G AD
GAD
nom de Gabaon, la signification comme l'assonance étant la même.
GABBATDA (hébr. hauteur, élévation), peutêtre une terrasse, une galerie, un balcon : c'est de lù que Pilate, après quelque hésitation, livra Jésus à ses ennemis. Le mot grec, traduit par pavé, signifierait plutôt une espèce de mosaïque, qui servait de plancher au siège judicipl, Jean 19, 43.
GABRIEL, un des principaux messagers célestes chargés de protéger les hommes, et de faire parvenir leurs prières au pied du trône de la grâce; on en comptait sept d'après Tohie 4 2, 15., mais les noms de Micaël, de Gabriel et de Raphaël sont les seuls qui nous soient connus ; encore ce dernier ne l'esl-il que par les Apocryphes, Tob. 3, 47. 42, 45. Gabriel, dont le nom signifie force de Dieu, ou homme de Dieu (mais dont on a voulu faire à tort 1* homme- Dieu), représente la vertu créatrice de Jéhovah ; il fut envoyé à Daniel pour lui expliquer la vision du bélier et du bouc, et le mystère des soixante et dix semaines, Dan. 8, 46. 9, 24 .; à Zacharie pour lui annoncer la naissance de Jean-Baplisle, Luc 4 , 4 4 . \ 9.; à Marie pour lui dire qu'elle serait la mère du Sauveur; et qu'elle avait trouvé grâce devant Dieu, Luc 4 , 26. 30. 31. On peut croire que c'est le même ange qui apparut trois fois à Joseph, pour l'empêcher de répudier sa femme, pour lui recommander de fuir en Egypte et pour lui annoncer que les ennemis de l'enfant étaient morts, Malth. 4, 20. 2, 43. 49. Quant au nom de ces anges,' il ne faut pas s'étonner, dit Olshausen, que ce soient des noms hébreux; car le nom en lui-même ne doit être autre chose que l'expression de la nature et des qualités de celui qui le porte, le nom doit être significatif dès qu'il désigne un individu revêtu d'une certaine charge ou d'un certain caractère, et il pourra varier suivant les langues dans lesquelles il devra se manifester; l'ange dut aux Hébreux se nommer en hébreu : chez d'autres peuples son nom, toujours le même quant au sens, eût été différent quant à la forme; grec aux Grecs, et latin aux Romains. On peut s'expliquer en même temps par là comment il se fait que des noms d'anges n'apparaissent que tard dans l'histoire israelitique; c'est qu'il est beaucoup plus facile de se faire du règne supérieur une idée vague et générale, que d'en individualiser les habitants et de leur donner des caractères précis et positifs; ce n'est que lorsque, avec une plus grande lumière, les Juifs eurent fait ce dernier pas, que le trûne de Dieu leur parut entouré d'anges, et le ciel peuplé d'individus saints, capables de se manifester au dehors par leurs bienfaits et la grandeur de leur intelligence. — v. les Commentaires.
GAD (bonheur). 4° Premier lils de Jacob par
sa concubine Zilpa, Gen. 30, 44. Il eut sept (ils, nommés Gen. 46, 46., mais qui sont du reste inconnus. La tribu de ses descendants cooptait, lors de la sortie d'Egypte, 45,650 hommes en état de porter les armes ; après la débauche de Sitlim elle n'en comptait plus que 40,600, Nomb. 4, 26. 26, 48. Gad, recevant ia bénédiction paternelle de Jacob mourant, put lire une partie de sa destinée dans ces brèves paroles : « Des troupes viendront le ravager, mais il ravagera à la On, » Gen. 49, 49., et Moïse dit de lui : a 11 habite comme un vieux lion et déchire bras et tête, il a pris pour luimême l'entrée du pays, parce que c'était là qu'était cachée la portion (les restes) du législateur : il est venu avec les principaux de soo peuple, il a exécuté les jugements de Dieu avec Israël, » Deut. 33,20. 24. Enfin nous trouvons 4 Chr. 42, 8. ce jugement porté sur les Gadites : « Leurs visages étaient comme des faces de lions, et ils semblaient des daims tant ils couraient légèrement. » La fable du Testament des douze patriarches donne sur Gad une indication du même genre , en lui attribuant une force corporelle extraordinaire. On voit par l'histoire de l'A. T. comment furent accomplies ces différentes prophéties. Les Gadites, avec les tribus de Rubcn et de Manassé, riches en bétail, ayaut vu combien les contrées de Jahzer et de Galaad possédaient d'excellents pâturages, désirèrent de s'y établir, et en obtinrent de Moïse la permission, a condition, toutefois, qu'ils aideraient les autres tribus à conquérir la terre promise, ce qu'ils firent de bonne grâce et en marchant a la tête des autres tribus, Jos. 4, 42. Puis craignant que plus tard on ne vint à leur refuser le titre de fils d'Israël, les tribus transjourdaincs élevèrent un autel de grande apparence sur les bords du Jourdain ; accusées de vouloir se faire un culte à part, elles se justifièrent devaul les tribus, qui se réjouirent et bénirent Dieu de ce qu'une même foi continuait de les réunir autour du même trône, Jos. 22. v. Hed. Quoiqu'elles eussent été autorisées par Moïse à s'établir en dehors des limites du pays de Canaan, ces tribus ne furent pas autant bénies que les autres, et se virent les premières emmenées en captivité, 2 R. 45, 29. — Le pays de Gad, Jos. 13, 24-28., était situé au nord de Ruben, en Galaad, Nomb. 32, 26. 29. 34., boroé à Test par le ruisseau d Hammon, au nord par le Jabbok, a l'ouest par le Jourdain depuis la mer Morte jusqu'au lac de Génézareth : la prophétie Gen. 49, 49. fut accomplie dans la lutte entre les Hammonites et Galaad, Jug. 40 et 44. qui se termina a l'avantage du peuple de Dieu. — Torrent de Gad, 2 Sam. 24, 3.; v. Uaroher.
2° Gad, prophète qui était le voyant de Da-
GAD
GAD
vid, 2 Sam. 24, 41., resta toujours fermement attaché à son maître, et le suivit dans ses disgrâces sous Saùl : il lui conseilla de quitter le pays de Moab où il s'était retiré, et de revenir en Juda où il pourrait réunir quelques partisans, 4 Sam. 22, 5. sq. Ce Tut encore Gad qui vint trouver David après que celui-ci eut ordonné le dénombrement de son peuple; et il lui offrit, de la part de Dieu, le choix entre trois fléaux, la famine pendant sept ans, la fuite pendant trois mois, ou la peste pendant trois jours. David choisit la peste; Dieu abrégea encore le châtiment, mais envoya de nouveau Gad auprès de David, pour lui ordonner de dresser un autel dans l'aire d'Arauna, 2 Sam. 24, 4< . 48. 4 Chr. 24, 9. 48. Gad fut, ainsi que Nathan, chargé de faire connaître à son roi les ordres divins sur le culte des lévites dans la maison de l'Eternel, î Chr. 29, 25. On ne sait rien de plus sur l'activité de ce prophète, on ne connaît rien de sa personne, ni de son caractère, mais il paraît d'après t Chr. 29, 29. qu'il appartenait à la classe lettrée; on y voit du moins qu'il écrivit une vie de David : on présume qu'il appartenait a l'école de Samuel.
3* Le passage Es. 65, 44., dont la fin doit se traduire : « qui dressez une table à Gad, et qui versez des libations a Meni , » mentionne deux divinités sur le rôle desquelles on u'est pas d'accord. Les Israélites leur rendaient un culte de lectisternia (tables dressées devant les idoles). Comme ees deux noms ne se trouvent que dans ce seul passage, il est très difficile de rien préciser sur les idoles qu'elles désignent, si même il s'agit d'idoles proprement dites. GeseBius et Winer prétendent que Gad, qui signifie fortuue, bonheur, est ici la planète de Jupiter, Bel, ou l'astre de la fortune dans les religions astrolàtres de l'Acte antérieure (Rabbi Mose, et tous les autres rabbins après lui); ce serait la fortuna major, v. Caldée : d'après les mêmes auteurs, Meni (de mannah, compter, ranger, ordonner) serait la planète de Vénus, fortuna mtnor : d'autres pensent qu'il s'agit peut-être du zodiaque, d'autres du système planétaire en entier; Calmet, enfin, traduit Gad par le soleil et Meui par la lune. Peut-être ne but-il pas chercher un objet général et déterminé pour ces deux divinités; le culte auquel le prophète fait allusion pouvait être un simple culte domestique, un hommage rendu au génie de la maison et de la famille ; Gad, chez les Juifs postérieurs, exprime ce que nous appellerions un génie, tandis que la planète de Jupiter a un nom particulier, Tsèdek. On trouve mentionnée dans le Lexic. lalmudic. de Buxlorf, f° 387, une habitude qui semble avoir tiré son origine de la même cérémonie contre laquelle le prophète adresse aux Juifs ces reproches :
« Ils avaient anciennement, dit-il, dans leurs maisons, un lit splendide (pour se mettre à table), qui ne servait absolument à personne qu'au chef de la maison, où a la constellation de la fortune, pour se la rendre favorable ; on l'appelait en conséquence lit de la bonne forlune. » — Dans ces deux chapitres d'Esaïe, 65 et 66, le culte illicite reproché aux Juifs ne paraît pas être l'idolâtrie proprement dite, mais un culte extérieur de Jébova, 66, 4. 3., entremêlé de cérémonies païennes, et un commerce avec les démons, défendu par la loi, 65, 3. 4. 66, 47.; mais aucun de ces passages ne parle explicitement de fausses divinités ou idoles. D'après l'étymologie de Gad et de Meni, il paraîtrait donc que la meilleure traduction de ces deux mots serait la fortune et le destin. — L'opinion de Calvin, du reste, est bonne à enregistrer comme toujours : traduisant Gad, par troupes, cf. Gen. 30, 44. (dans Martin), il lit : Vous dressez la table à une multitude (de divinités), vous offrez des libations à un grand nombre; c'est-à-dire, vos superstitions n'ont pas de fin, ceux qui abandonnent le vrai Dieu ne savent plus où s'arrêter. On voit la même chose chez les papistes, ajoute le réformateur.
GADARA, ville fortifiée, et d'après Josèphe, chef-lieu de la l'érée, située sur une roontague, à 60 stades de la mer de Galilée ; il s'y trouvait des bains chauds, et dix sources d'eau chaude entre elle et le lac. Pline dit qu'elle était située sur le fleuve Hiéromax, mais elle était plus au midi. Détruite par quelques rois juifs, elle fut rétablie par Pompée, en considération de son affranchi Démétrius, qui en était originaire. Auguste la donna à Hérode, et après la mort de ce dernier, elle échut à la Syrie, selon quelques-uns à la Cœlésyrie, selon d'autres à la Décapole. Seetzen et Burkbardt croient en avoir trouvé les restes dans le village d'Omkeis, ou Dm-Keis. — C'est dans celte contrée que, d'après Marc 5, 4. Luc 8, 26., notre Seigneur arriva après avoir passé la mer de Tibériade, et qu'il guérit un possédé dont il envoya les démons dans un troupeau de pourceaux. D'après Matin. 8, 28., ce n'est pas dans le pays des Gadareniens, mais dans celui des Gergéséniens qu'il arriva; et une troisième variante porte dans celui des Géraséniens. Gergésa était située, selon Origène, sur le bord de la mer de Tibériade, près d'un précipice, mais c'est le seul auteur qui en fasse mention, et elle est complètement inconnue. Gérasa était encore plus au sud-ouest du lac que Gadara, entre la Pérèe et l'Arabie, entre Gadara et Rabbath-Hammon (ou Philadelphie) ; d'après Riller le géographe, elle porterait aujourd'hui le nom de Dscherasch, de Girsa d'après Thomson. —Origène préféra la leçon Ger-
GAI
GAL
gésa, parce que, selon lui, Gérasa et Gadara étaient trop éloignées ; il avoue cependant que Gérasa était de son temps la leçon la plus répandue pour le passage de Matthieu, et c'est la même qui se trouve encore dans nos manuscrits occidentaux; quant à la leçon Gadaréniens, elle se trouve encore dans les manuscrits B, C, M, les meilleurs instruments, et dans les versions syriaques, et doit être préférée, soit pour le sens, puisque Gergésa est inconnu et que Gérasa est trop loin, soit à cause de l'importance des autorités.
GAGES. Le pauvre qui empruntait devait donner un gage à son créancier (v. Dettes), mais il était libre de choisir celui qu'il voulait, et le prêteur ne pouvait pas même entrer pour voir ce que possédait l'emprunteur ; si le pauvre avait donné en gage un vêtement, le riche devait le lui rendre pour la nuit, et personne ne pouvait accepter le vêtement d'une veuve, ou l'une des meules qui servaient à moudre le blé, car c'est sa vie, dit Moïse, Ex. 22, 25. 26. Deut. 24, 6. 40-12. 47. C'est toujours l'intérêt du malheureux que le législateur veut protéger.
G AH AL (dégoût), Jug. 9, 26., chef de famille riche et puissant, hâbleur maladroit et ambitieux, se mit à la tête des seigneurs deSichem, révoltés contre Abimélec : on mange, on boit dans un temple deSichem, on s'encourage mutuellement à faire bonne résistance, et Gahal, entre deux vins, promet monts et merveilles. Mais quand au lever du soleil, Abimélec, averti par un traître, s'avance avec ses bandes, Gahal se. laisse battre et disparaît.
GAHAZ (tremblement de terre), montagne de la Palestine, appartenant au plateau d'Ephraïm, non loin de Timnath-Sérah, où lut enseveli Josuê, Jos. 24, 30. Jug. 2, 9. Des vallées du même nom sont mentionnées 2 Sam. 23, 30. 4 Chr. 44, 32.
GAI US ou Caïus, 4° disciple de Paul, Macédonien d'origine, Derbien de naissance, Act. 49, 29, 20, 4. Compagnon de voyage de l'Apôtre, il fut enlevé par la foule, lors du tumulte d'Ephèse : quelques mois plus tard il suivit Paul en Asie avec Aristarque, Timothée et d'autres. — 2° Disciple de Corinlhe, un de ceux qui avaient été baptisés par Paul lui-même, 4 Cor. 4, 44.; c'est dans sa maison que se tenaient les assemblées religieuses, et Paul logeait chez lui. ainsi qu'on le voit par Rom. 46, 23. (l'Epiire aux Romains fut écrite de Corinlhe). I 'après Origêne, ce serait le même qui fut dans la suite pasteur de Tbessalonique. — 3° Disciple bien-aimé de l'apôtre Jean, 3 Jean 4.; une tradition porte qu'il logea chez lui à Epbèse, et qu'il fut charge de donner le style à son Evangile, et de le faire connaître aux Eglises : ce dernier détail serait moins invraisemblable que le précédent. Quel-
ques-uns le confondent, mais à tort, avec le Gaïus de Corinlhe. — D'après Winer, il y aurait : a) un Gaïus de Derbe, Act. 20, 4., le même que 3 Jean 4 . ; b) Gaïus de Macédoine, Act. 49, 29.; c) Gaïus de Corinlhe, 4 Cor. 4,4 4. Rom. 46, 23. : ces distinctions sont an peu forcées.
GALHED, v. Hed.
GAL A AD, 4° Ois de Makir, le premier-né de Manassé, naquit pendant l'esclavage d'Egypte. Nomb. 26, 29. Jos. 47, 4. 4 Chr. 2, 24. 7, 44. Ses enfants s'emparèrent d'une contrée à l'est du Jourdain, habitée par des Amorrhéens qu'ils dépossédèrent, et déjà nommée par Jacob Gai- Hed, monceau du témoignage; ils l'appelèrent Galaad, du nom de leur père, Nomb. 32 , 39. Geo. 34, 47.
— 2° Contrée de Galaad. Ce nom est employé par anticipation dans l'histoire des patriarches, Gen. 34, 24. 23. 26.; il s'applique tantôt à la contrée elle-même, tantôt à la chaîne de montagnes qui s'y trouvait. Le pays de Galaad, au sud de la vallée de Jabbok, et par conséquent au sud du pays de Basan, auquel il était du reste uni par une assez grande conformité de nature, Deut. 3, 40. 43. Jos. 42, 5. 43, 44. 47, 4. 2 R. 40, 33. 4 Chr.
5, 46. Mich. 7, 44. Il semble désigner le pays de Gad, Jug. 5,47., et en être distingué, 4 Sam. 43, 7. Cependant, d'après la plupart des données que nous possédons, il parait que Galaad comprenait le territoire des tribus de Gad et de Ruben, et la partie méridionale de Manassé, Nomb. 32, 26. 40. Deut. 3, 42. 4 3. Jos. 47, 4.
6. ; cf. 42, 2. 4 Chr. 6, 80. Ses villes principales étaient Ramoth, Jauzer et Jabès, qui sont presque toujours suivies de la désignation de Galaad (cependant v. Nomb. 32, 4 .). Sa surface forme une espèce de triangle de 8 à 40 lieues de côté : au nord, où il est le plus large, il possède de belles forêts, un air pur et sain, des plaines fertiles et de gras pâturages où paissent des troupeaux très estimés de bêles à corne et à laine; vers le sud, au contraire, la contrée se change en une campagne sans arbres, mais très fertile, sur laquelle s'élèvent un grand nombre de collines calcaires, isolées et de forme arrondie. Toute cette région est si riche, les pâturages, en particulier, y sont si bons, que de nos jours encore les Bédouins ont coutume de dire : Tu ne saurais trouver un pays comme le Belka (nom moderne de Galaad). Le baume et les plantes aromatiques de Galaad étaient renommés, Jér. 8, 22. 46, 44. — Le nom de Galaad parait désigner aussi quelquefois tout le pays au delà du Jourdain, Deut. 34, 4.; cf. 2 R. 4 0, 33. Jug. 20, 4. Après l'exil le même nom continua d'exister, mais il ne se donna plus qu'à la partie la plus méridionale
GAI
CAL
de l'ancien pays, aux frontières de l'Arabie : le nom de Pérée le remplaça, et comprit une plus grande étendue de pays, quoiqu'il ne désignât pas non plus toute la contrée au delà du Jourdain. La ville principale était Gadara.
Les montagnes de Gaiaad, occupant le nord du pays, étaient couvertes de riches prairies et de gras pâturages, Deut. 3, 12. Abd. 4 9. Cant. 4, 1. 6, 5. Jér. 50, 49. Elles s'étendaient au travers des tribus de Gad et de Ruben, et s'avançaient même jusque dans celle de Manassé : c'était une contrée montagneuse comme les montagnes d'Ephraïm, sans être exclusivement une chaîne de montagnes. Les sommets les plus élevés sont au nord-est; ils ont vue d'un côté sur la plaine d'Hauran jusqu'à l'Oermon, de l'autre sur les montagnes de Sichem : c'est cette partie qui fut donnée à la moitié de la tribu de Manassé; elle est située vis-à-vis des montagnes occupées par l'autre moitié de la même tribu, Nomb. 32, 39. 40. Deut. 3, 45. Jos. 47, 4. Jug. 5, 47. Le pays jusqu'au Jabbok est d'une telle beauté, dit Bram, que l'Europe méridionale possède bien peu de contrées qui puissent lui être comparées. Le climat y est excellent, les collines sont couvertes de vignes, et les montagnes des plus belles forêts; des ebénes toujours verts croissent sur leurs flancs, et diverses espèces de pins en couronnent les cimes. En hiver, il y tombe beaucoup de neige. Dès l'antiquité la plus reculée, les gommes odoriférantes de ces forêts de montagnes étaient bien connues, et on les recherchait aussi pour leurs propriétés médicinales; des caravanes arabes les transportaient de Gaiaad par la plaine de Jizréhel, et le long des côtes de la Méditerranée, en Egypte, où elles les échangeaient contre du blè. D'après Eusèbe, le mont de Gaiaad s'étendait depuis le Liban au nord, jusqu'au pays de Sinon roi des Amorrhéens, ce qui donnerait à la chaîne une longueur d'environ 300 kilom. — Quelques-uns ont cru, à cause de Jug. 7, 3., que les montagnes de Gaiaad s'étendaient aussi sur la rive droite, occidentale, du fleuve; mais la traduction est fautive; il faut lire : Quiconque a peur, qu'il s'en aille dès le malin « de la montagne de Gaiaad, » qu'il s'en éloigne : c'est de ce côté qu'étaient venus les Madianites, c'est vers ce côté qu'ils devaient être repoussés, et ceux qui avaient peur n'avaient qu'à s'éloigner de ce but. Il est vrai que de nos jours on trouve encore à l'occident du Jourdain une chaîne de montagnes appelée Dschabl Dschelaad, ou Dscheland, mais l'identité n'est rien moins que démontrée.
On a voulu conclure de Jug. 4 2, 7. Jér. 22,6. et surtout Os. 6, 8., qu'il y avait aussi une ville de Gaiaad ; mais les premiers passages ne peuvent rien prouver, et celui d'Osée peut se
traduire « Gaiaad est comme une ville d'ouvriers d'iniquité. » Le prophète le compare à une ville plutôt qu'à un pays, parce qu'une ville représente davantage un rassemblement d'hommes; les traces que l'on trouve encore de bourgs ou villages nommés Dschelaad, sont insuffisantes.
GALATIE, province montueuse et fertile de l'Asie Mineure, bornée au nord par la Bilhynie et la Paphlagonie, à l'orient par le Pont et la Cappadoce, au midi par la Phrygie et la Cappadoce, à l'occident par la Phrygie et la Bilhynie : le beau fleuve Halys la séparait du Pont et de la Cappadoce, et répandait une grande fertilité sur ses rives. Les villes principales étaient Ancyre, dont Auguste fit la métropole, Gordium, Tavium el Pessinonte, villes commerçantes.
Quelques tribus gauloises, envahies par les Cimbres (Kymry) et les Bolg, émigrèrent, 594 av. C, sous les deux frères jumeaux, Sigovèse et Bellovèse, et se dirigèrent vers l'Italie sous les ordres du premier, en Bohême et en Silésie sous le second. Alors, pendant trois siècles, eurent lieu des émigrations périodiques des Galls, des Kymrys, des Bolgs et des Germains vers l'Orient leur primitive patrie. Ils louchent le Danube près de la Macédoine, et s'aillent à Alexandre, puis à sa mort fondent sur la Grèce et l'Asie; recrutés de 300,000 hommes et dirigés par un de leurs brenns (ou chefs, mot dont a fait Brennus), ils s'étendent en Grèce, mais sont repoussés à Delphes cl refoulés vers le Danube el les Gaules : trois bordes galliques s'enfoncent dans l'Asie Mineure, où Nicomède roi de Bilhynie les appelle contre Zypoétas son frère, 279, el leur donne des terres; Attale I«* les défait et les repousse dans les limites du pays qui prend le nom de Galalie, des Galls ou Gaulois ses nouveaux habitants, 240 av. C. Ils sont de nouveau défaits par Eumène II, roi de Pcrgame, puis en 4 89, par le consul Manlius Vulso, qui leur laisse leur gouvernement particulier sous les yeux d'un tétrarque romain. L'an 26, la domination romaine se fait sentir davantage et donne un procurateur à la Galalie; Amyntas, favori d'Antoine, puis d'Auguste, réunit à la Galatic proprement dite, la Pisidie, la Pamphylie et la Lycaonie : après sa mort, la Galalie n'esl plus qu'une province romaine.
Les habitants continuèrent de parler longtemps la langue de leurs ancêtres, et saint Jérôme trouve à leur dialecte beaucoup de rapports avec l'allemand des environs de Trêves; ils apprirent cependant aussi le grec, et furent à cause de ce mélange, comme à cause de leurs mariages avec des habitants de la Grèce, appelés Gallo-Grecs. Leur caractère gaulois se
GAL
GAL
modifia par le contact d'éléments plus civilisés; ils élevèrent des temples, et leurs mœurs s'adoucirent. Outre les indigènes et les Galates, on trouvait encore dans cette province beaucoup de Juifs qui y étaient attirés par le commerce; Auguste y favorisa leur établissement, et même le provoqua par des mesures tout à fait avantageuses.
Les premiers missionnaires n'oublièrent pas ces contrées parmi celles qu'ils évangélisèrent, 1 Cor. 46, 4. 4 Pierre 4,4.; plusieurs Eglises prirent naissance, et Paul en fut le premier fondateur, Gai. 4, 43. Act. 16, 6. Crescens lui succéda, 2 Tim. 4, 40. Quant à l'époque de la fondation, les commentateurs ne sont pas d'accord; Koppe et d'autres voient un premier voyage de l'Apôtre en Galatie dans Act. 4 4, 6., où il n'est parlé que des villes de la Lycaonie, Derbe et Lystre; Pline donne en effet ces villes à la Galatie, de même que Dion Cassius; mais Luc les en sépare positivement, d'abord dans le passage indiqué, puis 46, 4. 6. Les deux autres voyages seraient indiqués 16, 6. et 48, 23. Mais la plupart des interprètes, notamment Hug, De Wette, et Neander n'admettent que ces deux derniers voyages, et rapportent en conséquence la fondation des Eglises de Galatie à Act. 16, 6.; on voit qu'il y eut alors déjà des
mais relève sa mission : il raconte comment luimême, quoique le plus jeune dans l'apostolat, bien loin de se laisser instruire par les autres, a été à même de les instruire et de les reprendre, et comment il a dû censurer Pierre qui ne marchait pas de droit pied et qui en entraînait d'autres dans son hypocrisie; la grandeur de sa charge étant clairement établie en réponse aux accusations des judaîsants, il passe à l'édification directe; il expose le dogme de la justification par la foi (3 et 4); il dit la valeur secondaire, temporaire de la loi, son harmonie avec les promesses, l'actualité de la foi, sa puissance, la filialilé et la liberté de l'Eglise chrétienne. La partie morale comprend enfin les deux derniers chapitres (5 et 6), où Paul montre la toute-puissance de la liberté chrétienne et de la foi, la différence entre la vie selon la chair et la vie selon l'esprit. Le but de sa lettre est le rapport de la loi à l'Evangile, traité polémiquement.
L'authenticité de cette épître n'a jamais été révoquée en doute d'une manière sérieuse. Un grand nombre de commentateurs l'ont expliquée; outre Calvin et Olsbausen, nous ne citerons que Schott, Usteri, et en français Sardinoux.
GALBANOM, (hébr. Hhelbna), Ex. 30, 34.
conversions obtenues, puisqu'à son retour, 48, On le fait quelquefois dériver de hheleb et la*
23., Paul s'occupa de fortifier les disciples. La plupart d'entre eux étaient des païens convertis, Gai. 4, 8. 4 0. 5, 4.; cependant il y en avait aussi d'entre les Juifs, 5, 2. 6, 42. 13. Saint Paul nous les monire comme heureux, zélés, instruits par l'évangélisation, et ayant reçu Dieu, 4, 43-45. 48. 5, 7. 6, 4. 4, 43. 44. 6., 9., etc.
Epltre aux Galates. Elle fut provoquée comme l'indique son contenu, par la conduite des judaîsants, qui, ayant été battus en 52 à Jérusalem, irrités contre Paul, allèrent partout sur ses traces le calomniant; Paul ayant appris a Ephèse les menées de ses ennemis, écrivit aux Galates troublés pour les avenir et les raffermir : on voit par 1 , 6. qu'il venait à peine de les quitter après sa seconde visite, et c'est pendant son séjour de deux ans à Ephèse, Act. 19, 1., après son quatrième voyage a Jérusalem, qu'il faut placer l'envoi de cette lettre, Ait. 49, 4., vers l'an 56 environ (la suscription qui se trouve à la fin de l'épttre doit être effacée comme fausse, et comme l'ouvrage postérieur d'un ignorant, quoiqu'elle soit appuyée de saint Jérôme et de Théodoret). Saint Paul, voulant répondre aux calomnies de ses adversaires, commence par l'exposé historique de sa vocation (1 et 2), et prouve qu'il n'a pas été appelé par les hommes, ni de la part d'aucun homme, mais par Dieu directement; il s'humilie,
ban, lait blanc, jus blanc, gomme blanche; comme on sait que dans plusieurs langues le mot lait s'applique également au suc des plantes. (Lamina mollis adhuc tenero est in lacté, quod intra est. Ovid.) Le galbanum est le suc épaissi d'une ombellifère, appelée metopion, qui croit sur le mont Amanus en Syrie, de même que dans quelques parties de l'Afrique et en Perse : elle a une lige ligneuse qui s'élève à environ 3 m. de hauteur, et qui est garnie de feuilles à chaque articulation. Le sommet de la tige est garni d'une ombelle à fleurs jaunes, lesquelles sont remplacées, lorsqu'elles tombent, par des graines oblongues et cannelées, garnies de petites membranes très fines sur leurs côtés. A quelque endroit que l'on coupe ou brise cette plante, on voit sortir de la blessure un suc d'un très beau blanc laiteux ; pour se le procurer en plus grande abondance, on entame le tronc audessus de la racine à l'époque de la sève montante, et l'on recueille cette gomme, que l'on conserve dans des vases faits exprès. Elle est d'une saveur acre et peu agréable, surtout quand elle est pure ; mais on peut la mêler avantageusement avec d'autres parfums. Elle entrait dans la composition de l'encens sacré qui devait être brûlé sur l'autel d'or dans le lieu très saint.
GALILÉE. 4° Ce nom se trouve déjà dans l'A. T. avant les temps de l'exil, Jos. 20, 7. 21,
GAL
GAL
9t. 4 R. 9, 44. 2 R. 15, 29. C'est proprement un nom appellatif; il signifie cercle, district, quartier, et Esaîe à, 23., parlant de la Galilée des Gentils, désigne celte portion du pays, nonseulement qui était le plus rapprochée du territoire païen, mais de laquelle les peuplades païennes n'avaient jamais été expulsées entièrement, c'est-à-dire le nord de la Palestine, ia portion de la tribu de Nephthali la plus rapprochée du territoire phénicien, celle dont Salomon donna vingt villes i H ira m, 4 R. 9, 4 1 ., celle où se trouvaient Kédès et Haroseth des Gentils, Jos. S», 32. Jug. 4, 2. 4 Chr. 6, 76. La Galilée d'alors n'était donc point ce qu'elle fut plus tard, elle n'était qu'un cercle sans autre nom propre que celui des païens qui l'habitaient. — 2° Après l'exil, le nom de Galilée fut donné a l'une des quatre grandes divisions de la terre des Juifs, la partie septentrionale, comprise entre le Jourdain et la Méditerranée, s'étendant au sud-ouest jusqu'au promontoire de Carmel exclusivement, au sud-est jusqu'à Scyihopolis, au nord jusqu'à Tyr et à la Pérée. On la divisait en Haute et Basse-Galilée : la Haute-Galilée, qui renfermait le territoire de l'ancienne Galilée ou Galilée des Gentils, était habitée par des Phéniciens, des Syriens, des Arabes, et même des Grecs; cf. Malth. 4, 45.; elle se divisait en partie septentrionale, large chaîne de montagnes en Nepblbali, Jos. 20, 7. Jug. 4, 6., haute d'environ 4 ,000 mètres, calcaire avec quelque peu de basalte, et partie méridionale, plus basse, ornée de riches campagnes et de collines verdoyantes ; c'est là que se trouve la haute plaine de Zabulon qu'entoure une ceinture de collines ; la végétation y est pleine du force, les prairies sont semées de fleurs, surtout de cactus qui y atteignent une grosseur extraordinaire; le sol en est maintenant jonché de ruines inconnues, et les prairies sont désertes. La Basse-Galilée comprenait les tribus d'Aser, de Zabulon, de Nepblbali et une portion d'Issachar, depuis Tibériade jusqu'à Ptolémaïs, depuis la plaine de Jtzréhel jusqu'à Béersébah. Le chemin de la mer, Mattb. 4, 45., traversait le milieu du pays.
A l'époque où Jésus parut, la Galilée comptait un nombre presque incroyable de villes et de bourgs; au dire de Josèphe, deux cenC quatre villes et villages, dont le moins considérable avait 45,000 habitants, ce qui faisait une population d'au moins 3 millions d'habitants.
Les Phéniciens en avaient toujours occupé les cotes et quelques hautes vallées du Liban ; ils purent librement s'établir dans les villes données à Hiram, et arrivèrent sans doute en plus grand nombre encore lorsque Tiglath-Piléser eut conduit les légitimes possesseurs du pays en captivité, 2 R. 45, 29. On y trouve maintenant quelques rares habitants, mélange de Juifs,
de Druses, de Maronites, de MotuaMs, d'Arabes et de Turcomans, qui adorent péle-mêle Aslaroth, Mahomet, et les prophètes hébreux.
Par suite de leur position qui les mettait en contact fréquent avec les p.uens, le langage des Galiléens s'était altéré; ils parlaient un dialecte rude et lourd qui les faisait facilement reconnaître des habitants de la Judée, Malth. 26, 73.; ils changeaient par exemple Alfai en Chtofâ, Alphée en Cléopas. Leur état religieux f t moral laissait beaucoup à désirer; corrompus par le voisinage des Phéniciens, ils étaient trop éloignés du centre théocratique pour pouvoir y trouver un contre-poids suffisant, et plusieurs passages du N. T. prouvent assez combien ils étaient méprisés, Mattb. 26, 69. Jean \, 16. Act. 2, 7. 8., au point que les pharisiens en étaient venus à vouloir cacher ou faire oublier l'origine galiléenne de quelques prophètes: Elie, Jonas, Nahum (?). Cependant leur tour allait venir; les derniers devaient être les premiers; notre Sauveur a honoré cette contrée en prenant le nom de Jésus de Nazareth, en y habitant, tantôt dans une ville, tantôt dans une autre, à Capcrnaûm surtout, et en y choisissant la plupart de ses disciples; les anges appelèrent aussi de ce nom, hommes galiléens, les apôtres qui cherchaient à suivre dans les cieuxlc Maître qui leur était enlevé, Act. 4 , 4 \ . Ce fui pour les habitants de la Galilée l'accomplissement littéral de Es. 8, 23. sq. « Car il n'y aura pas toujours une obscurité épaisse pour celle qui est maintenant affligée. Comme autrefois l'Elernel a livré à l'opprobre la terre de Zabulon et la terre de Nephthali.dans la suite il fera lever sa gloire dans le chemin qui va de la mer au delà du Jourdain, la Galilée des Gentils » (traduclion littérale d'un verset que nos versions ont rendu inintelligible.) Les Galiléens en effet virent se lever les premiers la lumière du inonde, parce que leurs ténèbres étant plus épaisses, ils arrivèrent aussi plus vite au sentiment de leur éloignement de Dieu. Ils servirent en même temps d'intermédiaire entre les Juifs et les païens, et préparèrent la grande idée de l'unité religieuse et spirituelle que le christianisme a créée entre tous les enfants d'Adam; ils accomplirent la prophétie de Mohe, Deul. 33, 18. 19. La Galilée des Gentils a fait la conquête du monde.
Les Galiléens passaient pour eoimgeux, inquiets, turbulents, Luc 43, 1.; c'est chez eux que prit naissance, sous les auspices de Judas le Galiléen, Act. 5, 37., la secte des Zèlotes à laquelle avait appartenu d'abord un des disciples de Jésus, Luc 6, 15., et qui se caractérisait par un inébranlable amour d'indépendance, n'ayant de dévouement que pour la patrie, ne reconnaissant que Dieu pour chef et pour maître. Judas prétendai: que la taxe établie par les Ro-