GAB
allumait les lampes, Ex. 30, 7. 8., cf. Luc 1, 9. Si ces fumigations avaient l'avantage de purifier l'air renfermé du sanctuaire, souvent exposé a se corrompre par l'odeur des victimes sacrifiées, il est évident que le but était essentiellement religieux. Jean vit dans sa prophétique vision l'autel chargé de parfums montant au ciel avec les prières des saints, Apoc. 8, 3-5. — Les ingrédients qui entraient dans la composition du parfum du sanctuaire, et qu'il était défendu, sous peine de mort, d'employer à des usages profanes, étaient le stade, l'onyx, le galbanum et l'encens pur, le tout à doses égales, et préparé avec du se), Ex. 30, 34. 38. Les rabbins y ajoutent encore la myrrhe, la casse, le nard, le safran, la cannelle, et d'autres épiées également fortes ei odorantes. — L'un des encensements les plus solennels était celui que le souverain sacrificateur offrait au grand jour des expiations, dans le saint des saints, devant le couvercle de l'arche de l'alliance, Lév. 46, 42. sq. Le soin d'offrir le parfum, soit journalier, soit annuel, était chaque fois déterminé par le sort, comme les autres fonctions des prêtres, 1 Sam. 2, 28. Luc 4, 9. Mais d'après deux passages du Talmud, celui qui avait une fois offert l'encens était exclu des tirages suivants, parce que cette fonction étant considérée comme une bénédiction spéciale, il convenait que tous pussent y prendre part successivement, Deut. 33, 40. Pendant qu'on offrait le parfum, le peuple se tenait en prière dans le parvis, Luc 1, 40., où le prêtre, après avoir achevé son office, venait lui donner la bénédiction du Seigneur. Offrir des encensements sur des hauts lieux, ou partout ailleurs que dans le sanctuaire national, était considéré, au temps de David, comme un acte de culte idolâtre, 4 R. 3, 3. Sx, 44. 2 R. 42, 3. 45, 4. 16, 4.; cf. 2 Chr. 32, 42. 4 Macc. 4, 58.
FUNERAILLES, v. Cadavre, Cercueil, Deuil, Embaumer, Mort et Repos.
GAB AON, en hébreu Guib'bon, dérivé de guib'hab, colline. Il est naturel, à cause de son étymologie, qu'il y ait eu plusieurs villes ou bourgs en Palestine qui aient porté un nom semblable, Guibhab, Guébah, Guibbethon, etc. — Gabaon était située sur une hauteur, à 40 ou 50 stades au nord de Jérusalem (8 ou 4 0 kilom.), a 4 milles romains de Bétbel; c'était la principale ville de ces Gabaonites, Uéviens d'origine, républicains à ce qu'il parait, qui surprirent la bonne foi et la religion de Josué et des anciens d'Israël, en se donnant pour venus d'un pays
éloigné, et en demandant d'être admis dans l'alliance du peuple de Dieu, Jos. 9, 3-46. Leurs autres villes étaient Képbira, Bééroih et Kirjath-Jéharim; cette dernière fut donnée en partage à la tribu de Juda, les trois autres à Benjamin. Trois jours après l'alliance conclue (sans que l'Eternel eût été consulté) les aulres Cananéens, jaloux et irrités, montèrent contre Gabaon pour l'assiéger, Jos. 40, 3. sq.; cinq rois prirent part à celle expédition; les Gabaonites s'adressèrent à Josué, qui étant devenu leur allié, et engagé malgré lui par sa parole, dut courir à leur secours ; il marcha toute la nuit avec l'élite de ses troupes, attaqua les cinq rois de grand matin, et les mit en fuite ; il les poursuivit jusqu'au soir : Dieu lui-même combattit des cieux, une grêle de pierres écrasa un grand nombre de Cananéens, le soleil s'arrêta vis-àvis de Gabaon, la lune sur la vallée d'Ajalon; les ennemis succombèrent, les cinq rois furent pris et enfermés dans une caverne, puis à l'arrivée de Josué on les égorgea el on les pendit à des poteaux. — Les Gabaonites ne gagnèrent du reste que la vie dans leur alliance avec Israël, car ils furent assujettis aux plus humbles travaux, 9, 24.; mais ils furent toujours fidèles et soumis aux dures conditions qui leur furent imposées. Satil, qui avalait le chameau, voulut couler le moucheron, se montrer plus que fidèle là où rien ne l'y obligeait : il persécuta les Gabaonites el en fit périr un grand nombre. Cette cruauté de luxe fui punie sous le règne de David par irois ans de famine; Israël dut expier cette faute. Les Gabaonites demandèrent qu'on leur livrât sept fils de Saùl, cinq de Mirai et deux de Ritspa, el les ayant reçus, ils les crucifièrent « devant l'Eternel, » 2 Sam. 24, 4-4 4. Dès ce moment les Gabaonites ne paraissent plus dans l'histoire, au moins sous ce nom; mais on les retrouve probablement plus tard sous celui de Néthiniens (les donnés), occupés au service du lemple, Es. 2, 70. 8, 47. Néh. 7, 73. 3, 20. 44, 21. 4 Chr. 9, 2. Parmi ces Néthiniens doivent être rangés sans doute ceux des Cananéens qui furent assujettis par David et Salomon, et épargnés, 4 U. 9, 20. 21. Esd. 8, 20.
Gabaon, qui appartenait à la tribu de Benjamin, Jos. 48, 25., fut donnée û la famille d'Aaron avec ses faubourgs, 24, 47. Dans les premières années du règne de Salomon, elle fut le siège principal du culte, 4 R. 3, 4. 2 Chr. 4, 3. Près de là se trouvait un étang considérable, 2 Sam. 2, 4 3. Jér. 41 , 1 2. — Il existe encore un petit bourg ou village, Geb ou Dschib, qui, par sa position, pourrait bien être un débris de l'ancienne Gabaon ; sa position et sa dislance de Jérusalem permettent de le croire.
La comparaison de 2 Chr. 4,13. avec 2 R. 23, 8. prouve que Guébah était aussi un autre