‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 179 sur 398 · HUS · texte numérisé non relu

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et qu'il s'était humilié devaut Dieu, mais que I toutes les menaces de la lui divine s'accompliraient à la rigueur contre ce peuple qui avait aimé de faux dieux et leur avait offert des encensements. « Ma colère, dit Jéhovah parla bouche de sa servante, a fondu sur ce lieu-ci, et elle ne sera pas éteinte. » — L'exil fut le sceau de celte prophétie.

HULOTTE. L'hébreu thachmass, Lév.44, 46.

Deut. 44, 45., est rendu dans nos versions par hulotte, v. Chat -huant.

HUPPE, Lév. 44, 49. Deut. 44, 48., hébreu doukipbal. La traduction de nos Bibles est appuyée par l'arabe, les Seplante, saint Jérôme et Luther, et il n'y a rien qui soit de nature à l'invalider. La huppe (upupa epops L.) est un oiseau bien connu en Orient; il est de la grosseur d'une grive, assez beau, mais sans voix ; les ailes et la queue sont noires avec des raies blanches, le cou et la poitrine tirent sur le roux; sur la tête une petite aigrette de plusieurs couleurs s'élève et s'abaisse a volonté : il est très peu délicat sur le choix de sa nourriture, mange de tout ce qu'il rencontre, et méritait bien d'être rangé par Moiseau nombre des animaux impurs. Les huppes de l'Egypte sont extrêmement recherchées pour leur excellente graisse et leur chair succulente, v. Sonnini, Russel et Bocharl, Hieroz., III, 407.

HUR. 4° Fils de Caleb et d'Ephrata, né pendant le séjour en Egypte, 4 Chr. 2, 49.— 2° Ami de Moïse, et, d'après Josèpbe, époux de Marie, la sœur de Moïse; selon d'autres, fils de Marie. On ne sait que peu de choses sur son compte, mais on voit qu'il était fort considéré du législateur. Lorsque Josué marcha au-devant d'Hanialec dans le désert, Moïse monta sur la montagne avec Hur et Aaroo, qui soutinrent ses bras fatigués, Ex. 47, 40. Hur fut encore, dans une autre circonstance, associé à Aaron pour exercer, en l'absence du législateur, la vigilance et l'autorité souveraine. Il mourut dans le désert. — 3° Roi de Madian, tué dans un combat que lui livra Pbinées, Nomb. 34, 8. — 4° Gen. 44 , 31., ville des Caldéeus. v. Ur.

HURAI, natif des vallées de Gabas, l'un des braves de David, 4 Cbr. 44, 32., nommé Hîddaï 2 Sam. 23, 30.

HURAM. 4° t>. Hiram. — 2° Benjamile, 4 Chr. 8, 5.

HUR BEC. v. Sauterelles.

HUS ou Huts, Gen. 40, 23. 36, 28. Job 4, 4. Ce nom désigne eu arabe un pays doux et fertile ; il a donné lieu à des hypothèses bien différentes. Quelques-uns l'ont pris pour Edom, mais le nom déjà rend la chose peu vraisemblable, car lidumée est plus ou moins aride et stérile. On se fonde, pour appuyer cette idée, sur ce qui est dit, Lam. 4, il. : a Réjouis- loi, fille

d'Edom, qui demeures au pays de Huts; » mais ce passage prouve seulement que les Edoroites avaient pu faire quelques conquêtes dans ce pays, et d'ailleurs Jèrémie, 25, 20. 24., dislingue Huts ei Edom. Les anciennes généalogies fournissent, l'une un Huts fils atué d'Aram, l'autre un Huis descendant d'Edom. Les fils d'Aram sembleraient devoir diriger les recherches vers le nord (v. Hul), si l'on était obligé de croire que les quatre ont suivi la même direction ; la postérité d'Esaù a son territoire assez connu, et quanta ces deux Huts d'origine différente, ils ont pu, ou bien se confondre par des alliances, ou bien s'établir à part, et le fils d'Aram aurait été le plus connu comme chef d une plus grande et plus ancienne famille. La comparaison des passages de Job et de Jérémie peut nous mettre sur la voie : c'est au nord de l'Arable qu'il faut chercher Huts, car Job appartient aux fils de l'Orient (4 , 3.), nom qui est ordinairement donné aux Arabes; il devait être de plus dans le voisinage des Caldéens et des Sabéens, puisque ces peuples font de chez eux des invasions sur la terre de Huts (4, 45. 47.); il ne devait pas être éloigné de l'Idumée d'après le passage des Lamentations, et Jérémie nomme les rois de ce pays entre ceux de l'Egypte et des Philistins. On peut donc placer Huts dans la partie septentrionale de l'Arabie Pétrée, vers l' Eu p h rate et la Mésopotamie; son nom même concorde avec cette opinion. C'est là que se passèrent les scènes du livre de Job.

HUZA (force), i Sam. 6, 3. 4 Chr. 43.7., lévite, fils d'Abinadab et frère d'Ahjo. L'arche, rendue par les Philistins, était restée oubliée dans la maison d'Abinadab jusqu'à la fin de la guerre que David avait entreprise contre les ennemis de son peuple; mais une fois victorieux, David put réaliser le dessein qu'il avait de transporter à Jérusalem le gage sacré de la présence de l'Eternel : tout le peuple accompagnait le saint convoi ; 30,000 hommes d'élite, choisis dans l'armée, le suivaient. Arrivés près de l'aire de Nacon, sur un terrain foulé, sec et glissant, les bœufs bronchèrent, l'arche fut ébranlée, et Huza, qui se tenait auprès, la voyant chanceler, porta sa main pour la retenir, et fut frappé de mort. « La colère de l'Eternel s'enflamma contre lui, et Dieu le frappa de mort à cause de son indiscrétion . « Cf. Ex. 33,20. Nomb. 4, 45. 48, 3. — Il n'est pas nécessaire d'exagérer le crime de Huza pour en comprendre le châtiment : c'est une faute que tout autre Israélite eût probablement commise comme lui, une faute presque involontaire et machinale, en même temps une faute à intention respectable. Mais c'était une transgression de la loi, et la loi des Juifs ne souffrait ni interprétations, ni exceptions. Huza avait manqué au sanctuaire, à

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l'arche sacrée -, ses mains d'homme s'étaient approchées du saint vase que l'Eternel avait choisi pour en faire au milieu de son peuple le domicile arrêté de sa demeure, et si Huza avait pu le toucher impunément, l'arche sainte était déconsidérée, et n'était plus qu'une arche sans prestige, sans rayons et sans gloire. Qu'on se rappelle, d'ailleurs, que dans l'économie théocratique le gage du péché c'est la mort, et que les fruits de la transgression suivent la transgression comme une conséquence naturelle ; Dieu n'a pas puni Huza, mais nuza a été puni par où il avait péché ; l'arche meurtrière l'a tué, parce qu'on ne pouvait pas la toucher sans périr, comme un poison empoisonnera toujours ceux qui le prendront, qu'ils le fassent machinalement, involontairement, à bonne intention, ou de toute autre manière.

HUZIEL (force de Dieu), Ex. 6, 48. 23., oncle d'Aaron, Lév. 40, 4. 4 Chr. 4, 42.

HYACINTHE, le onzième fondement de la céleste Jérusalem, Apoc. 21, 20. On connaît sous ce nom une pierre précieuse, une couleur et une fleur; cette dernière n'est jamais mentionnée dans l'Ecriture; la couleur, quelquesuns la trouvent dans l'hébreu thekéteth, Ex. 25, 4., mais sans raisons suffisantes, v. Cramoisi. La pierre de ce nom, bébr. leshem, n'est rappelée que deux fois dansl'A.T., Ex. 28,49. 39, 12., où nos versions l'ont traduile ligure, en lui conservant son nom grec; l'autorité des Septante, de Josèphe et de Jérôme appuie suffisamment cette traduction. L'hyacinthe est une pierre dont on trouve différentes espèces du genre grenat, suivant les bases qui entrent dans leur composition. Los anciens en comptaient quatre, celle qui tire sur la couleur du rubis, l'hyacinthe jaune doré, l'hyacinthe citron, et une quatrième de la couleur du grenat : aujourd'hui l'on réserve spécialement ce nom au grenat d'un rouge tirant sur l'orangé. L'hyacinthe est dure et transparente, et perd sa couleur au feu.

HYÈNE, Jér. 12, 9. Les Septante ont rendu le commencement de ce verset par « mon héritage est-il une lanière hyène > » traduction qui vaut mieux sans doute queVoiseou peint de nos versions. Dahler traduit : « Oiseaux de proie, inondez de sang mon héritage! » mais il n'est arrivé là que par un léger changement de texte, et l'adjonction du mot sang. On a essayé encore de plusieurs autres versions, mais sans succès. La traduction des Septante est juslitiée par ie parallélisme, cf. v. 8 et 44.; on peut supposer que les traducteurs étaient assez bien placés pour connaître et le sens de l'hébreu, et l'histoire naturelle de la Palestine; enfin I hébreu tsabouah, par son étymologie, confirme encore cette traduction. (Tsabah signifie plonger, raver, bigarrer; il signifie aussi pihVr, butiner; deux

sens qui conviennent très bien à l'hyène, soit qu'on regarde à sa voracité, ou a son poil rayé de diverses couleurs.) Cet animal, d'ailleurs, était connu en Palestine comme en Egypte, et il porte encore un nom semblable dans plusieurs contrées voisines, sur les bords du Tigre zibée, en Arabie tsabehon ou dsnba, en syriaque tsabv. de même encore en divers dialectes dubba, dsqbuon, sheeb, etc. Celte traduction est appuyée, outre les Septante, par Aquila, Synimachus, Théodotien, Bochart, Ludolf, Gescnius, Winer, Harris, et la plupart des voyageurs en Orient. — Théodotien a en outre traduit, 4 Sam. 13, 18., la vallée de T>éboïni par vallée des hyènes cf. aussi Néh. 44, 34.); le Targum caldéen, lisant Tséphoïm, l'a rendu par vallée des vipères. — Cal met et quelques autres voient l'hyène dans l'hébreu bath-yaaneh, Lév. 11, 19., mais v. Autruche.

H Y MENÉE et PhUMe, 4 Tim. 1, 20. 2Tim. 2, 47., chrétiens apostats de l'Eglise d'Ephèse. qui voulurent faire plier les fait* et les doctrines devant leur raison ; ils annonçaient que la résurrection était déjà arrivée symboliquemeni. et par conséquent la niaient en la confondant avec la régénération ; leur parole rongea comme une gangrène, ils séduisirent la foi de plusieurs et Paul livra Hyménéeà Satan.— Mosheim voulait entendre deux Hyménée différents dans m deux passages, mais il ne l'a pas prouvé.

HYSOPE, plante de la famille des gymnospermes, de là classe des didynamia (hyssopus oflicinalis). Son calice à cinq feuilles est cylindrique, et soudé par le bas; les pétales sont séparés, les étamines droites et distinctes ; la fleur, d'un bleu céleste, son de la tige comme un épi; les feuilles un peu allongées en forme de lame sont dures, odorantes et un peu amères; lali'f a O^SO de haut dans nos climats; une racine unique, dure comme du bois, pousse force surgeons. On trouve l'hysope en Suisse, en Allemagne et en France, sur les ruines et sur les vieux murs; elle fleurit entre les mois de juin et d'août, et donne beaucoup de miel aux abeilles. Les soldais qui assislèrenl à la mort de Jé sus, ayant pris une éponge, la mirent au bout d'un bàtun d'hysope, Jean 19, 29. On a toujours admis que l'ésob de l'Ancien Testament était l'hysope; la ressemblance da nom l'indique, cl rien ne semble contredire cette identité; cf. surtout Héb. 9, 19. Cependant quelques auteurs en s'appuyant sur le fait que l'hysope est rare en Palestine, qu'il ne sort pas de la muraille, et que sa tige n'est pas assez forte pour qu'on puisse en faire une canne, ont pensé : Rosenmuller, à la marjolaine ou à quelqu'une des labiées aromatiques si abondantes en Palestine ; Kitio, a la phytolacca decandra; Royle, au câprier. L'opinion de Rosenmuller serait celle qui

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se recommanderait le plus. Il est difficile de rien dérider. — On se servait ordinairement d'hysope comme d'aspersoir dans les purifications ; quand les Israélites sortirent d'Egypte, Dieu leur ordonna de tremper dans le sang de l'agneau pascal un bouquet d'hysope, el d'en arroser le linteau el les deux poteaux des portes, Ex. 44, 22. Dans la purification des lépreux, on y joignait quelques branches de cèdre et un peu de laine écarlate, Lév. U, 4. 6.; en général celte plante paraissait avoir une réputation de sainteté et de pureté lustrale qui la rendait 1 emblème de la purification intérieure, Ps. M , 9. — Il est dit 4 II. 4, 33. que Salomon avait composé un traité de botanique qui renfermait les plantes depuis le cèdre du Lib;in jusqu'à l'hysope qui sort de la muraille, el plusieurs auteurs(>lishna Pésachim,Fabricius, Morhoff, etc.) parlent de cet ouvrage comme s'ils l'avaient vu. Scbeuehzer dit : « Ce qui me paraît très sûr, « 'est que ce livre existe; il doit contenir un ample commentaire sur les plantes el les animaux de l'Ecriture, et toute la doctrine de la philosophie orientale. »

1BTSAN (père du bouclier), le dixième des Juges d'Israël, 4247-4240 av. C, Jug. 12,8. Il était de Bethléem en Zabulon, et jugea le pays pendant sepi années; il maria ses trente llls et ses trente filles, et mourut en paix dans sa ville natale. On l'a pris, mais sans preuve, pour le. même que Booz.

ICHABOD (sans gloire, ou bien, où est la gloire?) pauvre enfant dont toute l'histoire est dans sa nabsance. Petit-fils d'Héli, et lits de l'impie et débauché Chinées, il était encore dans le sein de sa mère lorsque la nouvelle des malheurs d'Israël la surprit : l'arche sainte venait de tomber entre les mains des Philistins, l'armée était défaite, son père et son oncle fiaient morts sur le champ de bataille, son grand-père et luleur naturel venait de mourir a l'ouïe de tant de désastres ; il ne restait à l'enfant que sa mère, elle mourut en lui donnant le jour. Surprise par les douleurs, elle ne trouva pas de consolations ni de soulagement <lans la naissance d'un fils ; elle n'eut que le temps de le nommer Ichabod en ajoutant : « car la gloire de l'Eternel est transportée d'Israël, » et elle expira, 1 Sam. 4, 19. Ichabod entra dans la vie n'ayant qu'un frère pour toute parenté, H, 3., mais il ne devait pas être abandonné de <Hui qui s'est appelé le Père des orphelins.

1CONIE, antique, célèbre et populeuse ville «le l'Asie Mineure; elle appartint à la Phrygie pendant le règne des Perses, plus lard elle pas-

sa à la Lycaonie dont elle devint la capitale. Elle était située dans une fertile plaine au pied du mont Taurus, et comptait un certain nombre de Juifs parmi ses habitants, Acl. 4 4, 4. 19. Abulfeda la nomme Kunija ; aujourd'hui Conie, 30,000 habitants. — Paul y convertit des Juifs et des gentils, mais quelques Juifs incrédules ayant soulevé les païens contre Paul et Barnabas, les apôtres durent se retirer. Paul y repassa plus tard, mais l'Ecriture ne donne aucun détail sur <e second voyage, Act. 13, 54. 16, 2. 2 Tim. 3, 44.

IDDO, Esd. 8, 17. (467 av. C), chef des Juifs établis à Casiphia pendant l'exil -, on ne sait pas bien jusqu'où pouvail aller sa compétence et son pouvoir, mais ou voit qu'il avait tout au moins une intendance administrative sur la communauté de sa nation. La fin du verset indiquerait presque qu'il était Néthinien, ce qui se concilierait mal avec le titre qu'Esdras lui donne. Esd ras lui ayani fait demander quelques Nëthiniens et quelques léviles pour accompagner à Jérusalem ceux qui voulaient profiter de la permission accordée par Cyrus, Iddo lui envoya Sèrebia.

IDOLATRIE. Parlons d'abord de celle des Hébreux : c'était la plus déplorable, parce que lorsqu'ils tombaient, ils tombaient de haut, et qu'ils n avaient pas l'excuse de l'ignorance. L'idolâtrie se manifestait chez eux sous deux formes différentes :

1° L'adorai ion de dieux autres que Jéhovah, c'est-à-dire de créatures divinisées. Ces fausses divinités que l'on confondait le plus souvent avec leurs images mômes, Deut. 4, 28. Ps. 115, 4. 435, 45., cf. I Sam. 31, 9. Os. 4, 47., sont appelées dans la langue sainte des idoles, Lév. 19, 4. 26, 4. Hab. 2, 18., — des idoles muettes, 1 Cor. 4 2,2., — des vanités, Jér. 2,5. 8, 19. 10, 15., — des vanités fausses, Jon. 2, 9., — des choses vaincs, Act. 14, 15.,— des abominations, 1 R. 11, 5. 2 R. 23, 13., —des dieux de lienie, Ez. 6, 43., — des scandales d'iniquité, Ez. 4 4, 4. 7. Enfin l'ensemble de l'idolâtrie est appelé un adultère, cf. Os. 4 et 2. — L'Eternel, par opposition a ces images, esl appelé le Dieu de veillé, le Dieu vivant, Jér. 4 0, 40. Dan. 0, 20. 26. (cl. les sacrifices des morts, Ps. 106, 28.), Act. 14, 15. 2 Cor. 6, 46., et le Dieu du ciel, cf. Jér. 10, 14.

La loi de .Moïse avait défendu l'idolâtrie sous les peines les plus sévères ; c'était par sa nature le plus grand des crimes dans une législation dont Dieu était le centre et le but; la lapidation était prononcée contre le transgresseur. Kl non-seulement les Hébreux devaient extirper dans leur intérieur, comme peuple, toute trace d'idolâtrie, mais ils devaient encore, dans toules leurs guerres, détruire chez leurs ennemis les

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bocages, les hauts lieux, les idoles, el toute marque d'un culte païen. Quant aux païens, les Hébreux ne pouvaient leur accorder le séjour dans le pays qu'à litre d'étrangers et sous certaines conditions particulières; on devait les tolérer et exercer à leur égard les devoirs de l'hospitalité, mais toute alliance proprement dite, soit par mariage, soit autrement, était expressément interdite; les alliances politiques devaient causer la ruine du pays, comme les alliances privées la mort des individus. Dieu devait être la tête du culte et de l'Etat : l'abandonner comme Dieu, c'était l'abandonner comme roi ; les alliances politiques devaient entraîner une fusion des cultes, et toute fusion est une idolâtrie. Malgré ces menaces cependant, l'idolâtrie, dont l'habitude avait été sans doute contractée pendant le séjour d'Egypte, s'établit de toutes manières en Israël, et sous toutes les formes; elle ose lever la tête sous Moïse, Nomb. 25, 2. Deut. 13, 13., elle se montre sous Josué, elle se remontre sous les juges, elle s'assied sur le trône des rois ; chaque fois après quelques années d'idolâtrie les châtiments tombent sur le pays, on pleure, on crie, le peuple est délivré, puis il retombe ; sa piété est comme une nuée du matin qui se dissipe Os. 6, 4. Les servitudes des juges, suivies d'autant de délivrances et d'autant de rechutes, en sont une preuve. Samuel réorganise le culte de Jébovah, mais après lui, le mal regagne du terrain ; David de nouveau lutte contre l'idolâtrie, mais Salomon, après avoir aimé la sagesse, prend des centaines de femmes païennes el adore avec elles leurs idoles ; les réformateurs succèdent aux idolâtres, les idolâtres aux réformateurs, et l'exil vient enfin réveiller ce peuple prévaricateur pour lequel ces soixante el dix années furent un sérieux avertissement, car dès lors il est resté juif théocralique sans le plus petit penchant pour l'idolâtrie, sauf l'exception contemporaine de l'exil, rapportée Jér. 44, 8., où des Juifs se jettent entre les bras des divinités égyptiennes; mais alors le châtiment n'avait pas encore porté ses fruits.

Guilgal fut, sous les juges, le principal siège de l'idolâtrie, Jug. 3, 19. (où il faut lire idoles, et non carrières, comme le portent nos traductions; cf. 2, 19. v. Guilgal). Sous quelques rois, ce furent Dan et Béer-Sébah. Les idoles principales qui furent reçues en Israël sont Babal, Aslarté, Moloc, Kémos, Tbammuz, elc.,q. v. L'idolâtrie qui pénétra dans le pays à l'époque de Salomon, et par le moyen de son sérail, ne fut jamais complètement déracinée; on y avait pris goût, et les rois qui suivirent, trop faibles peut-être, ou sans volonté, la laissèrent prévaloir. Asa la réprima d'une manière énergique, mais déjà sous Joram elle reparut à la suite

d'une alliance entre la dynastie de Juda et l<t maison d'Israël : ce fut l'idolâtrie cananéenne. 2 R. 8, 18. 27. ; ailleurs, c'est celle des Ammonites, 16, 3., ailleurs encore, celle de la Pliénicie et la Syrie, 21, 3. La réforme de Josho même, quoique large et vigoureuse, ne dun pas; le roi réformateur avait entrepris plus qu'il ne pouvait faire, et l'on voit par quelques passages des prophètes, qu'à la fin de son règne, le culte païen avait repris la place du vrai culte, Soph. 1, 4. Jér. 2,20.3,6.5,7., etc. Ei. 7, 20. 16, 15. Avec l'idolâtrie marchaient les sciences occultes, la magie, les enchantements, 2 R. 23, 24. ; et les faux prophètes luttant contre les messagers de l'Eternel, soutenaient avec quelque succès les impostures et les superstitions du paganisme. Jér. 29, 8. Os. 9, 7. Mich. 5, 12. Le culte de Bahal, amené en Israël par une princesse sidonienne, s'y organisa pareillement et dura plusieurs générations,

1 R. 16, 31., etc., 2 R. 10, 25.

Le culte rendu à ces divinités étrangères consistait en des vœux, des encensements, des offrandes sanglantes el non sanglantes, peutêtre même des sacrifices humains, 1 R. 1 1 , 8.

2 R. 22, 17. Jér. 1, 16. 7, 9. Les hauts lieux et les bocages étaient plus particulièrement affectés à ce culte; cependant on l'exerçait aussi sur les toits, sous des arbres touffus, dans les jardins et dans les vallées, Jér. 19, 13. 1 R. 4 4, 23, Jér. 2, 23. Es. 05, 3, 1, 29. L'impureté et des débauches effrénées présidaient à la plupart de ces impies cérémonies, et ne contribuaient pas peu à concilier à ces cultes étrangers les voluptueux el charnels Hébreux, cf. encore Es. 65, 4. 66, 16. Les prêtres étaient en général nombreux, et se soignaient bien. 1 R. 18, 22. 2 R. 10, 21. Os. 10, 5.

2° A côté du culte des faux dieux, les Hébreux pouvaient être exposés à la tentation d'adorer Jehovali, le vrai Dieu, sous une formematérielle, celle d'images peintes ou sculptées. Dieu, qui avait tant accordé à la faiblesse humaine, ne voulut cependant pas accorder les images à son peuple, précisément parce qu'elles sont tout à fait humaines, el que bien loin d'élever la piété, et de faciliter l'intelligence des choses saintes, elles dénaturent le cuite, l'abaissent, matérialisent la Divinité el arrêtent les regards au lieu de les diriger. Et celte défense, non-seulement d'adorer, mais même de se faire des images était si sévère, si expresse, qu'elle est répétée à plusieurs reprises dans la loi, et qu'elle a même sa place dans le Dècalogue, Ex. 20, 4. Deut. 4, 16. 5, 8. 27, 15. Les Hébreux ne s'en laissèrent pas moins entraîner à suivre le penchant naturel de leurs cœurs et l'exemple des autres nations. Ils avaient vu les Egyptiens adorer des dieux visibles, animaux ou

loi

végétaux, ou tout au moins des représentations de la Divinité, et ce culte extérieur leur paraissait plus séduisant et plus commode que le saint et solennel Jéhovisme, si l'on peut s'exprimer ainsi; ce n'est qu'avec peine qu'ils supportaient un Dieu-Esprit, même avec toutes 1< s manifestations extérieures et les cérémonies qui accompagnaient la célébralion de son culie. Ce Dieu s étant manifesté d'une manière visible en Sinaï, les Hébreux en furent épouvantés, mais cela dura peu : on cesse bien vite de craindre celui qu'on ne voit plus, et quelques semaines s'étaient à peine écoulées qu'ils dansaient autour d'une, image. Aaron lui-même donna les mains a cet acte incroyable d'idolâtrie, Ex. 32. Le serpent d'airain dont l'élévation fut ordonnée de Dieu dans le désert, ne peut être rangé au nombre des objets de l'idolâtrie des Hébreux, Nomb. 24, cf. Jean 3, 44., mais il prouve com- * bien l'usage de ces signes matériels était dangereux, puisque pendant des siècles ce morceau d'airain fut conservé pour êlre en scandale et en pierre d'achoppement aux faibles qui s'en tirent une relique, 2 R. 18, 4. Sous les juges, on voit de même plusieurs fois ce besoin d'images, Jug. 47, 4. 48, 47., besoin d'autant plus facile à comprendre que dans ce temps il ne parait pas qu'il y ait eu aucun service public organisé. David et Salomon, rois théocratiques, ne permirent pas cette infraction à la loi divine; mais aussitôt après le schisme, le premier roi d'Israël qui sent le besoin d'affermir par de nombreuses concessions sa nouvelle dynastie et son nouveau royaume, établit le culte des images; des veaux d'or sont placés aux frontières du pays a Dan et à Béthel; ces deux sièges de l'idolâtrie résistent à tous les efforts des rois pieux qui plus tard veulent restaurer le culte de Jèbovah, et qui réussissent partout ailleurs à détruire les autels et à arracher les bocages, 1 R. 4 2, 20. 2 R. 4U, 25. 29. 17, 2. Am. 8, 14. De là ces menaces fréquentes prononcées contre Béthel, ^ui était le plus rappro- . ehé de Juda, et où les rois idolâtres paraissent avoir eu l'babitude de se rendre, I R. 13, 4. Am. 3, 14. Os, 10, 15. Jèr. 48, 43. Même après la ruine d'Israël, Béibel continua de subsister comme siège de l'idolâtrie, jusqu'à ce que le roi Josias eût eu extirpé les emblèmes impies, 2 R. 17, 28. 23, 45.

Depuis la captivité, les Hébreux ont renoncé aux images comme aux dieux étrangers, ei l'on ne devait pas s'attendre à et: que l'Eglise chrétienne crût dev oir recueillir ce déplorable héritage. L'Eglise occideniale, ou du moins une partie ♦ de celte Eglise, essaya, vers le septième siècle, d'introduire les tableaux et les statues dans les ' églises : c'était du paganisme réchauffé. Sérénus de Marseille combattit celle innovation;

l'Orient la combattit; Léon III l'Isaurien (747) s'opposa aux ieonolâtres; on connaît la suite de la lutte entre Rome et Constaniinople à ce sujet, le schisme affreux qui en résulta, et la ruine de l'Eglise d'Orient que l'on peut attribuer à la division de l'Eglise en deux camps ennemis, et notamment à l'inlidélité de la secte, païenne de la veille, chrétienne du lendemain, toujours romaine et réactionnaire, qui n'embrassa l'Evangile que pour mieux l'étouffer.

On pourrait essayer d'excuser cette idolâtrie, on pourrait la représenter comme un culte plas ou moins intelligent du beau, comme une concession peu sage à la faiblesse humaine, mais faite à bonne intention ; on pourraildire comme Grégoire le Grand (591 ) que ces images ne sont que pour l'ornement des églises, et pour la conservation de la mémoire des grandes actions. Peut-être un chrétien pourrait-il céder à tous ces petits arguments de théorie, s'il ne se rappelait qu'en pratique il en est tout autrement, el que le peuple n'a jamais tardé à abuser de ces dessins ou de ces sculptures pour les adorer; s'il ne se rappelait surtout, que pour faire place aux images, l'Eglise romaine a dit ôter de la Bible et du décalogue un commandement spécial qui les condamne.

Quant au culte di s peuples païens, v. Astres, Caldée, etc. Les prophètes y font de fréquentes allusions, et décrivent avec véhémence l'impiété de ces cérémonies-, leur vanité, leur impuissance, la fabrication des petits dieux, etc., 4 R. 18, 27. Es. 2, 8. 20. 44, 10. 48,5. Jér. 40, 4 4. Os. 43, 2. Ps. 115, 4. 5. Hab. 2, 18. Deut. 4, 28. 28, 36. Ces idoles étaient tantôt fondues, tantôt taillées; on les assujettissait avec des chaîuettes pour qu'elles ne tombassent pas, et qu'on ne pût pas les dérober, et les aller revendre ailleurs; Es. 41, 7. Jér. 4 0, 4. Les plus belles étaient plaquées d'or ou d'argent, et couvertes de riches vêlements, Es. 2,20. 30, 22. 31, 7. Jér. 10, 4. Os. 8, 4. On les menait à la guerre, 2 Sam. u, 21., et les vainqueurs faisaient prisonniers les dieux des nations vaincues, en gage de la tidélilè de celles-ci, Es. 46, 1. Jér. 48, 7. 49, 3. Os. 10, 5. Dan. 4 4,8. Les temples d'idoles étaient ornés des trophées el des armes qu'on avait enlevés aux nations voisines, 1 Sam. 31, 40. — L'idole des femmes; r. Hasloreth.

IOLMEE, v. Edom.

IMMORTALITE. Ce mot, et l'adjectif immortel, qui se rencontrent six fois dans le IN. T. (Rom. 2, 7. 4 Cor. 15, 53. 54. 1 Tim. 4, 17. 6, 16. 2 Tim. 4, 10.), ne se trouvent nulle part dans l'A. T. Est-ce à dire que l'idée n'y soit pas? Plusieurs, à commencer par les sadducéens, l'ont prétendu. Les sadduceens qui re- | connaissaient, non-seulement le Penlateuque,

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ainsi qu'on l'affirme souvent, mais encore l'A. T. lout entier, niaient l'immortalité de l'âme et la résurrection; s'appuyaient -ils réellement sur l'Ecriture pour défendre leur matérialisme et leur incrédulité? Peut-être, mais le rationalisme de leur interprétation pouvait les aveugler, et notre Seigneur a fait justice de leurs théories, Matth. 22, 23. Il faut reconnaître cependant que l'A. T., que les livres de Moise en particulier, sont peu explicites sur la doctrine de l'immortalité, de la vie future. Ce dogme, comme tant d'autres, ne pouvait mûrir que lentement dans la pensée de l'humanité. On a connu le mouvement bien avant d'en formuler l'existence, et il est une foule de faits ou d'idées dont on ne parle pas, qu'on ne raisonne, qu'on ne discute pas, bien qu'on en ait la conscience. La révélation, qui suit une marche presque uniformément progressive, et dont la lumière va croissant (cf. 2 Pier. 4, 49.), ne proclame jamais l'erreur, mais n'établit la vérité que d'une manière lente et graduée, en attendant que la suite des siècles et le développement moral et intellectuel des Hébreux appelle un développement ultérieur plus complet de la vérité comme doctrine et système. Dans le Pentaleuque, on peut dire que la vie humaine est en général restreinte et limitée a cette terre, entre les limites de la naissance et de la mort physiques, et que le bonheur suprême est placé dans le fait d'une longue vie ; cf. Gen. 47, 9. Ex. 20, «2. Deut. 4, 40. 6, 2. 44, 9. (Eph. 6, 2. 3.) : on n'y trouve aucune allusion claire et positive à une existence quelconque de l'âme après la mort. Pourquoi P Deux opinions contraires, et cependant toutes les deux justes, cherchent à expliquer ce caractère de la révélation mosaïque.

« Ainsi, dit M. de Rougemont, tandis que les Egyptiens et les Grecs, les Perses et les Indiens, et tous les païens et polythéistes de l'antiquité admettaient, non-seulement la vague possibilité d'une existence des âmes après la mort, mais un lieu de châtiments et de souffrances, et un lieu de récompenses et de bonheur qu'ils décrivaient comme d'incontestables réalités, les Hébreux, la seule nation monothéiste, la seule qui rapportait au Dieu vivant toutes ses actions et toutes ses pensées, auraient cru qu'il en est de l'homme comme de la béte, et que tout ûnit pour lui avec cette terre! Nous confessons ici l'absolue incapacité où nous sommes, de concevoir l'état d une âme qui se saurait mortelle et qui croirait néanmoins fermement en Dieu ; et Moïse, écrivant le commandement sublime d'aimer Dieu de lout son cœur, et ne croyant pas à une vie après la mort, nous parait un bien autre miracle que tous ceux qu'il a faits. La foi à l'immortalité est une partie in-

tégrante de notre être, nous pouvons aussi peu nous en séparer que de notre volonté ou de nos sens; elle se retrouve jusque chez les peuples les plus sauvages, même chez les habitants abrutis de la Nouvelle-Hollande; il n'est pas un tombeau qui ne la proclame, car sans elle nous devrions jeter à la voirie les corps de nos femmes et de nos enfants avec ceux de nos bœufs et de nos chiens. L'immortalité n'a jamais été révélée aux nèbreux, parce que nul d'entre eux ne la mettait en doute, et si leurs législateurs ainsi que les prophètes ont cherché à diriger leur attention sur la venue du Messie plutôt que sur la vie future, c'est que l'homme pécheur est un naufragé qui va périr, â qui l'on ne parle du ciel que sur le rivage et après l'avoir sauvé d'une mort imminente. » (Explic. de l'Ecclés., p. 22, sq.)

Olshausen pense au contraire que l'idée de l'immortalité manquait en effet, non point sans doute chez Moïse ni chez les hommes les plus spirituels et les plus développés de la nation, mais chez ceux qui formaient la masse du peuple, et que Moise a dû ainsi rattacher toutes ses idées de peines et de récompenses â la vie présente qui seule apparaissait comme réelle â leurs intelligences encore charnelles et grossières.

L'un et l'autre de ces points de vue peut se justifier et se défendre; mais il est évident aussi que si la notion de l'immortalité de l'âme n'est point enseignée explicitement dans les écrits de Moïse, elle s'y trouve d'une manière Implicite et latente. Ainsi, lorsqu'il est dit Gen. 5, 24. qu'Enoch ne parut plus parce que Dieu le prit ; ainsi, l'expression « être recueilli vers ses peuples, ou vers ses pères, » Gen. 45, 15. 25, 8. 49, 29. 33. cr. 37, 35. Nomb. 20, 24. Deut. 31, 46. 33, 50. (qui, d'après Gesenius luimême, n'implique pas seulement l'idée de sépulture, mais encore celle de réunion); ainsi, le mot sheôl, Gen. 37, 35. 42, 38. 44, 29. Nomb. 1C, 30. qui emporte l'idée d'un état quelconque des âmes après la mort, et suffirait â prouver que les Juifs du temps de Moïse avaient déjà la conscience ou la conviction que l'âme ne mourait point avec le corps, mais continuait de vivre d'une vie indépendante; ainsi le vœu de Balaam, Nomb. 23, to. qui n'aurait guère de sens s'il n'avait connu que la mort physique; ainsi les promesses d'avenir faites à la nation, Deut. 26, 49. 28, 1. sq., qui semblent supposer une vie s'étendant au delà des limites d'une génération, et une âme capable de jouir après la dissolution du corps; ainsi encore, la confiance avec laquelle Abraham offre son Isaac en sacrifice, Gen. 22, ayant estimé que Dieu le pouvait même ressusciter d'entre les morts, Hébr. 14, 49. (Le ebap. 4 4 de l'Epitre aux Hébreux, qu'on

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ne cite Ici que comme renseignement et non comme argument, renferme d'ailleurs, même sous ce dernier rapport, la preuve que, en dehors de la foi à l'immortalité, la plupart des actes des patriarches ne sauraient être compris, le sacrifice d'Abel, etc.) Enfln notre Seigneur lui-même, dans une de ses luttes avec les saddurêens, va chercher dans le Pentateuque un des arguments les plus puissanls en faveur de la doctrine de l'Immortalité de l'âme, Matth. 22, 31. 32. cf. Ex. 3, 6. <• Quant A la résurrection des morts, dit-Il, n'avez-vous pas lu ce que Dieu vous a déclaré en disant : .le suis le Dieu d'Abraham, et le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob. Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. » 11 est facile de voir que, dans ce passage, le nom de Dieu n'emporte pas seulement l'idée de Providence, dans le sens général du mot; Dieu n'est pas appelé le Dieu d'Adam, ni le Dieu de Moïse, ni, dans le N. T., le Dieu de Pierre ou de Paul, comme aussi nonsne pourrions pas dire dans un sens spécial le Dieu de Luther et de Calvin ; il est à remarquer que, dans le N. T., Dieu est appelé le Dieu (et père) de Jésus-Cbrist, Rom. 45, 6. Eph. 4 , 3., et que, dans l'Ancien, cette expression n'est employée qu'en parlant de 9em, Geri. 9, 26. Si Dieu est le Dieu de tous les hommes, comme leur Créateur et Providence, 11 ne l'est plus, dans un sens particulier, que de ceux qui lui appartiennent par le lien de la vie nouvelle. Il eût pu être appelé Dieu de Noé, puisque Noé était le prédicateur de la justice, mais Noé représentait plus l'humanité tout entière, bonne et mauvaise, que la portion sainte de l'humanité, et Sem son fils, comme chef de la branche bénie, a seul pu voir son nom uni à celui de Dieu. Cette locution renferme donc l'idée de rapports plus intimes, et en se proclamant le Dieu d'Abraham et celui de sa postérité par Isaac et Jacob, le Dieu de l'A. T. établissait une alliance entre lui et le chef de l'Israël selon la chair, alliance éternelle qui devait survivre à Abraham lui-même, et qui, en conservant son nom, même après sa mort, aux jours de Moïse, devait rappeler qu'Abraham n'était point tout entier descendu dans la tombe, car Dieu n'est pas le Dieu des morts. C'est ainsi beaucoup plus l'idée de l'immortalité des rachetés, que celle de l'immortalité en général, qui est relevée dans fies passages ; mais cela suffisait à l'argumentation du Sauveur, qui voulait seulement établir vis-à-vis des sadducéens, que l'immortalité qu'ils niaient était déjà annoncée dans les livres de leur loi. Le peuple était frappé de sa doctrine, non que celte doctrine fût quelque chose de nouveau, omis parce que le sens que Jésus donnait a ce passage de Moïse, la présentait sous une forme nouvelle i laquelle la sèche scoli

pharisiens n'avait pas habitué ses auditeurs.

En dehors du Pentateuque , il e4t facile de multiplier des citations de passages, qui établissent combien le dogme de l'éternité de l'âme était, sinon familier aux Hébreux, du moins inhérent à leur théologie et à leur morale. Déjà l'antique livre de Job, contemporain de Moïse, si même il n'est son ouvrage, renferme cette célèbre parole : « Je sais que mon vengeur est vivant, et qu'il viendra enfin sur la terre. Et après ma peau, quand ceci (ma chair) aura été rongé, je verrai Dieu de ma chair (la résurrection du corps). Je le verrai moi-même, et mes yeux le verront, et non comme un adversaire. Mes reins se consument (tant je soupire après ce bonheur). Car alors vous direz : Pourquoi, » etc. Job 19, 2B-27. (mal traduit dans nos versions).

Dans les Psaumes : 12, 7. Toi, Eternel, gardeles, et préserve à jamais chacun d'eux; — 46, 10. Tu n'abandonneras point mon âme au sépulcre; — 17, 15. Je serai rassasié de ta ressemblance, quand je serai réveillé ; — 23, 6. Mon habitation sera dans la maison de l'Eternel pour longtemps; — 30, 42. Je te célébrerai a toujours: — 49, 15. sq. Dieu rachètera mon âme de la puissance du sépulcre quand il me prendra à soi ; — 73, 24. sq. Tu me recevras dans la gloire. Quel autre ai-je au ciel?... Dieu est mon partage à toujours, etc., etc. Cf. 2 Sam. 12, 23.

1/histoire de la python isse et de l'ombre de Samuel, 1 Sam. 28, 1 4 . sq. montre que la croyant e à l'immortalité était générale, même aux plus mauvais temps du règne de SaUl, et l'ascension d'Elie au ciel, 2 R. 2, 44. sq. en fut plus lard une vivante démonstration.

Il importe de noter encore les passages suivants : Etd. 42, 4-46. « Sache que, pour toutes ces choses, Dieu t'amènera en jugement... Dieu amènera toute œuvre en jugement, touchant tout ce qui est caché, soit bien, soit mal. » (cf. v. 9). — Es. 26, 49. 66, 24. « Tes morts vivront, même mon corps mort* ils se relèveront, etc.;... leur ver ne mourra point, et leur feu ne sera point éteint. » — Toute la vision des os secs, d'Ezécniel 37 ; — Dan. 42, 2. « Plusieurs de ceux qui dorment daus la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour les opprobres et pour l'infamie éternelle ; » *— Mai. 4, 5. « Voici, je vais vous envoyer Elie le prophète, avant que le jour grand et terrible de l'Eternel vienne, » etc.

Ces passages suffisent à prouver que la foi à l'immortalité existait chez les anciens Hébreux ; mais ils ne parlent guère de leurs espérances, et la vie future ne se présentait chez eux que sous des couleurs plus ou moins lugubres. Le Sbeoi était une puissance béante qui ne disait

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