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David, 2 Sam. 23, 29. 1 Cbr. 4 4, 34.— 2° Ittaï, Philistin de Gatb, peut-être prosélyte, avait mis à la disposition de David 600 hommes de ses compatriotes dont il était le chef. Après la révolte d'Absalon, David ne voulant astreindre personne à partager sa mauvaise foriune, offrit a Ittaï de lui rendre sa parole, mais ce généreux guerrier refusa de la reprendre et jura par le nom de l'Eternel : a En quelque lieu où te roi mon seigneur sera, soit a la mort, soit à la vie, son serviteur y sera aussi. » David ne résista pas à tant de dévouement ; Ittaï se donna à lui sans réserve et le servit avec ses troupes et sa famille; il commandait un tiers de l'armée à la bataille qui fut si funeste à Absalon, 2 Sam. 45, 49. 48, 2.
ITURÉE, contrée au nord-ouest de la Palestine. Luc 3, 4 . dit que Philippe était tétrarque dans la contrée de l'Ilurée et de la Trachonite, cl comme Josèphe donne à Philippe la Trachonite, la Balanée et l'Auranile, on a cru que ces deux dernières provinces portaient ensemble le nom d'Iturée. Cette conclusion n'est pas nécessaire, car Luc a parfaitement bien pu ne pas indiquer les possessions moins importantes de Philippe, et omettre l'un ou l'autre de ces districts, comme dans le même passage il ne donne à Hérode Antipas que la Galilée quoiqu'il possédât aussi la Pérée. Strabon et Pline placent l'Iturée en Cœlésyrie, et Strabon ajoute qu'elle était à l'ouest de Damas, tirant vers le sud du côté de l'Arabie Déserte. C'était, au dire du même auteur, une contrée crevassée et riche en cavernes, dont les habitants, favorisés par les accidents du terrain, se livraient en masse au brigandage et rendaient dangereuse et redoutée la grande route de Damas. Virgile (Georg. 2, 448.) vante l'habileté des Ituréens dans le maniement de l'arc et des flèches.
Aristobule, environ un siècle avant Christ, conquit et réunit à la Judée une partie considérable de l'Iturée, dont il contraignit les habitants à se faire circoncire sous peine d'exil ; mais bientôt les Ituréens passèrent en Phénicie et se soumirent a Rome sous Pompée, tout en conservant des princes choisis du milieu d'eux. Claude réunit plus tard l'Iturée à la Syrie.
L'Iturée tirait probablement son nom de Jétur, le dixième lils d'Ismaël.Gen. 25, 45. 4 Chr. 4, 34. cf. 5, 49.; et la position de ce pays sur les confins de l'Arabie justifie ce sentiment. Il paraîtrait alors que les Ituréens auraient abandonné la pratique de la circoncision, puisque Aristobule dut la leur imposer de nouveau, a moins qu'on n'entende qu" Aristobule les obligea à circoncire les enfants le huitième jour, tandis que les Ismaélites ne le faisaient que dans la douzième ou quinzième année.
IVOIRE. Les défenses d'éléphant, que les
anciens prenaient pour des cornes, ont été connues en Europe et dans l'Asie occidentale bien longtemps avant l'éléphant lui-même. L'ivoire est pour la première fois nommé dans le Cantique des Cantiques, ou au Ps. 45, suivant l'époque que l'on assigne à la composition de ce psaume. Il est probable que Salomon, qui faisait le commerce des Indes, fut aussi le premier qui fit connaître â la Judée l'ivoire et ranimai qui le donne, cf. 4 R. 40, 22. 2 Cbr. 9, 21. Son trône était d'ivoire incrusté d'or, 4 R. 40, 48.; et l'on voit Achab, 22, 39., employer l'ivoire à beaucoup d'autres usages et ne l'épargner ni dans ses meubles ni dans ses appartements, cf. Apoc. 48, 42., et Amos 6, 4. Les marchands de Tyr poussèrent le luxe jusqu'à plaquer d'ivoire les bancs, ou les mâtures de leurs vaisseaux, Ez. 27, 6. cf. 45. Dans ce dernier passage, le prophète appelle les défenses de l'éléphant des cornes de dents, unissant ainsi l'apparence à la réalité. — v. dans Harris plusieurs citations des auteurs profanes qui montrent combien cette substance a été connue et appréciée des Grecs et des Romains, et comment on la travaillait.
IVRAIE, le loliitm temulentum de Linnée, herbe vénéneuse qui croit souvent au milieu des champs de blé, d'orge ou d'avoine, Job 34, 40. Matth. 43, 25. Virgile l'appelle infelix lolium, Georg. 4, 453. Elle ressemble beaucoup a l'orge, surtout quand elle est jeune. Ses grains sont cependant plus foncés, parfois jaunâtres, allongés, plus épais à une extrémité et couverts de bourre. Mêlée avec du pain, l'ivraie est dangereuse pour la santé, elle gâte l'estomac et porte à la tête; elle enivre, et c'est même de là que lui vient son nom, comme peut-être en allemand ceJui de Tollkorn. Il n'en arrive pas moins que, vu la difficulté du triage, on pétrit quelquefois l'ivraie avec le blé, lorsque la proportion du mauvais grain n'est pas considérable. Selon quelques auteurs, l'ivraie ne serait qu'un blé dégénéré, susceptible même de redevenir froment, si elle est semée en bonne terre. Les paysans la désignent parfois sous le nom de folle-avoine.
IZÉBEL. v. Jésabel.
JAAZANJA (armes de l'Eternel), 4° fils d'un Jérémie inconnu (695 av. C), et l'un des chefs de la maison des Récabites, Jér. 35, 3. Jérémie le prophète le fit appeler, lui et les siens, et voulut les contraindre à boire du vin contre les ordonnances de leur aïeul Jéhonadab; ils refusèrent tous, et Jérémie, qui l'avait bien prévu, se servit de ce fait pour reprocher aux
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Juifs leur rébellion contre la loi de Dieu, tandis I que la voix d'un homme était encore obéie dans la famille de Réchab. — 2° Fils de Saphan, Ez. 8, 14. (594 av. C). A la tète de soixante et dix des anciens d'Israël, il se tenait dans une des salles du parvis du temple, ornée de toutes sortes de figures de reptiles et de bêtes tout a l'entour, et il leur offrait de l'encens. Ezécbiel était en Caldée quand l'Eternel lui montra en vision toutes ces abominations et beaucoup d'autres qui se commettaient à Jérusalem ; il annonça alors aux Juifs qui étaient avec lui les châtiments qui devaient fondre sur ces impies idolâtres ; mais on n'ajouta point foi à ses paroles. — 3° Jaazanja, fils de Hazur, inconnu, Ez. 11, 1. On suppose qu'il était un des membres du sénat sous le règne de Sédéeias; sa parole perfide et pleine d'iniquité séduisait le peuple par de mauvais conseils.
JABAL, descendant de Caïn q. v. par Lémec et Hada, Gen. 4, 20., « fut père de ceux qui habitent dans les lentes, et des pasteurs. » La vie nomade est ainsi séparée de la vie pastorale. On peut dire en un sens que l'un et l'autre de ces genres de vie existaient déjà de fait avant lui, car Abel était berger, et les patriarches étaient nomades par cela même qu'ils n'étaient pas organisés en société, qu'il n'y avait point de ville, et que chacun se transportait où il voulait avec le modeste bien dont il était possesseur. Peutêtre aussi la vie nomade finit-elle par devenir une nécessité pour une partie des Caïnites, à la suite des sécheresses qui changèrent en déserts leurs plaines les plus fertiles. La gloire de Jabal fut probablement d'avoir régularisé la vie nomade en apprenant aux hommes à se servir de tentes, à les dresser, et à les plier au besoin pour se remettre en course.
JABBOK (écoulement). Ce torrent, maintenant Zerka, se forme de ruisseaux qui viennent de l'est et du nord, et d'un ruisseau qui arrive du sud et coule près de Kabbalh-Haramon. La source principale descend de la partie de la haute plaine qui touche au grand désert. Le Jabbok coule vers l'ouest, dans une vallée assez large dont le fond se maintient à une certaine élévation ; plus bas il rencontre comme une fente profonde dans le plateau, et se fraye sa roule dans une gorge étroite entre des parois de rochers de 450 à 4 80 mètres de hauteur, déchirure singulière qu'on aperçoit seulement en arrivant sur ses bords, du haut desquels on entend bouillonner dans l'abime les eaux de la rivière. L'endroit où le Jabbok sort de ce défilé et du plateau est peut-être le gué de Péniel, Gen. 32, 22. sq., que d'autres voyageurs croient avoir retrouvé plus à l'est sur le plateau. Le Jabbok se jelle dans le Jourdain, à 6 kilom. de l'endroit où il sort des montagnes, et à peu près à égaie
distance du lac de Tibériade et de la mer Morte. La partie supérieure de son cours, appelée aussi le ruisseau de Rabbatli-Hammon, était la frontière qui séparait les Hammonites à l'est, des Amorrhéens, et plus tard de Gad à l'ouest. La partie inférieure était la limite nord des Amorrhéens sous leur roi Sihon, et la limite sud du royaume de Basan ; plus tard elle sépara Gad de Manassé, Nomb. 21, 24. Deut. 2, 37. 3, 46. Jos. 42, 2. Jug. 11, 43. 22.
JABES (aridité), ville de la demi tribu transjourdaine de Manassé, ordinairement appelée Jabès de Galaad. Elle était située au-dessus d'une vallée ou d'un wady qui porte encore son nom, sur le sommet d'une montagne d'où elle avait vue sur les collines de Basan, et qui fait partie de la chaîne la plus septentrionale des monts de Galaad. Elle fut saccagée par les Israélites pour avoir refusé de prendre part à la guerre d'extermination contre Benjamin, Jug. 24, 8. 10. Plus tard, Nahas, roi de Ilammon, l'ayant réduite à la dernière extrémité, elle allait se rendre aux conditions les plus dures, quand Safll vint et la délivra, 4 Sam. 41. Les habitants conservèrent toujours la plus vive reconnaissance pour leur libérateur et pour sa maison ; et quand Saut et ses fils eurent été tués en Guilboah, dans la bataille contre les Philistins, ceux de Jabès vinrent de nuit, enlevèrent les corps qui avaient été pendus aux murailles de Belhsan, et les ensevelirent honorablement sous un chêne, près de leur ville, 1 Sam. 34, 44. 42. — Eusèbe la met à 6 milles de Pella, vers Gérasa.
JABIN (qui construit), 4° roi de Hatsor à l'époque de Josué, Jos. 41,4. (env. 1410 av. C.). C'était un des rois les plus puissants de Canaan ; il demeurait au-dessus du lac Séméchon, dans la Galilée, et dominait presque tout le nord du pays. 11 résolut d'écraser Josué, et se ligua avec quelques rois voisins ses tributaires, tellement qu'ils étaient un grand peuple comme le sable qui est au bord de la mer; mais ils ne se réunirent que pour être détruits plus facilement, et Josué les chargea avec tant de vigueur que personne n'échappa, ni hommes, ni chevaux; la ville même fut brûlée et Jabin rois à mort. — 2° Hatsor reconstruite eut, cent soixante-cinq ans après, vers 4245 av. C, un autre roi du même nom, peut-être descendant du premier. Ce Jabin était devenu si puissant, que l'Ecriture lui donne le nom de roi de Canaan, Jug. 4, 2. Se rappelant les vieilles injures de son peuple, et désireux de les venger, il avait accablé Israël de toutes ses forces, et entretenait une grande armée, et 900 chariots armés de faux, dont il avait confié le gouvernement à son général en chef Siséra. Cette oppression, qui fut la troisième servitude, dura vingt années, et se ter-
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mina par les victoires et le cantique de Débora. — v. Ps. 83, 40.
JABNÉ (bâtiment), ville des Philistins, située entre Joppe et Asdod; Hozlas s'en empara, 2 Chr. 16, 6. Plus tard, elle fut appelée Jamnie, et Josêphe dit qu'elle était très populeuse, habitée par beaucoup de Juifs mêlés avec quelques païens ; elle possédait un bon port. Pompée la prit sur les Juifs et la donna à la Syrie. Elle était à 240 stades de Jérusalem et à 42 milles de Diospolis. Après la ruine de Jérusalem, elle fut pendant quelque temps le siège du sanhédrin et d'une école juive assez distinguée.
JACOB, Gen. 25, 26. sq. (né 2000 av. C), fils d'Isaac et de Rébecca, plus aimé de sa mère A cause de son naturel paisible et facile a mener, le troisième des grands patriarches théocraliques, Ex. 49, 3. Ps. 22, 24. 105, 6. Es. 45,49. Et. 20, 5. Il lutta par la ruse contre l'infériorité de sa naissance, et réussit à se procurer le droit d'aînesse pour le prix d'un plat de lentilles; a ce droit d'aînesse il fallait joindre la bénédiction paternelle, sans laquelle II restait stérile, et Jacob, par un artifice honteux et grossier, vint, à l'âge de soixante *dix-sept ans, se jouer d'un père aveugle pour lui soutirer cette bénédiction que le vieillard se proposait de donner à l'aîné, que Dieu avait dessein de transférer sur la téte du se» ond, et qu'il eût effectivement transférée sans le concours de moyens déshonnètes, comme il le fit bien voir plus tard a Jacob luimême, en inclinant son cœur a bénir de la main droite Ephralm plutôt que Manassé. La ruse réussit, mais Jacob dut recueillir les fruits de son péché avant de jouir des bénédictions que Dieu lui avait assurées : il lui fallut quitter son père et sa mère pour fuir le ressentiment d'un frère justement irrité, et il partit pour la Mésopotamie, où une épouse lui était réservée dans la maison de La bon, frère de sa mère. Il avait alors soixante-dix-sept ans, chiffre qui surprend d'abord, mais qui se justifie par les considérations suivantes : Joseph avait trente ans quand il fut présenté à Pharaon, Gen. 41, 46.; lorsque son père et ses frères vinrent le rejoindre, c'està-dire en la deuxième année de la famine, il en avait par conséquent trente-neuf (45, 6.). A celte époque Jacob en a cent trente (47, 9.); Joseph est donc né dans la quatre-vingt-onzième année de Jacob. Or Joseph est né vers la fin des quatorze premières années que Jacob passa chez Laban (30, 22. 25.), après avoir quitté la maison d'Isaac, ce qui donne l'âge de soixante-dix-sept ans pour l'époque de son entrée en Mésopotamie.
Ce voyage fut pour Jacob la fin de l'enfance et le commencement de la vie : sa mère n'était plus la pour le mener, il devait se sentir a la fois libre et responsable, et le remords dut se faire sentir A son cœur. Sans doute il emportait la
bénédiction de son père, mais Dieu lui accorderait-il la sienne? Accablé de fatigue et peutêtre aussi de pensées décourageantes, il s'endormit un soir près de Luz, et Dieu qui avait fait de lui un vase d'élection, voulut le rassurer, et lui envoya cette grande et belle vision de l'échelle qui, partant de la terre pour se perdre dans les deux, servait d'intermédiaire entre l'homme et l'Eternel par le moyen des anges, qui montaient et qui descendaient, saints et brillants messagers du Dieu d'Abraham, d'Israël et de Jacob. Saintement effrayé, le voyageur s'écria : « C'est ici la maison de Dieu, c'est ici la porte des deux. » Il oignit d'huile la pierre qui lui avait servi de chevet, et changea le nom de Luz en celui de Béthel, qui signifie 1 maison de Dieu. Cependant, Il ne comprit pas encore toute la grandeur des promesses qui lui étaient faites, et il se borna à quelques vœux pour l'heureux achèvement de son voyage et i pour son prompt retour auprès d'Isaac. Bientôt Il arrive en Mésopotamie, où Kachel accueille avec joie son cousin presque octogénaire. Le cupide Laban met A de rudes épreuves la patience et l'amour de Jacob ; après sept ans de service il lui donne Léa, sa fille atnée, au lieu de Rachel qu'il aimait et qu'il avait demandée. Jacob se plaint de cette substitution et obtient qu'on lui accorde aussi Rachel, pour laquelle il offre de servir sept nouvelles années. Les deux épouses rivales divisent la maison du patriarche : Rachel est la préférée, mais Léa est féconde et s'élève au-dessus de sa sœur qui ne l'est pus, Gen. 30. Pour complaire à celle qu'il aime, Jacob donne le titre de concubine à Bilha, la servante de Rachel, et Léa lui demande la même faveur pour Zilpa , sa servante. La famille de Jacob s'accroit ainsi considérablement, mais il n'est encore que le serviteur de son oncle et beau-père; il exprime le désir de retourner auprès de sa famille et demande a Laban, avec son congé, la récompense de ses travaux. Ces deux hommes rivalisent de ruse pour se tromper l'uu l'autre, et Jacob est le plus fort; il demande à Laban de lui donner toutes les bêtes picotées de son troupeau et s'engage a le servir quelques années encore. Laban accepte et consent; mais d'abord il éloigne du troupeau, pour les confier à ses fils, toutes les bêtes déjà picotées, afin de diminuer d'autant la chance qu'il en naisse de nouvelles. Jacob, de son côté, s'éloigne avec les chèvres et les brebis blanches. Il devait savoir que Dieu ferait tourner ce contrat en sa faveur (3t, 41.); il voulut, comme toujours, forcer la fortune et accomplir par des ruses la volonté divine; il plaça donc devant les auges et les abreuvoirs de jeunes branches dont il avait pelé et mis à blanc quelques parties, de sorte que Us troupeaux ne pouvaient boire sans
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arrêter les yeux sur ces diverses couleurs et sansen être frappés. Jacob pensait que de cette manière les brebis, quoique blanches, donneraient des agneaux de couleur; et le résultat répondit a ses espérances, soit que Dieu intervînt directement, soit aussi que le stratagème employé par Jacob fût réellement efficace, ainsi que paraissent S'établir certains faits. En tout cas, Jacob s'enrichit en fort peu d'années, et ses grands biens ne tardèrent pas h exciter la jalousie de Laban et de ses fils. Jacob s'en aperçut, et averti par une vision divine, il résolut de s'enfuir sans délai. Ses femmes sont d'accord avec lui. Il part donc «à la dérobée, » emmenant sa famille, ses serviteurs et ses troupeaux, et après avoir traversé les gués de l'Euphrate et les campagnes de la Syrie, il arrive sans accident sur les limites de la terre promise, au pied des montagnes de Galaad ; mais là il est rejoint par Laban qui s'est mis a sa poursuite, et il doit lui expliquer les motifs de sa fuite secrète et précipitée. «Je craignais, ditil, que tu ne me ravisses tes filles. « Mais Laban réclame encore de petits dieux qu'il dit lui avoir été enlevés, et comme ils ne se retrouvent pas, Jacob lui reproche avec beaucoup d'amertume et d'éloquence toutes les injustices de sa vie passée et ses soupçons présents que rien ne semble justifier; car Jacob ignorait que Rachel eût dérobé ces dieux. Après de longues contestalions dans lesquelles l'avantage reste à Jacob, les deux parents qui vont se séparer pour toujours se réconcilient ; une alliance est conclue, un monument s'élève, qui prend le nom de Gal- Hed, un sacrifice est offert, et un repas donné par Jacob achève de cimenter la paix et l'oubli du passé. Laban s'en retourne et Jacob s'apprête à pénétrer dans ce pays où il espère de retrouver son père, où il craint de rencontrer le frère qu'il a dépouillé. Comme il est agité de diverses pensées, de souvenirs pénibles, d'incertitudes et d'angoisses, une première vision le rassure, les anges de Dieu viennent au-devant de lui comme pour le saluer, et il nomme ce lieu, en souvenir de cet événement, Mahanajim, c'est-à-dire le camp de Dieu. Mais il apprend l'approche d'Esau, suivi de 400 hommes; méfiant et rancunier, il suppose au généreux Esau plus de rancune que celui-ci n'est capable d'en conserver; il prend ses précautions; il partage ses troupeaux en deux bandes qu'il envoie en deux directions différentes, afin que si l'une périt, l'autre puisse être sauvée ; puis, pour essayer de les mettre à l'abri l'une et l'autre , i met à part pour son frère un présent considérable de chèvres, de brebis, de chameaux, de vaches et d'àncsses, et confie ces cinq trou-
sivement, et soit peu à peu disposé d'une manière favorable à lui pardonner. Cette combinaison étant achevée, Jacob envoie au delà du Jabbok tout ce qui l'accompagnait , famille et troupeaux, et il reste seul sur la rive de l'exil, pour faire peut-être le compte de ses voies, et réfléchir aux diverses dispensaiions providentielles dont il avait été l'objet pendant une vie de près d'un siècle (98 ans). Sa vie avait été une lutte continuelle contre Dieu et les hommes; il avait lutté dès le sein de sa mère pour supplanter son frère, et il avait fini par être le maitre. Pendant qu'il était là, plongé dans ses pensées dont ceux qui ont quelque peu vécu sont jien à même de comprendre la nature et peutêtre la tristesse, un homme lutta avec lui toute a nuit, jusqu'au lever du soleil, lutte miraculeuse, mystérieuse, unique. On voudrait pouvoir croire à une lutte toute morale et spirituelle, tant l'idée d'un combat corps à corps d'un homme avec Dieu répugne à notre intelligence; mais le récit de l'historien sacré est si exact, si complet, si précis, qu'on est obligé de reconnaître qu'il y a eu lutte matérielle et physique entre ces deux personnes, quoiqu'il s'y joignit aussi en même temps une lutte morale qui devait aboutir à un triomphe plus élevé. La hanche démise fut pour Jacob une défaite et une humiliation; il avait été vaincu et devait se le rappeler à toujours : mais ce trophée de défaite était en même temps pour lui un trophée de victoire, et lui rappelait que ce qu'ii avait recherché dans la lutte il l'avait obtenu, la bénédiction de son adversaire. Il pleura et il demanda grâce, dit Osée M, 5., et il fut le plus fort en luttant avec Dieu, car cet adversaire était en effet l'Eternel lui-même. Jacob reçut alors le nom d'Israël qui consacrait son triomphe, et il nomma ce lieu Péniel, parce que, ditil, j'ai vu Dieu face à face. Il aurait voulu connaître le nom de son adversaire, mais ce sont là de ces choses qui n'ont point de nom au terrestre séjour. L'homme ne peut nommer que les êtres qui ont quelque rapport avec lui, qui sont finis en gloire, en durée, en étendue. Ce moyen de reconnaître ce qui appartient à la terre et qui fut donné à l'homme dès la création ne peut s'appliquer aux êtres infinis; le Dieu de Moïse est celui qui est, le Dieu de Manoah est Y Admirable, mais il ne se nomme pas. L'idolâtrie d'ailleurs aime à rendre son culte à ce qui a un nom, cl Jéhovah ne voulait pas être assimilé à Bahal; le paganisme seul a des noms pour ses milliers de dieux et de saints.
Au matin, Jacob passe le gué et rejoint sa lamille, mais déjà Esau s'approche, et Jacob, par un surcroît de précautions, divise les enfants en
peaux à cinq de ses serviteurs qu'il espace de trois bandes, en tôle les deux servantes avec manière qu'Esau ne les rencontre que succès- 1 leurs enfants, puis Léa avec les siens, et enfin