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Ce fut, pendant toute l'existence du royaume, une seule el même dynastie; le fils (et presque toujours l'aîné) monta sur le trône à la place de son père, et cet ordre ne fut changé ni par Pusurpaiion momentanée d'Halbalie, ni par le meurtre de Joas, ni par celui d'Amon, ni même par l'intervention étrangère qui déirôna Joachaz et lui donna pour successeur Eliakim son frère (Jéhojakim), et qui, plus tard encore, remplaça Jéhojachin par son oncle Mat ta nia (Sédécias), frère de Joachaz 2 R. 41, 1. 12, 20. 2 f, 23. 23, 34. 24, 17. Malgré la solidité du trône de Juda, presque aucun de ses règnes ne fut tranquille : dès le commencement il dut lutter cou- Ire Israël, el acheta le secours des rois syriens; puis l'anarchie du royaume scbismalique lui donna la paix pour quelques années, 1 R. 14- 16. Lorsque Israël se fut raffermi, les deux cours rivales conclurent une alliance, 1 R. 22, bientôt suivie d'un mariage, 2 R. 8, 18., qui blessa le royaume de Syrie, premier allié de Juda. Les suites de cette alliance furent fâcheuses, sous le double point de vue politique el religieux, pour le royaume de Juda qui n'eût point dù rechercher la faveur des tribus rebulles. Une nouvelle révolution dans le royaume des dix tribus mil fin à cette alliance, el les Syriens irrités fondirent alors sur Juda, qui dut racheter sa f.iibiesse par de grands sacrifices, i R. 12, 17. Un succès momentané rendit à Juda
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son premier courage et remonta son ardeur : il réussit à ramener sous le joug les Edomiles qui lavaient secoué naguère, 2 R. 4 4, 7., et enivré de cette victoire, il déclara la guerre nu royaume d'Israël, 2 R. 14, 8.; mais Jérusalem fut pillée, et la guerra cessa. L'anarchie ayant recommencé en Israël, Juda put respirer un moment plus à l'aise et jouir en paix de ses conquêtes sur lïdumée, 2 R. 4 4, 22. Puis Israël, remis de ses troubles intérieurs, renouvela ses attaques contre Juda, et s'allia aux rois de Syrie, qui s'emparèrent a leur tour des ports d'Edom, 2 R. 16, 6. Juda, trop faible pour résister seul , crut se fortifier par une alliance avec une puissance infidèle, et rechercha le secours de l'Assyrie, qui s'étendait déjà vers l'Euphrate; mais au lieu d'être son allié, Juda fut bientôt son vassal tributaire, 2 R. 18. 7. ; il dut, comme le cheval de la fable, servir de monture a son libérateur. Il essaya de secouer ce joug, se reposant sur l'appui qu'il attendait de l'Egypte, 2 R. 18, 24.; mais il est probable qu'il n'eût fait qu'aggraver sa position, si un miracle de l'Eternel ne fût venu lui rappeler, en dispersant l'armée d'Assyrie, qu'il vaut mieux se confier en Dieu que de se reposer sur les grands, 2 R. 49. Israël fut emmené captif, les armées de l'Assyrien durent se tourner vers d'autres ennemis, et Juda eut un temps de répit, dont il profila pour rallier sous son autorité religieuse ceux qui étaient demeurés de reste en Israël; mais bientôt, jeté entre les armées d'Egypte et d'Assyrie, il devint la proie de la première de ces puissances; la dynastie cède a l'influence malfaisante de l'Egypte, contre laquelle les prophètes avaient déjà de bonne heure essayé de la mettre en garde ; d'un autre côté Nébucadnetsar, le conquérant de Babylone, creuse la fosse où doit périr l'indépendance et la royauté terrestre de ce petit royaume : il chasse vers l'occident de l'Asie ses troupes innombrables, pille Jérusalem, conduit en captivité la meilleure partie du peuple . et finit par bouleverser et détruire entièrement capitale et royaume , sous le règne et par la fausse politique de Sédécias, qui n'avait que l'ombre du pouvoir et qui ne la sut pas même conserver, 2 R. 24, 20. Ez. 17, 15.
Le culte du vrai Dieu ne fut jamais entièrement abandonné, alors même que l'idolâtrie avait pris possession du pays, et plusieurs rois s'efforcèrent, comme Josias, de maintenir la pureté du culte et de lui rendre l'éclat qu'il avait eu aux premiers temps de la royauté juive, sous David et Salomon ; cependant ce ne fut, le plus souvent, qu'une religion extérieure et cérémonielle , Jér. 6, 20. 7, 4. Les prêtres jouirent d'un grand crédit à la cour de plusieurs rois, mais ne réussirent pas toujours à purifier
les mœurs, contre le relâchement desquelles les prophètes, et notamment Esaie, s'élevèrent souvent et avec énergie. — Dans la période qui s'écoula depuis Ezéchias jusqu'à la fin , une lutte s'éleva entre la royauté et l'aristocratie, Ez. 22, 6.. et les grands essayèrent plus d'une fois de mettre les rois faibles dans une honteuse dépendance; parfois ils réussirent, Jér. 4, 9. 36, 42.37, 45. 38,25.
Comme mœurs publiques, l'Ecriture fait ressortir : un fort penchant à l'incrédulité, Es. 5, 49. 7, 13. 28, 9. 29, 1t. 30, 9., et un système de désobéissance à quelques unes des prescriptions de la loi divine, la violation du jour du Seigneur, Jér. 17, 21. 34, 9. Ez. 5, 6., un luxe, une mollesse effrénée, Es. 3, 16. 5, 14., qui endurcissait de jour en jour le cœur et aveuglait le peuple. Es. 32, 9. Ez. 11, 3. Jér. 5, 3. 21. ; l'injustice parait avoir été à l'ordre du jour, et l'oppression des faibles, Es. 5, 20. 10, 4. Jér. 5, 28. 22, 3.; le mensonge et la tromperie avaient chassé la confiance mutuelle, Jér. 9, 3. ; enfin le peuple se livrait sans honte comme sans crainte, au culte de dieux étrangers, Jér. 10, 3. Ez. 6, 5., et ailleurs; des prêtres même de Jéhovah se joignirent souvent à ces profanations, soit ouvertement, soit en secret, Soph. 3, 4. Ez. 44, 10. C'est ainsi que ce malheureux royaume mûrissait lentement pour sa ruine; il ne dut qu'à des circonstances étrangères de survivre comme il le fit au royaume d'Israël. — Quant au sort du pays et de ses habitants pendant l'exil, v. Guédalia.
2° Juda, fils de Joseph ; — 3° fils de Johanna, Luc, 3, 30. 26. : deux des ancêtres de Jésus par Marie ; l'un et l'autre inconnus.
JUDAS. 1° Le dernier des douze apôtres, Matin. 10, 4. Marc 3, 49. Luc 6, 46, Jean 6, 71 . 11 était surnommé lscariot , soit qu'il fût de la tribu d'Issacar,doutce surnom serait un abrégé, soit plutôt qu'il lût de Kérijoth, ce que son nom indiquerait en hébreu. Compagnon de Jésus dans toutes ses courses, il était chargé de la bourse et du maniement des aumônes, et son caractère, peut-être naturellement avare, trouva dans celte circonstance un aliment de cupidité qui le perdit. Pour l'avare, le simple plaisir de l'addition est déjà une sensualité ; son bonheur consiste à ajouter, sa douleur est de soustraire. Au souper de Béthanie, on le vit regretter le parfum que Marie avait répandu sur la tête et sur les pieds de Jésus, Jean 12, 4.; les autres disciples parurent croire aussi que celle dépense était une prodigalité, et que le prix en eût été employé plus utilement à soulager les pauvres, Matlh. 26, 8. Marc 1 4, 4. Mais les pauvres n'étaient pour Judas qu'un prétexte; s'il était avare, il était aussi voleur : l'un conduilà l'autre; et dans la société dont il faisait partie, société
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fondée sur l'amour et sur la confiance, on n'examinait pas ses comptes, on le laissait faire, et il en abusait. Irrité, soit de ce qu'une occasion si favorable pour commettre un nouveau larcin lui eût été enlevée, soit des reproches indirects que Jésus lui avait faits, et dont il était mieux à même que les autres de comprendre la portée, il conçut à la première occasion (Jean 43, 2.) le projet de se procurer de l'argent d'une autre manière. Les marchands étaient tout trouvés, la chose à vendre était également sous sa main ; il vendit son maître, argent comptant, aux sacrificateurs pour le prix ordinaire d'un esclave, 30 pièces d'argent, cf. Ex. 24 , 32. De ce moment les détails donnés par les quatre évangélistes présentent quelque incertitude sur l'ordre des événements. Judas paraît être retourné vers Jésus a Bélhanie, Marc 44, 47. : il revient avec lui à Jérusalem, le jeudi; il prend sa place au milieu des douze, dans la maison où la dernière Pàque juive va être célébrée sous la forme d'un symbole, près de celui qui va être immolé comme le véritable agneau pascal qui ôte les péchés du monde; il entend Jésus déclarer qu'un traître est au milieu d'eux ; Jésus lui donne un morceau trempé, et le malheureux, qui voit Pierre et Jean parler avec leur maître sur celte trahison qui les effraye tous, ose encore demander : Maître, est-ce moi ? Il sort alors, et, sachant que Jésus passera la nuit en Gelbsémané, il va s'entendre avec les prêtres pendant que la cène s'achève et que Jésus prie pour le monde et bénit ses disciples. Bientôt le Sauveur a passé le Cédroiu et le traître s'avance pour l'embrasser au lieu même qu'il vient de tremper de ses larmes, de ses sueurs et de son sang. Le Fils de l'Homme est saisi comme un brigand par les valets des prêtres; il quitte Gethsémané pour la croix. Mais bientôt Judas apprend que son maître a été condamné ù mort; peut-être s'était-il flatté que Jésus échapperait à ses ennemis cette fois, comme en d'autres rencontres; il avait supposé peui-élre que Jésus en serait quitte pour une réprimande, une interdiction, tout au plus la prison. Il n'avait pas prévu, il ne pouvait pas prévoir une condamnation à mort : le dernier des supplices n'était fait que pour le dernier des criminels, et Judas, comme Pilate, ne voyait rien en Jésus qui fût digne de mort; il avait compté sans la haine, sans la haine des prêtres. Aussi, quand il apprend la terrible sentence, tourmenté de remords, il va rendre l'argent, mais on ne lui rend pas la victime; il est plus facile d'ôler la vie à un homme que de la lui rendre; et le fils de perdition, désespéré, va se pendre, nous dit saint Matthieu, 27, 5. Saint Pierre ajoute que son corps s'est crevé par le milieu, la corde s'étant peut-être rompue, et que ses
entrailles ont été répandues à terre, Act. 4,48.
Judas le traître a-t-il communié ? Celte question, débattue depuis des siècles, n'a pas été résolue, et ne le sera pas; elle dépend de l'impossible solution des trois questions suivantes : 4° le chapitre 4 3 de Jean parle-t-il du souper de la Pâque, ou bien d'un repas qui eut lieu à Bélhanie deux jours auparavant P v. Tholuck ad Joh. 43. 2° Si ce chapitre parle du souper de la Pâque, Jésus a-t-il institué la cène avant ou après le lavage des pieds ? Si ce fut avant, Judas était là ; si ce fut après, il n'a pas communié, puisqu'il est dit (v. 30) qu'il partit aussitôt après avoir pris le morceau. 3° Le morceau trempé que Jésus lui donna était-il un morceau de l'agneau pascal, le pain même de la communion, ou bien encore un mets indifférent? Cette question, au reste, est moins importante que quelques personnes n'ont voulu la faire, et si même Judas a communié, il l'a fait, non comme traître, puisqu'il n'était pas manifesté, mais comme disciple ; à coup sûr, U n'aurait pas été admis à la cène le lendemain, parce qu'alors il eût été reconnu comme impie et comme traître déclaré ; aucun des apôtres n'eût voulu manger avec lui. (v. sur la cène de Judas : Guers, Essai sur les Eglises, 143-446; Bauty, Réponse, 84; F. Olivier, Réponse, 402-405, etc.)
Jésus a fait de cet homme le plus malheureux de lous les hommes, Matth. 26, 24., et l'on a tout dit quand on a dit un Judas.
2° Judas le Galiléen, Acl. 5, 37., appelé de même par Josèphe, qui lui donne aussi le surnom du Gaulonite (Antiq., 48, 4, 4. 20, 5, 2.), était de Gamala, ville fortifiée, au bord de la mer de Galilée, dans la basse Gaulonite. D'accord avec un certain Tsadok, il chercha à soulever les Juifs, à propos d'un recensement ordonné par l'empereur Auguste, l'an 7 de l'ère chrétienne, trente-sept ;ins après la bataille d'Aclium, et les poussa à refuser de payer à un monarque terrestre et usurpateur un impôt qu'ils ne devaient qu'au Roi des rois. Il périt dans un engagement; la sédition fut apaisée, mais ses adhérents n'en continuèrent pas moins leur œuvre de soulèvement, et plus tard, sous les ordres de Manahem, son fils, et d'Eléazar, ils reprirent les armes, allumèrent dans toute la Judée le feu de la révolte, et furent cause de l'arrivée des Romains et de la ruine de tout le pays. Gamaliel, en disant que ce parti avait été dissipé, était mal informé, ou bien il voulait parler seulement d'une dispersion momentanée.
3° Judas, propriétaire de la maison où logea Paul à Damas; inconnu. Act. 9, 44.
4° Judas Barsabas, v. Barsabas 2°.
JUDE. Ces différents noms de Juda, Judas et .lude, ne sont en hébreu et en grec qu'un seul et même nom, porté par une dizaine de person-