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être un des br»s, ou un affluent du Jabbok. Quelques auteurs confondent ces deux dernières villes en une seule, mais cf. Jos. 43, 4 6. et 25.
Quant au passage Es. 47, 2., les villes de Haroher signifient sans doute les villes voisines de Haroher, et l'on peut, nomme le font quel* ques auteurs, penser à la ville de ce nom dans la tribu de Gad (Gesenius, Hltzig), mais c'est forcé, puisqu'il s'agit d'une prophétie contre Damas. Une seconde explication part de la signification même du mot Harober, genévrier (tamariso ou bruyère), Jôr. 48, 6.; comme ces arbusies étaient très communs, on peut croire que le nom l'était aussi, et qu'il aura pu se trouver plusieurs villes de ce nom (comme Genève); on admettrait donc une ville d' Haroher dans les environs de Damas ; Ptolémée nomme en effet une ville de Syrie Auéïra. Uue troisième explication indiquée par Calvin est peut-être plus sure et plus simple; il considère Haroher comme un nom purement appellatif, dérivé du verbe barar, être nu, dépouillé, isolé, de sorte que le sens serait : « Les villes mises a nu seront abandonnées , » quoique pour la forme Haroher doive rester nom propre, la personnification d'un état de cboses.
HAROSETH dis Gentils, ville du nord de la Palestine, située dans le district de la Galilée, q. v. C'était la résidence du général Siséra, Jug. 4, 2. 43, 46. v. Chorarin.
HARPE. Instrument que l'on a lieu de croire désigné iiar l'hébreu nébel; les langues occidentales ont emprunté le même mot pour désigner la même chose, nabla chez Athénée, nablium ehez Ovide; d'après Josèphe elle avait douze cordes et se jouait avec la main ; saint Jérôme avec plusieurs autres auteurs lui donnent la forme d'un delta renversé v, ce qui s'accorde encore passablement, si l'on veut, avec la signification appeltative du mot (ne bel, outre, cruche). Le nombre des cordes a du reste varié, et chez les Hébreux, il y avait des harpes à dix cordes seulement. Ps. 33, 2. 4 44, 9. — L'Ecriture sainte parle encore de la harpe PB. 57, 9. 84, 3. 92, 4. 408, 3. Es. 5, 42. Am. 5, 23. 6, 5.; cf. aussi Ps. 71, 22. 4 Chr. 46, 5. où nebel est traduit par musette, de même que 4 R. 40, 42. 2 Sam. 6, 5.
Une autre opinion voit dans le nebel la lyre, et la harpe à dix cordes dans le kinnor, que nos versions ont malheureusement traduit par violon, Gen. 4, 24. 2 Sam. 6, 5. 4 R. 40, 42. et ailleurs. Le kinnor était l'instrument dont jouait le roi David, et on se le représente plus volontiers avec une harpe qu'avec un violon a quatre cordes et un archet, d'autant plus qu'il jouait avec la main sans autre secours pour faire résonner les cordes de son instrument, 4 Sam.
46, 46. 23. 48, 40. 49, 9. Le nom de kinnor vient du verbe kanar qui indique le bruissement de l'air frôlé par les cordes ou par toute autre résistance à la fois dure et élastique; on pourrait lui donner comme proches parents bien des roots en différentes langues, en grec Kivopat, en latin cancre, et gingritus qui se dit du cri ou du sifflement de l'oie. Les mots français canard et canari rappellent accidentellement par leur assonance une étymologie avec, laquelle ils n'ont aucun rapport. Quoi qu'il en soit, le kinnor désigne comme le nebel un instrument à cordes qui est mentionné encore Ps. 33, 2. 43, 4. 49, 5. 74 , 22. Job 30, 34. Es. 5, 42., et qui est peu facile à déterminer. Le kithros de Dan. 3, 5. est probablement l'un ou l'autre des instruments; nos versions l'ont traduit par harpe. — v. Musique.
HASABIA. v. Sérébia.
UASAEL. v. Hazaël.
HASAN ou Gor Hasan, 4 Sam. 30, 3o>, ville lévitique de la tribu de Siméon, 4 Chr. 5, 32.
6, 59. Jos, 49, 7., à 45 ou 46 millet à l'ouest de Jérusalem .
HASMAL. v. Airain.
HASTORETH, 4° 4 R. 41, 5. ou fias tarot h, 4 Sam. 31, 10., déesse des Sidoniens et des Philistins, connue déjà en Israël du temps des Juges, Jug.2,43. 4 Sara. 7, 4., et dont le culte fut aboli sous Josias, 2 R. 23, 4 3. Elle est souvent nommée à côté de Baal, comme étant son épouse (le mot Ashéra, traduit dans nos versions par bocage, Jug. 6,25. 2 R.23. 4., signifie plutôt, d'après Selden, l'image de bols d'Hast orelh). Il résulterait de 2 R. 23, 4., cf. Jér. 8, 2., qu'Hastoreth était la lune, venant après le soleil ; ce serait aussi la reine des cieux de Jér.
7, 18. 44, 47. Les pères l'assimilent, les uns à Junon (Hesychius, Augustin), les autres à Vénus (Tbéodoret), et quoiqu'on ne puisse pas établir toujours uue analogie bien exacte entre les divinités païennes des différents peuples, ou ne saurait méconnaître non plus certaines ressemblances : Winer, suivant la symbolique de Creutier, admet qu'Hastoreth peut rappeler Junon, parce qu'elle était l'époase de Baal, le Jupiter des Syriens, et Vénu6, a cause des rites luxurieux de son culte. On pense que l'idole des femmes, Dan. 4 4 , 38., désigne Aphrodite ou Astarté. Hastorelh est la forme féminine ; Hastaroth est la forme, plurielle, et s'explique soit par le nombre considérable des statues de celte divinité, soit par l'habitude de mettre an pluriel certains noms désignant la divinité, Elobim en hébreu, 'Ep(u£ en grec. — v. Caldéens et Babal.
2° Ville du royaume de Basan, Deut. 1, 4., qui fut donnée a la demi tribu de Manassé, Jos. 43, 34., puis aux lévites de la famille de
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Guersom, 4 Chr. 6, 74 . Elle était primitivement la capitale d'un des deux royaumes fondés par les Amorrhéens dans le baut pays oriental ; elle était située au nord du Jabbok, et portait aussi le nom de Uasteroth de Carnaïm, Gen. 44, 5.; il s'y trouvait une race de géants qui fut battue par Kédor-Lahomer et ses alliés. D'après Eusèbe, elle était à 6 milles (10 kilom.) d'Edréhi et à 25 de Bostra. — L'addition de Carnaïm (cornes) n'indique pas qu'elle fût située entre deux pics ou dents de montagnes, mais elle se rapporte plutôt au culte d'Astarté qui était, au dire de Sanchoniathon, représentée sous l'image d'un taureau à longues cornes; allusion peutêtre aussi aux cornes de la lune, c'est-à-dire au croissant. Le Carnaïm dont il est question 4 Macc. 5, 43. est le même lieu incontestablement. Un village nommé Mézaraïb occupe aujourd'hui la place de Hastarolb.
HATALIE. v. Athalie.
HATAROTH, 4° ville de Gad, Nomb. 32, 3. 34., propre à tenir du bétail, ce qui fut cause de la demande que tirent les Gadiles de pouvoir s'établir dans la partie transjourdaine du pays. — 2° Ville frontière de la tribu de Benjamin, Jos. 46, 7., la même que Hathrolh-Addar, Jos. 46, 5. 48, 43.
HATHAC, 4° Est. 4, 4-40., un des eunuques d'Assuérus, qui servit d'intermédiaire entre Ester et Mardocbée, et dut être, par conséquent, dans la confidence de cette reine juive, épouse d'un païen ; il se montra serviteur lidèle et dévoué. — 2° Ville de Juda, 4 Sam. 30 , 30.
HATROTH, 4° ville Je Gad, Nomb. 32, 35.; — V de Juda, 4 Chr. 2, 54.
HATSATSON-TDAMAR (multitude des palmiers), nom primitif de Henguédi, q. v.; cf. 2 Chr. 20, 2., et Gen. 44,7.
HATSOR, 4° ville de la tribu de Juda, Jos. 45, 23.; au v. 25 se trouve encore Hatsor surnommée Hadilba, c'est-à-dire la nouvelle (Hadatta n'est pas le nom d'une ville à part, comme l'indiquent nos versions). Eusèbe mentionne l'une et l'autre.— 2° Dans la tribu de Ncphlhali, Jos. 49, 36. Elle fut d'abord la résidence d'un roi cananéen, et le resta jusqu'aux jours de Débora, Jos. 4 4, 40. Jug. 4, 2. Salomon la fil plus tard fortifier 4 R. 9, 45., ce qui n'empècba pas le roi d'Assyrie Tiglath-Piléser de s'en emparer, 2 R. 45, 20. D'après Josèphe, elle était située au-dessus du lac Mérom. — 3° Dans Benjamin, Néh. 41, 33. — 4° Petit royaume dont il est parlé, Jér. 49, 28., probablement un district de l'Arabie, voisin de celui de Kédar. Le nom hébreu hatsor pris appellalivement signifie une maison rustique, ou, collectivement, un assemblage de maisons rustiques, un village dont les habitants pourraient être en conséquence opposés à ceux qui vivent nomades sous des tentes,
c'est-à-dire aux habitants de Kédar. Les deux pays seraient ainsi désignés par le caractère de leur genre de vie.
HAURAN, v. Havran.
HAUTS LIEUX, v. Lieux.
HAUVIENS, peuplade cananéenne qui avait dressé ses tentes sur les rivages de la Méditerranée, dans la partie méridionale de la Palestine, vers la contrée de Gaza, mais que déjà, avant l'entrée des Israélites en Canaan, les Capbtorim (Philistins) avaient dépossédée, repoussée et presque entièrement détruite, Deut. 2, 23. La contrée qu'elle occupait primitivement, ou peut-être celle où s'étaient réfugiés les derniers débris de cette petite nation, est rappelée parmi celles dont Josué devait encore faire la conquête, Jos. 43, 3.
HAVA, 2 R. 47, 24.,ouHiwa,2R. 48, 34. 49, 13. Es. 37, 43., capitale d'un petit Eut monarchique dont les Assyriens s'emparèrent, et dont Salmanéser envoya des habitants comme colons en Samarie. Il n'en reste aucune trace ni dans les anciens auteurs ni dans les ouvrages modernes de topographie orientale. Quelquesuns ont pensé au fleuve A bava, Esd. 8, 24., d'autres à la ville phénicienne d'Avalba, ou à celle d'Abeje entre Béryte et Sidon, qui était la résidence d'un chef des Druses; mais tout cela est plus qu'incertain.
HAVILA (sablonneuse). 4° Contrée mentionnée Gen. 2, 44. Elle est traversée par lePison et il s'y trouve de l'or. Boblen voit dans ce pays l'Arabie méridionale, Gesenius l'Inde, Bochart la Nubie; chacun s'est fait son système, mais on n'a pas assez considéré le contexte, et remarqué que le pays de Havila doit être traversé par un des quatre fleuves qui sortent du Paradis. Si l'on s'écarte du système que nous avons développé à l'article Déluge, le Havila ne peut guère être autre chose que la Colchide des anciens. Voici les observations par lesquelles ou justifie ordinairement cette manière de voir (Reland, Winer). a) L'affinité étymologique entre ces deux mots. Havila s'écrit en hébreu Chavilah, et sans les voyelles. Chvlh ou Cholh, c'est-à-dire Colchide moins la terminaison. b) Les anciens, et notamment Strabon, 45, racontent que Ton trouvait beaucoup d'or dans celle contrée; le Pbasis qui la traverse en charriait passablement, et les habitants du pays, pour s'en procurer, faisaient passer les eaux du fleuve sur des peaux de moulon : de là la fameuse fable de la toison d'or dont s'emparèrent les Argonautes, c) La mer Caspienne, qui baigne l'ancienne Colchide, s'appelle encore actuellement chez les Russes C/twcUiaskoje More, nom qui dérive d'un ancien peuple sur lequel Mùller, dans le Magasin géographique de Busching dit : « Il n'y a que les auteurs russes
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qui nous parlent du peuple des Chwallssi, lequel a la même origine que les Slaves, et encore n'en disent-ils pas grand'chose ; ils racontent que ce peuple a habité sur les bords du Volga près de la mer Caspienne. » Ce nom dérive de Chwala qui a la même origine que Slawa. Dans ce cas, ce serait une chose remarquable que la mention, dès les premiers chapitres de la Genèse, de cette race slave à laquelle un si grand rôle semble destiné pour la (in des temps.
2° Petit- fils de Cam par Cus. Gen. 40, 7. — 3° Descendant de Sem par Héber et Joktan, Gen. 40, 29. Ce sont deux peuplades inconnues; le nom de Havila se retrouve en plusieurs endroits de l'Asie antérieure et du nord-est de l'Afrique. Slrabon,46, 4., parle d'une peuplade arabe nommée Chaulotiens, ou Chaulotes; et Ptolémée, 4, 7., mentionne une ville de commerce, Avalile, et un golfe du même nom sur la côte d'Afrique, 42° lat. nord. On trouve aujourd'hui encore, en Arabie, une ville de ce nom {v. Niebuhr), et deux peuplades appelées Cbaoulan, dans la contrée d'Iémen.
HAVITH, ville iduméenne, Gen. 36, 35.
4 Chr. 4,46.
UAVRAN ou Hauran, Ez. 47, 46. 18., distrirt au nord-ouest de la Palestine, l'un des trois grands bassins du haut pays oriental, celui qui primitivement portait le nom de Basan. On s'élève par des pentes peu sensibles vers la grande plaine (ou plateau) basaltique de l'Hauran ; le sol en est fertile, les terres sont noires, légères et sans pierres ; il y croit le meilleur blé de Syrie : dans les pâturages, les herbes sont si abondantes et si hautes que les chevaux s'y frayent avec peine un chemin, mais l'on ne rencontre nulle part ni arbres ni buissons; l'Hauran est le séjour des Arabes bédouins. A l'est s'élèvent les montagnes du même nom qui forment la barrière entre le désert et les pays cultivés; cette chaîne a dix lieues de longueur, et l'on trouve encore à son extrémité méridionale les vastes ruines grecques et romaines de Bostra; Edréhi était également située sur son territoire. L'Hauran était divisé en cinq provinces, la Gaulanite ou le Golan, l'Ilurée ou Gessur (Luc 3, 4 .), l'Auranite ou la plaine du centre, la Batanée ou les montagnes, et la Trachonite au nord de la précédente. Celte contrée, que les géographes arabes appellent encore aujourd'hui Hauran, est située au sud de Damas, et n'est que fort peu connue : elle a été visitée en 4858 parle consul de Prusse, Dp YVetzstein, qui en a publié la carte avec la relation de son voyage (Reiseberichl ûber Hauran und die Tracbouen, Berlin 4 860). On varie surl'élymologie du nom de Hauran, qui peut s'expliquer soit de la richesse du sô), soit des cavernes nombreuses que l'on trouvait au S. -S.-E., soit de la cou-
leur de certaines terres argileuses et rougeâtres qui abondaient dans certains districts.
HAZAEL (voyant Dieu). 4» Fils de Tséruïa sœur de David, et par conséquent neveu de ce monarque et frère de Joab, 4 Chr. 2, 46. 2 Sam. 2, 48. Il était « léger du pied comme un chevreuil qui est par les champs; »> l'Ecriture relève cette circonstance, comme font tous les poètes et même les historiens de l'antiquité, parce que dans ces combats â l'arme blanche la légèreté à la course était un grand avantage, soit pour la fuite, soit pour la facilité des mouvements (Achille aux pieds légers, Diomède, Ajax, Do- Ion). Hazaël prit le parti de son roi contre Abner qui voulait appeler au trône le fils de Saûi ; Abner ayant élé défait, Hazaël le poursuivit, et l'atteignit ; Abner reconnaissant en lui le neveu de David, soit mépris, soit ménagement, soit pitié, refusa de se battre avec lui, et l'engagea à s'adresser à quelque autre ennemi moins habile et moins redoutable ; mais Hazaël refusa de se détourner à droite ou à gauche, et Abner finit par le frapper de sa hallebarde, presque a regret, semblc-t-il, et ('étendit roide mort à ses pieds non loin de Gabaon. La mort de ce jeune et présomptueux héros fut vengée par son frère le général, qui frappa le meurtrier à la cinquième côte, comme celui-ci avait frappé sa victime, 2 Sam. 3, 27. — Hazaël se trouve dans les deux listes qui nous sont conservées des héros de l'armée de David, 2 Sam. 23, 24. 4 Chr. 41, 26.; il y est nommé comme le chef des 30 guerriers qui formaient le troisième ordre.
2° Officier de Ben-Hadad roi de Syrie. Il fut désigné de Dieu pour succéder à son maître, en même temps que Jéhu pour régner sur Israël, et Elisée pour remplacer Elle, 4 R. 4 9, 45.; mais le prophète Elie à qui fut d'abord révélée l'usurpation d'Hazaël, et qui fut même chargé de l'oindre pour roi, ne parait pas avoir pu exécuter cet ordre. Plus tard Elisée étant à Damas reçut la visite d'Hazaël, qui vint accompagné de quarante chameaux chargés de tout ce qu'il y avait de plus précieux, le consulter de la part du roi qui était malade. Elisée lui annonça la mort de son maître, puis il fondit en larmes en voyant dans l'avenir d'Hazaël tous les maux qu'il ferait souffrir au peuple de Dieu, et lui déclara en pleurant qu'il serait un jour roi de Syrie ; Hazaël, effrayé de la peinture hideuse que le prophète lui faisait de sa future domination, s'écria : « Qui est ton serviteur, qui n'est qu'un chien, pour faire de si grandes choses ? » Alais au lieu de rentrer en lui-même, il vit dans les paroles du prophète une consécration de son crime, comme si l'annonce d'un fait en était la justification, et le lendemain il étouffa son maître sous le poids d'une épaisse couverture
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trempée d'eau, 2 R. 8. (Tragéd. en vers, de Coquerel). A peine fut-il monté sur le trône qu'il déclara la guerre à Jorara roi d'Israël, à cause de la ville de Ramoth de Gaiaad qui éiait toujours dans la possession des Syriens, mais sur laquelle les rois d'Israël ne cessaient d'élever des prétentions : Joram, quoique secondé par Acbazia roi de Juda, fut vaincu et grièvement blessé, 2 R. 8, «8. «, 45. (vers 882 av. C). Hazaël se tourna ensuite sous Joaa contre Juda, menaça Jérusalem, et lui imposa un fort tribut, 42, 47. Il fut plus heureux encore dans ses entreprises contre le gouvernement de l'usurpateur Jébu ; il inonda de ses troupes les contrées transjourdaines, et se distingua par ses cruautés comme par ses victoires, S R. 40, 31. 48, 7., cf. Am. 4 , 3. 4., accomplissant ainsi les prophéties d'Elisée, et faisant des choses dont il ne se serait pas cru capable avant son premier crime. 11 asservit également Israël sous Joacbaz, successeur de Jébu, 2 R. 43, 3. Sa mort seule mit un terme à ses succès et a ses barbaries, 43, 25.
HAZAR ou Ha tzar. Ce mot signifiant en hébreu cour, parvis, localité, village, et pouvant même s'appliquer aux campements nomades, il se trouve en téte d'un grand nombre de noms propres ; ainsi : — Hazar-Addar, à la frontière sud de la Palestine, dans la tribu de Juda, Nomb. 34, 4., aussi nommé Addar, Jos. 45, 3.
— Hazar-Gadda, Jos. 45, 27. dans la tribu de Juda. — Hazar-Hénan, Nomb. 34, 4 0. Ez. 48, 4 ., ou Hazar-Hénon, Ez. 47, 47., à la frontière septentrionale de la Palestine (cour de la source).
— Hazar-Sual, au midi de la tribu de Juda, Jos. 45, 28. Néh. 44, 87. 4 Chr. 4, 28. (cour du renard). — Hazar-Susa ou Susim, dans la tribu deSiméon, Jos. 49, 5. 4 Chr. 4, 34. (cour des chevaux). — Hazar-Hatlicon (bourgs d'enlredeux), Ez. 47, 46., ville sur les frontières de l'Hauran. — Hazar-Mavelh (parvis de la mort), peuplade arabe, descendant des Joktanides, Gen. 40, 26. Elle porte maintenant encore cet ancien nom peu moditié, celui d'Hadramaut, et Niebubr en fait une description magnifique : l'encens et la myrrhe s'y trouvent en abondance. C'est l'Adramite des Grecs et des Romains, v. Hadoram.
HAZARIA (secours de l'Eternel). Il y a eu sous ce nom un prophète, deux rois de Juda, quatre grands prêtres, deux chefs de tribu, un officier de Nébucadnetsar, et plusieurs autres personnages.
4° Prophète, fils de Hoded, et portant peutêtre aussi lui-même le nom de Hoded, 2 Chr. 45, 4., cf. 8. Il se rendit à la rencontre d'Asa qui revenait après une victoire signalée sur les Ethiopiens, et, s'adressant à lui et â ses troupes, il leur parla des bénédictions qui accom-
pagnent ceux qui marchent avec l'Eternel. « Si
vous le cherchez, dit-il, vous le trouvera; mais si vous l'abandonnez, il vous abandonnera. » Il leur rappela les malheurs du pays lorsque le culte du vrai Dieu était négligé, sa prospérité croissante avec le retour de la piété, et finit par cette parole si remarquable : « Il y a une récompense pour vos œuvres. » Cf. Gai. 6, 7. Asa reprit en effet un nouveau courage, et extermina tous les restes d'idolâtrie qui se trouvaient encore dans ses Etats.
2° Dixième roi de Juda, 2 R. 44,24 . v. Hotias.
3° 2 Chr. 22, 6. v. Acbazia»
4° Successeur d'Ahimahats. v. Prêtres.
5° Fils de Jobanan, grand -prêtre sous le règne d'Hozias. Il résista courageusement à ce monarque qui, enorgueilli de ses succès comme roi, voulait empiéter sur les droits des prêtres et mettre la main aux choses saintes. Il pouvait payer de sa tête sa résistance , mais Dieu récompensa sa fidélité en frappant de lèpre le coupable, 2 Chr. 26, 47. Sa sacriticature semble relevée avec honneur 4 Chr. 6, 40., et le seul fait que nous connaissions suffit en effet â la distinguer. Hazaria n'a fait que ce qu'il devait, mais il l'a fait.
6° Hazaria, Bérêcia, Ezécbias et Hamasa, Ephraïmites, remplissaient dans le royaume des dix tribus des fonctions qui ne sont pas très clairement déterminées par le nom de chefs qui leur est donné ; elles étaient importantes comme ce nom l'indique, et leur conduite prouve également qu'ils jouissaient d'un grand crédit. Ayant entendu les paroles du prophète Hoded, ils se rendirent au-devant de leur roi l'ékacb qui revenait avec son armée, amenant captive une grande multitude d'hommes et de femmes du royaume de Juda (sous le règne d'Acbaz), et s'adressant à l'armée, ils demandèrent qu'on rendit immédiatement la liberté aux prisonniers, sans aucune distinction, et qu'Israël n'ajoutât pas à tous ses autres crimes celui de réduire en esclavage ses frères de Juda. L'armée entière répondit à ces paroles généreuses ; on se hâta de délivrer les prisonniers, on leur rendit le butin qu'on avait fait sur eux. Et pour ne pas laisser incomplète leur œuvre d'excellente charité, Hazaria et ses trois amis pourvurent à ce que rien ne manquât à ceux qu'ils venaient de délivrer -, ils leur fournirent des vêtements et de la nourriture, et les accompagnèrent eux-mêmes avec des ânes jusqu'à Jérico, chez leurs frères , 2 Chr. 28, 42. — Ce trait, peutêtre unique dans l'histoire ancienne, montre combien les inspirations du Dieu d'Israël étaient plus nobles, plus humaines, que celles des religions ou de la politique de l'antiquité.
7° Hazaria, principal sacrificateur, de la famille deTsadoc, aida Ezécbias dans les travaux
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qu'il fit pour rétablir extérieurement et spirituellement le culte du vrai Dieu. Les dîmes entre autres ayant été rétablies, 2 Chr. 31, le peuple montra tant d'empressement à apporter ses offrandes, qu'il y en eut abondamment de reste, même après que les prêtres eurent prélevé la portion ordinaire de leur entretien ; on mît ces dîmes par monceaux, et le roi s'étant informé de ce que c'était et ayant appris par Hazaria que c'étaient les dîmes consacrées qui n'avaient pu trouver place dans la maison de l'Eternel, il y fit préparer de nouvelles chambres, et même de nouveaux intendants pour en prendre soin. — Hazaria est appelé gouverneur et conducteur de la maison de Dieu, I Chr. 9, 4 4. 2 Chr. 34, 13.
8° Hazaria, fils de Hosahja, Jér. 43, 2., appelé au.ssi Jézania, 42, 4. 40, 8., de Mahaca. Il fut un de ceux qui restèrent en Palestine pendant l'exil du peuple : soumis à Guédalia, il se montra prêt avec Johanan à frapper Ismaël l'ennemi de leur chef ; mais ce zèle pour un homme qu'il aimait n'était pas le zèle de la vérité, et Hazaria fut un de ceux qui appuyèrent le plus violemment la proposition de Jobanan et de ses amis de quitter la Judée pour l'Egypte. Il accusa Jérémie de s'être laissé gagner par les ennemis du peuple pour proférer des mensonges, et finit par exécuter ce plan d'émigration. 9° Dan. 4,6., v. Abed-Négo.
40° et 4 4°. Deux officiers de ce nom sont indiqués 2 Chr. 23, 4 . comme ayant secondé le souverain sacriticateur Jèbojadah pour assurer la vie et la royauté de Joas, uïs d'Achazia, contre les cruautés d'Alhalie.
42° et 43°. Deux ûlsde Josaphat roi de Juda, 2 Chr. 21, 2.
4140 ». Prêtres.
Ce nom se retrouve encore plusieurs fois, mais sans que nous sachions rien sur ceux qui le portaient; d'après Tobie, 5, 15., l'ange Raphaël prit ce nom, à cause de sa signification, lorsqu'il s'offrit pour conduire le jeune Tobie dans son voyage.
IlAZAZEL. v. Expiations.
HAZEKA, Jos. 4ii, 35., ville de Juda, située au pied du plateau, dans la plaine de Séphélah, a moitié chemin de Jérusalem à Eleulhéropolis. 4 Sam. 47, 1. Jos. 40, 40. Jér. 34, 7., Néh. 41, 30. C'est près de là, du côté de Soco, qu'étaient campés les Philistins dans l'armée desquels se trouvait Goliath. Elle fut fortifiée par Roboam. Nèbucadnetsar l'assiégea et la prit, mais après le retour de la captivité les Juifs s'y établirent de nouveau.
DÉBAL. 4° v. Guérizim. — 2° v. Hobal.
HÉBED-MÉLEC (serviteur du roi), Jér. 38,7., eunuque éthiopien, sans doute prosélyte, et officier à la cour de Sédécias. Ayant appris les
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mauvais traitements dont Jérémie était la victime, il se rendit auprès du roi, intercéda pour le prophète, et reçut Tordre de le délivrer ; aussitôt il court à la fosse au fond de laquelle Jérémie est comme enseveli dans la boue, lui jette des cordes et des haillons qu'il passe sous ses bras, et le rend à la liberté et à la vie. Cet étranger, en luttant contre le parti si puissant de Guédalia, avait exposé ses jours ; son courage et sa générosité furent récompensés; Jérémie annonça à Hébed-Mélec, 39, 47., qu'il serait le trauquille témoin do la prise et de la destruction de Jérusalem, et qu'il ne lui arriverait aucun mal.
HÉBER. 4° Gen. 40, 24. 44, 44. (4 Chr. 4, 25. Luc 3, 35.), arrière-petit-tils do Sem, fils de Sélah et ancêtre d'Abraham par six générations. 11 devint père de Péleg, à l'âge de cent trentequatre ans, et mourut âgé de 404 ans (2837- 2433), ayant été contemporain de six ou sept générations; il avait vécu 84 ans avec Noé, et bientôt allait naître Taré, le père d'Abraham. Héber est le dernier des patriarches à longue vie ; Péleg son fils meurt à 239 ans, Rélm à 341,Séruch à 230, Nacorà 448, etc.
C'est de ce patriarche que les Hébreux ont pris leur nom, et l'on ne sera pas étonné que parmi tous ses ancêtres Abraham ail choisi celui-ci pour en faire plus spécialement le chef de sa race, si l'on réfléchit à la longévité proportionnellement encore si grande de Héber, si on se le représente à travers les siècles présidant toujours a de nouvelles naissances et à de nouvelles morts; si l'on se rappelle que jusqu'à Héber aucun des ancêtres d'Abraham n'a été proprement un chef de famille, puisque Héber était toujours au-dessus d'eux; si l'on se rappelle enlin que c'est au temps d'Héber qu'eut lieu la dispersion des peuples [v. Péleg), et qu*4 la famille hebérienne ayant soigneusement conservé le bon dépôt de la vérité, il importait à Abraham de se rattacher à elle par un même nom, comme il lui était uni déjà par une même foi, tandis que d'autres tribus, descendant également d'Héber, prenaient d'autres noms ; ainsi les Joctanides le nom d'Arabes, et les fils d'Edom celui d'Iduméens. — Peut-être aussi la signification du nom d'Héber (de l'autre côté, au delà), est-elle entrée pour beaucoup dans le choix qu'Abraham a fait de ce nom. <* C'est en Abraham que le nom d'Héber trouve son accomplissement littéral ; « ar les descendants d'Héber par Peleg s'établirent au delà de l'Eupbrate, tandis que les autres ne franchirent pas ce fleuve. » (Schniîder.) C'est aussi l'explication des rabbins, de Jarchi et de ftlaïmonides. Nomb. 24, 24., Héber est mis pour les Hébreux, comme ailleurs Israël pour les Israélites.
2° Héber, descendant de Hobab, le beau-frère
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de Moïse. Sa famille, sans doute prosélyte, s'attacha d'abord a la tribu de Juda et s'établit à Jérico; puiselle descendit vers le sud, etdressa ses tentes dans les déserts de Juda, près de Harad, ou même plus au sud encore, sur le territoire d'IIamaiec, 1 Sam. 15, 6. Il parait qu'Héber se sépara de sa famille lors de la guerre de Jabin, car on le trouve a cette époque établi avec Jahel, sa femme, auprès d'une forêt de chênes vers Kédès, où ses lentes sont dressées, Jug. 1, 16. 4, 11. 5, 24. Il était Kènien d'origine, et compta dans sa postérité Réchab et Jonadab, 2 R. 10, 15.
3° Héber, 1 Chr. 4, 18. Jos. 15, 35., père de Soeo, ville de Juda.
HÉBREUX. Pour éviter des répétitions inutiles, et pour ne pas renfermer sous ce tilre tous les articles du Dictionnaire, car il serait facile de grouper en un seul article tout ce qui concerne la vie nationale des Hébreux, leur législation, leurs coutumes, leur religion, leur histoire, la géographie de leur pays, etc., nous devons renvoyer aux articles spéciaux, et nous borner ici à quelques considérations générales sur leur langue et sur leur histoire.
La langue hébraïque, parlée dès les temps les plus anciens par les Israélites, est appelée, dans l'A. T., langue de Canaan, Es. 19, 18., et langue judaïque, 2 R. 18, 26. Es. 36, 11. 13. Néh. 13, 24. Les Juifs, dans leurs Targums, l'appellent volontiers langue sainte, et le N. T. l'appelle langue ou dialecte hébraïque, Jean 5, 2. Act. 21, 40. L'hébreu appartient à la catégorie de langues qu'on a longtemps appelées orientales d'après saint Jérôme, et que l'on a commencé depuis quelques années à appeler sémitiques, dénomination plus précise, quoiqu'elle laisse encore quelque chose à désirer. L'hébreu, dans ce que nous en connaissons, est une langue pauvre en mots; il n'en possède que 5,642, d'après le savant Leusden, et à peine 500 racines; mais il est riche par l'ingénieux développement de son organisme grammatical, la flexibilité de ses verbes, et le grand nombre de nuances synonymiques qu'il possède, principalement pour exprimer des idées abstraites ou morales : ainsi l'on a compté 18 mots pour l'idée de briser, broyer; 14 pour la confiance en Dieu; 25 pour l'observation de la loi, etc. — v. sur ce sujet, qui n'intéresse directement qu'un petit nombre de personnes, les grammaires de Cellérier, de Glayres, de Bonifas et de Preiswerk en français; celles de Gesenius, de Freylag, de Slier et d'Ewald en allemand; il y en a également un grand nombre en anglais et en latin. La grammaire de Preiswerk en particulier suflit a celui qui veut seulement pouvoir étudier dans l'original le sens de la Parole divine; elle donne dans son introduction l'his-
toire de la langue hébraïque, et des considérations générales sur la structure de l'hébreu, qui ne seront pas sans intérêt, même pour des lecteurs étrangers à cette étude : sous ce rapport, celle de Bonifas renferme également quelques détails intéressants. Mentionnons enfin les beaux travaux de MM. Sylv. de Sacy, Eugène Burnouf, Etienne Quatremère, ainsi qu'un remarquable article de M. Reuss sur l'enseignement de l'hébreu, Rev. de Théol., 1856, t. XII, p. 193 sq.
On a tout lieu de croire que les langues parlées par les Cananéens et les Phéniciens ne s'écartaient pas sensiblement de l'hébreu : du moins on ne voit nulle part que les Israélites aient eu aucune difficulté à se faire comprendre de ces peuples, tandis que l'Ecriture a soin d'indiquer celte circonstance, quand elle se présentait, soit pour l'égyptien, soit pour le syriaque, ou pour le caldéen, Ps. 81, 5. 114, 1. Es. 36, lo. Jër. 5, 15. En outre, un grand nombre de noms propres cananéens, Âbimélec, Salem, Melchisédec, Adoni-Tsédec, etc., ont une origine hébraïque; cela est évident surtout dans les premiers chapitres de la Genèse. Enfin, diverses inscriptions qui nous ont été conservées établissent qu'il y avait entre l'hébreu, le phénicien, et même le dialecte parlé à Carlhage, une étroite parenté : le nom même de Carthage, Kir . ou Kereth-Haddesheth, signifie en hébreu ville neuve, et les premiers magistrats de cette colonie portaient le nom de suffètes, qui n'est autre que l'hébreu shophtim , Juges : les noms d'Anni-bahal, Asdru-bahal, nous ramènent encore à la même origine, v. Hœvernick, Einl.
L'histoire des Hébreux appartient à la partie la plus admirable et la plus sûre de l'histoire ancienne, et quoiqu'elle se présente rarement unie à celle des autres nations, quoiqu'elle ne soit guère entrée dans le concert politique et social de ces temps reculés, elle n'en mérite pas moins, comme elle l'a toujours obtenue, l'attention des sages, des savants et des historiens. L'Ecriture sainte est la seule source authentique qui nous ait transmis les faits et gestes des Hébreux; ce qu'en racontent les auteurs profanes est empreint de l'ignorance dans laquelle ils étaient sur une nation qui leur fermait en quelque sorte ses portes par son isolement, et l'on trouve chez eux les fables les plus ridicules et les accusations les plus étranges; Josèpbe, qui a puisé aux sources inspirées, peut êlre accusé d'avoir quelquefois embelli par patriotisme, et aux dépens de l'exacte vérité, les faits dont il avail connaissance; mais son histoire n'en est pas moins utile à consulter, v. Prideaux, Basnage,et, en allemand, Ewald, Gesch. des Yolkes Israël.
On divise ordinairement en quatre périodes
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l'histoire des Hébreux jusqu'à l'exil : 1° D'Abraham à Moïse, environ 500 ans; — 2° de Moïse à rétablissement de la royauté, 600 ans; — 3° de Saùl à Salomon, 120 ans; — 4° depuis le schisme des deux royaumes jusqu'à l'exil, env. 400 ans. (de 970 à 586 av. C.j. Dans la première période, la postérité d'Abraham se multiplie et devient peuple; dans la seconde, elle reçoit et accepte une constitution théocratique dont Dieu est le roi : c'est une époque de miracles, l'intervention divine dans le gouvernement direct; dans la troisième, changement de constitution : le roi est faillible, et le sort du peuple dépend de la fidélité de son roi ; dans la quatrième, rivalités, srhhmes, usurpations, guerres civiles, meurtres, idolâtrie et châtiments. Avec Juda, Jérusalem tombe en ruines, 586 av. C. (p. Chronologie). Le chef-lieu politique et le sanctuaire religieux sont renversés; le peuple est emmené captif, il n'y a plus d'Israélites, mais seulement des colons, et les Hébreux eussent perdu à tout jamais leur nationalité, s'ils eussent pu la perdre.
Epiire aux Hébreux. Elle a été écrite pour des Juifs, comme son titre l'indique, ou pour des chrétiens convertis du judaïsme; il parait en outre, par divers détails, qu'elle était adressée à une congrégation particulière ; cela se voit par la salutation que l'auteur adresse à ses lecteurs de la part des fidèles d'Italie, et par la promesse qu'il leur fait de se rendre bientôt auprès d'eux avec Timothée. Storr a pensé aux Juifs de laGalalie, Bengel à ceux de l'Asie Mineure (Pont, Cappadoce, Galatie et Bithynie); Semler à ceux de la Macédoine, Fréd. Chavannes à ceux de Corinlhe, d'autres à ceux de Rome, d'autres à ceux d'Espagne, Ziegler et Bœhme à ceux d'Antioche, Hase à ceux d'une portion peu visitée de la Palestine, que notre Sauveur n'avait pas évangélisée, et qui était livrée aux influences des Nazaréens et des Ebionites. On voit que les hypothèses ont fait le tour de l'empire romain; on a cherché les Hébreux partout ailleurs que dans leur siège naturel, la Palestine, el Jérusalem en particulier; c'est là cependant qu'il faut, selon toute apparence, les chercher ; les lecteurs de cette épitre se présentent en effet d'une manière bien différente des Juifs ou des judaïsants ordinairement combattus par saint Paul ; on voit en eux des hommes qui ont conservé un grand attachement pour le régime lévitique du temple, ainsi que pour la hiérarchie sacerdotale, dispositions qui se comprennent mieux chez des habitants du centre théocratique que chez des exilés. L'épître, d'ailleurs, ne trahit aucun indice de la présence ou du voisinage de chréliensd'origine païenne, ou de démêlés entre les uns et les autres, et des allusions à ce fait n'eussent pas
manqué, si les Juifs s'étaient trouvés hors de leur patrie religieuse. Nous n'hésitons pas à nous ranger sur ce point à l'opinion des Pères, Clément d'Alexandrie, Eusèbe, Chrysoslome(?), Jérôme et Thèodoret.
Le but de l'auteur est de détacher les chrétiens judaïsants des formes extérieures auxquelles ils continuent d'accorder encore trop d'importance; peut-être aussi de les consoler de l'interdit que le sanhédrin avait fini par prononcer contre eux. Quoique les Juifs convertis crussent bien à la doctrine fondamentale du christianisme, savoir que Jésus de Nazareth était le Messie promis, cependant plusieurs d'entre eux ne comprenaient pas bien que son règne différât en plusieurs points de l'économie de Moïse, et surtout ils ne pouvaient pas se faire à l'idée que, pour accomplir cette loi en esprit, le Messie dût l'abolir dans ses formes. La loi de Moïse avait été virtuellement abolie par la mort de la grande victime expiatoire, mais par tolérance, par égard pour la faiblesse de conscience de quelques Juifs convertis, on leur avait accordé encore la permission d'observer les cérémonies par ticulières de cette loi, pourvu qu'ils ne les imposassent pas comme un joug aux gentils, et qu'ils n'y cherchassent pas pour eux-mêmes leur justification, ou un degré plus élevé de sanctification. Mais, malgré ces réserves, l'expérience montra que cette indulgence temporaire n'avait pas été heureuse, car au lieu de croître dans la connaissance de Christ comme fin de la loi et source de la justice, ils continuaient à être zélés pour la loi cérémonielle, Act. 45, el 24, et à se confier plus ou moins en leurs œuvres comme moyen de salut, ce qui les retardait dans la connaissance de l'Evangile, Hébr. 5, ia-U. C'est à ce sujet sans doute que l'Apôtre crut devoir leur écrire pour les détourner de ce dangereux formalisme ; il s'applique essentiellement à établir celle grande vérité générale, que l'économie mosaïque n'était qu'une économie inférieure, d'attente et de figures, qui devait être et qui est remplacée par l'économie supérieure des réalités, les prêtres et la loi ancienne étant infiniment inférieurs au Grand Prêtre et à la loi de la nouvelle alliance, et ne leur ayant servi que de types, comme cette loi elle-même en rendait témoignage.
L'épitre aux Hébreux n'est point un traité, comme pourraient le faire croire ce plan méthodique et régulier que l'on y trouve, ce style calme et travaillé, cette marche soutenue et cette pensée logique qui en font aimer la lecture à chacun. C'est une lettre, les allusions à des faits de détail, el les salutations le prouvent. On peut cependant la considérer aussi comme un traité sur les rapports de l'ancienne et de la
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nouvelle alliance, et cette question n'importe pas. Une question plus grave a été soulevée, déjà fort anciennement, sur l'auteur de celte épltre; mais, disons-le de suile, ce n'est pas une question d'authenticité ou d'inspiration, c'est simplement une question d'auteur. Origène est le premier qui, malgré le témoignage des Pères, ait élevé des doutes sur ce point, fondés spécialement sur ce que le style de l'épltre aux Hébreux est plus pur et plus réellement grec que celui des épîires de Paul; dès lors beaucoup de théologiens orthodoxes, et dans le nombre il suffit de citer Luther et Calvin, ont cru reconnaître que l'épttre aux Hébreux n'avait en effet pas été écrite par Paul comme on le croit généralement ; et il faut avouer qu'aucun témoignage inspiré n'appuie la paulinUé de cette épltre, et qu'elle-même no porte aucun nom d'auteur (le nom de Paul n'a été ajouté au litre que beaucoup plus tard). Ces théologiens acceptent comme inspirés tous les livres du Canon, et c'est pour eux quelque chose de peu essent iel que tel ou tel livre ait été écrit par tel ou tel disciple, apôtre ou prophète. C'est le seul point de vue a la fois raisonnable et conforme au respect que l'on doit à la Parole de Dieu : quelques orthodoxes à vues étroites, ont oublié quelquefois que ce n'est pas la paulinilè qui importe, mais la divinité, et ils ont appelé rationalisme l'opinion qui attribue cette épitre à Apollos, Barnabas, Clément Romain, ou Luc : c'est compromettre en pure perte, et par une mesquine obstination, l'inspiration même des saints écrits.
Toutefois cela étant dit, si l'on en vient à la question de fait, il semble que la paulinilè peut être maintenue. Les arguments historiques sont faibles de part et d'autre, mais faibles surtout chez ceux qui nient la paulinilè, ce que plusieurs font par des raisons essentiellement intérieures et dogmatiques. Saint Paul n'ayant pas mis son nom en téte de sa lettre, sans doule pour ne pas effaroucher des lecteurs très prévenus contre lui à cause de son radicalisme en religion, il n'est pas étonnant que les auteurs nombreux qui ont cité celte éptlre aient eux-mêmes négligé d'en nommer l'auteur, et Ton ne peut rien inférer de ce silence : on s'explique plus difficilement encore que la tradition des premiers siècles eût pu attribuer à Paul cette épitre j>ans nom d'auteur, si elle n'était pas de lui : partout d'ailleurs on retrouve la connaissance profonde du système juif, que le disciple de Gamaliel possédait à un si haut degré, et cet intérêt sympathique pour le salut de sa nation que Paul exprime à plusieurs reprises dans ses épîtres, Rom. 91 j|, phil. 3; enlin les allusions personnelles sont en général plutôt favorables à la paulinilè do l'épitre qu'elles ne lui sont con-
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iraires. La recherche et l'examen des témoignages historiques n'appartient pas au travail actuel, et celte question si compliquée ne saurait être résolue que dans une dissertation spéciale; nous renvoyons sur ce sujet aux introductions, et surtout au Canon des saintes Ecritures, de Gaussen, §§ 291-320. Ajoutons seulement que si I on n'adopte pas l'opinion de Bèze sur la paulinilè, l'opinion la plus vraisemblable serait celle de Hug, qui veut que Luc ait été le secrétaire de Paul en cette occasion; peut-être aussi celle d'OIsbausen qui pense que l'épitre n'a pas été écrite au nom d'un individu, mais au nom d'une Eglise où Paul se trouvait présent; l'Apôtre l'aurait lue et approuvée et y aurait ajouté une apostille de sa main.
11 est clair que la personne de l'auteur n'étant pas connue d'une manière sûre, on a moins de données encore sur le lieu d'où l'épitre fut écrite et sur sa date. On la fait ordinairement partir de Rome et vers l'an 63. (A. Bost. Mackenzie, Angus, Horoe, Bickerstetb, etc.)
Parmi les nombreux ouvrages, dissertations et commentaires qui ont paru sur cette épltre depuis quelques apnées, nous ne citerons que les suivants : en allemand, Bleek, Tholuck, Auberlen et Riggenbach ; en anglais, Mac Knight, Mac Lean, Mac Neil, Mandeville, et Moses Slewart; en français, la traduction de M. Reuss; Guers, Etudes sur l'épitre aux Hébreux, Genève, 1862; et un article de Cbavannes (Rcv. de Tbéol., 4852, t. Il), qui, en attribuant l'épitre à Apollos, la fait écrire d'Ephèse aux judéo-chrétiens de Corinthe, à la même époque où Paul écrivait sa 4™ aux Corinthiens.
HÉRRON, ville de la tribu de Juda, et plus tard ville des Lévites et ville de refuge, Jos. 20, 7. 21, 41. 43.; elle portail aussi le nom de Kiriath-Arbab, ville d'Arbah, du nom de son fondateur, le père deHamik, Jos. 44,45. 45, 43. C'est une des plus anciennes villes du monde; elle fut bâtie sept ans avant Tsohan d'Egypte, Nomb. 43, 23., et on la trouve déjà dans l'histoire des patriarches : Abraham y dressa ses tentes, et plus tard il en lit son sépulcre, celui de Sara et celui d'Isaac, Gen. 43, 46. 45, 43. 23, 2. 37, 44. L'Eternel l'avait promise a son serviteur Caleb, et après que Josué en eut fait la conquête et en eut tué le roi Horam, Jos. 10, 3. 23, 39., Caleb, avec ses frères de Juda, vint la réclamer, 44, 6-45. 45, 13. Josué lui accorda le droit de s'en emparer et d'en chasser les Hanakins, ce qu'il lit avec le concours du vaillant Hotbniel, Jug. 1,12. 43., son neveu et gendre. Après la mortdeSaùl, David en lit sa résidence, comme roi de Juda, pendant sept ans et demi, 2 Sam. 2, 4. 5, 3. Abner y fut tué, 3, 27. AIh salon y commença sa révolte, 2 Sam. 15, 7., et | Roboara la fit fortifier en l'entourant de mu-