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Rachel avec Joseph. Mais toutes ces mesures stratégiques devaient être inutiles; la prudence n'est bonne que contre des adversaires, et Esaii s'avançait en frère, en ami; tout était oublié, excepté l'affection fraternelle, et dès qu'il voit Jacob il se jette à son cou et l'embrasse en fondant en larmes, pendant que Jacob voulait se prosterner devant lui. Esatt fait la connaissance de ses belles-sœurs et de ses neveux, et n'accepte que sur les instantes prières de Jacob les présents que celui-ci lui a destinés; puis les deux frères se séparent après que Jacob eut promis à Esaû de l'aller voir dans ses montagnes de Sébir, promesse sur l'exécution de laquelle nous ne voyons rien dans l'Ecriture, quoiqu'il soit fort possible que Jacob ait fait ce voyage, soit pendant son séjour à Suecolh même, soit pendant son séjour à Sichem, soit plus tard encore; peut-être aussi celte promesse n'étaitelle qu'une ruse de plus pour se débarrasser plus facilement et plus vite de la présence d'un frère qui le gênait et le troublait.
Après s'être d'abord établi pendant quelque temps à Succolb sur la rive orientale du Jourdain, Jacob passe à Sicbem ; puis, après l'enlèvement de Dina et la vengeance de Siméon et de Lévi, il quitte cette contrée et se rend a Béthel, ayant enseveli d'abord les idoles héviennes dont le culte s'était introduit dans sa famille; il s'établit ensuite successivement à Ephrat, à Migdal-Héder et enfin à Hébron dans les plaines de Mamré, où il retrouve son père, le vieillard Isaac qui ne tarde pas à rendre le dernier soupir entre les bras de ses deux lils réunis pour l'accompagner au sépulcre. Mais les souffrances du triste pèlerinage de Jacob ne sont pas à leur terme; les chagrins qu'il a causés à son père, ses fils doivent les lui rendre avec usure. Le vieillard aime Joseph l'enfant de Rachel, et ses frères jaloux le font disparaître et remettent à leur père une robe magnifique, teinte de sang, que Jacob ne peut hésiter à reconnaître pour celle qu'il a donnée à Joseph. Jacob déchire ses vêtements, met un sac sur ses reins et repousse toute consolation : Certainement, dit-il, je descendrai en menant deuil au sépulcre vers mon lils! C'est ainsi qu'il le pleurait, c'est ainsi que s'écoulèrent vingt années. Benjamin avait succédé à Joseph sans le remplacer dans le cœur de Jacob, et le dernier enfant de Rachel rappelait à Jacob tout ensemble et Rachel et Joseph, deux objets qu'il avait tant aimés. Les sept années de famine se tirent sentir en Canaan comme en Egypte, et Jacob envoya ses dix lils dans ce dernier pays pour y acheter du blé, mais il retint auprès de lui Benjamin. Des dix tils qui étaient partis il n'en revint que neuf : Siméon avait été retenu prisonnier par celui qui dominait en Egypte, et ce dur gouverneur qui avait
maltraité les dix frères les prenant pour des espions, leur avait défendu de reparaître en sa présence sans amener avec eux le dernier de la fumille, Benjamin. Jacob écoute avec étonnement le rapport de ses fils, et rétonnement de tous redouble quand, à l'ouverture des sacs, ils retrouvent l'argent qu'ils avaient cependant déposé en mains propres lorsqu'ils avaient acheté le blé. Bientôt un second voyage 'devint nécessaire, mais Jacob refusait d'y consentir-, car, disait-il, vous m'avez privé d'enfants : Joseph n'est plus, et Siméon n'est plus, et vous prendriez Benjamin! Toutes ces choses sont contre moi! Gen. 42, 36.; c'était le langage de la chair. Il ignorait encore que toutes choses contribuent ensemble au bien de ceux qui aiment Dieu, Rom. 8, 27., mais il l'apprit bientôt par . une douce expérience. Contraint de laisser partir Benjamin, il s'écriait avec résignation : « S'il faut que je sois privé de ces deux fils, que j'en sois privé! » et peu de temps après, non-seulement Siméon était de retour, non-seulement Benjamin lui était rendu, mais il entendait de la bouche de ses (Ils ces paroles qui étaient la résurrection de sa vieillesse : « Joseph vit! et même il commande sur tout le pays d'Egypte. » Jacob alors part avec toute sa famille, Ex. 1, 4. t Sam. 42, 8. Act. 7, H., et Dieu, sans la permission de qui il n'eut pu sortir, l'y autorise, par une vision à Bèer-Sébah, lui réitérant les promesses qu'il lui a déjà faites pour sa postérité, et lui annonçant qu'après s'être beaucoup accrus en Egypte, ses descendants en sortiront pour venir habiter de nouveau Canaan. Bientôt il arrive à Gosccn, Joseph accourt à sa rencontre : le père et le tils se jettent dans les bras l'un de l'autre en fondant en larmes, et Jacob attend la mort avec joie ; car, dit-il, j'ai vu ton visage, et que tu vis encore. Présenté à Pharaon, Jacob parle comme un sage qui n'est plus de ce monde, il bénit le roi qui l'accueille avec honneur comme le vénérable père, de son premier ministre, et il résume sa vie en ces mots : Les jours de mon pèlerinage ont été courts et mauvais. Dès lors, il vécut encore quelques années en Goscen, heureux el lier de son Joseph qu'il avait retrouvé ; puis il s'éteignit doucement à l'âge de cent quarantesept ans (1853 av. C), ayant recommandé à Joseph et à ses tils de ne point laisser reposer ses os sur la terre étrangère, mais de les transporter auprès de ceux de ses pères dans la caverne de Macpéla. Peu de temps avant sa mort, il avait adopté comme siens les enfants de Joseph, léguant à celui-ci, comme au plus puissant de la famille et au plus propre à le conserver, le territoire de Sichem' qu'il avait acheté des Amorrhéens (Héviens), et qu'il peut dire avoir conquis par son arc, en pensant à la violence dont
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deux de ses fils onl usé à l'égard des Sicbémites. Les bénédictions prophétiques qu'il prononça sur ses enfants sont pleines de grâce, de force et de profondeur; s'il est sévère, c'est qu'il ne parle plus comme père, mais comme prophète ; il déclare ce qui doit arriver. Joseph conduisit lui-même en Canaan le corps de son père, qui fut enseveli avec grande pompe et au milieu d'un concours immense de personnes venues d'Egypte pour y assister.
Le nom de Jacob se retrouve Ez. 28, 25. 37, 25. Os. 12,13. Mal. 1 , 2. Rom. 9, 1 3. Hébr. 4 4 ,9. 21 . et ailleurs.
Ce patriarche qui vécut quinze ans avec Abraham, se présente avec un caractère bien différent de celui de son père et de son aïeul ; on peut dire qu'il est sans grandeur naturelle, à la fois ardent et efféminé, faible et passionné, rusé, trompeur, peu scrupuleux sur les moyens; il ne grandit que par de rudes expériences et par l'adversité : mais ces épreuves lui sont utiles, il profite à une dure école, et mûrit forcément. Les vingt années qu'il passe à pleurer Joseph abrègent sa vie et sont à la fois pour lui la dernière et la plus douloureuse des épreuves ; toutes ses souffrances se montrent daus cette parole qu'il adresse au roi d'Egypte : « Mes jours n'ont pas atteint les jours des années de la vie de mes pères au temps de leurs pèlerinages. » Sa noble vieillesse fait oublier les péchés de sa jeunesse et de sa maturité, et Jacob est un exemple de plus qui prouve que Dieu choisît librement ceux dont il veut faire des vases à honneur, et qu'il les façonne d'entre ceuxlà même qui sont le moins honorables. Jacob est le symbole de l'espérance (Schrœder) ; il a passé sa vie à attendre plus qu'à jouir, à espérer plus qu'à posséder.
La Fontaine ds Jacob dont il est parlé Jean 4, 6., et près de laquelle eut lieu l'entretien de Christ avec la Samaritaine, était située près de Sicbem sur la roule qui conduit à Jérusalem; elle tirait son nom du patriarche qui l'avait, dit-on, fait creuser. Quelques voyageurs disent l'avoir retrouvée à quelque dislance de Naplouse, dans un creux de rocher profond de trente-cinq mètres, mais contenant peu d'eau, situé dans un petit vallon qui court du nord au sud et qui est fort riche en sources; d'autres pensent que la fontaine de Jacob est une source située dans la ville même de Sichemet qui porte encore le nom du patriarche.
2° Jacob, père de Joseph le charpentier, Matth. 1, 46., inconnu.
JACQUES (forme grecque du nom de Jacob). Outre le frère de Jésus, Matth. 43, 55., le N. T. nous fait connaître, au sein de l'Eglise apostolique, trois hommes de ce nom, savoir : Jacques frère de Jean et fils de Zébédée, bientôt déca-
pité, Act. 12, 2.; Jacques, fils d'Alphée, sur la vie duquel nous n'avons aucun détail ; et Jacques, frère du Seigneur, Gai. 4, 49., le conducteur de l'Eglise de Jérusalem, et le chef de la portion encore judaisante de cette Eglise. Plusieurs théologiens regardent ces deux derniers comme identiques, d'autres les distinguent (Sardinoux); d'autres regardent le Jacques frère du Seigneur, comme son cousin, et par conséquent distinct encore du Jacques de Matth. 13. 55. Sans entrer dans un examen approfondi de cette question, qu'on peut du reste regarder comme insoluble, il convient de dire au moins quelles sont les raisons qui paraissent établir plutôt l'identité du fils d'Alphée et du frère du Seigneur. Saint Luc, dans son Evangile et dan» les Actes, distingue toujours Jacques fils d'Alphée, de Jacques fils de Zébédée , jusqu'à la mort de ce dernier; mais depuis lors, Act. 12, 2., il ne se sert plus que de la simple dénomination de Jacques, v. 47. Il paraît donc que depuis la mort du fils de Zébédée il ne resta plus dans l'Eglise qu'un seul Jacques assez distingué, et il est peu probable que ce seul Jacques ait été le troisième, le frère du Seigneur, car on ne saurait alors ce que serait devenu Jacques fils d'Alphée; on se verrait obligé de construire un édifice d'hypothèses comme De Welte qui fait mourir le fils d'Alphée subitement, et sans que les auteurs sacrés en disent rien, et qui élève rapidement au plus haut degré d'estime dans l'Eglise apostolique, le frère du Seigneur jusqu'alors inconnu. Saint Luc n'est pas le seul non plus qui, depuis la mort du fils de Zébédée, semble ne reconnaître qu'un seul Jacques dans l'Eglise, v. 4 Cor. 45, 7. Gai. 2, 9. 42. Jud. 4. Le passage Gai. I, 19., semble contredire cette manière de voir, et établir l'existence d'un troisième Jacques, différent du fils d'Alphée et de celui de Zébédée, d'un Jacques frère germain de Jésus. Mais ce seul passage ne saurait suffire, et il s'explique assez facilement sans cela. Paul parle d'un temps où le fils de Zébédée était encore en vie-, en nommant Jacques il était donc obligé de dire duquel il voulait parler, et il donne au fils d'Alphée le nom de frère du Seigneur, parce que sa relation avec Jésus était alors une marque plus caractéristique et plus connue, d'autant plus qu'Alphée était un homme obscur (c'est pour la même raison que le fils de Zébédée est quelquefois appelé le frère de Jean). Reste à savoir pourquoi Jacques est appelé le frère du Seigneur s'il n'était que son cousin ; et. ici la difficulté est réelle; car, quoiqu'on puisse dire et même prouver que le mot frère s'employait quelquefois pour désigner une parenté collatérale plus éloignée (p. Xén., Cyrop., 1, 5. §4. TU. Liv., 35, 10. Cicer. ad Àttic, 1, 5. Gen.
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43, 8. 29, 45.), cependant la chose n'était point passée en loi, ni même en usage, et dans le cas particulier, comme il est constant que Jésus avait non-seulement des cousins, mais des frères de mère, cf. Matth. 43, 55., Jacques était peut-être l'un d'entre eux, et il serait possible que celui qui est mentionné Gai. 4, 49. comme une des colonnes de l'Eglise, et qui par conséquent se retrouve partout comme setd Jacques depuis la mort du fils de Zébédée, fût le même que Matth. 43, 55.; la ebose est possible en ellemême, mais elle n'est que cela, et il faudrait prouver qu'elle est sûre, il faudrait lever l'invraisemblance qu'il y a dans l'apparition subite d'un nouveau Jacques, accompagoée de la disparition également subite du fils d'Alphée. Ajoutons que dans ce passage. Gai. 4,49., cf. Act. 9, 27-, Jacques est appelé apôtre, et que nous ne voyons nulle part qu'un Jacques, frère de Jésus, ail été élevé à cette dignité, jusqu'à être mis au même rang que Pierre. Nous nous en tenons donc a l'opinion généralement reçue, que M. Scbérer appelle opinion catholique-romaine, d'après laquelle il n'y a eu que deux Jacques, en renvoyant pour un plus ample examen de la question au Comment, de Winer sur Gai. 4, 49., à Néander, Aposl. Kirche, II, 4*1, aux BeiiraegedeSchneckenburger, à Arnaud, Ep. de Jude; et à divers articles de la Revue deThéol., I, 11, 111, VI, VIII, et XIV.
4° Jacques, fils de Zébédée et de Salomé, surnommé le Majeur, frère de Jean l'évangéliste, raccommodait ses filets sur les bords du lac de Génèsareth, lorsqu'il entendit l'appel de Jésus, auquel il obéit sans hésitation, Matth. 4, '24 . 10, 2. Marc 4, 49. 3, 47. Luc 5, 9. 6, 14. Il fut toujours un des trois plus intimes confidents du Seigneur, malgré l'orgueil et l'intolérance qui signalèrent par deux fois ses premiers pus dans la carrière évangélique, Matth. 20, 20. Luc 9, 54. On le trouve auprès de son maître à la guénson de la belle-mère de Pierre, dans la maison de Jaîrus, suY le mont Thabor, sur la colline où Jésus annonce la ruine de Jérusalem et les signes des derniers temps, en Gelhsémané, lors de la réintégration de saint Pierre, et enfin & Jérusalem après l'Ascension, Marc 4, 29. 5, 37. 9, 2. 40, 35. 43, 3. 44, 33. Jean 24, 2. Act. 4,43. Décapité par l'ordre d'Hérode Agrippa. (44 ans ap. C), il mourut à Jérusalem, après avoir porté la prédication de l'Evangile, si Ton en croit une tradition peu probable, en Espagne et jusqu'en Angleterre. — Jésus l'avait surnommé Boaoergès, q. v.
2° Jacques le Mineur, également l'un des douze, fils d'Alphée et de Marie sœur de lu mère de Jésus, succéda au précédent comme conducteur de l'Eglise de Jérusalem, Matth. 40, 3. 13, 55. 27, 56. Les évangélistes ne donnent
sur sa personne et sur son caractère aucun dé» tail particulier. Ses rapports de parenté avec Jésus, ses convictions religieuses qui conservèrent autant que possible les formes du judaïsme, qui établirent le christianisme sur des bases qui n'étaient point hostiles ou directement opposées au précédent ordre de choses, enfin son caractère personnel et ses principes ascétiques, tout contribua a le rendre propre au rang élevé qu'il occupait dans Jérusalem et dans l'Eglise. Le chapitre 45 des Actes est celui qui nous fait le mieux connaître et comprendre son influence et son autorité; cf. aussi 24, 18., et la manière honorable dont en parle saint Paul, Gai. 4 , 4 9. % 9. 4 2. Il parait avoir été un homme non-seulement ferme dans la foi, mais aussi irrépréhensible dans sa conduite à l'égard des Juifs incrédules. Selon Hégésippe, sa vie était celle d'un vrai Nasaréen; il jouissait du privilège d'entrer à toute heure dans le temple, et il y passa beaucoup de temps en prières ferventes; on l'avait surnommé le Juste, et le rempart de son peuple. Il vécut jusqu'à la ruine de la nation et de l'Eglise juive. Peu d'années avant que la guerre fatale éclatât, le souverain sacrificateur Ananus, sadducéen, profila de l'intervalle qui s'écoula entre la mort du gouverneur Festus et l'arrivée de son successeur Albinus pour faire lapider l'apôtre. La majorité du peuple protesta contre cet acte de violence; Albinus étant arrivé écrivit à Ananus une lettre de reproches et de menaces, et Agrippa le destitua de son pontificat. D'après Hégésippe, les pharisiens auraient aussi pris part à la mort du juste ; il raconte qu'on le précipita du haut du temple, que Jacques n'ayant pas été tué par la chute, on se mit a le lapider, et que pendant qu'il priait pour ses persécuteurs, un tanneur lui asséna sur la tète un coup qui mit fin à ses jours et à ses souffrances. C'était vers l'an 64. Eusèbe raconte sa mort d'une manière uu peu différente. — Beaucoup de Juifs, après le siège et la destruction de Jérusalem, attribuèrent celle catastrophe à la malédiction divine que le peuple avait attirée sur lui par le supplice de cet homme si saint et si respecté. — Plusieurs ont cru voir dans Jacq. 5, 6. une prophétie de l'apôtre quant au sort qui lui était réservé, mais le sens du passage est trop clair pour pouvoir se prêter à cette interprétation, et Jacques ne se serait pas désigné lui-même sous le surnom de Juste.
C'est probablement à ce Jacques, fils d'Alphée, que se rapporte le passage t Cor. 15, 7. où il est fait allusion ù un fait que les évangélistes ne nous ont pas conservé.
3° Jacques, un des frères de Jésus, Mattb. 43, 55., complètement inconnu; il s'est joint à l'Eglise après l'Ascension. C'est lui cependant qui, selon quelques auteurs, et notamment M. Sohè
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rer, sérail le Jacques de Gai. 1, 19., et e est à lui que se rapporteraient par conséquent les récits des Actes : il serait aussi l'autour de l'épitre, tandis que le fllsd'Alphée, comme la plupart des douze, serait resté inconnu (Revue de Théol. 4 857).
fipitre. de saint Jacques. Elle fut probablement écrite de Jérusalem, par Jacques flls d'AIpbée, vers l'année 61 ou 62; elle est adressée à des judéo-chrétiens qui pouvaient iHre tentés de se laisser tomber dans le relâchement et dans le mépris des œuvres et de la loi: on n'y trouve pas un plan proprement dit, mais une suite d'exhortations telles que les circonstances les demandaient, et telles que l'Esprit les lui inspirait. Le cliap. Ier est dirigé contre la faiblesse de foi, l'irrésolution en doctrine, la pusillanimité; depuis le verset 19 l'apôtre relève la nécessité d'une vie chrétienne. — Chap. 2. Après s être élevé contre les privilèges que le cœur humain est trop facilement porté à accorder aux riches, Jacques reprend ce qu'il a déjà dit sur la nécessité de montrer sa foi par ses œuvres. — Chap. 3. Exhortations relatives à la tempérance de la langue. — Chap. 4. Contre la frivolité, la légèreté, l'esprit mondain, etc. — Chap. 5. Condamnation des richesses iniques, avertissements aux riches; diverses autres exhortations.
I^es sujets que traite cette èpître sont importants à méditer, particulièrement en certaines époques. On peut dire, je crois, que saint Jacques ne suscitera jamais un réveil religieux, mais c'est surtout dans un temps de réveil religieux qu'il pourra exercer une grande et salutaire influence, parce que la foi étant le grand et vrai levier de tout réveil, comme elle est aussi le seul moyen de salut, on risque, à force de relever l'importance de la croyance, de la doctrine, d'oublier que la croyance seule n'est pas la foi, et que pour mériter ce nom elle doit être accompagnée de ce qui en justifie la réalité, c'est-à-dire des bonnes œuvres. Saint Jacques ne diffère pas essentiellement de saint Paul sur ce point, ni saint Paul de saint Jacques ; l'un veut la foi et les œuvres, l'autre veut les œuvres et la fol, et chacun insiste sur celui des points de vue qui lui parait le plus négligé dans les circonstances où il écrit, et le plus important à mettre en saillie. On peut voir sur ce sujet la dissertation du Dr Néander, dans ses Kleine Gelegenheilsschriften, et deux articles de M. Schérer, écrits à un point de vue un peu différent, Rev. de Théol., t. Il et XIV.
Quant à l'authenticité de l'épître, elle a été attaquée par des hommes de couleurs bien différentes-, cependant De Welte lui-même, qui avait d'abord émis quelques doutes, les a complètement rétractés dans la f édition de son Einleitung, etc. Clément de Rome et Hermas,
l'auteur du Berger, connaissaient déjà cette épllre, et Irênée a fait une allusion à 2, 23., en se servant d'expressions empruntées presque littéralement à cette épître ; Origène, Denys d'Alexandrie et Eusôbe la mentionnent également et l'attribuent à Jacques; enfin une circonstance très favorable A son authenticité, c'est qu'elle se trouve déjà dans la Peschito, ce qui prouve que l'Eglise syrienne au deuxième siècle la connaissait et l'avait acceptée. Pour plus de détails, v. Guerike, Beitrarge zur Einleitung. § 3, etc., Comment, de Schneckenburger, Scholz, Jachmaun, Kern, De Wetle, Néander (Irad. par Monod), Stier, Cellérier, etc.
JADDUAH, Néh. 12, 41. 22., souverain sacrificateur, le dernier qui soit nommé dans l'A. T. Il vivait à l'époque de Darius de Perse et d'Alexandre le Grand, 336 av. C. C'est probablement le même que ce Jaddus dont Josèpbe raconte la courageuse résistance à Alexandre. Occupé au siège de Tyr, l'empereur de Macédoine envoya demander du secours et des vivres à Jadduah en exigeant de lui qu'il le reconnût pour maître au lieu de Darius ; mais Jadduah, fidèle à celui qu'il reconnaissait pour son souverain, refusa. Alexandre, irrité, dissimula jusqu'après la réduction de Tyr, puis il marcha contre Jérusalem. Jadduah, rassuré par une vision divine, ouvre les portes de la ville et va au-devant d'Alexandre, revêtu des ornements pontificaux, accompagné des prêtres et suivi du peuple en vêtements blancs. A cette vue, Alexandre, qui venait pour se venger, se prosterne devant Jadduah pour l'adorer, et comme Parménion s'en étonne, il lui répond que dans le temps où il délibérait s'il passerait en Asie, Dieu lui était apparu sous la forme de ce grand prêtre, et l'avait encouragé à ne rien craindre et à exécuter hardiment son dessein. Puis il entre dans la ville, offre des sacrifices, accorde aux Juifs la liberté de conscience et des privilèges relatifs à l'impôt. — Jaddus eut pour successeur Onias 1er, son flls. Un de ses frères, Manassé, gendre du Samaritain Santballal, se retira auprès de son beau-père et obtint d'Alexandre la permission de bâtir sur Gvërizim un temple dont il fut le premier grand prêtre.
JAHATS, Nomb. 21, 23. Deut. 2, 32. Es. 15, 4., ou Jathsa, Jér. 48, 21., ville située au delà du Jourdain, non loin de l'Arnon; elle fut donnée d'abord à la tribu de Ruben, Jos. 13, 18., et devint ensuite ville lé\itique, 1 Chr. 6, 78. Elle paraît avoir appartenu plus tard aux Moabites.
J AHAZIEL, lévite d'entre les enfants d'Asaph, n'est connu que par un seul oracle, 2 Chr. 20, 14.; il annonce à Josaphat et au royaume de Juda une prompte et complète victoire sur les
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Moabiles et les Hamnionites, prophétie qui ne tarda pas ù s'accomplir en effet (vers 897 av. C).
JAHBETS (douleur). 1° Un des descendants de Juda par l'harcz; il vivait apparemment du temps des juges, 4 Chr. 4, 9. Il n'est connu que par une prière qu'il adressa à Dieu; mais eile est sublime par l'abondance de foi dont elle est l'expression : «Oh! si tu me bénissais abondamment, et que tu étendisses mes limites, et que la main lût avec moi, et que lu me garantisses tellement du mal que je fusse sans douleur ! » Il demandait beaucoup, et Dieu lui accorda ce qu'il avait demandé. Il fut distingué entre ses frères. Quelques-uns ont cru que c'était le même que Holbniel, le premier des juges, opinion qui ne peut être ni soutenue ni réfutée. Il s'établit probablement dans la contrée de ce nom. — 2° Jahbels, 4 Cbr. 2, 55., ville de la Palestine, située, à ce que l'on croit, dans la tribu de Juda.
JAHEL (chevreau), Jug. 4, 47. (vers 4400 av. C). femme d'Oeber, assassina par surprise le général Siséra, qui lui avait demandé un asile, fuyant Barac; elle lui donna du lait, lui promit l'hospitalité, le cacha sous une. couverture, et profita de son sommeil pour lui enfoncer dans la tempe un des clous qui servaient à retenir en terre les toiles de la tente; action que nous serions disposés à juger tout autrement que ne fait Débora, Jug. 5, 6. 24., et qui dans la vie ordinaire ne serait qu'une infâme et lâche trahison.
JAHZER (aide), ville de Galaad, 2 Sam. 24, 5. Nomb. 32, 4. 4 Chr. 26, 34. Après avoir appartenu d'abord aux Moabiles, elle fut donnée à la tribu de Gad, puis aux Lévites, Jos. 24, 39. Elle redevint plus tard ville moabite, Es. 46, 8. Jér. 48, 32., et hantmonîte depuis l'exil, 4 Macc. 5, 8. D'après Eusèbe, elle était située à 8 ou 40 milles ouest-nord -ouest de Philadelphie (Rabbalh-Hammon), et Seetzen a trouvé dans celle direction les ruines de deux villes, Szér et Szâr, sur un petit fleuve.
Qu'est-ce que la mer ou le lac de Jahzer dont il est parlé Jér. 48, 32.? Les géographes, comme d'Anville, placent dans leurs cartes, près de Jahzer, un lac d'où sort une petite riviè/e qui va se décharger dans le Jourdain, mais ils le font peut-être uniquement à cause du passage ciié ; or ce passage est emprunté presque littéralement à Es. 16, 8., sauf la mention du lac, et quelques interprètes supposent qu'il y a dans Jèrémie une faute de copiste {ad iam au lieu de adei)% conjecture que Dahler trouve ingénieuse, mais qui n'est appuyée par aucune espèce d'aulorité. 11 n'y a rien d'ailleurs qui empêche qu'un lac, maintenant disparu, ait exislé dans celle contrée, ei Seelzen dit : « J'arrivai près des sources de Nanar-Szir, que je |