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troduction préparatoire aux épilres. Il contient l'histoire de ce que les apôtres ont fait et souffert depuis l'ascension du Seigneur; il est plein de récits d'un haut intérêt et fournit une foule de preuves éclatantes du pouvoir et de la grâce de Dieu. Pierre, Jean, Jacques, Paul et Barnabas en sont les principaux personnages. Après avoir raconté l'ascension de Jésus-Christ, les Actes parlent du choix qui fut fait de Matthias en remplacement de Judas, puis de l'effusion du Saint-Esprit à la Pentecôte, de la prédication miraculeuse des apôtres, de leurs succès, des persécutions qu'ils eurent à éprouver. On voit ensuite l'élection des diacres, le martyre d'Etienne, la dispersion des fidèles en Samarie, la vénale conduite de Simon le Magicien, le baptême de l'eunuque d'Ethiopie. Les ch. 9-45 nous montrent Pierre ressuscitant Dorcas, baptisant Corneille, annonçant l'Evangile auxpaîens et s'en justifiant auprès des Juifs convertis. Partout on recueille des aumônes pour les fidèles de Jérusalem qui souffrent de la famine; Jacques est décapité; Pierre emprisonné est délivré par un ange, Bérode est rongé des vers. L'assemblée de Jérusalem condamne ceux qui veulent faire de l'observance des cérémonies lévitiques une condition de salut, mais elle ordonne de s'abstenir des choses consacrées aux idoles, de la fornication, des viandes étouffées et du sang. — Le reste du livre (déjà les ch. 44 et 4 3, et une portion du 9e) raconte la conversion, les voyages, les travaux, les souffrances et la captivité de Paul, et fait l'histoire abrégée de la fondation et du gouvernement de l'Eglise chrétienne pendant environ trente années.
L'évangéliste Luc est l'écrivain dont Dieu s'est servi pour nous transmettre ces faits, et le livre des Actes est la suite immédiate de l'Evangile du même disciple. L'usage fréquent de la première personne du pluriel montre que l'auteur a été souvent le témoin des choses qu'il raconte ; on voit entre autres, par le ch. 28, qu'il lit le voyage de Rome avec l'Apôtre; et deux lettres de Paul, écrites soit de Rome, soit plutôt de Césarée, constatent que Luc était à ce moment avec lui, Col. 4, 4 4. Philèm. 24. On croit que son principal dessein, en entreprenant ce travail, a été d'opposer une véritable histoire des apôtres aux faux actes et aux contes absurdes que l'on commençait à répandre en grand nombre. Toutefois les nombreuses lacunes, certainement intentionnelles et volontaires, du livre des Actes, et l'affectation avec laquelle Luc groupe tous ses récits, faits ou personnages, autour des deux figures de Pierre et de Paul, permettent de croire que son but n'a pas été purement historique. A un moment où deux tendances principales, se rattachant au nom de ces deux apôtres, menaçaient de diviserl'Eglise, Luc a voulu
montrer qu'ils étaient d'accord, et non opposés, sur la grande question de l'universalisme chrétien, combattu encore par le particularisme juif. Aussi le ch. 45, racontant l'histoire de l'assemblée de Jérusalem, peut être considéré comme formant le vrai centre logique du livre, le point auquel tout le reste se rattache plus ou moins directement. Le premier et le dernier verset de ce livre déterminent tout ce que l'on peut savoir quant à l'époque à laquelle il fut composé : ce fut après l'Evangile, et après le séjour de deux ans que saint Paul fit à Rome. Saint Luc l'écrivit en grec et dans un style plus élégant que celui des autres écrivains sacrés du N. T. Il s'attache naturellement plus volontiers à raconter les faits dont il a été le témoin, et il ne prétend en aucune manière être complet. On voit même, par les épitresdePaul, qu'il a passé sous silence des séries considérables de faits, 2 Cor. 44, 23. sq. 4 Tim. 4, 3., etc. Le livre finit brusquement, au point qu'on peut se demander si l'auteur n'a pas été interrompu dans son travail avant de l'avoir achevé; il est possible, en effet, qu'il se proposât de lui donner une suite, ou une conclusion, et que des circonstances indépendantes de sa volonté, sa mort, ou des persécutions, l'aient empêché de le faire. — L'authenticité de ce livre n'a jamais été contestée; quelques hérétiques seuls, dont les doctrines s'y trouvaient trop fortement condamnées, les marcionites et les manichéens, l'ont rejeté. D'autres le défigurèrent grossièrement. D'autres. essayèrent, mais en vain, de faire admettre par l'Eglise plusieurs imitations de ce livre, sous les titres mensongers d'Actes des apôtres par Abdias, Actes de Pierre, de Paul, de sainte Thècle (qui nous raconte le baptême d'un lion), de Jean, d'André, de Thomas, de Philippe, de Matthias, etc. Les témoignages d'Irénée, Clément d'Alexandrie, Tertullien , Origène , Eusèbe , sont formels en faveur de l'authenticité. — La plus grande difficulté du livre des Actes est certainement la partie chronologique : on a déjà fait beaucoup de travaux à cet égard sans arriver à des résultats satisfaisants et bien concluants :v. Chronologie. — Sur le livre des Actes, v. Néander, Etabl. et direct, de l'Egl. chrét. par les ap., trad. par Fontanès; Bost, Hist. de l'Etabl. du christianisme, et Dissert, sur le droit des papes ; quelques pages de Sardinoux (Galat.), et de Rilliel (Philippiens) : Reuss, Hist. de la tbéol. chrét., II, 327 sq., et Gesch. der heil. Scliriflen. N. T., § 202 sq. Semmler, Ziegler, Schneckenburger , Zeller, etc.
ACZIB (menteur), 4° ville de la tribu d'Aser, Jos. 49, 29., mais dont les Hébreux ne purent jamais déposséder les anciens habitants cananéens, Jug. 4, 34.
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3° Autre ville du même nom dans la tribu de Juda, Jos. 45, 44. Michée, jouant sur la signification du nom de cette ville, dit (4 , 4 4.) : « Les maisons d'Aczib mentiront aux rois d'Israël, » c'est-à-dire que les gens d'Aczib et leurs forces ne leur seront d'aucun secours pendant l'invasion des Assyriens.
ADAM. Dieu dit au commencement : « Faisons l'bomme à notre image, » et l'homme fut tiré de la poudre ; Dieu les créa maie et femelle, Gen. J, 26. 27. Le mot Adam signifie terre, et peut, dans sa généralité, s'appliquer à tous les individus de la race humaine, mais il est demeuré le nom propre de notre premier père. — Quand l'organisation matérielle de ce vaste univers fut achevée, le Créateur compléta son œuvre en créant l'homme à son image et selon sa ressemblance. Dieu lit l'homme droit, non pas impeccable, non pas doué de la toute-puissance, ni de la toute-science, mais pur de cœur et sain d'entendement comme de corps. En connaissance, en justice et en vraie sainteté, il réfléchissait l image sans tache de son puissant Créateur, et il était pourvu de ce qu'il lui fallait pour exercer l'empire sur les œuvres de la création. Celles-ci étaient alors « très bonnes » à tous égards. Ce vaste ensemble n'était qu'harmonie et bénédiction ; le gouverneur suprême en remit la domination à Adam, et fit passer devant lui toutes les créatures afin qu'il les nommât et qu'il décidât ainsi de leur rang et de leur qualité, car c'est ce qu'emportait chez les Hébreux le droit de donner le nom à quelqu'un ou à quelque chose. Mais tout ce monde et ces milliers d'êtres ne présentaient pas à l'homme le secours et la communion de sympathies dont il avait besoin ; Adam était seul ; nul être ne pouvait partager son bonheur et répondre à ses sentiments. C'est pourquoi l'Eternel le plongea dans un profond sommeil, et d'une de ses côtes lui forma une compagne : la femme est créée, Dieu lui-même présente à l'homme son épouse, le mariage est institué; Adam exprime en termes pleins d'énergie ses nouvelles affections et le sentiment qu'il a de l'intimité qui doit régner entre lui et celle qui est un autre lui-même : le nom qu'il lui donne d'abord, Adamab, nommesse, 2, 23., est destiné à rappeler constamment ce fait. Comme les saisons n'avaient point encore leurs intempéries, et que le sentiment de la honte et de la pudeur, premier fruit du péché, était inconnu a nos premiers parents, ils marchaient dans l'innocence des petits enfants, sans songer à voiler leur corps par des vête-
Plus Tboinme était haut placé, plus l'autorité que l'Eternel lui avait donnée sur les œuvres de la rréation était grande, plus il importait aussi <|ue quelque chose vint sans cesse lui rappeler
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qu'il avait un maître au-dessus de lui, un Seigneur qui l'avait créé pour sa gloire et auquel il devait hommage et obéissance. Peu importait en soi le signe même de cette dépendance. Dieu défendit sévèrement à l'homme le fruit d'un des arbres du jardin qui, pour cela, fut nommé l'Arbre de la connaissance du bien et du mal. Le bonheur d'Adam était ainsi entre ses mains et dépendait de ses œuvres : s'il obéissait au commandement, lui et les siens, il jouirait avec eux et à toujours d'un bonheur sans mélange, dans la communion de Dieu. Vie éternelle, vie spirituelle, voilà ce qui lui avait été donné avec la vie naturelle, et ce que son obéissance devait lui conserver. L'arbre de vie qui est au milieu du jardin sert de signe à ces promesses, v. Arbre. Mais s'il manque à la loi qui lui est imposée, alors tout le contraire lui arrivera : la mort naturelle, la mort spirituelle, la mort éternelle seront son partage, à moins que la miséricorde divine n'intervienne ; mais Dieu ne lui fait encore aucune promesse à cet égard, parce qu'il ne veut pas préjuger sa chute.
Le grand Adversaire que nos versions appellent Satan et le diable, celui qui est menteur dès le commencement, et père du mensonge, se sert du serpent pour séduire la femme, il parvient à glisser la tentation dans son cœur. La convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l'orgueil de la vie, 4 Jean î, 46, suffirent à faire succomber Eve : quand elle vit que le fruit de l'arbre était bon à manger, et qu'il était agréable à la vue, et que cet arbre était désirable pour donner de la science, elle en prit du fruit et entraîna son mari dans sa chute. Dès lors l'image de Dieu dans l'homme fut effacée ; Adam et Eve sont morts spirituellement, et leur communion avec Dieu se trouvant rompue, ils apprennent ce que c'est que le trouble et la honte; ils cousent ensemble des feuilles de figuier et s'en font une ceinture autour des reins; puis, lorsque la voix, la parole de l'Eternel, se fait entendre dans le jardin, ils se cachent au milieu des arbres et pensent pouvoir celer à Dieu ce qu'ils ont fait. Bien plus, quand Adam voit que tout est découvert aux yeux de Celui à qui nous devons tous rendre compte, il essaye de rejeter toute la faute sur celle qu'il devait aimer comme luimême, et indirectement, par un horrible blasphème, sur l'Eternel qui lui avait donné cette compagne. Toutefois, avant de frapper, l'Eternel fait entendre aux coupables V Evangile, la bonne nouvelle du salut, c'est que la postérité de la femme brisera la tête du serpent : puis il leur annonce la malédiction qui reposera sur Adam et sur toute sa race, même sur ceux qui auront part à la grande délivrance finale. Infirmités, douleurs de l'enfantement et sujétion à son mari, tel sera le lot de la femme; travail et
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fatigues, responsabilité morale et matérielle, récolles précaires et arrosées de sueurs, toutes sortes de peines et d'infortunes, puis la mort après la vie, voilà ce qui attend Adam et le genre humain tout entier dont il est le représentant et le père. « Tu es poudre et lu retourneras dans la poudre, » sentence pleine de miséricorde pour le fidèle quand on la compare à l'éternelle mort qu'il a méritée, et quand on pense à l'éternelle félicité que la grâce de Dieu lui assure.
Adam nomma sa femme Eve, c'est-à-dire vivante, parce qu'elle devait être la mère des vivants : l'immortalité de l'individu fut remplacée sur la terre par celle de la race, mais ce fut toujours l'immortalité. Puis l'Eternel, les ayant revêtus de robes de peaux, les chassa du paradis, dont il fit garder l'entrée par un ange armé d'une épée flamboyante, phénomène de feu qu'on ne saurait préciser davantage. Bientôt après naquirent Caïn, puis Abel, portant l'un et l'autre l'image de leur père terrestre, c'est-à-dire pécheurs et mortels comme lui. D'autres enfants en grand nombre, des (ils et des filles, furent donnés à Adam; Selh est le seul dont le nom soit conservé; il naquit la 130* année de son père. Adam mourut huit siècles après, à l'Age de 930 ans.
Observations détachées. 1°On a pensé, mais sans fondement, que le mot Adam signifiait premier créé ; d'autres ont cru y reconnaître le mot sanscrit Adiro, qui signifie le premier; enfin, l'on a prétendu qu'il dérivait d'un mot hébreu signifiant ressemblance, ou du mot Edom, rouge. Ce qui est plus probable, c'est qu'il vient de Adamah, terre : le corps d'Adam fut formé de terre, et c'est encore à présent la terre végétale, ou terreau, qui, varié de mille manières, est le principe constitutif, non-seulement des végétaux, mais encore des animaux.
2° La création de l'homme est racontée de manière à montrer combien d'importance l'esprit de Dieu donne à la formation de ce chefd'œuvre sorti des mains du Créateur. Le récit ne dit pas simplement que l'homme a été formé, mais il nous fait part des pensées divines qui précédèrent ce grand et dernier acte delà créa lion; l'Eternel tient conseil et veut que nous sachions l'idée essentielle que sa puissance va réaliser. « Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance. »
3° « Dieu souffla en l'homme une respiration de vie, et l'homme fut fait en àme vivante, » ce qui veut dire, non-seulement que Dieu donna la vie à l'homme comme il l'avait déjà donnée aux animaux, mais encore qu'il lui donna une âme, siège de l'intelligence et du sentiment, et qu'il le doua d'un sens moral qui était la vie de son âme et son privilège essentiel. Par ses sens, dont rien ne troublait le libre et
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droit exercice, l'homme était en rapport avec la nature matérielle, et les brillantes facultés de son entendement dans leur force originelle le mettaient en état de saisir tous ces rapports, de les combiner et de leur commander, en sorte qu'il avait, hors de lui et en lui, la source de toutes les connaissances naturelles qu'il devait progressivement acquérir. D'un autre côlé, il pouvait s'élever par le sens moral aux relations qui l'unissaient à Dieu, et les pieuses affections de son cœur devaient tendre à se développer par la contemplation et par l'exercice. Tel nous parait avoir dû être le premier homme quand il sortit des mains de son Créateur, sans toutefois que nous croyions possible d'arriver à quelque chose de bien certain sur sa nature, vierge encore de toutes impressions, que les uns croient avoir été extrêmement développée, et que d'autres comparent à celle d'un enfant admirablement doué de la puissance d'acquérir, mais qui n'a encore rien acquis. Quant à ceux qui font du chef-d'œuvre de la création une espèce de singe perfectionné, une m inière de brute se tenant sur ses pieds de derrière, un être gros d'avenir, mais nul quant au présent, et sortant des limbes de l'animalité, leur opinion appartient plus à la philosophie qu'à la théologie; la science et la conscience sont d'accord à repousser une dégradante théorie ; si le corps de l'homme est un fait physique, l'àme de l'homme, cette âme qu'ils disent n'avoir trouvée nulle part dans leurs dissections, proteste par là même contre l'assimilation qu'ils voudraient établir. — V. Uollard, De l'homme. F. de fiougemont, L'homme et le singe.
4° On a beaucoup discuté sur la scène mystérieuse de la tentation, et l'on s'est posé toutes les questions, depuis celle qui se rattache à l'origine du mal jusqu'aux questions plus naïves relatives aux animaux qui parlent. Cette histoire, qui n'a d'analogue dans l'Ecriture que la tentation du second Adam, ne peut être comprise ni jugée d'après les règles ordinaires de la critique ou de l'exégèse. Elle a pu se passer toute entière dans le for intérieur, et n'en être pas moins réelle et véritable, car il y a des réalités intérieures, luttes, chutes, impressions, expériences, comme il y a des réalités matérielles, et les premières ne sont pas moins des faits historiques que les secondes. Les traditions des peuples sont, comme le texte sacré, pour l'interprétation littérale (r. Rougemont, Peuple primitif), mais cela importe peu et ne prouve rien. Le récit de Moïse lui a été dicté, ou par la tradition des patriarches qui le tenaient d'Adam lui-même, cl dans ce cas il peut être jugé comme une tradition, ou parle Saint- Esprit, et dans ce cas il peut être entendu spirituellement. Ce qu'il importe de maintenir,
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c'est le fait même d'dne chute morale qui a eu sa cause en dehors de l'homme, non en luimême, et qui, en le faisant déchoir, a déteint sur toute sa race. Le problème de l'origine du mal reste insoluble comme celui de presque toutes les origines; tout ce qu'on peut dire, c'est que ce n'est ni en Dieu, ni même en l'homme qu'il faut la chercher. La dégradation dans laquelle tombe le premier homme, et les rapides progrès qu'il fait dans la voie du mal, sont effrayants. On remarque trois faits dans cette chute : la faiblesse du pécheur, qui cède à la première invitation de sa femme; sa lâcheté a s'excuser en l'accusant; enfin, et surtout, l'endurcissement qu'il manifeste au point de n'exprimer aucune rcpentance de son péché. C'est que le repentir est impossible là où il n'y a point d'espérance, et nulle promesse de pardon n'était encore sortie de la bouche de l'Eternel. Mais, dès que la promesse d'un libérateur eut été prononcée, il y eut pour Adam une vole de retour â Dieu, et le nom même qu'il donna à sa femme semble indiquer qu'il entra aussitôt dans cette voie. Il l'appela Vivante et Mère des vivants, au moment on la sentence de mort venait d'être portée contre elle et contre sa postérité, ce qui rend probable qu'il lui donna ce nom en vue de la promesse, c'est-à-dire par la foi.
5e Si le Seigneur afflige quelqu'un, il en a aussi compassion selon la grandeur de ses gratuités, a dit Jérémie, Lam. 3, 32; et non-seulement, après la chute, Dieu donne la promesse d'un Rédempteur, mais même plusieurs parties de la malédiction sont de réelles bénédictions, un bonheur dans le malheur, de tristes remèdes, mais pourtant salutaires à l'homme. Que fussions-nous en effet devenus si, le mal étant entré dans le monde, nous n'eussions pas été assujettis à travailler pour vivre, et que de maux l'oisiveté n'eûl ell»' pas amoncelés sur le genre humain! Quel avenir de bonheur n'y a-t-rl donc pas dans ces paroles : « Tu mangeras le pain â la sueur de ton visage !» — Et si l'homme, après s'être maudit lui-même par sa chute, eiU continué d'être immortel, combien son sort n'aurait-il pas été déplorable! L'immortalité dans la misère! Mais Di^u prend soin qu'il ne puisse plus loucher à l'arbre de la vie, et celte privation, ce châtiment apparent tourne encore au meilleur bien de la créature.
6° On suppose, et non sans raison, que les robes dont l'Eternel recouvrit Adam et Eve, furent faites avec la peau d'&dimaux qu'ils dureot offrir eh sacritioe par l'ordre de Dieu, quoique cet ordre ne soit pas mentionné par Mofoe. Ces robes seraient alors une figure de la justice de Christ, dont le Seigneur revêt ses élus.
> L'Eternel avant chassé Adam et Eve du
paradis, prit des mesures pour qu'ils n'y pussen rentrer. Les fidèles eux-mêmes, aussi longtemps qu'ils sont ici-bas, ne peuvent être pleinement rétablis dans In purelé et la félicité originelles; et c'est dans ce sens qu'ils ne sont « sauvés qu'en espérance. «
8° La longévité d'Adam et des premiers hommesa eu pour but, évidemment, d'augmenter plus promptemenila famille humaine, et de suppléer en même temps, par la tradition, au défaut de In parole écrite. Quand la population n'aurait alors doublé que tous les cinquante ans, il y aurait eu sur la terre, à la mort d'Adam, près d'un milion et cinq cent mille individus issus de lui ; et le pieux Enoch a pu recevoir de la bouche d'Adam lui-même le récit des premières révélations de l'Eternel, pour les transmettre à son lils Mélhusélah, et par lui à la génération du déluge.
9° La Parole de Dieu nous montre en Adam un type de notre Seigneur Jésus-Christ, Rom. 5, 42-19. 4 Cor. 45, 45. Comme le corps d'Adam fut formé par la puissance de Dieu et pris de la terre, de même Jésus-Christ homme a été formé par cette puissance dans le sein de Marie. Christ est l'Image du Dieu invisible, sa parfaite ressemblance. Jésus, en sa qualité de Messie, de Christ, a reçu la domination sur toutes choses. 11 est le premier-né d'entre ses frères, le second Adam, le chef et la lige de tous les élus. Enfin, de même que le péché d'Adam est devenu le péché de toute sa race, la justice de Christ appartient à tous ceux qui sont spirituellement sa postérité.
40° Sur la langue primitive, et sur l'origine du langage, v. Langue.
11° On peut voir à l'art. Chronologie lés incertitudes qui régnent sur la date exacte de l'apparition de l'homme sur la terre; il est impossible de déterminer cette date d'une manière un peu positive, et les découvertes de la science prouvent que si l'homme est relativement moderne, il est cependant beaucoup plus ancien que ne le fait la chronologie vulgaire. SI M. Bunsen compte environ dix mille ans d'Adam au déluge, et encore dix mille ans du déluge â 1ère chrétienne. Il n'indique ces chiffres que pour donner un corps à des probabilités, sans toutefois entendre préciser des chiffres exacts. Il s'appuie sur des t raditions, et sur les dohhées de la géologie, non sur la Bible. Quant à la Bible, elle ne donne aucuri système chronologique, et dans de certaines limites on peut accepter d'autres chiffres que ceux qu'elle cortt len t, mais il faut dire aUssi que la sienee n'a pas dit son dernier mot, et que ses résultats qui varient d'année en année, ne sauraient bon plus servir de base à une détennination exacte de l'untiquité de l'homme.