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JORAM (jeter). 4° Joram, ou Hadoram, Dis deTohi, roi d'Hamalh en Syrie, 2 Sam. 8, 40. 4 Chr. 48, 40., fut envoyé par son père pour féliciter David de la victoire qu'il venait de remporter sur Hadad-Heser son ennemi (4oio a?. C).
1° Joram, cinquième roi de Juda, Dis ainé de Josaphat, régna huit ans (889-882). Mais pour concilier les passages 4 R. 22, 42. 2 R. 4, 17. 3, 4. 8, 47., il faut admettre que déjà pendant cinq années il avait été associé au trône de son père comme corégent. Son alliance avec la famille d'Achab par Halhalie, la fille de Jésabel, l'entraîna dans le péché et l'Idolâtrie, et fut une source de maux pour son royaume, qui eut beaucoup a souffrir par les invasions successives des Edomiles, des Arabes et des Philistins; lui-même fut affligé d'une terrible maladie, qui dura deux ans et termina ses Jours. 11 mourut sans être regretté, et ne fut pas enseveli dans les sépulcres des rois, 2 R. 8, 16-24. 2 Chr. 24 . Quant a la lettre du prophète Elle qui lui fut remise, et dans laquelle ces châtiments se trouvaient annoncés, 2 Chr. 24, 42-45., il n'est pas nécessaire de supposer qu'Elie l'eût préparée par une prévision prophétique avant de quitter la terre, car il vécut probablement pendant une partie du règne de Joram, comme on peut le conclure de 4 R. 22, 54 .; cf. 2 R. 2, 44. 4, 46. 17. — Quelques auteurs pensent qu'au lieu d'Blie il faut lire Jébu, q. v.
3° Joram, neuvième roi d'Israël, second fils d'Achab et de Jézabel, monta sur le trône à la mort de son frère Achazia, et régna douze ans (884-874). Il n'imita pas entièrement les égarements de son père, mais n'alla jamais jusqu'à une réforme véritable de ses mœurs et de celles de son royaume. Il renonça au culte de Bahal, mais conserva celui des veaux d'or, qui parait avoir été comme le fondement de la politique d'Israël, sa base à défaut de la base théocratique. Les Moabites s'étaient révoltés contre Israël peu de temps après la mort d'Achab ; grâce au secours de Josaphat, roi de Juda. et surtout à celui du prophète Elisée, dont les divins avertissements le mirent longtemps à même de déjouer les plans et les projets de ses ennemis, Joram réussit à ramener les Moabites à l'obéissance. Elisée lui rendit de plus grands services encore dans ses guerres contre les Syriens, qui envahissaient continuellement ses Etats, qui finirent même par assiéger sa capitale Samarie, et lui firent souffrir toutes les horreurs de la famine. Il reçut une grave blessure dans une de ces campagnes, se retira à Jizréhel pour s'y faire soigner, laissant son armée sous les ordres de Jébu, et bientôt après fut assassiné par ce même Jéhu, que, sur l'ordre de Dieu, Elisée avait oint roi d'Israël, 2 Rois 3-9. C'est
sous le règne de ce prince qu'eut lieu la guérison miraculeuse de Naaman ; d'autres miracles encore, également admirables, ont été faits sous ses yeux; le ministère et les soins d'Elisée semblaient appeler ce fils d'Achab à se repentir et à se soustraire ainsi, lui et ses descendants, aux coups d'un Dieu si puissant, et si terrible quand on l'Irrite; mais ces appels furent vains, Joram ferma les yeux, et sa dynastie, la quatrième d'Israël, fut vouée à la destruction.
JORIM (exaltation de l'Eternel), fils de Matthat, un des ancêtres de Jésus par Marie, Luc 3, 29., du reste inconnu.
JOSAPHAT (jugement de l'Eternel), 4° le quatrième roi de Juda, Dis et successeur d'Asa, régna vingt-cinq ans (94 3-889), et fut certainement l'un des meilleurs princes que ce royaume ait possédé. Son histoire nous est rapportée avec beaucoup de détails dans le livre des Chroniques, 2 Chr. 47-20, dont l'auteur s'est plu à conserver le souvenir de tout ce que Josaphat fit pour bannir l'idolâtrie et restaurer le culte du vrai Dieu. Il s'occupa avec zèle d'une bonne organisation de la justice ; il construisit des forteresses, établit des greniers publics, créa des magasins de blé; en même temps il se rappela l'essentiel, il n'oublia pas de pourvoir au bien-être spirituel de son peuple, en chargeant des lévites de répandre partout l'instruction religieuse. Sa piêtè, sa confiance entière dans le secours du Dieu de ses pères, se manifesta d'une manière particulière, lorsque, menacé par une peuplade arabe, il convoqua tout son peuple à un grand jeûne national, 2 Chr. 20, qui fut de nature à laisser dans l'âme de tous une profonde impression. Le succès justilia sa confiance, et 11 eut le bonheur de voir triompher ses armes contre les Syriens. Mais, d'un autre côté, l'alliance et les relations trop intimes qu'il forma avec l'impie Achab, roi d'Israël, furent de sa part un acte de faiblesse qui ne lui atlira que des revers, en particulier lorsqu'ils entreprirent d'équiper une flotte, â frais communs. La flotte des deux rois réunis fut brisée par une tempête dans le port d'Detsjon- Guéber, et Josaphat, comprenant cette leçon, refusa, malgré les instances d'Achab, de renouveler cette entreprise. C'est ainsi que l'on peut très bien concilier les passages en apparence contradictoires de 4 R. 22, 60. 2 Chr. 20, 35. L'alliance qu'il forma plus tard avec Joram fut cependant plus heureuse; la campagne qu'ils firent ensemble pour soumettre les Moabites révoltés fut couronnée de succès, mais Dieu lui montra par des miracles que c'était â sa faveur seulement, et non point aux forces de son allié, qu'il était redevable de ses victoires, 4 R. 22,44. 2 R. 3, 44. 2 Chr. 47, 40. Sa mémoire est restée bénie et respectée, 2 Chr. 22, 9., et l'on peut
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dire qu'il fut à la fois homme de bien et homme de talent, vaillant à la guerre, sage pendant la paix. Juda n'a peut-être joui sous aucun du ses rois d'autant de bonheur que sous Josaphat. — 2° l.a vallée de Josaphat, Joël 3, 2. 12., n'était peut-être dans l'intention du prophète, qu'un nom allégorique, désignant d'une manière générale une vallée où s'accompliraient les jugements de Dieu. On a voulu l'expliquer aussi par S Chr. 20, 20. Quoi qu'il en soit de celle explication, la tradition s'est emparée du nom et l'a donné dès lors à celle étroite et rapide vallée qui sépare le temple de Jérusalem de la montagne des Oliviers, se dirige au sud-est du côté de la mer Morte, et est traversée par le Cédron qui lui dispute son nom. Quelques-uns ont conclu du passage de Joël que c'est là qu'aurait lieu le jugement dernier.
JOSÉ, (ils d'Eliézer, un des ancêtres de Christ et de Marie, Luc 3, 29.; inconnu.
JOSEB-BASÉBETH. v. Jasobham.
JOSEPH (accroissement). 4° Le onzième fils de Jacob, l'aîné de Raclicl, Gen. 30, 24. 33, 2. 37, 2. 46, 4 9. 1 Chr. 2, 2. 5, 4. (4 910 av. C). Son histoire est de celles qu'il est le moins nécessaire de raconter, soit parce qu'elles sont trop connues, soit parce qu'elles perdent plus que d'autres à être racontées dans des termes différents de ceux de la Bible. On se rappelle sa jeunesse, ses dix-sept ans et l'affection de son père, la jalousie de ses frères, ses rêves singuliers, sa tunique bigarrée, son arrivée auprès de ses frères à Dothaïm, comment il fut vendu à des Ismaélites et revendu à Putipbar, et comment là, après une longue prospérité, il vit s'ouvrir pour lui les portes de la prison parce qu'il avait su respecter l'honneur de sa maîtresse, et son honneur à lui même. Cet honorable prisonnier devint bientôt comme le geôlier de ses compagnons, et deux officiers disgraciés de Pharaon apprirent de sa bouche, l'un sa moi t, l'autre son prochain retour en grâce ; trois jours après, l'heureux échausoii rentrait a la cour; mais ingrat dans la bonne fortune, il oublia son compagnon de prison, et deux années s'écoulèrent sans apporter à Joseph aucun changement. Alors Pharaon songea, ses songes le troublèrent, tous les sages furent consultés inutilement, et Téchanson se rappela Joseph. « C'est Dieu, et non pas moi, qui expliquera ce qui concerne la prospérité de Pharaon, » répondit le ûls de Jacob, que l'on consultait comme un devin; et avec une sagesse qui lui était donnée d'en haut, il annonça les sept années d'abondance qui devaient être suivies de sept années de famine, et invita le roi à se précauiionner dans les premières contre les dernières. Pharaon ne crut pouvoir mieux proliler de révélations aussi importantes qu'en chargeant Joseph lui-même de
l'administration des affaires publiques, et il le Ut son premier ministre (4720 av. C.), en changeant son nom en celui deTsaphenat-Pahanéab, qui, dans le haut style de la chancellerie égyptienne, signifiait le salut du siècle, ou selon saint Jérôme, le sauveur du monde. Joseph avait alors trente ans; il épousa Asenath, fille de Potiphérah, qui lui donna deux fils, Ephraîm et Manassé.
Les années de famine avaient commencé, et de toutes parts on venait acheter du blé en Egypte, lorsqu'un épisode d'une grande importance vint réunir Joseph à sa famille. Parmi les nombreux marchands étrangers qui venaient se prosterner aux pieds du sage ministre de l'Egypte, Joseph, un jour, crut reconnaître ses frères; il ne se trompait pas, un de ses songes d'enfance venait de s'accomplir. Il ne pouvait penser à se venger d'eux, il était trop grand de caractère et de position ; mais il crut devoir les éprouver avant de se faire connaître : il leur parla brutalement, les traita en espions, retint Siméon auprès de lui, exigea la promesse qu'à un prochain voyage ils amèneraient Benjamin avec eux, et fit remettre l'argent dans leurs sacs. Après un assez longespace de temps, que les hésitations de Jacob avaient encore prolongé, Joseph vil revenir auprès de lui ses frères et Benjamin ; son ton fut affectueux et doux, ses paroles furent aimables, il leur rendit Siméon, et fit préparer pour eux un repas dans sa maison ; l'émotion parfois était plus forte que lui, il eût voulu se jeter au cou de Benjamin ; cependant il se contint; les fils de Jacob avaient encore une épreuve à subir, celle de la coupe; ils s'en tirèrent à leur honneur, Joseph eul la certitude que le remords était entré dans le cœur de ces méchants frères, et lorsque Juda se fut offert en sacrifice à la place de Benjamin, Joseph, hors de lui d'émotion, fit sortir tout le monde, el s'écria : « Je suis voire frère, je suis Joseph; mon père vit-il encore ? » C'est une scène qu'on ne peut décrire ; il semble que chacun y assiste, que chacun partage l'émotion de Joseph et celle de ses frères, surpris, heureux et troublés. Des ordres furent aussitôt donnés pour que Jacob pùt venir en bonne vieillesse achever ses jours en Egypte, et Pharaon lui-même s'intéressa à la famille de son premier ministre. Le vieux père ne se fit pas longtemps attendre, et Joseph, après l'avoir présenté à Pharaon, lui assigna puur demeure la fertile contrée de Goscen en Rahmésès.
Cependant Joseph ne négligeait pas ses devoirs envers l'Egypte ; il se souvenait qu'il était administrateur el politique, el sa politique n'étant guère autre que l'autocratie orientale, il mit tous ses soins à obtenir des Egyptiens, en échange de son blé, leur argent, leurs terres et
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leur liberté, pour pouvoir ensuite les administrer comme des fermiers, les parquer selon que l'intérêt du pays l'exigerait, el les imposer au profil de la couronne : la population fut des lors el pendant longtemps astreinte à abandonner au roi le cinquième des récolles, le clergé seul étant exempté, et le pays fui dans la main du roi. Quelques auteurs pensent même que Joseph finit par s'emparer de la royauté, et que sous le nom de Sala lis, il devint le chef de la 17e dynastie, r. Chronologie.
La fin de Jacob approchait ; le patriarche fil promettre à Joseph que ses os seraient transportés en Palestine et ensevelis dans le sépulcre d'Abraham; puis Joseph amena auprès du vieillard mourant Ephraïm et Manassé, vit avec surprise la plus grande bénédiction retomber sur la tète du plus jeune, entendit le testament prophétique du patriarche à ses fils, et recueillit son dernier soupir. Après l'avoir fait embaumer, Joseph, fidèle à sa promesse, conduisit en Canaan, accompagné d'un immense cortège, la dépouille paternelle, et la déposa dans la grotte de Macpélab près des restes de ses ancêtres. De retour en Egypte, il dut rassurer ses frères qui craignaient que ses vengeances, comprimées par la vie de Jacob, n'éclatassent après sa mort ; il pleura avec eux, et leur promit de nouveau tout l'appui de son crédit en cour cl de son affection fraternelle. Sa vie dès lors fui tranquille et calme, il vit encore ses arrièrc-pelils-tils, et s'endormit à l'âge de cenl-dix ans (4 800 av. C), après avoir exprimé le vœu d'être ramené dans la terre promise pour y être enseveli avec ses pères lorsque la postérité de Jacob quitterait l'Egypte. Moïse se rappela ce vœu de Joseph et Josué fut chargé de l'exécuter, Ex. 4 3, 49, Jos. 24, 32.
Il est impossible de trouver nulle part, dans tout ce qui s'est écrit depuis le commencement du monde, un récit plus attachant, plus émouvant que celui de la vie de Joseph ; sans doute, les scènes de la rédemption sont plus sublimes et plus déchirâmes, el bien des enfants, bien des pauvres sauvages, bien des chrétiens aussi ne peuvent les lire sans pleurer; mais elles sont trop pures, trop célestes, trop surhumaines pour que chacun puisse les comprendre ; mais pour les scènes de Joseph, elle sont tellement à la portée de chacun, si simples, si naturelles dans leur grandeur, si humaines, que les plus grands ennemis de la révélation sont contraints d'avouer que tout leur paganisme, et le paganisme encore plus noble des anciens, n'a rien produit qui puisse être comparé â cet admirable récit. Aussi, bien des auteurs ont-ils voulu rattacher leur nom à une imitation de Joseph; la poésie s'en est emparée, et l'art dramatique lui doit une de ses créations les plus sérieuses et les
plus admirables, dont la musique, celle de Mchul,peu française de caractère, quoique française d'origine, semble rappeler l'âge theocratique, Page des patriarches, lïsraèlitismc des premiers temps.
Une chose peut surprendre dans l'histoire de Joseph, c'est qu'il soil resté vingt-deux ans sans s'enquérir de sa famille, surtout lorsque sa position le meltait à même de le faire facilement. Il est difficile de se l'expliquer; on ne peut douter qu'il n'ait souvent désiré de revoir son père et ses frères, et surtout de rendre à son père le bonheur qu'il avait perdu; mais à celte époque les relations étaient rares entre les deux pays, longtemps Joseph fut hors d'état de communiquer avec le dehors ; quand il redevint libre el maître, les soins du gouvernement durenl l'absorber ; il se consolait peut-être par la foi qu'il puisait dans les songes de sa jeunesse, el croyait devoir ne pas haier un moment que Dieu avait lui-même fixé dans sa providence; peut-être craignait-il de troubler la paix de sa famille en révélant après treize ans d'absence le crime de ses frères ; et si au contraire il fit pour retrouver son père des recherches dont il ne nous est pas parlé, peut-être les voyageurs eurent-ils de la peine à trouver une famille nomade, dont le siège pouvait varier considérablement d'année en année; peut-être enfin put-il se tenir lui-même au courant de ce qui se passait chez Jacob, sans vouloir cependant, el sans croire pouvoir lui faire connaître qu'il vivait encore. Il faut le dire aussi, les sentiments de tous genres n'étaient pas aussi tendres ou développés chez ces anciens patiarches que chez nous, el si les affections de famille sont une des plus douces jouissances qu'il soit accordé à l'homme de goûter sur la terre, encore doit-on savoir au besoin, les dominer, et penser là comme ailleurs au but de la vie et non pointa ses jouissances. La séparation d'Abraham et de Lot, celle d'Abraham et de Nacor, celle d'Isaac et de Jacob surtout, présentent le même caractère; on voit Jacob avoir été séparé de son père pendant vingt ans au moins, de 77 à 97 ans, s'être marié, avoir eu onze ou douze enfants el avoir fait fortune, sans qu'il paraisse s'être inquiété en aucune façon du sort de sa famille. Mais comme la Bible ne nous raconte pas tous les détails de la vie des personnages, on peut supposer aussi qu'il y a eu, entre les absents et leurs familles, des rapports dont il n'est point parlé, d'autant plus que l'on voit Jacob revenir de chez Labau avec la nourrice de sa mère.
Le nom de Joseph se retrouve Ex. 4, 5. Ps. 105, 47. Jean 4, 5. Act. 7, 9. Hébr. 41, 22. 11 sert aussi à désigner quelquefois les tribus, soit d'Ephraïm, Apoc. 7, soit de Manassé,
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Nomb. 43, 42., soit toutes les deux à la fois, Deut. 33, 43.t\ Tribu.
2°, 3°, 4°. Trois hommes de ce nom sont comptés parmi les ancêtres de Jésus et de Marie. Luc 3, 24. 26. 30.; ils sont inconnus.
5° Joseph, tils de Jacob, Mallh. 4, 46. Luc 4, 27. 3, 23. Il descendait de la famille de David, et se fiança avec une jeune parenie d'une origine royale comme la sienne, mais devenue modeste aussi par suite de l'abolition de la royauté. Divinement averti des choses merveilleuses qui étaient arrivées à Marie, il renonça a une séparation qu'il avait d'abord cru nécessaire; il continua de vivre à Nazareth de son mèlier de charpentier, et se rendit à Bethléem à l'époque du dénombrement; là il vit les mages adorer Jésus, et Simèon saluer l'enfant de ses bénédictions prophétiques; mais sa surprise s'accrut quand, au lieu de la grandeur qu'il pouvait attendre, il se vit obligé, par une vision divine de s'enfuir, d'abord en Egypte (pendant deux ansP), puis en Galilée, pour échapper aux cruelles persécutions dHérode, et de son (Us et successeur Archélaûs. Israélite pieux, Joseph faisait chaque année le pèlerinage de Jérusalem: c'est dans une de ces courses que Jésus, âgé de douze ans, resta en arrière dans le temple, et Joseph partagea à son égard les inquiétudes de sa mère. Dès lors, cet homme qui parait avoir été humble et doux, disparaît de l'histoire; on sait qu'il eut de Marie quatre tils et deux filles, Marc 6, 3., mais comme il n'est plus reparlé de lui, tandis qu'il est souvent question de la mère, des frères et des sœurs de Jésus, on conjecture avec raison qu'il était mort lorsque son fils adoptif entra dans la carrière publique, et les paroles de Jésus, Jean 49, 27., prouvent qu'au moins à l'époque de la oruiiflxion Marie était veuve. Le nom de Joseph se trouve dans les généalogies rapportées par saint Luc et saint Matthieu; on est généralement d'accord à penser que celle de Matthieu renferme seule la descendance de Joseph, tandis que celle de Luc renferme celle de Marie ; Joseph a été substitué à Marie dans celte dernière, d'après l'ancien usage de l'Orient et des Hébreux de ne comprendre dans leurs listes que les hommes, et de nommer le mari comme fils et descendant, alors même qu'il n'était entré dans la famille que par une alliance. Il fallait que le Christ fût fils de David, selon la chair par Marie, et selon la loi par Joseph, son père putatif, en quelque sorte son beau-père (en anglais, l'expression faiher in law exprime parfaitement les rapports de Joseph et du Christ).
6° Joseph d'Arimalliée, Matth. 27, 57. Marc 45, 43. Luc 23, 50. Jean 19, 38., membre du sanhédrin et ami caché de Jésus, refusa de consentir par son vote à la mort de Jésus et ne fut
point écouté. L'épreuve le manifesta ; prudent lorsque rien n'était à craindre, il ne craignit pas de se compromettre quand il y eut du danger à le faire, et il demanda à Pilate le droit de rendre les derniers devoirs à celui dont il avait reconnu, sans la confesser encore, la mission divine.
7° Joseph, v. Barsabas.
JOSES (pardonnant, ou élevé), frère de Jacques, de Simon et de Jude, fils de Marie, Mattb. 13, 55. 27, 56. Marc 6, 3. 45, 40. Ses trois frères devinrent apôtres, et lut seul ne le devint pas, circonstance remarquable, soit qu'on les regarde comme lils de Cléopas ou comme (Ils de Joseph le charpentier, comme les cousins de Jésus ou comme ses frères. Dans l'un et l'autre cas, les quatre paraissent avoir été de ceux qui prirent Jésus pour un fou et voulurent s'emparer de lut, Marc 3, 21.; on pourrait croire que l'exclusion de Joses lient à ce qu'il s'est montré, dans cette circonstance, plus violent et plus obstiné que ses frères. Plus tard cependant, il fut gagné a la vérité comme les autres, et prit part aux réunions des fidèles après l'ascension, Act. 4, 44. On ignore d'ailleurs s'il y a eu deux Joses, l'un frère, l'autre cousin de Jésus; il arrive souvent que dans des familles parentes, les enfants portent les mêmes noms. La parenté de Joses offre sous ce rapport les mêmes difficultés que celle de Jésus et de Jacques, q. v.
JOSIAS (le feu de l'Etemel), 4° seizième roi de Juda, fils et successeur d'Amon, régna trente et un ans (639-608), 2 R. 22 et 23, 2 Chr. 34 et 35. Il ne suivit pas la mauvaise voie de ses ancêtres, il lit au contraire tous ses efforts pour combattre l'idolâtrie et réveiller la foi dans son royaume ; il til une guerre acharnée aux autels, aux hauts lieux, aux bocages, aux idoles de tout genre, détruisant, démolissant, profanant partout où il les rencontrait les moindres vestiges de ce culte impie et adultère, ne se contentant pas de demi-mesures, mais résolu d'exterminer impitoyablement Jusqu'à la racine tous ces débris d'importations étrangères et païennes. Mais s'il fut implacable envers les idées, il fut charitable envers les hommes, et pourvut a la subsistance de tous ces prêtres auxquels il enlevait, avec leurs autels, le produit des autels, 2 R. 23, 9. Il ne lit mettre a mort que les sacrificateurs de Béthcl, et peut-être ceux de Samarie, mais on peut conclure de toute sa conduite que celte exception particulière fut justifiée aussi par des circonstances particulières, peut - être par une tentative de soulèvement de leur part. Josias ne borna pas son œuvre réformatrice à son royaume seulement, il entreprit aussi la réformalion d'Israël et traversa les dix tribus en saint et vail-
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lant triomphateur, grâce peut-être à l'espèce de patronage que, depuis Manassé, les rois de Babylone exerçaient sur les deux royaumes. Cependant on voit par les plaintes d'un prophète contemporain, Jér. 3, 6., qu'il ne réussit pas aussi bien que son cœur l'aurait désiré. Mais une circonstance providentielle vint encore à son aide : la dix-huitième année de son règne, les hommes occupés aux réparations du temple retrouvèrent un exemplaire du Penlateuque, peut-être l'original écrit de la main même de Moïse, qui avait été pendant longtemps égare ou négligé, et dont la lecture fit une grande impression. Les travaux de Josias, qui apparaissent, dit un auteur allemand, comme un regard du soleil avant la nuit tombante à travers les nuages d'un soir orageux, ces travaux, el le nom même du réformateur, avaient été déjà annoncés trois sièeles auparavant à Jéroboam, 1 R. 43, 2., et l'oracle accompli était venu répondre à la longue attente du petit nombre de fidèles qui n'avaient jamais cessé d'espérer.
Si le règne de Josias fut honorable, il ne fut cependant qu'une trêve dans les malheurs comme dans les iniquités du peuple; la prophétesse Hulda, consultée, lui rendit un oracle bien consolant pour lui-même, bien lerrihle pour son royaume : des malheurs allaient fondre sur Juda, et Josias ne devait avoir d'autre consolation que celle de mourir avant qu'ils arrivassent. Aussi, quoique les jugements de Dieu sur son peuple fussent bien près de s'exécuter, son règne fut en général heureux el paisible. Il trouva la mort à Méguiddo dans une bataille qu'il livra au roi d'Egypte Pharaon Néco, qui voulait maigre Josias traverser la Syrie pour porter la guerre en Caldée : cette bataille est meniionnèe par Hérodote 2, 159. On peut s'étonner du rôle que Josias joua dans cette occasion; lui-même parait presque ne pas avoir agi avec pleine bonne conscience, car il se déguisa pour se mettre à la lète de ses troupes-, cependant on se l'explique par le fait que ce roi prudent et pieux étant vassal de Nabopolassar, dut agir comme sujet Adèle de la Caldée, et non comme roi de Juda. Ce vasselage, qui pesait sans doute aussi sur le royaume d'Israël, pouvait dater du temps de Manassé. — Le nom de Josias se retrouve encore Soph. 4, 1.
2° Josias, contemporain d'Esdras. v. Heldaï.
JOSUÉ (Dieu est la délivrance), nommé d'abord Osée (délivrance), était fils de Nun, de la tribu d'Ephraîm; il sortit d'Egypte, le pays de sa naissance, sous la conduite de Moïse à qui il devait un jour succéder dans le commandement du peuple. Chef des guerriers au désert, il se distingua d'abord par la défaite des Hama- Jécites, Ex. 17, 9., accompagna Moïse sur le Sinai, xi, 13., fut chargé de. la garde du taber-
nacle d'assignation, 33 41., et, jaloux des privilèges de son maître et ami, voulut empêcher des prophètes de prophétiser, Nomb. 41, 28. Il fut un des douze espions envoyés en Canaan, Nomb. 13, 9., et c'est alors que son nom fut changé pour lui rappeler, à lui el à ses compagnons, qu'il n'y a qu'une seule délivrance efficace; seul avec Caleb, il montra par ses œuvres la fermeté de sa foi, et seuls ils échappèrent à la semence de mort prononcée contre tout Israël (Eléazar et les lévites furent probablement aussi exceptés). Son courage, ses talents et sa fidélité éprouvée le tirent sans doute choisir par Moïse pour le remplacer dans la conduite des milliers d'Israël, et il fui revêtu de l'autorité suprême en présence du peuple et d'Eléazar le souverain sacrificateur, Nomb. 27, 18., Deut. 34, 3. Il reçut encore les ordres de son maître, Nomb. 32, 28., entendit avec joie son dernier cantique de bénédictions, Deut. 32, 44., et entra sans difficultés dans l'exercice de ses nouvelles fonctions, Jos. I, I.
Son ministère est inauguré par une vision magnifique, destinée à lui continuer de la part de l'Eternel les promesses qui lui ont été laites par Moïse, et à l'encourager à monter hardiment contre les nations guerrières el puissantes qu'il a devant les yeux et doni la conquête lui est assurée. Des espions sont envoyés; sur leur rapport, Josué donne trois jours à l'armée pour se préparer, les eaux du Jourdain se partagent miraculeusement pour donner au peuple élu un libre et franc passage dans la terre de la promesse, un autel s'élève en souvenir de celte consécration solennelle de la mission de Josué, semblable à celle qu'avait obtenue Moïse dans le lit de la mer Rouge. Avant de procéder à la conquête de Jérico, les Israélites sont circoncis; ils célèbrent la Pâque, qu'ils n'ont pas encore célébrée depuis le départ de l'Egypte, et qu'ils ne devaient pas célébrer non plus, Ex. 13,5.; enfin la manne cesse de tomber, el le peuple se nourrit de la nourriture de l'homme et trouve du grain en abondance, Jos. 5, 11. Les ennemis d'Israël, quoique vaillants el résolus à se défendre avec courage conlre le petit peuple qui veut les envahir, deviennent lâches, et leurs cœurs se fondent à l'ouïe des merveilles que Dieu a laites pour Israël. Une première conquête achève d'effrayer les anciens habitants de Canaan, et d'encourager les nouveaux; c'est la prise de Jérico, la clef du pays, la ville forte, la ville aux solides murailles. Elle tombe devant les cris de joie el d'espérance du peuple, devant >es promenades solennelles el silencieuses que trouble seulement le bruit éclatant des trompettes; les murailles s'écroulent, la ville est mise à sac, tout est égorgé ou brûlé, llahab seule est épargnée parce qu'elle
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avait épargné ses hôtes. De là, sur le rapport de quelques espions, 3,000 hommes sont envoyés contre Haï; mais Josué avait oublié de consulter l'Eternel, les 3,000 hommes sont battus, et Dieu révèle à Josué les causes de cette défaite, le péché d'Oacan. Après le châtiment du coupable, Israël, prêt à faire la volonté de l'Eternel, peut marcher en avant, Haï est aisément subjuguée, et Dieu permet aux vainqueurs de se partager les dépouilles au lieu de les mettre à l'interdit. Cependant les rois de Canaan se réunissent pour combattre l'ennemi commun ; lesGabaonites seuls, usant de ruse, réussissent a se mettre sous la protection d'Israël, et s'ils deviennent coupeurs de bois et puiseurs d'eau, il ont au moins le droit d'habiter en la maison de l'Eternel, et d'être protégés par Israël dans la mauvaise fortune. Irrités de cette défection, les rois de Canaan commencent les exploits de leur ligue par le siège de Gabaon ; mais là déjà ils éprouvent les coups de Josué, en même temps que les Gabaonites peuvent se féliciter de l'alliance qu'ils ont faite : un grand carnage a lieu, les cinq rois sont mis en fuite, le jour est trop court pour l'achèvement de la victoire, Josué commande au soleil et à la lune de s'arrêter, et les cinq rois sont mis à mort au fond de la caverne dans laquelle ils ont cherché leur refuge. Profitant de ses avantages, Josué assiège plusieurs autres villes cananéennes, Makkéda, Libna, Lakis, Héglon, Hèbron , il saccage tout le pays depuis Kadès-Barnè jusqu'à Gaza, de Goscen jusqu'à Gabaon, et devenu maître de toute la partie méridionale de Canaan, il rentre triomphant à Guilgal où le peuple était campé. Une ligue du Nord succéda à la ligue du Midi, Jabin succéda à Adonitsédec, et malgré leur multitude il ne furent pas plus heureux, ils ne s'assemblèrent que pour être détruits d'un seul coup. Josué les chargea à l'improviste, et les battit tellement qu'il n'eu laissa échapper aucun ; il revint de là à Halsor. qu'il brûla ainsi que toutes les villes d'alentour, et eu lit mourir les enfants, les rois et les chevaux. Mais il fallut quelques années pour réduire à l'obéissance tout le pays, car ces petits rois se succédaient les uns aux autres à mesure que Josué en abattait quelques-uns, et il fallut leur faire la guerre à tous, aucun ne s'étant rendu sans combat. Ce ne fut donc que six ou sept ans après leur entrée en Canaan que les Israélites purent commencer le partage des terres, étant maîtres alors de tout le pays, à l'exception de quelques villes, Gaza, Gath et Asdod, qui étaient restées aux Hanakins, et de quelques peuplades qui purent conserver longtemps encore leur indépendance, n'ayant pas été exterminées lorsqu'elles pouvaient l'être, et comme Dieu avait ordonné à Josué de le faire.
On suppose en général que le sacrifice du mont Hébal (8, 30-35.) dont nous avons parlé en son lieu, ne fut célébré qu'alors, une fois que le peuple put se reposer enfin de ses longues et pénibles guerres. C'est dans le même temps à peu près que se passa la touchante scène d'une noble querelle entre les tribus, de franches explications, et d'aimable réconciliation : ce furent des jours de réveil qui peuvent compter parmi les plus beaux de toute l'histoire d'Israël, Jos. 22.
Deux tribus et demie demeuraient au delà du Jourdain; la terre promise devait être partagée entre les autres neuf et demie; ce partage se fit peut-être au fur et à mesure que le peuple avançait dans le pays, et proportionnellement à la force et à la population des tribus; les villes de refuge furent désignées , et les Lévites se virent assigner les lieux de leur héritage. Lorsque tout fut en règle à cet égard, que les tribus furent entrées en possession de leur territoire et que les parts furent faites, Josué crut pouvoir à son tour se choisir un héritage avec le consentement du peuple , et il prit Timnalh-Sérah en la montagne d'Ephraïm. Servi le dernier, il dut se contenter encore d'une petite ville peu importante, située dans une contrée moins favorisée que d'autres, mais il était près de Silo, et le voisinage du saint lieu ne fut sans doute pas sans influence sur son choix.
Josué avançait en Age, il touchait au terme de sa carrière, il avait été une lumière ardente et vive ; l'Ecriture sainte nous présente peu de caractères qui aient été aussi actifs au service de leur maître, aussi fidèles dans leur profession, aussi inébranlables dans leur foi; l'histoire tout entière ne présente aucun conquérant dont les guerres offrent le même caractère de justice dans le but, et de dépréoccupation personnelle dans l'exécution. Il mourut comme il avait vécu ; sa dernière pensée fut pour la gloire de son Dieu et pour le bonheur de son peuple. Agé de cent dix ans, et voyant approcher son heure, il fil convoquer toute l'assemblée d'Israël, ses anciens, ses chefs, ses juges et ses officiers, et lui, seul survivant de tous ceux qui avaient vu la captivité de l'Egypte, seul survivant de tous ceux qui avaient vu les scènes du désert, gouverneur de vingt-cinq années, vrai patriarche et roi du peuple, il ne parle à ceux qui l'entourent, ni de lois, ni de conquêtes, ni d'administration; un mot suffit à ses victoires, et son discours d'adieu ne suffit pas à leur dire tout ce qu'il voudrait sur les dangers de l'idolâtrie, et l'importance pour eux tous de rester fidèles à ce Dieu qui leur a toujours été fidèle. Peu de temps après, il les rassemble de nouveau en Sichem pour leur adresser une dernière fois des paroles d'exhortation , il leur rappelle les mer-
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veilles que Dieu a faites en leur faveur, et les presse de se décider d'une manière franche sur le Dieu qu'ils veulent adorer : mais pour moi, leur dit-il, pour moi et ma maison, nous servirons l'Eternel. Alors il traite alliance avec le peuple, lui propose des ordonnances et des statuts, met par écrit tout ce qui vient de se passer, et dresse pour monument une grande pierre sous un chêne : puis il s'endort âgé de cent dix ans, et le peuple qui le pleure et qui n'a plus de chef, l'ensevelit à Timnatli-Sërah dans le lieu de son héritage. On montre aujourd'hui son tombeau près de Naplouse.
Le nom de ce pieux conquérant se retrouve Jug. 1,4. Néh. 8, 47. Act. 7, 45. Hébr. 4, 8.
Josué parait être l'auteur du dernier chapitre du Deutéronome ; quant au livre qui porte son nom, quoique les Juifs le lui atribuent. il est peu probable qu'il en soit réellement l'auteur : quelques-uns y voient un extrait du livre de Jabzer ou du Droiturier, Jos. 40, 4 3; d'autres pensent qu'il a été composé par Eléazar le souverain pontife, contemporain de Josué; d';uitres enfin supposent, avec vraisemblance, que Josué a écrit quelques mémoires détachés, qui ont été plus lard réunis, complétés, et rédigés par un prophète, Esdras par exemple, v. Hsevernick's Einleilung.
La célèbre station du soleil et de la lune, qui a été l'objet de tant de plaisanteries, d'explications, de doutes et d'hypothèses, forme la principale difficulté de l'histoire de Josué, et l'une des plus grandes de la révélation tout entière. On a essayé des traductions différentes du texte, on a imputé à la poésie des paroles qui appartiennent à la prose, on a lait de l'armée des cieux une armée terrestre, du soleil qui brille au firmament l'étendard d'une des compagnies de Josué, de la reine des nuits le drapeau d'un autre corps d'armée, des paroles prophétiques de Josué un ordre stratégique donné à ces compagnies de se poster, l'une sur Gabaon, l'autre sur les hauteurs qui dominent la vallée d'Ajalon. Ces diverses tentatives, toutes plus ou moins hasardées, toutes forcées, car l'interprétation littérale est la seule naturelle, doivent leur naissance aux nombreuses objections, aux difficultés réelles que soulève le récit biblique dès qu'on le prend à la lettre. Nous n'appellerons pas sérieuse l'objection tirée du langage même de Josué, qui parait supposer le mouvement du soleil , et non la rotation de la terre. Josué parle comme tout le inonde , comme les plus savants, comme l'Annuaire du Bureau des longitudes; tout le monde dit: Le lever, et le coucher du soleil. Et, comme Chaubard le fait remarquer, l'ordre de s'arrêter, donné simultanément au soleil et à la lune, non-seulement ferait supposer, mais prouve même que Josué,
ou celui qui lui dictait ses paroles, ne confondait point à cet égard l'apparence avec la réalité. Mais on peut regarder comme sérieuses les trois objections suivantes, auxquelles nous répondrons en peu de mots : a) Si la terre s'est réellement arrêtée, tout ce qui était alors debout, principalement dans les zones torride et tempérée, arbres, maisons, hommes, animaux, doit avoir été â l'instant même renversé et brisé par la violence du choc de l'atmosphère. — Oui, si l'atmosphère ne s'est point arrêtée avec la terre; non, si au contraire l'atmosphère, qui fait en quelque sorte partie intégrante du globe, s'est arrêtée avec lui; non, surtout, si l'arrêt, au lieu d'être subit, a été graduel, b) Il répugne d'admettre comme historique un passage dont on s'est autorisé pour condamner Galilée et le véritable système du monde. — Sans doute ; mais comme ce passage n'a été qu'un prétexte mal compris, on aurait tort de conclure de l'abus contre l'usage, c) Enfin, la plus grave objection, c'est que, d'après le récit biblique, ce dérangement du système de l'univers, ce bouleversement de toutes les lois du mouvement des corps célestes, ce cataclysme général, n'aurait eu lieu que pour donner aux Israélites le temps de consommer la déroute de leurs ennemis, lorsqu'il y aurait eu une foule d'autres moyens moins effrayants, moins effroyables, pour obtenir le même résultat. — Les réponses à cette objection sont faibles, du moins à notre point de vue. On peut dire que Dieu subordonnait la terre entière aux succès de son peuple, comme il subordonne à notre globe le récit de la création tout entière; que la prise de possession des Israélites devait être marquée par des signes dans le ciel et sur la terre ; que Dieu se proposait peut-être de détruire une partie du monde d'alors par un déluge partiel (v. plus bas), et que les deux faits ont coïncidé; que dans la bouche de Josué, inspiré de l'Esprit de Dieu, ces paroles sont moins un ordre qu'une proclamation ; qu'il se borne à annoncer le fait que Dieu lui a révélé; que, dans tous les cas, les historiens juifs sont bien excusables d'avoir attribué à une intervention de Dieu en leur faveur le prolongement de jour qui leur a assuré la victoire, etc. Mais si ces réponses sont faibles, nous pouvons demander aussi quelles conclusions l'on veut tirer de l'objection. En conclura-t-on que la station du soleil et le double jour qui en est résulté soient des faits imaginaires? Ici nous en appelons à la géologie, et nous trouvons une fois de plus, que le plus ancien de tous les livres en est aussi le plus vrai, là quelque point de vue qu'on le considère, et que la science ne mérite son nom que lorsque ses progrès l'ont conduite jusqu'à rendre témoi- I gnage à la révélation.
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Si la terre s'est réellement arrêtée, que le temps d'arrêt ait été de 40 secondes, ou de 48 minutes, peu importe |t>. Gaussen, Théopn., p. 300. sq.), l'immensité des eaux de la mer a dù nécessairement continuer le mouvement qui lui était commun avec, le globe, et se déverser ainsi sur les continents; et, en second lieu, le globe cessant d'être sollicité à s'aplatir vers les pôles par la rotation, a dù tendre à reprendre a forme sphérique originelle, se renfler vers les pôles, se rétrécir a l'équateur; de la des convulsions, des tremblements de terre, des ruptures. Or, la géologie et les traditions rendent témoignage de ce double phénomène.
La tradition : en effet , le déluge de Deucalion , selon la chronologie vulgaire , remonte à environ 4500 ou 4 600 ans av. C. ; Josué, né vers l'an 4700, aurait eu alors de quatrevingts à cent ans (lorsqu'il s'agit de déluges, et dans des temps où l'art des dates n'était pas très avancé, l'on doit se contenter de dates qui concordent a un demi-siècle près); la coïncidence entre ces deux événements paraît prouvée ; on peut comparer aussi le déluge d'Ogygés, appelé encore Ogygus , peut-être le même que l'Augias des fables grecques, dont Hercule nettoya les étables par une inondation. Platon, dans son Timée, fait intervenir des prêtres égyptiens, qui reprochent aux Grecs de ne parler jamais que d'un seul déluge, alors qu'il y en a eu plusieurs, « un déluge, entre autres, accompagné de tremblements de terre , qui dura
l'espace d'un jour et d'une nuit (24 heures),
et engouffra l'Atlantide elle-même, qui disparut entièrement, abîmée sous les flots, » etc. Le long jour des Hébreux se retrouve encore, mais à une date plus ancienne , sous le déguisement d'une double nuit, dans les traditions des Latins et des Grecs, qui l'attribuèrent aux voluptueux caprices de Jupiter (Ovid., Amor., 4,43. Prop., 2, 22. Lucain, Phars., 6.). La double nuit correspond au double jour si, comme on va le voir, la station de la terre a eu lieu peu après le lever du soleil; alors il devait encore faire nuit chez les Grecs, et la variante de la tradition prouverait, mieux que son entier accord, la réalité même du fait.
La géologie, avons-nous dit, rend témoignage à l'histoire. Au moins, on a constaté une formation de terrains tertiaires de transports dont on a été longlemps avant de reconnaître le caractère spécial, et qu'on ne peut expliquer que par une inondation violente, subite, courte, générale, mais partout partielle, dirigée de l'occident à l'orient, et parfois, par suite de circonstances particulières, du nord-ouest au sud-est, beaucoup plus forte vers l'équateur que vers les pôles, autant de caractères qui ne s'expliquent que par une suspension momenta-
née du mouvement de rotation du globe. Cette formation, confondue tantôt avec les terrains secondaires supérieurs, tantôt avec les alluvions modernes qui se forment sous nos yeux, comprend les grands dépôts de sables de l'Afrique occidentale (Sahara, etc.), des côtes occidentales et boréales de l'Europe et de la Nouvelle- Hollande, les dépôts arénacés de la Sibérie, avec les gros quadrupèdes qui y ont conservé leurs poils et leur peau, les brèches coquillières ou falun, les brèches osseuses du calcaire jurassique, les cavernes à ossements du même dépôt ; les coquillages bivalves qu'on y rencontre y sont entassés sans ordre, tandis que dans les autres formations ils sont toujours dans leur position naturelle, c'est-à-dire, leur valve supérieure en haut. Ce fait démontre la soudaineté et la brièveté de la catastrophe. Les forêts souterraines qu'on trouve ensevelies sous les sables de la Russie septentrionale sont dirigées du nord-ouest au sud-est ; enlin l'on voit en Auvergne des produits volcaniques et pseudovolcaniques, alternant avec les sables et graviers qui recouvrent les formations secondaires les plus récentes de ces contrées, et l'on a reconnu parmi les fossiles carbonisés , au-dessous d'un de ces amas volcaniques, une planche travaillée par la main de l'homme (à Boutaresse), ce qui semble faire remonter à une date comparativement peu ancienne l'amas de ces terres sableuses et crétacées, et le gisement de cette formation. N'est-ce pas à la même époque peut-être qu'il faut rapporter aussi les dépôts de Saint- Valery (Somme) auxquels les découvertes de M. Boucher dePerthes ont acquis une si grande notoriété?
Ces faits qui rendent plausible, probable, et même nécessaire, l'interruption momentanée du mouvement de rotation de la terre, ces faits dont le souvenir s'est conservé ailleurs que chez les Hébreux, et qui semblent écrits sur les ruines qui couvrent la surface du globe, sont développés dans les Eléments de géologie de Chaubard (4833), p. 267-334, de manière A ne laisser presque aucun doute dans l'esprit. 11 nous a paru convenable d'en reproduire les traits principaux, à cause de l'importance du sujet, et de l'invraisemblance apparente du miracle. La station de la terre se place donc, comme phénomène, sur le même rang que le phénomène de la création et celui du déluge, el si sa cause nous paraît moins digne du but, nous répondrons encore avec Chaubard : Quelles conclusions veut-on en tirer P
Ajoutons, d'après le même géologue : a) que Josué se trouvait vers la position de Beth-Horon-la-Basse au moment où le soleil suspendit sa course ; b) que, vu de là, le soleil avait en ce moment 24° 40' environ d'amplitude orlive