HEM
HEiN
il est nommé Ezrahite. ou fils de Sara, 4 Cbr. 2, 6., du reste entièrement inconnu. Quelques-uns le confondent avec le précédent, niais à tort. 3° Héman le chantre, lévite de la famille des Kéhalhites,4 Cbr. 6,33., et fils de Joël, 45, 47. Il était avec Asaph et Jédulhun à la tête des cbantres, q. v., établis par David, 25, 4. Héman est appelé le voyant du roi (ou le prophète),
OÉMOR (âne), père de Sichem le ravisseur de la fille de Jacob , était roi des Héviens, Jos. 24, 32. Désireux d'expier le crime de son fils, il demanda à Jacob de donner Dina pour femme à Sichem. Jacob n'y put consentir qu'à la condition que les Héviens se feraient circoncire; et comme l'alliance du patriarche promettait d'être pour la peuplade cananéenne une source de bénédictions temporelles, les Héviens se soumirent à cette formalité. Mais au troisième jour, lorsque la douleur était le plus forte, Lévi et Siniéon, par un acte de lâche et maudite perfidie, se jetèrent avec leurs hommes | sur la ville incapable de se défendre, et en passèrent au fll de l'épée tous les habitants, y compris Hémor, et son fils l'époux de leur sœur.
Jacob avait déjà eu quelques relations avec Ilémor, et il en avait acheté un champ pour la valeur de cent pièces d'argent, Gen. 33, 49. C'est a ce fait probablement que nous trouvons une allusion dans le discours d'Etienne, Act. 7, 46., quoique le nom d'Abraham soit mis au lieu de celui de Jacob. Pour faire disparaître cette contradiction de nom, les uns disent Jacob, les autres notre père, au lieu d'Abraham ; d'autres enfin supposent qu'il s'agit d'un fait qui ne nous est pas rapporté dans l'A. T.; mais ce sont des suppositions et des conjectures forcées : il vaut mieux dire comme Calvin et Olshausen, qu'Etienne s'est trompé de nom, ce qui ne tire pas a conséquence, le nom n'important pas dans cette affaire, ou qu'il a confondu ce fait avec celui qui est rapporté Gen. 23, 46.; Gerlach (Bonnet et Baup) met la faute sur le compte d'un copiste ignorant. — v. encore Jug. 9, 28.
HÉMORRHOIDES. v. Philistins.
BÉMORRHOISSE. La femme dont il est parlé dans l'Evangile, Matlb. 9, 20. Marc 5, 25., souffrait d'une perte de sang qui, en se prolongeant, pouvait devenir mortelle. Son histoire est connue, sa guérison est inexplicable : quel' ques-unsont pensé que l'effroi dont elle fut frappée lorsque Jésus se retourna vers elle, la saisit tellement que son sang cessa de couler; d'autres pensent à une espèce de magnétisme animal, et s'appuient sur ce que dit Jésus : « Une vertu est sortie de moi. » Sans insister sur l'idée de magnétisme plus qu'il n'est juste, c'est cependant bien dans cet ordre d'idées qu'il vaut le mieux chercher la solution, en se rappelant que
Celui qui guérit l'hémorrhoïsse est en même temps le maître de toutes les forces de la nature.
HEN. v. Heldaï.
I1ENAH, 2 R. 48, 34. 49, 43. Es. 37, 43. On pense que c'est la même ville que celle dont parlent Abulféda et les géographes arabes; elle était située en Mésopotamie, sur une des tles de l'Eupurate, et s'étend maintenant sur les deux rives de ce fleuve. Aujourd'hui Anah (?)
HENDOB, petite ville de la tribu de Manassé. dans la plaine de Jizrébel, et dans le voisinage de Scylhopolis, Jos. 47, 44 . Elle était le séjour de la pythonisse que Saûl alla consulter peu de jours avant la bataille de Guilboah, 4 Sara. 28, 7. Eusèbe la place â 4 milles au sud du mont Thabor. On montre encore, au pied du petit Hermon, un chëtif village nommé Endûr; mais les ruines de l'ancien Hendor sont plus loin, dans le voisinage de Denuni, à 2 4/2 stades sudouest de Nazareth.
HEN-GANNIM. 4» Ville des plaines de Juda, non loin de Béthel, Jos. 45, 34. 2° Ville lévilique, située dans la tribu d'Issacar, Jos. 49, 24. 24 , 29. — Eusèbe cite encore un troisième endroit du même nom, qu'il place au delà du Jourdain, près de Gérasa.
HEN-GUÉDI (source des chamois), ville du sud de la Palestine, de la tribu de Juda, située près des bords de la mer Morte, dans une contrée semée de cavernes et de rochers, Jos. 45, 62. Ez. 47, 40. 4 Sam. 24, 4, 2. Son nom primitif était Batsalson-Thamar (multitude des palmiers), 2 Cbr. 20, 2. Gen. 44, 7., et elle le devait à la richesse et à la fécondité de sa végétation, à ses dattiers, ses palmiers, ses bananiers. Hen-Guédi formait une petite oasis au milieu des déserts; la délicieuse vallée qui l'entourait était traversée par un ruisseau qui descendait de la contrée d'Hébron pour se jeter dans la mer Morte. Salomon célébra sa beauté et ses riches vignobles, Cant. 4, 44., et Chateaubriand, dans son Voyage en Palestine, a rendu le même témoignage. Josèpbe dit que Hen-Guédi est éloigné de Jérusalem de 300 stades (64 kilomètres). D'après cette donnée, Reland et d'autres auteurs le placent au nord de la mer Morte, près de l'embouchure du Jourdain; saiut Jérôme au contraire le place à l'extrémité méridionale de celte mer; enfin Seelzen, et Grimm d'après lui, le mettent entre les deux extrémités, la où se trouve maintenant Ayn- Djiddi. Dans celle incertitude, l'opinion de saint Jérôme, qui est très précise, nous paraît devoir être préférée , d'autant plus que Hen-Guédi, d'après Ez. 47, 40., doit faire l'une des extrémités de la mer Morte, dont Henbéglajim serait l'autre; or ce dernier endroit était au nord.
Les montagnes voisines forment le déserl
HÉR
d'Hen*Guédi, appelé aussi les rocher» de Goédi ou des chamois, 4 San. 24, 4. 3. L'eau qui tombe du ciel y disparaît immédiatement dans ud sol calcaire et crevassé; il n'y croît quelques piaules que dans la saison des pluies. Parmi les nombreuses cavernes de ces montagnes qui sont aujourd'hui les uniques habitations des bergers de la contrée, on en dislingue une, dit Briem, dans une vallée, au sud-est de Tékoal), dans laquelle 30,000 hommes doivent avoir trouvé un asile, et qui est peut-être celle où David a épargné son persécuteur Saul, l'oint du Seigneur. Deux ouvertures dans des rochers perpendiculaires conduisent par d'élroits passages dans une première salle spacieuse dont le toit, en forme de voûte, est soutenu par des piliers ; et, de là, de longues et étroites allées mènent plus avant dans le sein de la montagne, où l'on trouve plusieurs autres salles.
HEN-HAKKOREH. ©. Léhi.
HENHÉGLAJIM, Ez. 47, 40. t\ Eglajlm.
HÉNOC. v. Enoch.
HEN-ROGUEL, Jos. 45, 7. ». Roguel.
HENSÉMËS, Jos. 45, 7. (fontaine du soleil). Elle était située sur les frontières de Judaet de Benjamin, mais on ignore si c'était une ville ou seulement uoe fontaine. On prétend montrer encore la fontaine, au delà de Béthanie du côté du Jourdain, mais l'identité n'est pas prouvée.
HÉPHA., Es. 60, 6., tribu inconnue, flépba était llls de Nadia n, Gen. 2 5, 4.
BEPHEK,4 R.4, 40^ contrée inconnue, peuplée sans doute par les descendants de Hépher (ils de Madian, Gen. 95, 4. — 2° Descendant de Manassé par Galaad, Notnb. 26, 3*. 33. 27, 4.; il était père de Tsélophcad.
HËiMIRON, Geo. 23, 8., (Ils de Tsohar, chef béthien. C'est de lui qu'Abraham acheta le champ où se trouvait la caverne de Nacpélah dont il voulait faire un sépulcre pour sa femme et toute sa famille. Héphron, après lui en avoir fait connaître la valeur qu'il évaluait à 400 sicles d'argent, pria Abraham de l'accepter en présent d'amitié et de bon voisinage, montrant à la fois la générosité de son cœur et l'estime qu'il faisait du patriarche; Abraham lui paya son bien selon le prix qu'il avait indiqué, 25, 9. 4», 29.50, 43.
HER, Gen. 38, 3. 7. 4 Cbr. S, 3., Ois de Juda et de Suah. il était méchant, dit l'auteur sacré, et l'Eternel le fit mourir. Sa veuve Tamar fut donnée à Onan son frère, et finit par se livrer elle-même à Juda. On voit par les paroles de l'Ecriture que fler mourut d'une mort extraordinaire, mais on ne sait pas comment, ni quel fut son crime ; quelques-uns pensent qu'il refusait de vivre avec sa femme.
HERBE, Jean 6, 40. C'est ainsi qu'on a rendu dans nos versions deux mots hébreux qui
signifieraient plus littéralement verdure. On comprend d'abord sous ce nom tous les petits végétaux des champs, qui peuvent servir à la nourriture du bétail, Gen. 4, 44. 42. Detol.
44, 45. Ps. 404, 4 4. Dan. 4, 29.; puis les légumes proprement dits, et les céréales, Marc 4, 28.; enfin quelquefois les arbres eui-mètnes. L'herbe était très commune en Palestine, même dans les lieux déserts, Jean 6, 40.— Elle est tour à tour le symbole du strict nécessaire, Job 6, 5., de l'affliction, Ps. 402, 4. 44., de la prospérité, Job 5, 25. Es. 44, 4., enfin de la courte durée et de le vanité de l'homme et de sa gloire, Ps. 37, 2. 90, 5. 403, 45. Jacq. 4,44. 4 Pierre 4, 24. Es. 37, 27. 2 R. 49, 26.
Quant aux herbes amères de Ex. 42, 8., cf. Nomb. 9, 44., on ne saurait les déterminer exactement. La Mishora indique comme pouvant être employées avec l'agneau pascal, la laitue sauvage, la chicorée, l'ortie, le cocblèaria et la coriandre. Les Septante ont traduit le mol hébreu par chicorée, et l'on peut croire qu'ils connaissaient les habitudes des Juifs et le sens des mots qu'ils employaient. — Quelques commentateurs ont pensé aussi à la petite centaurée à fleurs rouges (erythraa centaurlum) de la famille des gentlanèes.
HÉRÈS, en hébreu soleil, ou destruction, suivant l'orthographe du mot Hérès qui s'écrit de deux manières, Es. 49, 48. Nos versions traduisent ville de destraction, mais la même assonance peut signifier aussi ville du soleil ; ce serait Héliopolis en Egypte. Le prophète an* nonce qu'elle sera au nombre des villes égyptiennes qui connaîtront la vérité. C'est sur ce passage que s'appuya Onias pour construire le temple d'HOHopolis, et il se pourrait que la variante fût l'oeuvre d'un de ses partisans.
H FRETS, 4 Sara. 22, 5., v. Forêts.
HÉRISSON. C'est ainsi qu'on doit probablement traduire l'hébreu kippod, Es. 44, 23. 34, 44. Soph. 2, 44. r. Butor, et Lézard.
HERITAGES. Les fils, q. v., héritaient a l'exclusion des filles, et les enfants légitimes, à l'exclusion de ceux qui étaient nés de concubines, Gen. 24, 40. 24, 36. 25, 6. 34, 4 4. Par suite des dispositions de la loi sur les propriétés, les testaments étalent inconnus, les Juifs mouraient intestat. Il parait cependant que plus tard l'usage des testaments s'introduisit par l'exemple des Grecs et des Romains, et cet usage est supposé Gai. 3, 45. Hébr. 9, 17. Quelquefois les parents donnaient de leur vivant encore une légitime à leurs enfants, Luc
45, 42. L'expression: disposer sa maison. 2 Sam. 47, 23. 2 R. 20, 1. Es. 38. 4., qui semble emporter l'idée de disposition testamentaire, signifie seulement donner ses derniers ordres, arranger ses affaires.
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HER
HERMAS, Rom. 46, 14.; Inconnu. Selon plusieurs Pères et interprètes, ce serait le même que l'auteur du fameux Pastor Herma?, un des apocryphes du N. T., mais c'est douteux. Cet ouvrage est aussi attribué à un autre Hermas frère de Pie I, pasteur de Rome vers Pan 456, mais le Berger jouissait déjà d'une trop grande considération a l'époque d'Irénéeei de Clément d'Alexandrie pour qu'on puisse lui donner une date aussi récente. Le Pastor est divisé en trois parties, les visions, les préceptes, et les comparaisons ou paraboles. 11 prend son titre d'un ange qui parait dans le second livre sous l'image d'un berger. L'ouvrage est faible et contient même des doctrines fausses (par exemple que chaque homme a un bon et un mauvais sentiment); il s'y trouve cependant aussi de bonnes choses. Surfait par quelques Pères, Irénée, Clément d'Alexandrie, Origène, Eusébe, ce livre a été déprécié outre mesure par les modernes, Semler, Moslieim, etc. Dressel en a publié pour la première fois le texte grec, Leipsick, 4851 ; il n'est pas sûr qne ce texte, fourni par Simonidès, soit bien l'original, c. Kayser, Rev. de Théol., 4857, t. XIV, p. 239 sq.
HERMÈS, Rom. 46, 44., disciple de Rome, également inconnu.
HKRMOGÈNE et Phygelle, 2 Tim. 4, 45., deux disciples de Paul, qui, après l'avoir accompagné à Rome, l'abandonnèrent, ne voulant pas courir avec lui les dangers de la captivité et peut-être de la mort, et retournèrent en Asie Mineure. Leur défection devait être déjà connue de Timothée qui se trouvait en Asie, soit par le retour même de ces personnes, soit par le blâme public; mais Paul le lui fait savoir formellement, afin qu'il ne soit plus obligé de s'en rapporter à des bruits vagues, et qu'il sache positivement à quoi s'en tenir.
HERMON. Cette montagne, ou plutôt cet immense massif, entouré d'une couronne de petites montagnes, appartient à la chaîne de l'Anti-Liban, au nord-est de la Palestine, et forme la frontière extérieure du haut pays occidental, Deut. 3, 8. 4, 48. Jos. 4 4, 47. 43, 4. 4 3, 5. 4 Chr. 5, 23. A son pied septentrional, était Babal-Gad. L'Hermon s'appelait encore Sion,q. v.jSirjon cbezles Sidoniens, Ps.29, 6., Sénir chez les Amorrhéens, 3, 9. quoique Sénir soit ailleurs distingué d'Uermon, 4 Cbr. 5, 23. Oint. 4, 8. D'après d'anciens géographes l'Hermon, comme une partie de l'Anti-Liban, était couvert de neiges éternelles; les versions caldéenne et samaritaine favorisent cette opinion. On a voulu conclure de Ps. 89, 42. 42, 6. (les Hermons), qu'à côté de la montagne principale, il s'en trouvait d'autres plus petites qui portaient le même nom, et qu'il y en avait jusque
dans le voisinage du Tabor; mais dans le premier de ces passages, l'Hermon n'est pas plus voisin du Tabor, que l'aquilon du midi, et dans le second il est parlé du petit Hermoo, qui était situé au midi du Tabor dans la tribu d'Issacar, isolé, plus bas que le Tabor, et s'étendant de l'est à l'ouest sur un espace de 2 lieues. Le nom d'Hermon, du reste, s'applique aussi d'une manière générale à toute la partie méridionale de la chaîne de l'Anti-Liban, et les auteurs ne sont pas même d'accord sur la sommité qui portait plus spécialement ce nom; on pense que c'était la montagne qui s'appelle aujourd'hui Djebi Heish (Seetien, Burkhardl), ou Jebel esh-Sheik (van de Velde). Elle a environ 2,856 m. de hauteur (9,378 p. anglais, d'après v. d. Vld.) Ces différentes cimes dominaient de loin le lac de Génésarelh, et en formaient une des principales beautés, en imprimant a toute la contrée un cachet de grandeur et de majesté. — ». encore Ps. 433, 3. La rosée de l'Hermon (supérieur) descend vers les montagnes plus basses (le mont de Sion), et les fertilise.
HÉRODE. i° Hérode dit le Grand, Luc 4, 5. Matlb. 2. 4 . Act. 23, 35. Ce roi des Juifs était Iduméen de naissance, et lite d'Anlipaier; il reçut sa royauté des mains de Marc Antoine et du sénat de Rome ; elle lui fut de nouveau confirmée par Auguste, et il exerça sou cruel pouvoir l'espace de trente-trois ans, depuis l'an 37 jusqu'à l'an 4 av. C. (env. 750 de Rome), c'est-à-dire jusqu'en l'année de la naissance du Sauveur. 11 épousa au moins dix femmes les unes après les autres. Outre Pailas, Phèdre et Elpide, qui ne laissèrent qu'une postérité insignifiante, il faut nommer:
a) Doris, dont il eut Antipater.
à) Blariamne 1™, dernier rejeton de la famille des Maccabéea par Jean Hyrcan ; elle lui donna Arislobule et Alexandre ; Aristobule fut le père d'Hérode l'époux de Bérénice, d'Hérode Agrippa Ier, et d'Hérodias.
c) Mariamne 11, fille d'un prêtre Simon ; elle lui donna He rode- Philippe, premier époux de sa nièce Hérodias.
d) Malthace, Samaritaine, mère d'Archélaus q. v., et d'Hérode Antipas, le second époux d'Hérodias.
e) Cléopâtre, dont il eut Philippe, époux de Salomé tille d'Hérodias.
Ce roi barbare n'a été grand que par ses cruautés dénaturées; il fut le bourreau de sa famille et de son peuple : après avoir fait massacrer presque toute la famille de Mariamne sa seconde femme, Hyrcan son grand-père, Alexandre son père, Antigone son oncle, Arislobule son frère, Alexandra sa mère, il finit par faire exécuter Mariamne elle-même, 29 av. C. (L'an 6, à l'instigation de Salomé sa sœur, il fit encore
HER
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meUre à mort les deux fils qu'il avait eus de Mariamne, et qu'Auguste affectionnait beaucoup). Les remords les plus terribles l'assaillirent, il tomba malade. Il se trouvait à la fois au comble du bonheur matériel et du malheur moral ; pour se distraire et pour donner le change aux Juifs alarmés, il lit construire de superbes édifices, des bains, des théâtres, des gymnases ; un château magnifique s'éleva sur le mont de Sion ; Samarie, dévastée par Jean Hyrcan, fut rétablie et reçut le nom de Sébaste. Il balit Césarée au sud du mont Carmel, et un temple en l'honneur d'Auguste près des sources du Jourdain. Voyant le peuple et les pharisiens inquiets au sujet des mœurs étrangères et païennes dont il favorisait l'introduction, il entreprit, en 47, la réparation du temple, et avec tant de luxe, que ce fut plutôt un temple nouveau qu'il fit construire. On y travaillait depuis quarante-six ans lorsque notre Sauveur prononça les paroles Jean 2, 49. — Entln, Jésus naquit, et la seule part que prit Hérode à cet événement fut le massacre des enfants de Bethléhem, massacre d'une douzaine d'enfants peutêtre, qui ne valut pas la peine d'être relevé au milieu des autres crimes de ce féroce Iduméen. Peu de temps après, malade comme Antiochus Epiphanes, Hérode alla chercher du soulagement aux thermes de Callirhoé sur les bords orientaux de la mer Morte, au pied des anciennes montagnes de Moab, mais ce fut en vain ; il se retira à Jérico, sans espérance et découragé ; et prévoyant les événements qui auraient lieu après sa mort, il essaya, mais inutilement, de se percer de son glaive. Cependant la maladie faisant des progrès, Hérode Ht encore exécuter son fils Antipater avant de mourir : ce fut le dernier acte de sa vie. Cinq jours après, il expirait âgé de soixante et dix ans, laissant l'ordre à sa sœur Salomé de faire massacrer immédiatement après sa mort tous les notables des Juils qui se trouvaient alors assemblés à Jérico ; car, dit-il, les Juifs se réjouiraient de ma mort, et je veux les forcer à mener deuil : mais cet ordre ne fut pas exécuté. Il partageait le royaume par son testament entre ses trois tils Arcbélaiis, Antipas et Philippe ; l'empereur Auguste confirma celle disposition.
2° Hérode Antipas, Luc 3, 4. 8, 3. Act. 13, 4., fils du précédent par Malthace. Il succéda à son père l'an 4 du Christ, et partageant la Palestine avec ses deux frères, il reçut la Galilée et la Pérée avec le titre de lélrarque et 100 talents par année. Jésus de Nazareth ressorlissait ainsi à sa juridiction, Luc 23, 7. Hérode résidait à Séphoris non loin du mont Thabor; il agrandit beaucoup celte ville et l'appela Dio-Cxsarea (elle n'est pas mentionnée dans la Bible) ; il bâtit aussi T ibériade, qui a donné son
nom au lac de Génésareth. Après avoir épouse en premières noces la tille du roi arabe Arélas, il épousa sa nièce et belle-sœur Hérodias, la fille d'Aristobule, fils de Mariamne Ir«, première épouse de son frère Philippe encore vivant. Ce crime en amena un plus grand encore, l'adultère appela le meurtre, et Jean-Baptiste fut mis à mort sur la demande d'Hérodias, Luc 3, 49. Matth. 4 4, 4. La répudiation, l'inceste elle meurtre furent punis par le roi d'Arabie, qui, brûlant de venger sa fille déshonorée, déclara la guerre à Hérode et le battit. Le peuple y vit le juste châtiment des crimes de son maître. Hérode Agrippa, frère d'Hérodias et neveu eo même temps que beau-frère d'Hérode Antipas, ayant obtenu le litre de roi, Hérodias, jalouse, poussa son mari à faire des démarches auprès de Caligula pour obtenir la même dignité. Us se rendirent à Rome (an 39), quoique Antipas fil les choses malgré lui, aimant mieux le repos que l'honneur; mais là, sur les plaintes du peuple, jointes à celles d'Agrippa, son beaufrère, Antipas fut déclaré déchu de tous ses droits en Palestine : Caligula l'exila, d'abord à Lyon dans les Gaules où Hérodias le suivit, puis en Espagne où il mourut.
C'est cet Hérode que nous voyons dans l'Evangile pendant toute la vie de notre Sauveur. Josèphe ne le traite pas d'une manière très défavorable et ne raconte pas de lui ces innombrables iniquités qu'il reproche au grand Hérode; niais au fond le fils ne valait pas mieux que le père. Luc 3, 49. parle de tous les maux, ou plutôt de toutes les méchancetés qu'il a faites; on le voit d'ailleurs adonné à toutes les passions de la chair, Matth. 14. Josèphe, A ni., 18, 4. 5.; curieux et frivole dans son impiété lorsqu'il désire de voir Jésus, Marc 6, 14.; sadducéen de croyance et n'ayant pas même foi dans son incrédulités puisqu'il penche à admettre la résurrection de Jean -Baptiste, Luc 9, 7. ; lâche dans ses craiutes lorsqu'il fait donner à Jésus le conseil de s'enfuir; il redoute son voisinage et n'ose pas s'en défaire a cause du peuple, Luc 13, 31.; lâche encore dans ses serments de débauche, lorsqu'une femme l'oblige à tenir une promi sse de meurtre contre un homme qu'il respectait malgré lui-même et dont il recherchait les pieux conseils, Malih. 14, 1. ; lâche dans le procès de Jésus, puisqu'il ne prolonge l'interrogatoire que pour entendre cet homme dont il était si curieux, et puisque le reconnaissant innocent, Luc 23, 11. 15., il consent à sa mort et trouve dans celle ignominieuse condescendance le moyen de se réconcilier avec Pilate dont un abus de pouvoir l'avait éloigné, Luc 23, 7. Act. 4, 27. Dans celte entrevue depuis si longtemps désirée el qui n'a lieu qu'au dernier jour du Sauveur, Hérode,
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voyant une figure qui n'est pas celle de Jean- Baptiste, renaît à h confiance ; il ne craint plus qu'un revenant lui reproche sa lâcheté, et se livrant sans réserve a sa curiosité, il interroge à son aise le prisonnier et se flatte de lui voir faire un miracle, mais il n'en reçoit pas de réponse : Hérode se venge du mépris du saint par le mépris de cour, se moque de Jésus, le déguise en roi terrestre et le renvoie à Pilale. — C'est ce même Hérode que Jésus appelle un renard, Luc 43, 32.; c'est de lui qu'il s'agit encore lorsque Jésus recommande à ses disciples de se garder du levain d'Qérode, Marc 8, 45., c'est-à-dire des fâcheux exemples de ce prince édomite et des doctrines sadducéennes qu'il avait embrassées, Matth. 46, 6. 48. 3° Hérode Philippe, v. Philippe 2°.
4° Hérode Agrippa Ier, pe(il-ttls d'Hérode le Grand par Mariamne, et fils d'Aristobule par une Bérénice fille de Salomé; il n'apparaît dans l'histoire sainte que Acl. 42. Après la mort de Tibère (37), il reçut en 38 la létrarchie de Philippe son oncle, qui était mort en 35 et dont la province avait été jointe à la Syrie. Frère d'flérodias et beau-frère d'Hérode Antipas, il avait dissipé tous ses biens et ne devait son avènement au trône (car le titre de roi lui fut donné) qu'à la manière insinuante avec' laquelle il sut se glisser dans la faveur de Caïus Caligula. Son caractère n'était pas précisément méchant, il avait de la bonhomie et plus de respect pour la religion que les autres princes de la maison d Hérode ; mais ce même respect qu'il professait pour le judaïsme le porta à faire périr Jacques, frère de Jean, et à comploter la même chose contre l'apôtre Pierre. Sa tentative ayant échoué, il s'en dédommagea en envoyant au supplice les soldats auxquels avait été confiée la garde de l'apôtre. Après ces exécutions qui accompagnèrent pour lui la célébration de la Pàque, il se rendit à Césarée, où il séjourna. Celle ville, bâtie par son grand-père, souffrait dans ses intérêts commerciaux du voisinage de Tyr et de Sidon ; une rivalité existait enlre ces villes, et Hérode en était irrité sans qu'il fût cependant en son pouvoir de déclarer la guerre aux Tyriens et aux Sidoniens, alliés de Rome. Tyr et Sidon d'ailleurs, souffrant également de cette concurrence, et ne voulant pas se fermer le 1er ritoire de la Judée qui leur était un utile et important débouché, envoyèrent des ambassadeurs auprès d'Hérode pour prendre des arrangements amiables qui fissent cesser l'aigreur réciproque des habitants des deux Etats ; la paix fut conclue. Mais Dieu n'oubliait pas la mort de ses serviteurs, et la même année encore (août 44), Hérode fut frappé de mort. Comme il était à Césarée et qu'il assistait à des jeux en l'honneur de Claude, il voulut haranguer le peuple
et s'assit sur le trône; mais à peine eut-il commencé à parler que le peuple s'écria : Voix d'un Dieu et non pas d'un homme! Ce furent évidemment les païens qui poussèrent ce cri ; les Juifs ne l'auraientosé faire. Hérode, sansdoule, prit plaisir à cette apothéose, au lieu de la repousser; mais dans le même moment un ange du ciel le frappa, et il mourut rongé par les vers, à l'âge de cinquante-quatre ans. Josèphe parle d'un hibou qui, pendant le discours d'Hérode, se posa sur une corde au-dessus du théâtre, et dont la présence effraya singulièrement l'orgueilleux orateur. La maladie qui l'emporta, peut-être la même que celle dont avait été frappé Antiochus le persécuteur des Maccabées, est à la fois naturelle en ce que les médecins ont vu quelques cas analogues, et surnaturelle en ce qu'on n'en connaît pas la cause et qu'elle frappe d'une manière inattendue ceux qu'elle atteint. v. Ver.
5° Hérode Agrippa II, fils du précédent, Acl. 25 et 26. Le N. T. ne lui donne que le nom d'Agrippa, q. v. — Il y a eu beaucoup d'autres Hérodes, mais ils n'appartiennent pas à l'histoire biblique, et nous n'avons pas à nous en occuper ici. v. mon Epoq. des Maccabées, où toutes les questions relatives à celte famille sont traitées avec détails; et Noldii, Hist. Idumaea.
HÉHODIAS. petite-fille d'Hérode le Grand, le d'Aristobule et de Bérénice; elle épousa d'abord son oncle Philippe, télrarque de la Batanée, dont elle eut Salomé la danseuse; puis elle le quitta pour épouser un autre oncle, Hérode Antipas frère du premier, télrarque de la Galilée. D'après M. Salvador, son premier mari aurait été, non le tétrarque de la Balance, mais Hérode- Boétus, également son oncle, surnommé Philippe, qui vivait à Rome en simple particulier, sans énergie ni ambition , et qui serait le père de Salomé. Quoi qu'il en soit, Jean-Baptiste s'étant opposé à cette union adultère et incestueuse, Uèrodias le poursuivit jusque dans la prison où son mari l'avait fait reléguer, et profila d'un serment imprudent que celui-ci fit à sa fille, pour demander dans un plat la tête de l'homme de Dieu, Matth. 4 4, 3. Marc 6, 17. Luc 3, 19. Le meurtre consommé, elle joua avec la tèiede Jean, et s'amusa, si l'on en croit saint Jérôme et Nicéphore, à lui percer la langue d'une aiguille, comme la lemme d'Antoine la tête de Cicéron. Elle accompagna dans les Gaules son second mari : l'empereur, ayant su qu'elle était sœur d'Hérode Agrippa, voulait lui faire grâce, mais elle ne voulut rien devoir A l'influence de son frère dont elle était jalouse, et préféra l'exil.
Quant à sa fille, Nicéphore et Mélaphrasle rapportent qu'elle accompagna sa mère dans les
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