GÉO
juge de l'univers, maître de la race humaine, dans ses rapports avec le monde; l'Eternel, Jéhovah, au contraire, est le Dieu de son peuple, le père de ses enfants, le Sauveur qui se manifeste. On peut lire, en prenant garde à cette distinction, l'histoire du sacrifice dlsaac, 22, 4 celle du déluge, 6-9, et surtout celle de la création, 4-3, qui semble prêter le plus à l'hypothèse et même lui avoir donné naissance : elle se divise en deux parties, 4-2, 3, et 2, 4.-3, 4. La première est le récit général : l'auteur nous fait connaître l'origine du monde, il énumère les créatures, il nomme le créateur, c'est Elohim; dans la seconde, l'auteur reprend son sujet, mais sous le point de vue spécial de l'homme considéré comme être moral : c'est là qu'il est question du péché, de la loi, du jugement, de l'Evangile qui sauve : c'est alors Jéhovah qui parait, c'est l'Eternel; le nom de Dieu lui est joint pour bien montrer qu'il ne s'agit pas d'un autre Dieu, mais du même considéré sous un autre point de vue, précaution bien nécessaire dans un temps où l'on pouvait être porté à croire à une pluralité de dieux. Voilà tout le secret de l'emploi alternatif de ces drux noms, non pas seulement dans des morceaux différents, mais aussi dans un même morceau, et c'est faute d'avoir compris leur grandeur et leur signification qu'on en est venu à la supposition de deux documents primitifs. — v. Umbreit, Theol. Stud. und Kritik., 4834, p. 412; Ranke, Recherches sur le Pentateuque; Haevernick, lutrod. à l'A. T., Delilsch; et Comment, de Schrœder (trad. Bastie), qui a démontré, selon nous d'une manière évidente, l'unité du livre et du narrateur; enfin le travail de M. A. de Mestral (4864), étude destinée à populariser les questions scientifiques que la Genèse soulève en grand nombre.
GENET, genièvre, genévrier. 4a Le mot hébreu rothem se trouve 4 R. 49, 4. 5. Job 30, 4. Ps. 420, 4., et les Septante l'ont traduit de quatre manières différentes, ce qui prouve qu'ils n'avaient pas une connaissance bien claire et précise de l'arbre indiqué : Josèpbe luimême, en parlant de l'arbre sous lequel s'assit Elie dans le désert, 4 R. 49, se borne à dire : « sous un certain arbre. - Jérôme, d'après Aquila, l'a traduit par genévrier, le syriaque par térébinthe , et le caldéen par genêt : nos versions ont conservé genêt dans lu passage des Rois et ont mis genévrier dans les deux autres; il est très difficile de décider; Calmel pense qu'il faut l'entendre d'une manière générale de tout arbuste sauvage; Wmer penche pour le genêt d'après l'analogie de l'arabe ratant (cf. l'espagnol rétama , venu des Maures). Le genêt , genista rœlem , est un arbuste peu considérable des plaines de l'Arabie, avec des
rameaux petits, cannelés, opposés, feuilles simples, fleurs blanches, papilionacées, fruit en cosse, allongé, avec deux rangs de graines. La racine est extraordlnairemenl amère et ne peut servir de nourriture qu'en cas d'extrême besoin; la fin de Job 30, 4. peut se traduire, ou bien comme nos Bibles l'ont rendu ■ pour se chauffer, » ou bien « la racine des genêts pour leur pain (nourriture) ; » cette dernière traduction est favorisée par le contexte. Le genêt servait aus3i comme moyen de chauffage; il donnait des charbons très ardents et d'une combustion lente et durable; la langue du méchant leur est comparée pour ses effets désastreux, difficiles à réparer, Ps. 420, 4. Grêle et sec, cet arbuste donne peu d'ombre, toutefois on sait encore l'apprécier sous ce rapport dans les landes de sa patrie, et le prophète fuyant les fureurs de Jêsabel, recherche dans le desen son ombrage protecteur.
Il est possible cependant que, au moins Ps. 420, 4., il s'agisse <lu genévrier et non du genêt : le genévrier, juniperus oxyedrus, ou ubœnkia, en arabe gadba, brûle avec une grande vivacité, et ses charbons restent longtemps ardents : il appartient aux conifères.
2° Genêt , employé dans le sens de coursier par quelques-unes de nos versions, 4 R. 4, 28, est un vieux mot français que Martin a trouTé bon pour éviter de répéter deux fois dans un verset le mot cheval.
GÉNÈZARETH, v. Génésarelh.
GENOUX (la prière faite à) v. Prière.
GÉOGRAPHIE. Les Hébreux n'avaient naturellement des idées ni bien claires, ni bien étendues sur la configuration de la terre et sur les pays dont elle était couverte. Ils étaient cependant plus avancés que tous les peuples de l'antiquité sur la grandeur et sur la forme de notre globe. Gesenius a voulu conclure de Es. H, 42. qu'ils se figuraient la terre carrée, mais il n'est pas besoin d'une supposition semblable pour comprendre une expression que nous pourrions employer nous-mêmes. On peut comparer d'ailleurs des passages tels que Ez. 5, 5. Prov. 8, 27. Job 26, 7. 40. Es. 40, 34. pomr se convaincre combien étaient exactes, justes et conformes aux vérités découvertes seulement plus tard, les doctrines des prophètes juifs sur ce point Quant à la géographie même, les Hébreux neconnurent d'abord que les pays qui les entouraient (le plus près ou avec lesquels ils avaient des rapports réguliers, la Syrie, l'Egypte, l'Arabie, ta Fbénicie : peu à peu, ce cercle s'agrandit par les relations d'Israël avec l'Assyrie, la Médit et la Babylooie; ils connurent, par ouï-dire sans doute, peut-être par les Phéniciens, l'existence de contrées et d'iles plus éloignées à l'est, et même au nord de l'Asie, Gog et Magog, cf. Ri
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27, lèr. 51 , 87. La dispersion augmenta leurs connaissances, et l'on peut croire qu'ils connurent, dès celte époque, tout l'ancien monde, tel du moins que le connaissaient les anciens eux-mêmes, surlout la Grèce et l'Italie. Ils regardaient Jérusalem comme le centre du monde connu, Ez. 5, 5. 38, 42.
GERBOISE, v. Saphan.
GERGÉSÉIN1ENS, v. Gadara.
GETDSÉMANÉ, village ou jardin sur le penchant occidental du mont des Oliviers, sur la rive gaucbe du Cédron. C'est là que notre Sauveur lutta contre la mort, Malth. 26, 36-50. Marc 44, 32-52.; il avait l'habitude de s'y rendre, Jean 48, 2., et Judas Iscariot, qui connaissait celle sainte retraite, y conduisit la troupe qui devait s'emparer de son maître. Jésus suait des grumeaux de sang en attendant l'heure fatale, et un ange vint des deux pour le fortifier, Luc 22, 39-53. Un mur élevé désigne et enloure ce lieu, où sont encore huit oliviers d'une extrême vieillesse, les plus beaux du pays, qui portent le nom de Dschesmanije. Gethsémané signifie pressoir à olives (selon quelques-uns champ d'olives ; selon d'autres encore, pressoir des signaux ?).
GIRAFE, v. Cbameaupard.
GNIDE, Acl. 27, 7., nom romain de la ville qoe les Grecs appelaient Coide; située près du promontoire de Triopium, aujourd'hui Carpo- Crto, elle était célèbre par son temple de Vénus, et comme pairie de Ctésias et d'Eudoxe ; Paul, venant de Myra, vit de loin cette ville qui fut le dernier souvenir des côles de l'Asie.
GOB, ville ou plaine dans laquelle les Israélites eurent deux combats a soutenir contre les Philistins, S Sam. 24, 48. 49. Elle est appelée Guéser dans le passage parallèle, 4 Chr. 20, 4., peut-être par erreur.
GOG, roi de Magog, q. v., Ex. 38, 2. 39, 4.
GOJ1M ou Goyim. Ce nom signifie en hébreu les peuples, les nations, par conséquent, pour les Juifs, les païens, C'est encore de ce nom qu'ils appellent aujourd'hui tous les peuples de la terre qui ne descendent pas d'Abraham par Isaac et Jacob. Une des peuplades païennes chassées par les Israélites portait ce nom, et son roi demeurait à Guilgal, q. v., Jos. 42, 23. Cest peut-être la même qui est indiquée Gen. 44, 4., et qui était gouvernée par Tidhal, roi des nations ou des Goyim. — o. aussi Galilée.
GOLAN, ville libre et sacerdotale, située en Basan, dans la demi-tribu de Manassé, Deut. 4, 43. Jos. 20, 8. 24 , 27. 4 Cbr. 6, 74 . Elle était encore assez considérable à l'époque d'Eusèbe, et avait donné naissance à ce Judas le Galiléen, dont il est parlé Act. 5, 37. Son exacte position n'est pas connue : on appelait Golanite ou
Gaulonite la eootrée qui l'entourait depuis la Pérée jusqu'au Liban.
GOLGOTHA, ou Golgatha, ou plutôt Golgoltha, de l'hébreu gulgoletb, qui signifie crâne, et qui est employé dans ce sens, 2 R. 9, 35. v. ce que nous en avons dit a l'art. Calvaire, qui est la traduction latine du mot hébreu. Les Syriens et les Arabes appellent encore cette colline Cranion, à cause du crâne d'Adam qu'ils y croient enseveli ; c'est aussi la tradition de tout l'Orient, et les mahométans eux-mêmes ont un livre dans lequel se trouve un dialogue entre Jésus-Christ et le crâne du premier homme. D'Herbelot, Bibl. orient., Cranion. p. 278.
GOLIATH, 4 Sam. 47, 4. sq., géant de la race des Philistins, de la ville de Gatb, défia pendant quarante jours les guerriers Israélites a un combat singulier, qui devait décider du sort des deux armées, selon l'usage de quelques peuples anciens dont nous trouvons un exemple dans la lutte des Horaces et des Curiaces. A la fin, un jeune homme se présenta; il portait des vivres à ses frères, et quelques fromages en cadeau a leur capitaine ; mais ayant appris l'insulte faite au peuple du vrai Dieu, il posa son bagage et courut au combat. Le géant méprisa la jeunesse de son adversaire, car il ignorait combien est fort celui qui vient au nom de l'Eternel, mais la victoire ne resta pas un instant indécise, et un caillou lancé par une fronde habile renversa le géant, frappé au front. Le vainqueur lui trancha la tête comme les anciens faisaient à leurs ennemis vaincus, Hérod., 4, 6.; Xénoph., Anab., 5, 4. 47. — On a vu, à l'article Géants, que de pareilles races n'étaient point rares dans les anciens temps, et que si la fable a un peu exagéré, le fait n'en reste pas moins vrai : quant à la stature de Goliath, cependant, nous ne pouvons rien préciser; elle était de six coudées et une paume, est-il dit; et entre les différentes coudées qui étaient connues des Hébreux, il convient de choisir la moindre; car nous voyons que David put se servir aisément de Cépée du géant, non-seulement lorsqu'il lui trancha la tète, mais encore dans sa fuite, 4 Sam. 24, 9. 22, 40., ce qu'il n'eût pas fait si elle eût été proportionnée a la taille que certains calculs donnent ù Goliath. En prenant donc la dimension la plus petite de la paume et de la coudée, Goliath aurait eu 3™ 30 de hauteur (selon un autre calcul, t;. Coudée, Goliath aurait eu 4» 40.) Le poids de ses armes doit être calculé dans la même proportion. Quant à 2 Sam. 24, 49., v. l'article Elbanan.
L'histoire de GoliatU présente quelques difficultés qu'on ne résout pas même toutes complètement en admettant que le fragment qui la raconte a été transposé. Ainsi le ch. 47 nous l montre David et Saùl étrangers l'un a l'autre,