GAZ
toujours bien connues, a) Gen. 48, 6. 49, 3. I R. 47, 43. Ez. 4, 42., il s'agit de gâteaux cuits sous la cendre, ou entre deux pierres brûlantes ; ils étaient faits quelquefois de fleur de farine, quelquefois d'orge, b) Des gâteaux à l'buile cuits sur le gril, Lév. 2, 7. c) Une espèce de pouding ou beignets, cuits dans la poêle, î Sam. 43, 6-8. d) Des gâteaux cuits au four, arrosés d'huile, et offerts d'ordinaire en sacrifices, 2 Sam. 6, 49. Ex. 29, 2. Lév. 2, 4. 7, 42. 8, 26. Nomb. 6, 45. e) Des beignets ou gâteaux très minces, rissolés, faits de One farine et oints d'huile, Ex. 29, 2. Lév. 8, 26. 4 Chr. 23, 29./) Des gâteaux de miel, Ex. 46, 34., encore maintenant en usage; ce sont peul-êlre des gâteaux de cette espèce qu'il faut voir dans les passages mal traduits, 2 Sam. 6, 49. 4 Chr. 46, 3. Cant. 2, 8. Os. 3. 4., au lieu de flacons de vin; ce seraient des gâteaux de raisins. g) Jér.7, 48. 44, 49., gâteaux offerts à la reine des cieux, et dont on ignore la composition.
La plupart de ces gâteaux étaient destinés â lire offerts dans les temples, ils appartenaient aux offrandes non sanglantes, ou minhha, et remplaçaient pour les pauvres des sacrifices d'une plus grande valeur, du moins pour ce qui regarde les offrandes volontaires, car pour les sacrifices d'obligation la loi ne permettait que l'échange d'un animal contre un autre, cf. Lév. 1 4, 24 . Les gâteaux devaient toujours être salés et sans levain, cuits au four et arrosés d'huile, Lév. 2, 4. 5.; le prêtre en prenait ce qui devait être brûlé sur l'autel et gardait le reste pour lui. v. Libations. — Le gâteau des jalousies que le prêtre devait offrir pour la femme soupçonnée d'adultère, Nomb. 5, 45., devait être fait avec la dixième partie d'un épha de farine d'orge, sans huile ni encens; le prêtre devait le tournoyer et en offrir une poignée sur l'autel, v. 25 et 26. L'orge, au lieu de fine farine, marquait l'humiliation de la femme soupçonnée.
GATH (pressoir). 4° Une des cinq grandes villes des Philistins, Jos. 43, 3. 1 Sam. 6, 47. 24, (0. 27, 2. 2 Sam. 4, 20., célèbre comme lieu de naissance et principale habitation de Goliath, I Sam. 47, 4. Ses habitants s'appelaient Guit- Uens. Elle fut conquise par David au commencement de son règne, 2 Sam. 8,1.4 Chr. 4 8, 4 ., et fortifiée par Boboam, 2 Chr. 41,8. Le roi de Gatb, Akis, qui vivait sous Salomon, 4 R. 2, 39, était probablement tributaire du monarque hébreu, cf. 4, 24. Cette ville tomba sous Joachaz entre les mains des Syriens, 2 R. 4 2, 17. Joas en fit de nouveau la conquête, 2 R. 43, 25.; puis encore Hosias, 2 Chr. 26, 6., après qu'elle se fut un moment émancipée, Ain. 6, 2. Elle recouvra derechef sa liberté, Mich. 4, 40.; mais Ezèchias se la soumit encore, et il parait qu elle fut dès lors pour longtemps assujettie.
— Elle n'est pas comprise dans la distribution des villes que Josué donna aux tribus d'Israël, mais, d'après Josèphe, elle appartenait au territoire de Dan. Gath étant la plus méridionale des villes des Philistins, comme Hékron en était la plus septentrionale, on disait de Gath â Hékron pour dire d'un bout du pays à l'autre, 4 Sam. 7, 44. 47, 52. Au temps d'Eusèbe, c'était un gros bourg à 5 milles d'Eleuthéropolis, sur la route de Diospolis; les voyageurs modernes n'en font pas mention.
2° Gathépher, ou plutôt Gath-Hépher (qui creuse le pressoir), 2 R. 44, 25., ou Guilta Hépher, Jos. 49, 43., dans la tribu de Zabulon, lieu de naissance de Jonas, â 2 milles de Sepphoris, sur le chemin de Tibériade en Galilée.
3° Gath-Rimmon ; il y avait plusieurs villes de ce nom : a) Jos. 49, 45. 21, 24., dans la tribu de Dan; elle fut donnée aux Kéhathites; b) Jos. 24, 25., tribu de Manassé, donnée aux Kéhathites; c) 4 Chr. 6, 69., tribu d'Ephraïm, donnée aux Kébalbites. Quelques auteurs pensent toutefois que c'est une seule et même ville, et regardent l'indication e) comme insuffisante, celle de 6) comme faute de copiste. La ville étant peu connue, il est difficile de prononcer.
GAZA (fort), une des principales villes des Philistins, Jos. 45, 47., â la frontière méridionale de Canaan, Gen. 40, 49., située sur une hauteur entre Raphia et Askélon, à 20 stades environ (4 kilom.) de la Méditerranée, â 5 stades d' Askélon, à 600 milles de Pétra en Arabie (52° 24' long. 34° 37' lat.), et jouissant d'un port distant seulement de 7 stades. Sa situation avantageuse a été pour elle la cause de destinées bien variées et de diverses révolutions : elle passa successivement des Philistins aux Hébreux, et des Hébreux aux Philistins. Josué la conquit et la donna â la tribu de Juda, Jos. 15, 47. Jug. 4, 48.; elle recouvra sa liberté, â ce qu'il paraît, sous le règne de Jotham ou d'Achaz, peut-être encore plus tôt, Jug. 3, 3. 46, 4.
1 Sam. 6, 47. 2 R. 48, 8. Am. 4,6. 7. Soph. 2, 4. Zach. 9, 5., puis fut reprise par Ezèchias,
2 R. 48. Elle obéit encore aux Caldéens vainqueurs de la Syrie, et aux Perses, puis tomba au pouvoir d'Alexandre le Grand après une résistance de cinq mois. Elle ne fut détruite que sous le roi juif Alexandre Jannœus, 96 ans av. C, après un siège d'un an : Gabinius, général romain, la releva, Auguste la donna à Hérode; après la mort de celui-ci, elle fut agrégée à la Syrie. D'après Mêla, Eusèbe et saint Jérôme, c'était encore une ville très considérable et bien fortifiée au temps de l'empereur Claude. Maintenant elle est sans muraille, et ne compte que 2,000 habitants.
A l'époque dont il est parlé, Act. 8, 26., Gaza n'était point déserte, quoiqu'un grand nombre
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de ses habitants l'eussent abandonnée : plu- 1 sieurs essais ont été faits pour expliquer ce qui parait être une inexactitude de l'historien ; on a dit que ces mots sont une addition de lui, une détermination qu'il ajoute aux discours de l'ange, et qui se trouvait être vraie au moment où Luc écrivait, tandis qu'elle ne l'était pas à l'époque où la scène se passa ; on a voulu distinguer encore deux Gaza (Calmel), la petite, Majuraa, qui était fort peuplée, et la grande, qui l'était moins; d'autres ont dit que déserte doit s'entendre dans le sens de démantelée, ayant perdu ses murs; c'est aller chercher bien loin ce qu'on a sous la main ; d'après le texte, le mot désert peut s'appliquer a la route aussi bien qu'à la ville, et, d'après le sens, il le doit ; une route nouvelle pouvait avoir été construite, laissant l'autre moins fréquentée; c'est cette dernière que suivait l'eunuque d'Ethiopie, et l'Apôtre devait l'y aller rejoindre.
GAZELLE, gentil animal qui est nommé plusieurs fois dans la Bible comme symbole de la grâce, Cant. 2, 9. 47. 4, 5., quelquefois de la légèreté à la course, S Sam. S, 18. 1 Chr. 42, 8., ou de la fuite rapide, Prov. 6, 5. Es. 4 3, 44. L'adjuration au nom de la gazelle ou du chevreuil est fréquente en Orient, Cant. 2, 1. 3, 5. La gaxelle proprement dite (hébr. tsebi, que nos versions traduisent ordinairement par daim), est l'antilope doreas de Linnée; c'est la plus commune ; Hfc a un peu moins de 4 m. de hauteur; ses cornes ont près de 30* cent, de long, elles portent des anneaux entiers à leur base, et ensuite des demi-anneaux Jusqu'à une petite distance de lenr extrémité, qui est lisse et pointue; ces- anneaux, dont on compte douze ou treize, marquent les années de l'accroissement, les cornes sont en outre sillonnées longitudinalement par de petites stries (Buffon); elles sont permanentes; ces caractères appartiennent en propre aux gazelles; elles en ont d'autres en commun avec le chevreuil, et surtout avec la chèvre : le poil est brun clair, tirant sur le blanc vers te ventre, aux pieds et sur le haut des cuisses ; les oreilles, d'un gris cendré, sont longues de 18 cent.; les yeux, d'un noir brillant, sont grands et pleins de feu; la queue, de 30 cent, de long à peu près, est redressée; les jambes sont fortes et solides, capables de faire des bonds de 2 à 3 m., et d'une vitesse incroyable. Cet animal se trouve en Syrie, en Mésopotamie et dans les autres provinces du Levant, ainsi qu'en Barbarie et dans les parties septentrionales de l'Afrique; il vit par troupeaux de centaines et de milliers. Les Orientaux, et principalement les poètes, l'ont pris en grande affection, et ne manquent jamais de lui donner une place dans leurs vers, quand ils célèbrent les belles et l'amour. La chair de
la gazelle est d'un goût agréable; la loi dé Moïse en avait autorisé l'usage comme viande pure, Deut. 12, 45. 22. 44, 5. 4 R. 4, 23.
Le nombre des espèces de gazelles est fort considérable ; Buffon en comptait déjà treize : outre la tsebi, l'Ecriture parle encore de plusieurs autres, qu'il n'est pas possible de déterminer.—Le dischon, Deut. 44, 5., que nos versions rendent par chevreuil (Septante et Vulgate, pygargue), le même probablementque le strepsicore et l'addace des anciens, et que le lidméedes Africains. Le nom de pygargue signifie cul-blanc, et l'animal indiqué serait remarquable par ce signe, comme aussi par des tacites cendrées sur les côtes. D'après Buffon, ce serait l'algazel ou pasan, dit la gazelle d'Egypte, que les traducteurs des Septante étaient en effet bien à même de connaître : elle est beaucoup plus grande que la précédente et a le col rouge. — Le (ho ou theo, Deut. 44, 6. Es=. SI, M., traduit par bœuf sauvage : quelques-uns l'entendent du bufftlo; mais Aben Ezra assure qu'aucune espèce de bosnf sauvage ne se troote en Palestine. 11 parait plus probable qull faut l'entendre, avec saint Jérôme, de l'oryx des Grecs, ou chèvre sauvage (le bekkar el wastt du Dr Schaw); l'oryx habite les solitudes de l'Afrique et les contins de l'Egypte, et l'on peut comprendre aisément qu'il se soit jeté quelque fois dans les déserts qui entourent Canaan, d'ailleurs les Israélites auront pu apprendre à le connaître pendant leur séjour en Egypte. — Quant au zém«ry v. Cbameaupard ; pour aeko el yael, v. Chamois et Cerf. — Le yachmour, Deut. 44, 8. 4 R. 4, 23., traduit par buffle, par bubalus, dans les Septante et la Vulgate, est peut-être l'antilope bubalis, animal au poil roux, du genre de la gazelle, qui se troavn en Syrie et sur les bords de l'Euphrate ; ou ne peut du reste pas le déterminer; quelques-uns pensent au daim, et s'appuient sur l'analogie dr l'arabe, qui est assez concluante en efel : leur bois solide et plein tombe chaque année.
GÉANTS. Tous les peuples tiennent a honneur d'avoir eu leurs géants, et rendent témoignage par leur accord à l'existence d'bommo d'une taille considérablement au-dessus de la taille ordinaire actuelle. Depuis les géants d'Homère, Olhus, Ephialte, les Cyclopes et les Titans, jusqu'aux héros du Mexique et du Pérou, aux genoux desquels atteignaient à peine la plupart des hommes de leur temps, il y a large place pour bien d'autres géants encore, et l'on en connaît de toutes les mesures, depuis 3 mètres jusqu'à 20, 50, et au delà : l'Inde en connaît même qui avaient plusieurs lieues de hauteur. Quoi qu'il en soit de tous les contes qui ont été recueillis, et qui se trouvent soignru- I sèment consignés dans Calmet, y compris on*
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dent de 7 ou 8 kilos et un crâne qui contenait 45 boisseaux de blé, il est incontestable nonseulement qu'il y a eu des géants, mais même qu'il a existé des races, des familles de géants, et qu'en général les hommes des premiers siècles de notre monde étaient bien plus grands qu'ils ne le sont aujourd'hui, sans toutefois qu'on puisse établir pour la taille le même rapport qui existe entre l'ancienne et la nouvelle longévité. Certains restes colossals d'animaux qu'on trouve à la surface de la terre autorisent à croire qu'il existait une race d'hommes proportionnée; et plusieurs monuments d'architecture sauvage, qu'on retrouve dans différents pays, sont évidemment l'ouvrage d'hommes d'une taille et d'une force prodigieuses.
Il est parlé de géants avant le déluge, Gen. 6, 4.; on peut croire que l'idée fondamentale qui s'attache à ce mot dans ce passage n'est pas seulement celle de la grandeur corporelle, mais qu'il faut, comme ordinairement en hébreu, y rattacher un sens moral : la traduction littérale du mot nepAtflm, rendu par géants, est «les déchus » (selon la tradition rabbinique, les géants étaient tombés du ciel), «les réprouvés; » d'après Scbroeder, « les assaillants » (ceux qui tombent sor). La manière dont il est parlé de ces géants dans le contexte semble indiquer qu'ils étaient issus des fils de Dieu et des filles des hommes (». Enfants); du moins on peut l'entendre ainsi, comme on peut également ne voir dans l'indication de Moïse qu'une parenthèse : si les géants sont identiques avec les puissants hommes de renom, il y a plus d'unité dans la phrase, mais il serait singulier que le mariage des fils de Dieu avec les fil)e3 des hommes n'eût produit que des géants, et l'on serait presque forcé, par cette supposition, d'admettre chez les fils de Dieu quelque chose de surnaturel, de les regarder comme des êtres différents des hommes. Le plus simple nous paraît, en conséquence, de regarder comme incidente la mention des géants, de ne voir dans les fils de Dieu que des membres de la famille de Seih, se détournant de la vérité et du culte du vrai Dieu pour suivre les idoles et s'abandonner aux passions de la chair, et les hommes célèbres et puissants seraient les fils de ces mariages, qui auraient eu une influence d'autant plus considérable qu'ils appartenaient à des familles différentes, a la race de Setb par leurs pères, à celle de Caïn par leurs mères. Suivant Scbroeder, le fait significatif de ce passage serait, non point l'existence de géants (il y en avait déjà), mais leur production, leur naissance dans la famille de Selh.
L'Ecriture mentionne encore comme races géantes les Réphaïms et les Uanakins. Les Répbaims habitaient, avant l'arrivée des Israélites,
les contrées transjourdalnes de la Palestine; Hog, roi de Basan, était un dernier reste de cette famille ; il fut vaincu par Israël, Deut. 3, 3. 11.; cf. Jos. 12, 4. 13, 12..- les Emins, qui partageaient avec les Réphaïms une commune origine, habitaient le pays qui fut plus tard celui de Moab, Deut. 2, 10., et les Zamzummins, le pays de Hammon, 2, 20. Les Hanakins, ou fils de Hanak, Nomb. 43, 33. Deut. 9, 2., étaient si grands, que les espions d'Israël déclarèrent qu'ils n'étaient que des sauterelles auprès d'eux (on peut croire que la peur entrait pour quelque chose dans l'hyperbole) : leur stature était devenue proverbiale, et servait de mesure de comparaison, Deul. 2, 10. 44. 24. Ils occupaient au temps de Moïse tout le pays depuis Hébron jusqu'aux montagnes de Juda et d'Israël, Jos. 11, 24. Quoique vaincus et chassés, plusieurs d'entre eux reparurent plus tard dans l'histoire des Hébreux, v. Rapba,el Goliath, 1 Sam. 17,4. 4 Chr. 20, 4. 6. 8.; mais ils se maintinrent toujours dans les quartiers des Philistins, à Gaza, Gath, Azot, etc. Jos. 44, 22.
On peut voir, parla comparaison de l'Ecriture sainte avec les ouvrages profanes, combien la première se distingue par sa sobriété et toute absence d'exagération dans ce qu'elle rapporte des géants; elle se distingue encore en ce qu'elle signale comme une monstruosité, une dégénérescence, un fruit du péché (l'union des Sélhiles et des Caïnites), ce que les païens regardaient comme une gloire; cf. Odyss., 40, 449. sq.; Aîneid., 42, 900.; Juvénal, 45, 69.; Pline, 7, 46.; Augustin., De Civil., 45, 9., etc.
GÉDÉON (destructeur), Jug. 6-8, ou JérubbahalÇû combat B3bal), le cinquième des Juges d'Israël (1359 à 4319), délivra son peuple de l'oppression des Madianites. Ce chef, de la tribu de Manassé, battait le grain à Hopbra avec son père, lorsque l'ange de l 'Eternel lui apparut et lui annonça que Dieu l'avait choisi pour juge. Il hésita, soit par modestie, soit par faiblesse de foi ; il demanda à Dieu quelques signes, simples et conformes à la vie des champs, qui lui furent accordés, et qui le décidèrent. 11 dut commencer par détruire dans sa propre maison toutes les traces de l'idolâtrie qui avait envahi le pays. Les tribus de Manassé, de Zabulon, d'Aser et de Nephlhali, se réunissent sou9 ses ordres au nombre de 32,000 hommes contre une armée innombrable; mais l'armée d'Israël est trop nombreuse encore, et sur une proclamation de Jehovah qui permet à tous ceux qui sont timides de s'en retourner, cf. Deul. 20, 4-8., 22,000 quittent les rangs et s'en vont; 4 0,000 hommes restaient : c'était peu ; pour Dieu c'était trop encore; une nouvelle épreuve fut ordonnée, et la petite armée fut réduite à 300 hommes seulement : Gédéon les divisa e» trots
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bandes, et ne leur donna d'autres armes qu'une trompette et un flambeau ; puis, au milieu de la nuit, au cri de : L'épée de l'Etemel et de Gédéon! ils fondent sur le camp des Madianilcs qui s'enfuient et s'entre-tuent ; ils passent le fleuve, où plusieurs périssent sous les coups des Ephraïmites que Gédéon avait fait avertir pour ne pas froisser leur jalouse susceptibilité; Gédéon poursuit jusqu'à Hobah les 4 5,000 hommes qui restent, les défait entièrement, et venge sur les deux chefs Zébah et Tsalmunah ses frères égorgés par ces princes. Les Israélites lui offrent , à lui et à ses enfants après lui, la couronne royale, mais il la refuse et se borne à répondre : Que l'Eternel règne sur vous. Un nuage ternit la gloire de sa victoire : des dépouilles ennemies qui s'élevaient à 1 ,700 sicles d'or, il fait une image qu'il recouvre de l'éphod; il veut rappeler au peuple les gratuités de l'Eternel, et il sanctionne par son action même l'idolâtrie qu'il veut condamner : le nom de Jérubbéseth qu'il reçut plus lard, 2 Sam. 44, 21., et qui peut signifier « il a combattu pour la honte » se rapporte peut-être à cette faute. Le reste de sa vie fut paisible; il eut soixantedix (lis, et mourut dans un âge fort avancé; les Madianiles humiliés ne s'élevèrent plus contre Israël, le pays fut en repos durant quarante ans. L'histoire profane semble avoir conservé le nom de Gédéon. Sancboniathon, qui vivait à la même époque à peu près, doit s'être servi pour la composition de s,»n histoire de documents qui lui auraient été fournis par Jérombal (Jérubbahal), prêtre de Jao (Jéhovah).
GÉHENNE, v. Hinnom.
GÉNÉALOGIES, v. Caïn, Jésus et Tribu.
GÉNÉSARETH (jardin du prince), lac de Génésareth, Luc 5, 1 . mer de Tibériade, Jean il, 4 , appelée aussi mer de Galilée, Jean 6, 4 ., et dans l'A. T. mer de Kinnéreth (harpe), Jos. 13, 27. Nomb. 34, 11., ou de Kinnarolb, Jos. 41, 2, 18, 3. Cette belle nappe d'eau que Ritter et Tholuck comparent au lac de Genève pour la pureté de ses eaux et la richesse de ses bords, que d'autres comparent à la partie septentrionale du lac Majeur, à cause de sa majesté sauvage jointe aux beautés d'une nature douce et riante, est située dans un profond bassin entre deux plateaux de montagnes ; de forme à peu près ovale, allongé du nord au midi, il a environ 140 stades de longueur sur 40 de largeur d'après Josèphe, 30 kilom. sur 8 ou 9; les estimations modernes lui donnent à peu près la même étendue. Ses eaux bleues, profondes, douces et transparentes, sont constamment renouvelées par les flots du Jourdain qui le traversent dans sa longueur ; elles ne sont que lorsque des ouragans sortant
iroub
lées
subitement des gorges des montagnes, mena- 1
cent les navigateurs. Il était jadis sillonné par un grand nombre de bateaux, et comme il est très poissonneux, la pêche était une occupation importante pour les habitants de ses bords, Matth. 4, 48. Luc 5, 4. Jean 1, 44. 21, 3. La contrée est d'une merveilleuse beauté ; le climat de ce bassin profond dont la chaleur est tempérée par la fraîcheur des eaux, y produisait une végétation aussi abondante que variée : les fruits de divers climats y croissaient non loin les uns des autres, les dattiers des tropiques près des arbres d'une zone plus tempérée : on y trouvait réunis la vigne, le citronnier, l'oranger, et le figuier, qui mûrissaient sans interruption, pendant six mois de l'année. Aussi les mahoraétans en faisaient-ils avec Damas, Samarcande, et une contrée voisine de Bagdad, un de leurs paradis terrestres. A l'est s'élèvent hors du lac des rochers basaltiques, et de sombres montagnes qui se terminent en sommets arrondis; â l'ouest le terrain s'élève par des gradins ou des vallées étagées jusqu'à la banleur du plateau; cette côte occidentale était jadis couverte d'un grand nombre de villes et de bourgades populeuses : aujourd'hui ses rives sont presque désertes, et l'on n'y trouve pas même un bateau. Ce fait, attesté par tous les voyageurs, a été encore tout récemment confirmé par M. Félix Bovet.
Le voyageur Russegger (1838) regarde si course au lac de Génésareth comme une des plus intéressantes qu'il ait faites en Palestine; il trouva, dit-il, dans la magnificence de celte vue une compensation plus que suffisante aux fatigues de cette excursion ajoutée à tact d'autres. Il a calculé, par l'emploi du baromètre, que la surface de ce lac devait être de 625 pieds (203 m.) au-dessous du niveau de la Méditerranée. Schubert n'avait compté qu'une différence de 535 pieds (162 m.) entre les deux niveaux. C'est un fait presque unique en géologie, que cette vallée, ce fleuve, et ces lacs situés plus bas que la mer.
L'A. T. fait mention de ce lac comme d'une frontière, Nomb. 34, 11., etc. Les faits qui s'y sont passés au temps de notre Seigneur, le rendent particulièrement cher aux chrétiens; r.Matlh.4, 18-22.; 8, 23-27.; 44, 20-24.; 44, 24-33. Marc 4, 36-41.; 6, 31.56. Luc 5, 1-14. 8, 23-25. Jean 6, 18-21.; 24, etc.
Quant à la ville de Kinnéreth qui appartenait à la tribu de Nephlhali, Jos. 49, 35., on pense que c'est la môme que Tibériade, q. v.
GENÈSE, le premier livre de la Bible en général, et du Pentaieuque en particulier, q. v.; il s'appelle en hébreu Bereshilh (au commencement), selon les mots par lesquels il commence, et en grec Genesis (origine, naissance), nom tiré de son contenu. L'auteur en est Moïse selon
GEN
GEN
l'ancienne tradition, et d'après les traces qui se trouvent dans le Pentaleuque lui-même. Le but du livre est d'exposer l'origine du peuple de Dieu, en la rattachant à l'origine du monde. La Genèse est une introduction, une tête nécessaire à l'intelligence des autres livres de la Bible, qui, sans elle, seraient un acéphale. — Après nous avoir donné sur la création quelques idées claires, précises et succinctes (». cet article), la Genèse raconte le commencement de la vie sur la terre, le premier homme et le premier péché, la première famille et la première dispersion, la première chute et la première promesse. Elle pose les jalons de l'histoire du genre humain pendant les vingt-cinq premiers siècles (Gen. 4-44), en nous faisant suivre les traces des idées théocratiques et des révélations divines, jusqu'au moment où elle vient à s'occuper d'une manière plus particulière de la famille d'fléber et de son illustre descendant Abraham (4 4-50). Elle raconte alors l'histoire des trois grands patriarches Abraham, Isaac, Jacob; elle est plus circonstanciée sur la vie de Joseph, et sur ses destinées qui sont d'une grande importance pour l'histoire de la théocratie. Elle finit en rapportant les paroles de bénédiction adressées par Jacob mourant à ses ûls, l'ensevelissement de ce patriarche et la mort de Joseph. — Quant à la langue, c'est l'hébreu le plus pur et le plus uni, avec quelques archaïsmes témoins de l'ami qui té du livre; il peut être regardé comme la base et le modèle de la formation de cette langue sainte, dans tous les autres livres du code sacré.
La Genèse avait joui dans tous les siècles de ce respect qu'inspirent les livres de Dieu, et que l'on accorde généralement a ces vieux monuments d'une ère qui n'est plus, lorsque dans la moitié du siècle passé un médecin hollandais nommé Astruc, révoqua le premier en doute l'authenticité et l'intégrité de la Genèse (Bruxelles, 4753). Son livre, intitulé : « Conjectures sur les mémoires originaux dont il parait que Moïse se servit pour composer le livre de la Genèse,» réussit auprès de certains théologiens qui en adoptèrent et en développèrent les idées, Eichhorn, llgen (4798), puis Vater (4804- 4805), De Welle, Gramberg (4828). Plus lard encore, l'idée se développa et s'étendit sous le marteau ; selon ces auteurs d'hypothèses, nonseulement le contenu de la Genèse serait tiré de deux anciens documents, mais dans sa forme actuelle ce livre ne serait pas même le travail d'un rédacteur unique qui aurait composé son ouvrage suivant un plan prémédité; ce serait un recueil de morceaux, d'anciennes traditions mal arrangées et augmentées par la fantaisie des narrateurs. 11 n'appartient pas a notre plan d'entrer dans trop de détails sur celle contro-
verse, mais nous devons au moins en indiquer les éléments.
L'hypothèse du morcellement repose : a) sur ce qu'il y a dans la Genèse plusieurs relations d'un seul fait, par exemple 42, 40. 20, 4. sq.. 26, 6-42.; mais il ressort du texte même que ce sont des faits tout différents ; b) sur ce que l'origine d'un même nom est racontée de différentes manières, le nom d'isaac, 47, 47. 49. 48, 42-45. 24, 3. 6., celui de Béersébah, 24, 30. 34. 26, 33., de Bélhel, 28, 49. 35, 45.; mais de ce qu'un même nom a pu se trouver vrai dans plusieurs sens, il n'en résulte pas la nécessité de penser à deux récits dont l'un exclurait l'autre; c) sur ce qu'il y a de fréquentes répétitions ; mais c'est dans le style oriental, et d'ailleurs l'objection n'aurait de force que si les mêmes faits étaient racoutés chaque fois sans des détails nouveaux, dans la même connexion, tandis que c'est le contraire qui a lieu; la répétition se justifie d'elle-même par le but du narrateur, et elle ne porte que sur des fails importants, d) Il y a des morceaux isolés et décousus; mais dans un récit aussi succinct les transitions seraient souvent des hors-d'œuvre, l'antiquité du livre et son caractère oriental ne les auraient pas supportées, e) On s'appuie enfin sur la présence de certains litres comme indiquant le commencement de nouvelles péricopes; ainsi 5, 4. 6, 9. 40, 4. sq. 25, 42. etc. Mais ces litres, qui sont en quelque sorte des sommaires de chapitres, indiqueraient plutôt le contraire; ils servent de transitions naturelles, et indiquent le plan de l'auteur et le soin avec lequel il coordonne ses généalogies.
L'hypothèse des deux documents repose sur la manière dont les noms de Dieu et de l'Eternel sont employés (Elohim et Jéhovab); les inventeurs de l'idée pensent que le rédacteur s'est servi de deux sources ou documents, dont l'un aurait tout rapporté à Dieu, l'autre lout à l'Eternel. Si l'on y fait attention, l'on trouvera qu'en effet il y a des chapitres, ou fragments de chapitres, dans lesquels l'un des deux noms est employé à l'exclusion de l'autre, quelquefois aussi les deux noms concurremment. Remarquons d'abord que si l'on veut conclure quelque chose, il faudra appliquer la même conclusion à l'A. T. presque tout entier, où les noms de Dieu et de l'Eternel sont alternativement employés : qu'on lise par exemple le prophète Jonas, on y trouvera la même observation justiUée, et cependant personne n'a songé à faire de ce petit livre une mosaïque composée de divers documents. Mais une explication très simple et tirée de l'observation donnera la clef de l'emploi de ces deux noms, dans la Genèse comme ailleurs : c'est que le nom de Dieu, Elohim , s'applique presque partout au Créateur,