et l'on dira : « Que l'Eternel le mette en tel état qu'il a mis Achab et Sédécias, lesquels le roi de Babylonc a grillés au feu. « On ne sait rien de plus sur leur compte; quelques-uns ont voulu les confondre avec les deux anciens de l'histoire de Suzanne; mais, même en admettant cette histoire comme vraie, l'identité serait plus que douteuse, car il est dit que les deux vieillards furent lapidés et non point brûlés.

ACHAIE (douleur), Act. 18, 1-1 2. 2 Cor. 1, 1. Originairement ce nom ne désignait que la côte septentrionale du Péloponèsc, mais du temps des apôtres il comprenait toute la province romaine, c'est-à-dire l'ancienne Hellas (Livadie) et le Péloponèsc (Morée). Elle fut successivement régie par des proconsuls et des procurateurs. Elle avait pour capitale Corinthe, la seule ville un peu considérable de son terri toire ; Gallion y résidait lorsque Paul y prêcha l'Evangile et qu'il y fonda plusieurs congrégations chrétiennes.

ACHAIQI'E, disciple de sainl Paul, dont le nom semble indiquer la patrie. On ne sait rien

de particulier sur sa vie, et son nom ne se trouve que 1 Cor. 16, 17., où nous voyons saint Paul le recommander avec forceaux Corinthiens, Envoyé de Corinthe vers l'Apôtre, avec Slëphanas et Fortunat, ce fut pcul-êirc encore lui qui lut chargé de remettre aux fidèles de sa patrie la 1re épftre qui leur est adressée.

ACUAZ (qui possède), 2 R. 15, 38. 16, 20. 23, 12. 2 Chr. 28; fils de Jotham, roi de Juda, épousa, fort jeune encore, Abija dont il cul Ezéchias. Il monta sur le trône à l'âge de 20 ans, 741 av. C, et régna 16 ans. Il s'adonna tout entier à l'idolâtrie, fit passer ses enfants par le feu en l'honneur de Moloch, et sacrifia aux idoles dans le temple même de Jérusalem. Bientôt il vit réunis contre lui Relsin, roi de Syrie, et Pékach, roi d'Israël, avec une armée formidable; vaincu dans une sanglante bataille, il s'enferma dans sa capitale où ses ennemis l'assiégèrent, pendant que d'un autre côté les Iduméens et les Philistins ravageaient ses Etals, s'emparaient de ses forteresses et dépouillaient tous ceux qu'ils rencontraient. Achaz fit alors alliance avec le roi d'Assyrie Tiglalh-Piléser, dont le secours ue lui fut pas fort avantageux. Dans ces tristes circonstances, Dieu restait encore à la postérité de David; il envoya vers le malheureux monarque le prophète Esaie, pour lui annoncer une prochaine délivrance, Es. 7 et 8. Esaie offrit même au prince, en garantie de cette promesse, de lui donner tel signe qu'il voudrait; mais Achaz, sous prétexte de ne pas tenter Dieu, Deut. 6, 16., refusa; sa véritable crainte était justement de recevoir ce signe, qui l'aurait alors obligé de suivre la voie indiquée par le prophète, et d'abandonner l'alliance assyrienne. Toutefuis ce signe lui fut donné : une vierge enfanterait un fils, et avant que l'enfant pût prononcer les noms de père et de mère, Achaz serait délivré. Cette prophétie eut son accomplissement : le roi d'Assyrie, pour des raisons peut-être personnelles, fondit sur les ennemis de Juda, prit Damas dont il transporta les habitants, et lit mourir Relsin. Achaz alla rendre visite au vainqueur el lui fit hommage des trésors du temple et du palais de Jérusalem. Frappé de la beauté d'un autel d'idoles qu'il vit à Damas, il en envoya le modèle au grand prêtre Urie, et lui enjoignit d'en faire construire un semblable pour le mettre à la place de celui de Salomon dans le temple de l'Eternel, auquel il fit encore plusieurs autres changements également coupables et impies. Pendant ce temps, Esaie el le prophète ."Nichée, 3, 3-12., ne cessaient de prononcer contre Jérusalem de redoutables menaces. Elles demeuraient inutiles : d'autres prophètes, plus nombreux et plus agréables, flattaient les goûts du roi et de la multitude, et Achaz, se plaisant en leurs voix

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