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JOURDAIN, le plus grand fleuve de la Palestine. Son nom (en hébreu, Jarden nu Yarden) vient, selon les uns de yeor ou yôr, qui signifie fleuve, et Den ou Dan, fleuve qui a sa source près de Dan ; selon les autres, el avec plus de probabilité, de yarad, descendre, couler avec impétuosité (comme en allemand Rhein, le Rbin, vient de rinnen, couler). Il a plusieurs sources, dont deux principales, le Hasbany, Hasbény, ou Hasbéya, et le Banjas. La première, le Nabr-Hasbéya sort d'une vallée qui longe le pied occidental des montagnes de l'Hermon, et court du nord au sud, sur un sol noir, basaltique el poreux : la partie supérieure de la vallée, le Rascbéya, n'a d'eau qu'à l'époque de la fonte des neiges, ou pendant la saison des pluies : on y trouve des champs de blé, des plantations d oliviers et des vignes-, lesmonlagnes voisines renferment beaucoup de gibier, mais aussi des loups el des léopards, Canl. 4,8. Ce n'est qu'à partir d'Hasbéya que commence proprement le cours du Jourdain : il sort de la montagne au milieu de blocs de lave qui semblent un instant vouloir le retenir, et qui forment un bassin plein de l'eau la plus pure; mais bientôt il franchit ses digues et se précipite dans une étroite mais charmante vallée bien cultivée dont il arrose les rives pendant 6 à 8 kilom.; puis, courant toujours au sud, il entre dans une vallée sombre el basaltique toujours plus resserrée, qui débouche enlln tout à coup dans une espèce de plaine légèrement inclinée, d'origine également volcanique, où ses eaux vont rejoindre celles du Banjas et de plusieurs autres ruisseaux qui descendent de tous les côtés, et forment le lac .Mérom dont les rives sont marécageuses. Ce bras du Jourdain a une longueur totale de 10 à 50 kilom. L'autre bras, le Banjas, dont les eaux arrivent, dit-on, du lac de Tbiala par des canaux souterrains, el qui acquiert immédiatement une largeur considérable, sort d'une grotte profonde au pied des flancs boisés de l'Hermon oriental , dans une belle, fraîche, pittoresque et fertile contrée. Les anciens avaient consacré ces majestueuses forêts, ces riches campagnes, et cette luxurieuse végétation, au dieu protecteur des bois el des troupeaux, au dieu Pan : de là l'ancien nom de la capitale du district, Panéade, aujourd'hui Banjas; l'A. T. la nomme Bahal-Gad, el le Nouveau, Césarée de Philippe, q. v., Notre Sauveur l'a souvent visitée; il a prêché l'Evangile à ses habitants, et il leur a fait entendre plusieurs de ses paraboles, Mattb. 46, 13. Marc 8, 27. Banjas n'est plus aujourd'hui qu'un village d'environ 450 maisons; la source est au nord-est de la ville, el sort de la grotte en tiltrantà travers des décombres cl des masses de pierres, que l'on croit être les ruines d'un ancien temple de
marbre qu'Hérode avait fait construire en l'honneur d'Auguste. Au-dessus de la source s'élève une paroi de rochers à pie, pleine de niches, de sculptures et d'inscriptions relatives à Tan. A 6 ou 8 kilom. de là, le Banjas rejoint l'Hasbéya, et leurs eaux réunies sous le nom de Jourdain se jettenl dans le Mérom. Lorsque les eaux sont hautes, à l'époque de la fonte des neiges, ce lac (auj. Babr el Huleh) remplit la vallée presque entière, sur une largeur de trois lieues; en d'autres temps, au contraire, il n'est plus qu'un marais, ou parfois même il se dessèche et disparaît presque complètement comme lac (Seetzen). Alors des roseaux, le papyrus et d'autres plantes aquatiques, croissent sur son sol noir el gras, et des bêtes sauvages, des sangliers et des serpents y cherchent leur demeure. De là la vallée se rélrécit extrêmement, et le Jourdain parcourt 25 kilom. environ, avec une très grande rapidité, entre le bras esl de l'Hermon et les montagnes de Nephthali (A deux kilom. au-dessous du lac Mérom est un pont de 4 5 pas de long et de 30 de large qu'une tradition inexacte a nommé pont de Jacob.) Après une quarantaine de kilom., il entre dans le lac de Génésareth, qu'il alimente et d'où il ressort 25 kilom. plus bas. Son cours se régularise alors, el l'espace de h 00 kilom. environ, il marche du nord au sud, presque parallèlement à la Méditerranée, dans une vallée chaude et profonde appelée la grande vallée du Jourdain (arabe : El Ghor), très étroite d'abord, mais qui s'élargit vers le midi, el dont le lit est déjà de 2 à 300 m. plus bas que le niveau de la Méditerranée. Les deux parois de montagnes qui forment cette vallée ne présentent aucune interruption sensible, et, comme le Jura du côté de la Suisse, elles semblent dans le lointain être de hautes murailles d'un bleu à la fois mat el foncé. La chaîne orientale est la plus élevée, la plus continue el la plus uniforme. A sa sortie du lac de Génésareth, près des ruines de Taricbée, les eaux du Jourdain sont claires et limpides comme le cristal. Bientôt, entre les collines basses qui constituent la vallée du Jourdain, le fleuve commence ses capricieux méandres et ses nombreux détours : quelquefois, dans l'espace d'une heure ou deux seulement, son cours se dirige successivement vers les quatre points cardinaux, et ses zigzags sont si nombreux, que le lieutenant anglais Molyneux n'a pas cru devoir tenir compte de tous dans la carte qu'il fit du Jourdain, après l'avoir parcouru presque tout entier en bateau, en 1 847 : ils sont indiqués plus exactement dans la carte de Van de Velde. Quelquefois le fleuve se ramifle en une quantité de petits ruisseaux, entre lesquels on ne sait plus distinguer celui qui mérile de porter encore le nom de Jourdain. Son cours est d'ailleurs
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tellement irrégulier, et la pente moyenne est si considérable, qu'entre le lac de Génésareth et lu mer Morte, on ne compte pas moins de trente chutes d'eau plus ou moins importantes, sans parler des rapides que l'on trouve surtout là où les eaux se resserrent entre les rochers.
La vallée du Ghor se divise en trois parties : la supérieure, qui participe à la nature du lac de Tibèriade; la moyenne, dont la largeur est de 7 à 8 kilom., et qui présente de beaux pâturages, quelques habitations et quelques ruines; enfin le Ghor inférieur, qui participe à la nature de la mer Morte; sa largeur est de 20 kilom.; il comprend la campagne de Moab, sur la rive orientale, Nomb. 22, 4. 26, 3. 63. 33, 48., et celle de Jér ko, Jos. 4, 13. 5, 40., sur la rive occidentale. Le Jourdain reçoit un certain nombre d'affluents, dont le premier et le plus considérable est le Hiéromax (Jarmuk, Sberiat el Mandhur), qui, à 2 lieues au-dessous de Tibèriade, descend de l'est et se jette dans le Jourdain : c'est à partir de ce moment que la vallée du Ghor commence surtout à se couvrir d'une riche végétation, de lamarisques, de saules, d'oliviers, de pistachiers sauvages, de fougères, de buissons, de joncs, de roseaux et de fleurs, parfois si touffus qu'ils obstruent les abords du fleuve : on y trouve aussi en abondance des cigognes, des canards, des martinets de rivage, puis des sangliers, des onces, des chacals et d'autres bétes sauvages (mais les lions ont disparu, cf. Jér. 49, 49. 50, 44.); les scorpions, et toutes sortes d'insectes et de moustiques y sont fort dangereux, surtout dans la saison chaude. Des gazelles habitent les hauteurs des montagnes voisines; plus bas les lapins, les lièvres, les gerboises : dans les airs les colombes, les aigles et les vautours.
La largeur et ia profondeur du Jourdain varient beaucoup, suivant les lieux et les saisons de l'année. A son entrée dans le lac Mérom, on évalue sa largeur à 20 pas, à 80 lorsqu'il sort du lac de Génésareth, de 20 à 30 m. près de Jérico, de 30 à 100 à son embouchure dans la mer Morte; sa profondeur près de Jérico est de 5 a 6 coudées; elle n'est que de 2 m. ou 2m 50 a 800 pas au sud de la mer de Tibèriade, et en été seulement de 4 m. C'est au printemps surtout, à l'époque de la fonte des neiges, en avril et en mai, que ses eaux sont le plus profondes, au point de déborder en quelques endroits, là où les roebers qui l'encaissent sont le moins élevés, Jos. 3, 15. 1 Chr. 43, 15. A mesure qu'il approche de son embouchure dans la mer Morte, il s'étend en surface et perd en profondeur, jusqu'à ce qu'il disparaisse entièrement dans la même vallée qui a vu disparaître les villes de la plaine. Le Jourdain est poissonneux; ses eaux sont troubles et jaunâtres, plutôt lièdes que
froides, mais potables et pouvant se conserver assez facilement. — L'Ecriture sainte parle du Jourdain en près de deux cents endroits : on sait les miracles dont ce fleuve a été le témoin, le partage de ses eaux sous Josué, 3, 13.; comment Elie et Eliséele passèrent à sec,2R. 2,8.; comment le fer de la hache surnagea, 2 R. 6, 6. 7., et la descente du Saint-Esprit sur notre Sauveur lors de son baptême, Maltb. 3, 46. v. encore Gen. 44, 14-20.; cf.Ps. 440, 4. Hébr. 5, 6. 40. 7, 4-4.— Nomb. 23, 24, 25, 31, 42.; cf. Apoc. 2, 44. — Jos. 4, 2. 44. Jér. 42, 5. 49, 19. 50, 44. Zach. 44, 3.
JOZABAD ou Jébozabad, et Jozacar ou Zabad, (ils, le premier d'une Moabite, le second d'une Hammonile, tous deux prosélytes, assassinèrent Joas sur son lit, pour venger la mort de Zacharie, et furent mis à mort eux-mêmes par Amatsia, fils et successeur de Joas, 2 R. 12, 24. 4 4,5. 2 Chr. 24, 26. 25, 3.
JURA L (trompette), Gen. 4, 24., fils de Lémec et de Hada, et frère de Jabal. Il inventa, disent nos versions, le violon et les orgues, ou, d'une manière plus générale et sans pouvoir préciser davantage, les instruments à cordes et les instruments à vent, peut-être une espèce de guitare et une sorte d'harmonica. Chez tous les peuples, l'invention de ces instruments de musique remonte à une haute antiquité, el l'on aime assez à l'attribuer à quelque personnage important ; c'est ainsi que les Grecs ont leur Apollon, dont le nom n'est pas sans quelque rapport étymologique avec celui de Jubal. Remarquons encore combien la découverte de cet art, si difficile en même temps qu'il est si naturel, touche de près à l'époque où les premiers métiers utiles ont commencé d'être inventés, combien l'agréable et l'utile ont aimé à marcher de front dans l'histoire du développement de l'humanité, v. Caïn et Musique.
JUR1LE. v. Année du Jubilé.
JUCAL. v. Jéhucal.
JUDA (louange de l'Eternel). 4° Le quatrième fils de Jacob el de Léa, Gen. 29, 35. 35, 23. 37, 26. 4 Cbr. 2, 4. Maltb. 4, 2. Luc 3, 33. (env. 4920 av. C). Ce fut lui qui sauva la vie de Joseph, el qui conseilla de le vendre au lieu de le tuer. Après un si grand crime, l'union ne pouvait plus exister parmi des frères aussi jalousement haineux. Juda s'éloigna de sa famille, et vint demeurer à Hadullam. Il y fit la connaissance d'une Cananéenne, nommée Suah, qu'il épousa, et dont il eut trois fils. Il maria successivement les deux atnés à une jeune fille, Tamar, idolâtre comme Suah, et, après leur mort, il la destina encore pour épouse à Séla, le plus jeune de ses fils ; mais il tardait à accomplir ce mariage, soit que Séla fût trop jeune, soit plutôt que Juda craignit pour son cadet
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un sort semblable à celui des deux aînés. En attendant, il devint veuf; quand les jours de son deuil furent écoulés, il se rendit à Timnath, non loin d'Hadullam, et, ayant rencontré une femme qu'il prit pour une prostituée, il vint vers elle, lui promit un chevreau, et lui donna des gages. Bientôt après, on lui rapporta que Tamar, sa belle-fille, était enceinte, qu'elle avait violé la foi promise à Séla, qu'elle était adultère : le supplice du feu, en usage contre ce crime parmi les anciens peuples (Jug. 15, 6.), est impitoyablement prononcé par Juda contre Tamar ; mais il doit révoquer sa sentence lorsqu'elle lui prouve, en lui montrant les gages qu'elle a reçus de lui, que c'est de lui-même que lui vient son déshonneur. Cette honteuse histoire se lit au 38e chapitre de la Genèse, triste épisode dans une vie qui a eu des moments sublimes à côté de beaucoup de faiblesses et de lâchetés. On ignore à quelle époque on en doit placer le commencement et la flo ; il est probable que, lors de la vente de Joseph aux Ismaélites, Juda était déjà marié; car, depuis ce moment jusqu'à la reconnaissance de Joseph en Egypte, il ne se passa que vingt-deux ans, temps qui serait trop court pour comprendre toute l'histoire de Suah et de Tamar, le mariage de Juda, la naissance de trois fils, et le mariage possible de son cadet; or, lors du voyage d'Egypte, tout cet épisode est terminé. Sur le mariage successif d'une femme à trois frères, cf. Deut. 25, 5. L'impression que ce récit laisse dans le cœur est celle d'un dégoût profond pour la licence effrénée d'une époque pareille, v. Grandpierre, Essais sur le Pentateaque. Jésus est descendu en ligne directe de Pbarès, l'un des deux jumeaux adultérins de Juda et de Tamar, acceptant jusque dans sa généalogie les humiliations qui devaient faire de lui le méprisé des hommes.
A l'époque de la famine, on trouve de nouveau Juda réuni à son père et à ses frères, Gen. 43, 3. C'est lui qui décide Jacob à laisser venir avec eux Benjamin ; c'est lui qui porte la parole devant Joseph, et qui s'offre à prendre la place de Benjamin quand il le voit sur le point d'être retenu comme esclave ; c'est enfin lui qui vient annoncer à Joseph l'arrivée de son père.
Juda, qui parait avoir hérité du droit d'aînesse, en suite de l'inceste de Ruben avec Bilha, et de la violence de Siméon et de Lévi contre les Sicbémites, est le chef de la plus grande des tribus d'Israël. On la voit la plus nombreuse dès le temps de Moïse, Nomb. 4, 26. 87., marchant dans le désert à la téte des autres, Nomb. 2, 3. 40, 44. ets'avançant la première au combat. Jug. 1 , 2. 20, 18., comme elle tigure aussi la première dans l énumération de 4 Chr. 1 2, 24. Son territoire s'étendait, à l'est, jusqu'à la mer Morte; à l'ouest, jusqu'à la Méditerranée; au
sud, il allait de l'extrémité de la mer Morte au ruisseau d'Egypte; au nord, de l'autre extrémité de la même mer jusqu'à Jamné, par la vallée du Cédron et par KiriathJèharim. Il se divisait naturellement en trois parties, le midi ou la plaine, la montagne, et le rivage, Nomb- 13, 30. Juda était donc, par sa position, le défenseur naturel des frontières méridionales du pays contre les Philistins, les Hamalécitt-s, U*s Edomiles et l'Egypte. Il reçut en partage 115 villes : dont 29 dans des contrées inconnues, voisines d'FJamalek et d'Edom, dans le pays du midi; 42 dans la plaine, depuis le pied des montagnes du plateau à la Méditerranée; 3H sur la montagne ou sur le plateau, et 6 dans le désert qui est à l'ouest de la mer Morte. Quoiqu'il en ait cédé plusieurs à Siméon, à Dan et à Benjamin, son territoire resta cependant encore plus grand qu'aucun autre, à l'exception peut-être de celui de Manassé. Il combattit longtemps contre les Cananéens de son territoire, contre les Philistins, les Iduméens et les autres peuples voisins, avant que de les soumettre entièrement. Ses ennemis étaient plus redoutables encore que ceux de Manassé, et ses frontières plus importantes que celles de l'Hauran, mais il en vint à bout ; la prière de Moïse fut exaucée : « 0 Eternel, écoule la voix de Juda! que ses mains lui suffisent, et sois-lui en aide contre tous ses ennemis ! » (Deut. 33, 7.) Les prédictions du vieux Jacob s'accomplissaient aussi : « Juda est un faon de lion ; il s'est couché comme un lion qui est en sa force, comme un vieux lion ; qui le réveillera ? — Sa main a été (sous David) sur le collet de ses ennemis, et (depuis la royauté davidique), ses frères se sont prosternés devant lui, » Gen. 49, 8. Juda habitait un pays de vignobles, et ses déserts même étaient de bons pâturages, selon ce que Jacob avait annoncé (ibid., 44 et42 )« 11 attache à la vigne son ânon, et au cep excellent le p<Hit de son ânesse ; il lave son vêlement dans le vin, et son manteau dans le sang des grappes ; il a les yeux vermeils de vin, et les dents blanches de lait. » — Parmi les hommes les plus distingués de celte tribu, il faut compter Caleb, Holhniel, Booz, David, Joab et Daniel.
Après la mort de Saûl, la tribu de Juda se sépara des onze autres, et reconnut seule la royauté de David, alors âgé de trente ans, pendant qu'Is-Boselh, tilsdeSaùl, régnait sur tout le reste du pays. Juda soutint son roi les armes à la main, et vit, au bout de sept ans et demi, son parti vit lorieux et les tribus ennemies se réunir à lui: celte vaillante tribu devint ainsi la première du royaume en influence ; elle conserva ses avantages, et David y fixa sa résidence. Mais celle d'Ephraïm ne put voir sans jalousie ce triomphe qui assurait à une autre tribu la pré-
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pondéranceà laquelle elle avait toujours aspiré; et, profilant du mécontentement qui s'était manifesté chez plusieurs tribus sous le règne de Salomon, et qu'elle s'était sans doute appliquée à entretenir, elle se mit à leur léle à la mort de ce monarque, et, ne pouvait réunir à elle le royaume tout entier, elle proclama la division du royaume en deux parties, dont Tune fut appelée, de son nom, royaume d'Ephrafm (quelquefois, mais improprement, royaume d'Israël), et l'autre, royaume de Juda.
Deux tribus seules, celles de Juda et de Benjamin, composèrent le royaume de Juda ; il faut y joindre cependant aussi quelques villes de Dan et de Siméon, 2 Chr. 4 4, 10. 4 R. 49, 3. Mais si ce royaume fut petit, il n'en resta pas moins le plus important des deux, non-seulement parce qu'il avait à sa léle la dynastie légitime, la royauté davidique, mais encore parce qu'il renfermait la plus grande et la plus forte ville de toute la Palestine, Jérusalem, et le temple et le tabernacle, seul sanctuaire vers lequel pussenl se tourner les Juifs pieux et tidéles du royaume des dix tribus; enlin, Juda commandait à l'idumée, dont les ports lui étaient assujettis, et pouvaient être pour lui d'une grande utilité militaire ou commerciale; mais il ne sut pas toujours proliler de ses avantages. La faiblesse numérique du royaume de Juda ressort de ce qui est dit, 4 R. 42, 24., que Roboam, voulant attaquer Jéroboam, ne put mettre sur pied que 480,000 hommes, chiffre bien peu considérable quand on se rappelle ce que nous avons dit des armées de ces anciens temps; on voit encore, par 2 R. 14, 9., l'immense différence que le roi d'Israël meltait entre sa puissance et celle de Juda. Mais dans l'esprit du peuple, la dynastie de Juda fut toujours considérée comme la légitime, tandis que celle d'Israël était sortie d'une révolution, et n'avait pas pour elle ce droit divin que, seule parmi toutes les dynasties qui ont existé, celle de David a pu revendiquer à juste titre; les prophètes n'ont pas manqué de relever toujours cette légitimité du royaume de Juda. Sans doute, un prophète prédit à Jéroboam son avènement au trône d'Israël, el lui annonça même qu'il serait béni s'il était Adèle ; mais une prédiction n'est pas une autorisation, v. d'ailleurs 1 R. 44, 14. Jéhu même, nouvel usurpateur, fut égalemeut consacré roi d'Israël par un prophéle, i R. 9, 1. sq., el la dynastie de Jéroboam tomba comme elle s'était élevée.
Le royaume de Juda était garanti, à l'orient, par de puissantes frontières naturelles, contre ses ennemis extérieurs ; mais, des trois autres côtés, il était presque sans défense. Sa durée, jusqu'à sa destruction par les Babyloniens, a été, d'après les calculs les plus exacts, de 385
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ans environ (Ezéchiel, 4, 5-, en nombres ronds,
dit 390), c'est-à-dire de 970-586 av. C. Les chiffres indiqués dans les livres historiques pour le règne de chaque roi porteraient la somme totale des années à 393 ans el six mois; mais les années n'étant pas toujours complètes, il est facile de réduire ce chiffre à celui de 385 sans altérer la justesse des calculs. Voici la liste de ces vingt rois, avec la date approximative de leur avènement, v. Chronologie.
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