‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 208 sur 398 · JON · texte numérisé non relu

JON

second ; il n'aima ni l'un ni l'autre, et se montra vil et obséquieux pour leur plaire à lous deux, hideux dans le service qu'il rendit au premier, calme el froid dans la manière dont il excusa le second aux yeux de David.

2° Jonadab ou Jéhonadab, Kénien, (ils de Récab, 2 R. 10, 15. 4 Cbr. 2, 55 (880 ans av. C), fut le premier à saluer Jéhu l'usurpateur à son entrée à Samarie, monta sur son ebar, et fut témoin de l'exécution des prêtres de Bahal. Il est plus connu par ce que Jérémic nous dit de sa sagesse et de sa piété, Jér. 35, 6. : chef d'une grande famille, il voulut l'unir, elle et ses descendants, par des formes obligées et des vœux sévères, qui devaient assurer à la fois leur indépendance et leur fidélité au vrai Dieu. En leur interdisant le vin, en leur défendant de semer et de planter, il leur défendait de posséder des champs; il les détournait ainsi de la vie agricole vers la vie pastorale, il les forçait ainsi de loger dans des tentes, et de voyager à la suite de leurs troupeaux; et la défense qui leur est faite de posséder des maisons était presque devenue inutile par l'impossibilité où ils eussent été de s'en servir. Ce genre de vie leur rendait ainsi plus facile le pèlerinage de Jérusalem, et leurs pas se portaient sans peine vers les montagnes de Juda et vers le mont de Sion pour adorer. Les Récabites q. v., formaient ainsi un ordre, mais libre, et celte institution resta toujours fidèle à la loi de Moïse, toujours fidèle aussi aux vœux de son fondateur, jusqu'au moment où elle disparaît à l'époque de la ruine de Jérusalem. Quantaux rapports de Jonadab avec Jéhu, ils s'expliquent par l'intérêt qu'il y avait pour ce dernier à s'attacher un homme influent et bien connu par sa piété, pour Jonadab de concilier à sa nombreuse famille le chef de la nouvelle dynastie.

JONAN, lils d'Eliakim, un des ancêtres de Jésus par Marie, Luc 3, 30., inconnu.

JONAS (colombe). Le cinquième des petits prophètes, le même qui est nommé sous Jéroboam II, roi d'Israël (vers 810), comme ayant annoncé les victoires de ce monarque et l'extension de son royaume, 2 R. 44, 25.; car, Jonas 1 , 1 ., il est également indiqué comme fils d'Amittaï. On ne connaît, du reste, autre chose de son histoire que l'épisode qui nous en a été conservé dans le livre qui porte son nom. Ce livre renferme le récit de la mission du prophète auprès de la ville de Ninive, alors capitale du puissant empire d'Assyrie, et développe d'une manière pleine d'intérêt les différentes scènes de ce drame, les efforts de Jonas pour se soustraire à celle mission, la tempête a laquelle est exposé le vaisseau qui le porte, la conservation miraculeuse du prophète dans le ventre d'un grand poisson, q. v., sa prédication a Ninive,

enfin ses résultats, ses heureux succès, et les tristes sentiments de dépil qu'ils lui inspirent.

Bien des questions ont surgi à propos de ces quatre chapitres. Les uns ont rejeté le tout comme une fable, les autres se sont demandé si le poisson dans lequel Jonas a passé trois jours et trois nuits était bien un véritable poisson, si ce ne serait pas plutôt le cachot du vaisseau, qui avait pour enseigne un grand poisson ; d'autres supposent qu'il a quitté le navire el qu'il a été obligé, par indisposition, de passer trois fois vingt-quatre heures dans une maison portant le nom d'un grand poisson, et voisine du rivage; d'autres enfin pensent que le grand poisson est une caverne ou un enfoncement de rochers au bord de la mer, dans lequel Jonas se serait sauvé à la nage. Ces théologiens sont ainsi d'accord a ne voir dans l'histoire de Jonas qu'une allégorie, un mythe emprunté à une tradition païenne qui rattache à la ville de Joppe le séjour d'Hercule dans le sein d'un monstre marin.

Mais quand on interroge le N. T. la question est tranchée, puisque évidemment le Seigneur a présenté ce récit comme, une histoire véritable, el cela dans tous ses détails, par deux fois, Matth. 12, 39. 16, 4. Luc 11, 29-32.; et il est bien plus naturel et plus logique de faire dériver la tradition païenne de la tradition biblique, que de procédera l'inverse. Le fait luimême a une grande importance, d'abord en ce qu'il est une prophétie, peut-être la plus ancienne, de la vocation des Gentils, par opposition aux fausses idées du particularisme juif et d'une manière charnelle de comprendre l'élection, erreur dont Jonas était le représentant; ensuite, parce que l'Esprit Saint nous autorise et nous invite même, dans les passages cités, à considérer la conservation du prophète dans le ventre du poisson pendant trois jours et trois nuits, par la puissance divine, comme un type de la résurrection de Christ. — v. les Sermons de E. Guers sur Jonas.

JONATHAN (don de l'Eternel), 1" jeune lévile, fils de Guerson et pelit-fils de Moïse, Jug. 17, 7. 18, 30. Résolu de chercher fortune hors de Bethléem, sa première demeure, il arriva dans les montagnes d'Ephraim, où il consentit, moyennant une honnête rétribution, à servir de prêtre aux faux dieux de Mica; mais bientôt les Danites s'élant emparés de ces petites idoles, et Jonathan ajant voulu s'opposer à ce vol, ils le séduisirent lui-même par l'appât d'une plus forte récompense, el l'emmenèrent avec eux à Laïs, où il consentit à servir les mêmes idoles chez ses nouveaux propriétaires. Ses enfants lui succédèrent comme sacrificateurs au milieu de cette petite colonie danite, et l'idolâtrie subsista jusqu'au jour où ils quittèrent le

Page 1