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par suite d'une mauvaise administration, mais elle possède des richesses naturelles, et d'abondantes ressources, v. E. About, et les diverses relations publiées ces dernières annéessur l'état intérieur de ce pays.
GRENADE, grenadier. Hébr. rimmon. 4 Sam.
44, 2. et ailleurs. On dislingue le grenadier sauvage et le grenadier domestique; ce dernier, baut d'environ trois mètres, a des rameaux menus, anguleux, armés de quelques épines, et revêtus d'une écorce rougeatre; ses feuilles, semblables & celles du myrte, sont moins pointues, et d'un vert tirant sur le rouge; la fleur est grande, belle, rouge pourpre et d'une forme élégante; le calice est dur, oblong, et en forme de cloche; le fruit est une espèce de pomme couverte d'une écorce rougeâlre en dehors, et rouge en dedans, il s'ouvre en long, et ses neuf ou dix loges renferment des grains pleins de , pépins et d'une espèce de jus rouge comme du vin. La grenade participe à toutes les qualités des fruits d'été, elle rafraîchit et apaise la soif; le moût de grenadier, Cant. 8, 2., désigne ou un véritable vin fait de ce fruit, ou plutôt un vin acidulé avec du jus de grenade, selon l'usage que l'on trouve maintenant encore en Orient.
Le grenadier sauvage est plus rude et plus épineux que le précédent, ses fleurs sont astringentes et sont employées utilement dans les pharmacies. On le trouve en Palestine, en S) rie, en Arabie, et dans la plupart des contrées du Midi; c'est l'arbor punica de Pline, le punica granatum de Linnéc; les Grecs l'appelaieut pomme de Carlbage.
Les espions du désert, en rapportant de Canaan des grenades avec des ligues et des raisins, prouvent combien ce fruit était estimé, Nomb. 43, 24. 20, 5., et expliquent les regrets des Hébreux au souvenir de l'Egypte, où ce fruit se trouvait en abondance. Moïse lui-même, dans l'énuméraiion qu'il fait des richesses de Canaan, mentionne expressément la grenade à côté du blé, de l'orge, de l'olive et des autres produits de la terre, Deut. 8, 8. La forme et la beauté de la grenade l'ont fait mettre comme frange à la robe du souverain sacrificateur, avec des clochettes d'or, les clochettes alternantavec les grenades brodées des couleurs les plus éclatantes, bordure qui signifiait peut-être que le ministre du Seigneur doit, en marchant, porter des fruits excellents et faire retentir le message dont sou maître l'a chargé, Ex. 28, 34.; cf. Eccl.
45, 9. 4 R. 7, 48. 20, 42. 2 R. 25, 47., où I on voit que des grenades étaient l'un des principaux ornements des colonnes du temple de Salomon. Une tranche de grenade est employée, dans le style oriental et poétique, comme le plus bel emblème d'une joue rose et fraîche, Cant. 4, 3.; chez nous on la compare à une pêche.
GRENOUILLES, Ex. 8, 2-44. Ps. 78, 45.
405, 30. Apoc. 46, 43. Quelques auteurs (v. Aben-Ezra) ont cru que l'hébreu tsephardeah, dans ces passages, devait être entendu du crocodile; mais on est généralement d'accord maintenant à regarder la traduction de grenouille comme seule vraie et bien prouvée. Cet animal si peu redoutable devait devenir une plaie pour l'Egypte. Dieu eût pu envoyer des tigres, des lions, ou seulement des chacals, pour punir le rebelle Pharaon ; mais en de si grandes calamités on eût sans doute oublié la cause première, pour ne penser qu'à ces bêtes féroces : on eût organisé des parties de chasse pour les repousser ; les chefs du peuple auraient moins souffert que Je peuple lui même, et se seraient aventurés peut-être à chercher un divertissement dans le malheur public. Dieu envoya les grenouilles, race tout inoffensive, mais qui, par sa prodigieuse multiplication, devait être une plaie importuoe et dégoùiaute. Il n'est pas nécessaire de penser à une création surnaturelle de grenouilles ; ces animaux, assez nombreux sur les bords du Nil, y déposent chaque année des milliards d'œufs, dont un grand nombre périssent, et les autres viennent éclore dans les marais fangeux que le fleuve laisse chaque fois derrière lui après ses inondations périodiques; il suffit donc de penser qu'en cette année aucun des embryons ne périrent, et qu'ils servirent tous à endurcir le cœur de Pharaon et à préparer l'affranchissement des Israélites. — Les magiciens imitèrent le miracle comme ils purent, et sur une toute petite échelle ; ils se fussent montrés plus habiles et plus puissants s'ils avaient détruit l'œuvre de Moïse et rendu la paix au pays : ils ne le purent, et Pharaon, qui comprit la vanité de cette science mondaine, dut recourir à celui qui avait fait venir le mal sur le pays. — La circonstance que les greuouilles purent pénétrer partout, dans les maisons, dans les chambres à coucher, dans les fours et dans les huches, s'explique par la construction même des maisons orientales, q. v. (Bochart a consacré soixante-dix pages à la grenouille et aux différentes questions que soulève son histoire, et le rôle qu'elle jouait en Egypte. Hieroz., 111.)
Un auteur anglais, Bryant, a cru pouvoir conclure de Apoc. 46, 43., que la grenouille était anciennement le type hiéroglyphique des magiciens et des prêtre» égyptiens.
GRÉSIL, Ex. 46, 14.Ps. 447, 46. Job 38, 29., phénomène assez commun chez nous dans les froides matinées du printemps et de l'automne. Il est plus remarquable dans les climats du Midi, où des nuits plus fraîches succèdent à des jours plus chauds : la manne du ciel est comparée à ces perles argentées.
GRUAU, v. Froment.
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GRUE, Es. 38, 44. Jér. 8, 7 ; c'est l'hébreu hagour, que nos versions ont rendu par hirondelle, q. v.
GUÉBAH. v. Gabaon.
GUÉBAL (la On), Ps. 83, 7. Ez. 27, 9., district nommé avec Hammon, Damalek, et le pays des Philistins ; il se trouve probablement sur les confins de l'Arabie Pétrée ; de nos jours encore un canton séparé du district de Kérek par la vallée de El Ahsa porte le nom de Dschebal. La ville de ce nom, appelée Byblos chez les Grecs, Jos. 13, 5., faisait partie de la (erre promise; ses habitants étaient connus comme de bons marins et d'habiles architectes; elle était célèbre par son temple et était le siège du culte d'Adonis : on y trouve encore de nombreuses ruines de tours remarquables, des colonnes, etc.
GUÉBIM (sauterelles), Es. 4 0, 31., ville inconnue de la Palestine, située, à ce qu'il parait, dans les environs de Jérusalem.
GUEDALIA (la grandeur de l'Eternel), 4° fils d'Ahikam, et gouverneur de la Judée au nom du royaume de Babylone, après la destruction de Jérusalem, 2 R. 25, 22. Jér. 40, 3. Il demeurait à IMitspa, où se trouvait une petite garnison babylonienne, 2 R. 25, 25. Jér. 40, 6. 8. Il eut des relations d amitié avec le prophète Jérémie, selon l'exemple de son père, et fut chargé, par Nébucadnetsar, de veiller à sa sûreté. Il rappela un grand nombre de Juifs qui s'étaient enfuis dans les contrées d'Hammon et de Moab, favorisa de nouveau leur établissement, leur assura une vie tranquille et paisible, mit ses efforts à les rendre heureux, tout en leur conseillant la soumission, et leur procura même les moyens d'élever un autel sur les ruines du temple : c'est du moins ce qui parait résulter de Jér. 44 , 5. Il fil donner des champs et des vignes aux pauvres qui étaient demeurés de reste dans le pays, et l'on pouvait espérer que sous cet humble mais énergique et digne successeur des rois d'Israël, le pays ne tarderait pas a recouvrer quelque prospérité. Un meurtre empêcha la réalisation de ces espérances. Averti, par le fidèle Johannan, des coupables projets d'ismaêi, Guédalia refusa d'y croire, défendit à Johannan de prévenir le c oup fatal, et fut assassiné, victime de sa trop généreuî-c confiance, deux mois à peine après la ruine de Jérusalem (Jos., Ant., 40, 9. 3. Jér. 40, 4 4.) Ce fut le dernier coup porté aux espérances des Juif.-. Un jeûne solennel fut institué en mémoire de cet événement, Zacb. 8, 49., et beaucoup de Juifs, effrayés, émigrèrcnl pour l'Egypte, Jér. 42 et 43.
2°Guéda.ia, fils de Pashur, Jér. 38, 4., et officier de Sédécias, exerçait avec Séphatia, Jucal et Pashur, une grande et fâcheuse influence sur l'esprit du roi : ils incitèrent, à différentes reprises, le faible monarque contre le prophète
Jérémie, qui conseillait à la ville de se rendre, et obtinrent la permission de le transférer de sa prison dans une fosse profonde et boueuse, où il eût péri si Dieu n'eût envoyé à son secours Hebed-Mélec. Guédalia, dans ses persécutions, ne fit qu'imiter la haine de son père. Cf.
3° Grand-père du prophète Sophonie, 4, t.
4° Lévite, 4 Chr. 25, 3.
GUÉHAZI (vallée de vision), 2R. 4, 4î.,ser viteur d'Elisée, suivit son maître chez laSunamite, jouit de la confiance de l'un et de l'autre, et obtint du prophète, pour son hôtesse, la promesse qu'un fils lui serait donné; mais bientôt ce fils fut enlevé à l'amour maternel, et la pieuse femme, pleine de foi, comprit que celui qui le lui avait donné et qui le lui avait ôté pourrait :<ussi le lui rendre : elle courut vers Elisée, et celui-ci envoya Guéhazi; mais, soit manque de foi chez le serviteur, soit que la mère, elle-même ne vit qu'avec défiance le départ de ce messager bien indigne de son maître, Guéhazi posa en vain le bâton du prophète sur le visage de l'enfant, l'enfant ne revint pas à la vie; Guéhazi avait plus de foi en son maître qu'en Dieu, et son incrédulité ne pouvait opérer des miracle». — Plus tard, Naaman ayant été guéri de sa lèpre par le prophète hébreu qu'il était venu consulter, Guéhazi courut après le général syrien pour lui demander la récompense qu'avait refusée son maître ; il mentit pour l'avoir, mentit pour cacher son mensonge, puis mentit au prophète en disant : Ton serviteur n'a été nulle part. Mais la lèpre de Naaman s'attacha à lai avec ses richesses, et lui fut donnée en souvenir éternel de son avarice et de sa fausseté,
2 R. 5. Nous retrouvons encore Guéhazi, mais on ne sait en quelle occasion, racontant à Joram les grandes choses qu'avait faites Elisée, 2 R- 8, 4.; la Sunamile étant survenue pour présenter une requête au roi, le serviteur la reconnut, raconta son histoire, et intéressa tellement le monarque en sa faveur, qu'il lui fit rendre ses champs et tout ce qui lui avait appartenu. Il est évident que Joram, pendant tout cet entretien, observa les prescriptions cérémoniclles exigées a 1 égard des lépreux : d'autres pensent que les faits sont intervertis, et que cette conversation eut lieu avant la guerison de Naaman jd'auirt-s, enfin, supposent, mais sans fondement, que Guéhazi repentant aurait reçu du prophète son pardon et sa guerison, c l que c'est lui déjà que l'on voit, 2 h. 6, 45., â côté de son maître à Do- (han.
GUÉ-H1NNOM. v. Hinnom.
G( É.MAR1A (achevé par l'Eternel), 4° fils de Saphan, secrétaire du temple sous Jéhojakim. Jér. 36, 40. C'est dans sa chambre, près de Ij porte du temple, que Harucb fil d'abord lecture
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des paroles de Jérémie contre le roi; Guémaria fut également présent à la lecture qui en fut faite à Jéhojakim, et joignit ses efforts à ceux d'Elnath3n et de Delaîa pour obtenir que le roi respectât le précieux rouleau. — 2° v. Elhasa.
GUÊPES. Es. 7, 48. v. Frelons.
GUERAR (pèlerinage), Gen. 10, 19., ville des Philistins, située près de Béersébah dans une fertile plaine basse; elle servit de refuge à Abraham et a Isaac pendant une famine, et fut pour l'un et l'autre un lieu d'humiliations et d'épreuves, Gen. 20 et 26 ; elle était entre les déserts de Kadès et de Sur, à trois journées de Jérusalem. Elle marqua plus lard le terme des poursuites triomphales d'Asa, vainqueur de l'armée d'Ethiopie commandée par Zérah,2Chr. 14,43. — Des sources d'eau se trouvaient dans son voisinage, Gen. 26, 47, et sont mentionuées par Sozomène, 6, 32. 9, 17.
GUÉRIZIM. Le mont Garizim ou Guérizim (coupeurs) et le mont Hébal (sans feuilles), sont deux sommets des montagnes d'Ephraïm, situés vis-à-vis l'un de l'autre en demi-cercle, et formant l'étroite vallée au fond de laquelle se trouve la ville de Sichem ou Naplouse. Le mont Hébal, le plus septentrional, est un rocher désert et aride, d'un aspect triste et sévère; aucune herbe ne croît sur ses flancs désolés, et les sombres cavernes y abondent. Le Guérizim, qui s'élève au midi, est au contraire fertile, d'un aspect riant, riche en verdure, émaillé de fleurs et abondant en fruits de toute espèce. Ces deux montagnes avaient été choisies par le législateur mourant pour y célébrer la fête sérieuse et solennelle de l'alliance de l'A. T., Dent. 41, 29. 27, 42. Sur le mont Ilébal, dont le front portail déjà l'empreinte sinistre de la ruine, six tribus durent répondre : Amen! aux malédictions qui devaient être prononcéesconlre les transgresseurs de la loi; ce fut aussi là qu'on érigea l'autel cl qu'on offrit les holocaustes et les sacrifices : sur la même montagne où le péché devait éire montré et représenté avec ses terribles conséquences, le remède devait se trouver à côté du mal et les promesses à côté de la transgression; à côté de grandes malédictions un grand sacrifice. Une scène bien différente se passait au même moment sur le mont Guérizim dont déjà la nature avait fait un emblème de bénédiction ; là, les six autres tribus répondaient : Amen! aux promesses de bénédiction faites à ceux qui auraient accompli les exigences de la loi divine. L'ordonnance de la solennisation de cette grande féte était comme le sommaire de la législation mosaïque, le point dans lequel se trouvait concentrée et le plus fortement accentuée la profonde signification de cette ancienne économie, le cadre,
le miroir dans lequel se reflétait par avance le but de tout ce système préparatoire.
Il y a entre le texte hébreu et le texte samaritain, au sujet de la célébration de cette féte nationale, une différence de version sur laquelle on a beaucoup écrit et beaucoup discuté. Dans le samaritain de Deul. 27, 4. on lit Garizim, tandis que l'hébreu, appuyé de toutes les anciennes versions, porle Hébal. Mais les Samaritains sont à juste titre suspects d'avoir altéré sciemment le texte sacré pour le mettre d'accord avec leurs coutumes; en effet, après le retour de l'exil, ils bâtirent sur le mont Guérizim un temple qui fut détruit deux siècles plus lard par Jean llyrcan : cet endroit n'en continue pas moins d'être regardé par eux comme sacré et béni; et le petit reste de Samaritains qui sont actuellement à Naplouse, l'appellent toujours le mont sacré, el y tournent leur visage quand ils font leur prière. Il y a plusieurs autres traditions sur ce sujet; quelques-uns disent que les Samaritains, outre le vrai Dieu, adoraient des idoles qu'ils tenaient cachées sur cette montagne, cf. 2, R. 47, 33. Les Samaritains prétendent aussi que Jacob construisit des autels sur le Guérizim, et que c'est là qu'Abraham se rendit pour sacrilier Isaac; mais v. Morija.
Eusèbe et saint Jérôme placent ces deux montagnes beaucoup plus loin, à l'orient de Jérico et de Guilgal; et Epipbane va jusqu'à les mettre au delà du Jourdain; ces opinions ne sont pas soutenables; Guérizim était si près de Sichem que Joalham, Ois de Gédéon, parla du haut de la montagne aux Sichémiles assemblés dans la vallée. Jug. 9, 7.
GUERRE. C'est les armes à la main que les Israélites commencèrent leur existence comme peuple; c'est dans une guerre de conquête qu'ils entreprirent pour la première fois de faire connaître qu'ils n'étaient plus seulement une famille, mais une nation. Lorsqu'ils quittèrent l'Egypte, ils étaient sans patrie, mais leurs ancêtres avaient habité la terre qu'occupaient maintenant les tribus cananéennes, et ils résolurent, sous la conduite de Moïse, d'aller s'y établir el d'en chasser les propriétaires légitimes et naturels; d'esclaves ils se tirent soldats; Dieu légitimait pour eux cette conquête, qui eût été sans cela aussi odieuse que le sont toujours les expropriations des peuples. Devenus maîtres du pays, les Israélites durent encore, pendant plusieurs siècles, rester sur la défensive, continuellement exposés aux attaques de leurs ennemis vaincus mais non anéantis; ce fut la période des juges. Les guerres n'étaient alors que des successions de pelits combats sans ordre ni plan ; chaque roildet s'insurgeait dès qu'il avait quelques soldats dis-
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ponibles, sans chercher a s'entendre avec ses voisins. L'art de la guerre ne fit des progrès que sous les rois, sous Saùl d'abord, puis surtout sous David, et les Israélites furent bientôt en mesure d'opposer à leurs ennemis des troupes aussi régulières et aussi bien disciplinées que pouvaient l'être celles de ces ennemis euxmêmes.
Avant d'ouvrir une campagne, ce qui avait lieu ordinairement au printemps, 2 Sam. 11,1., on commençait par consulter l'Urim et le Thummim, Jug. 20, 27. 1 Sam. 14, 37. 23, 2. 28, 6. 30, 8., ou quelqu'un des prophètes, 1 R. 22, 6. 2 R. 19, 2. 2 Chr. 18, 4. Puis venait la proclamation faite par les officiers du camp aux hommes timides, aux nouveaux propriétaires, aux nouveaux mariés, qu'il eussent à se retirer. Suivait la déclaration de guerre : on s'approchait de la ville ou du camp ennemi, et l'on demandait la paix, une explication, ou la réparation des torts suivant les cas : la paix entraînait nécessairement pour le peuple ennemi son assujettissement à Israël; si la paix n'était pas acceptée la guerre commençait, guerre d'extermination dans laquelle les deux combattants cherchaient mutuellement à s'anéantir, Deut. 20. On voit des exemples de déclarations de guerre, Jug. 11, 12. 1 R. 20, 2. 2 R. 14, 8. Une fois en présence de l'ennemi, un sacrifice était offert pour l'heureux succès de l'entreprise, et un prêtre, ou le général en chef lui-même, adressait aux soldats une allocution militaire de nature à stimuler leur courage et leurs forces; 1 Sam. 7, 9. 13, 8. Deut. 20, 2. 2 Chr. 20, 20. Les trompettes donnaient le signal de l'attaque, et ce signal était chez les Hébreux comme chez tous les peuples de l'antiquité, et même chez quelques peuples modernes, suivi d'un cri effroyable poussé par l'armée entière, 1 Sam. 17, 20. Es. 42, 13. Soph. 1,14. Jér. 50, 42. Ez. 21 , 22. (cf. Illiad., 3, 3. 4, 452. 2, 144. 394.; Tit. Liv., 5, 39.; Tacit., Germ., 3. v. encore la plupart des anciennes batailles de la Suisse, Morgarten,Sempach, Grandson,etc.)— L'ordre de bataille était tout à fait simple, et la tactique n'avait guère d'autre complication que la division de l'armée en trois corps ou ailes, Jug.
7, 16. 19. 1 Sam. 11, 11. 2 Sam. 18, 2. (cf. Es.
8, 8. et Job 1 , 17.), quelquefois quatre, 2 .Macc. 8, 21. Après quelques flèches tirées, le combat commençait corps à corps, les guerriers retroussaient leurs vêtements et mettaient leurs bras à découvert, Ez. 4, 7. Es. 52, 10.
On voit une fois deux guerriers décider en combat singulier du sort des armées dont ils sont les représentants, David et Goliath, 1 Sam. 17; cf. encore 2 Sam. 2, 14. Les ruses de guerre sont peu nombreuses et peu variées dans l'histoire juive ; on remarque l'attaque subite de Gé-
déon, Jog. 7, 16., les embûches, Jos. 8, 2. 12. Jug. 20, 36. 1 Sam. 15, 5. les surprises, 2 Sam. 5, 23., enfin l'espionnage, Jos. 6, 22. Jng. 7, 10.
1 Sam. 26. 4., etc. (cf. 2 R. 7, 12.). Les Hébreux avaient de plus l'babitude, pour assurer le succès de leurs armes, de porter avec eux l'arche de l'alliance, 1 Sam. 4, 4., cf. 5, 41.
L'antiquité tout entière s'est montrée barbare a l'égard des vaincus, les Hébreux n'ont pas fait exception a cette règle; on tranchait la tète au général ennemi, Jug. 7, 25. 4 Sam. 17, 54. 31, 9.; on pillait et saccageait toul ce que l'on pouvait atteindre, 1 Sam. 31, 8.; les prisonniers étaient, ou emmenés en esclavage. Deut. 20, 1 4., cf. 21 , 6. sq. ou mis à mort, Jug.
9, 45., et quelquefois d'une manière cruelle,
2 Sam. 12,31.2 Chr. 25, 1 2., cf. Jug. 8, 7. , ou enfin mutilés, Jug. 1, 6. 4 Sam. 41, 2. On exerçait les mêmes rigueurs contre les femmes et contre les enfants, même contre les tout petits enfants, que l'on écrasait et broyait sur des rochers ou au coin des maisons, 2 R. 45, 46.; cf. 8, 12. Es. 43, 16. Am. 4, 43. Os. 10, 44. 43, 16. Nah. 3, 10. On coupait les jarrets des chevaux, 2 Sam. 8, 4. Les villes étaient brûlées ou détruites, Jug. 9, 45., et les temples des dieux étrangers anéantis, 4 Marc. 5, 68 ; même les champs et les campagnes étaient ravagés,
1 Chr. 20, 1. 2 R. 3, 49. 25. Puis on célébrait la victoire par des cris de joie, des ebants de triomphe et des danses, Jug. 5. 1 Sam. 48, G.
2 Sam. 22, 4. Jug. 46, 24., et l'on dressait quelque monument commémoratif, 1 Sam. 15, 12. 2 Sam. 8, 11. Il parait même que l'on déposait dans le temple en guise de trophées, et comme mémorial de l'assistance du Très-Haut, les armes enlevées à l'ennemi, 1 Sam. 21, 9.; cf. 43,
10. 2 R. 11, 40. 4 Chr. 40, 40.; cf. Virg.,^n., 7,483.; Tacit., Ann., 4, 59, 2. Des récompenses étaient accordées à ceux qui s'étaient distingués par des faits d'armes, Jos. 45, 46.4 Sam. 17, 25. 18,17.4 Chr. 44, 6.; cf. 2 Sam. 48, 4 4. Quoique 1 Cor. 9, 7., semble renfermer une allusion à la solde militaire, on n'en trouve aucune trace dans l'A. T., même 2 Chr. 25, 6. qui parle seulement d'une prime une fois payée. La garde de David parait avoir été un poste d'horfneur accordé aux plus vaillants, 2 Sam. 23, 8. L'armée honora de bonne heure, par un deuil officiel, ses chefs tombés dans la bataille, 2 Sam. 3, 31.; on les ensevelissait avec leurs armes (Ez. 32,27.); en général c'était aux soldats survivants de donner la sépulture à ceux de leurs camarades qui avaient succombé, 1 R. 44 , 4 5. v. Armée, Armes, Camp, Forteresse, Nombres, Sabbat, etc.
Il y a qucft|ue chose de choquant pour la piété, dans le nombre et le caractère des guerres des Israélites. Oh peut les expliquer, on peut même les justifier, puisque la plupart de ces
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guerres ont été commandées de Dieu même ; elles avaient an caractère théocratique; c'était le règne du Seigneur que les Israélites établissaient, en défendant leur territoire, et en détruisant leur ennemis; ils se battaient, à leur point de vue, pour la bonne cause. Mais quoi qu'on dise et qu'on fasse, la guerre, ce meurtre en grand, ce meurtre organisé, la guerre qui représente en morale la haine, et en justice le droit du plus fort, la guerre n'a pu être, même pour Israël, qu'une concession divine, aux circonstances peut-être, ou à l'endurcissement et au matérialisme d'un peuple charnel et peu développé. La religion, qui a pu en être le prétexte, n'a été que cela. Et pour tout dire en un mot, si Dieu a permis la guerre aux Juifs, c'est parce qu'ils étaient Juifs, et non chrétiens. Ils représentaient un peuple, et non l'humanité, la secte, et non l'Eglise; secte, ils devaient être intolérants, et l'on sait combien faible est la part de la religion, même dans les guerres dites de religion. Le christianisme, d'accord avec la logique, le bon sens, et l'instinct de l'humanité, flétrit l'idée qui préside à la guerre; le chrétien ne peut être rendu complice des haines ou des ambitions de ce monde, et la loi de Dieu reste supérieure à la loi des hommes, en ce point comme en tout autre. Le travail de M. Rochat ne nous a pas convaincu que le chrétien puisse rejeter sur l'Etat la responsabilité de son service militaire; toutefois cest une question de conscience personnelle, et quand on voit des soldats comme Havelock, Outram, Lawrence, Hedley Vicars, Baudin, Ver Huell, et tant d'autres, on ne se sent pas libre de juger et de condamner. En tout cas, les guerres défensives sé justiûént davantage, et l'on comprend la résistance acharnée des Juifs aux armées qui, pendant tant de siècles, cherchèrent à les écraser.
GUERSOM (étranger) ou Guerson.et Elihèzer, tils de Moïse et de Séphorah, Ex. 2, 22. 4 8, 3. 4 Chr. 23, 15. Ils sont peu connus, et paraissent être restés toute leur vie d'humbles et simples lévites, pendant que leurs cousins, fils d'Àaron, brillaient au sommet de la hiérarchie pomiflcale. C'est probablement de Guerson, tils de Moïse qu'il est parlé. Jug. 18, 30. quoique le texte porte (Ils de Manassé; la différence n'est que d'une N dans l'original (Mshé, Mnshc), et cette N aura été ajoutée par les copistes pour éviter de compter dans la postérité du législateur, et à la seconde génération déjà, le premier prêtre idolâtre, Jonathan.
GUERSON, lilsalné de Lévi, Geo. 46, H., a donné son nom à l'une des grandes familles des Lévites. Les Guersonites comptaient 7,500 hommes au moins après la sortie de l'Egypte, Nomb. 3, 21. Ils étaient chargés de soigner et
de porter les voiles cl les draperies du pavillon, et avaient dans le camp leur place à l'occident du tabernacle, Nomb. 3, 23. 25.; cf. Ex. 6, 16. 1 Chr. 6, 1.
GUÉRUTH, Jér. il, 17. v. Kimham.
GUESUR (pont) ou Gessur. 1° District au delà du Jourdain dans la demi-tribu de Manassé, Deut. 3, 14. Jos. 42, 5. 13, 13., et dans le voisinage de Mahacath et de la Syrie, ce qui explique comment cette contrée peut être appelée Guésur de Syrie, 2 Sam. 15, 8. (quoique quelques auteurs. Jahn et Gesenius, aient voulu voir là un autre Guésur que celui dont il est parlé dans le Deutéronome). Guésur, à l'époque de Salomon, formait encore un petit Etat monarchique indépendant, dont le roi était beaupère de David et grand-père d'Absalon, 2 Sam. 3, 3. 13, 37. 14, 23. 15,8.; v. encore 4 Chr. 2, 23. Les Gessuriens, dit Bnem, sont, à ce qu'on suppose, des Ismaélites qui, par des circonstances inconnues, se seraient établis dans les montagnes qui forment le bras sud-est de l'Dermon. Ce sont les Ituréens, que les auteurs grecs et romains disent être un peuple de brigands, la plus barbare de toutes les nations. Manassé ne les a pas soumis sans de grands efforts, et Rome dans toute sa puissance leur a fait longtemps la guerre avant de les dompter. On les croit ancêtres des Druses, peuple belliqueux et passionné de sa liberté, dont la religion est un mélange de l'idolâtrie syrienne et du mahometisme.
2° Une autre peuplade de ce nom est mentionnée 4 Sam. 27, 8. comme habitant le sud de la Palestine avec les Guirziens cl les Hamalécites; ils étaient sans doute voisins des Philistins, tirant du côté de l'Egypte, mais on ne peut déterminer au juste leur territoire, d'autant moins que l'historien des livres de Samuel semble indiquer que de son temps déjà les Guésuriens avaient changé de demeure.
GUÉTHER , Gen. 10, 23., peuplade araméenne complètement inconnue. Saint Jérôme a pensé aux Cariens, Josènhe aux Bactriens, Saadias à une peuplade qui du temps de Mahomet occupait la contrée de Mosul; Bochart a regardé vers le fleuve Centriles qui séparait les Carduchiens des Arméniens; Leclerc, enfin, songe à la ville de Carthara sur le Tigre, dont il est parlé dans Piolémée, 5, 48.
GUÉZEM, v. Gasmu.
GUKZER (division), ville royale des Cananéens, Jos. 10, 33. 1i, 12. 16, 3. 10. 21, 21., située entre Belh-Horon et la Méditerranée, plus tard frontière occidentale de la tribu d'Ephraim, et ville lévitique; elle continua cependant toujours d'être habitée par les Cananéens, Jug. 1, 29. 4*R. 9, 46., el nous la trouvons, aux jours de David, entre les mains des Phi-