‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 214 sur 398 · JOD · texte numérisé non relu

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nages divers dans l'A. et le N. T. Le nom de Jude a élé donné à un apôtre et au frère du Seigneur par les traducteurs de nos versions, pour éviter sans doute de rappeler le nom de Judas Iscariot. On trouve ainsi deux Jude, dans le N. T. : 4° le frère du Seigneur, Matth. 4 3, 55. Marc 6, 3. — 2° Jude, l'apôtre, Luc 6, 46. Acl. 4, 43., surnommé Lebbée (mon cœur), ou Thaddée (ma poitrine), Matth. 10, 3. Marc 3, 18., l'un des douze, frère de Jacques, de Joses et de Simon, bis de Cléopas et de Marie. Les évangiles ne nous rapportent de lui qu'un seul fait, la demande qu'il adressa au Sauveur pendant le dernier souper : « Seigneur, d'où vient que tu te déclareras à nous, et non pas au monde ? » Jean 44, 22. Sa vie et sa carrière apostolique sont peu connues; les traditions des différentes Eglises varient à son sujet. Selon les Pères de l'Kglise grecque, il a prêché l'Evangile dans J'Idumée, l'Arabie, la Syrie et la Mésopotamie, et il est mort tranquillement à Edesse. Les auteurs syriens le font mourir martyr à Bayrouth, en Syrie. Selon les écrivains de l'Eglise latine, Il a pénétré eu Perse, où il a succombé aux fureurs des mages. Eusèbe raconte qu'un des soixante-dix disciples, nommé Thaddée, a été envoyé par Thomas à Edesse, et la tradition syriaque parle également d'un Addée ou Thaddée qui aurait évangélisé la Mésopotamie, mais qui ne serait pas un des douze. Enlin, selon Hégésippe, les petits-flls de Jude auraient été dénoncés à Domitien comme sectateurs de Christ, prétendu roi d'Orient et descendant de David ; mais l'empereur, voyant leurs mains calleuses, leur pauvreté et leur profonde ignorance politique, les aurait fait relâcher aussitôt. L'identité de ce Jude, apôtre, avec le précédent, Jude, frère du Seigneur, contestée par plusieurs, nous semble établie par les mêmes raisons qui ont prouvé, à l'art. Jacques, l'identité du tils d'AIphée et du Jacques frère du Seigneur. C'est l'opinion des principaux critiques, Richard Simon, Calmet, Hug, Eubhorn,Scliiicckenburger, Glaire, Slorr, Arnaud. Parmi ceux qui distinguent les deux Jude, il faut nommer Herder. De Wette, Néander, Guericke, Schott et Sardinoux.

Èpitre de Jude. L'auteur lui-même se nomme Jude, serviteur de Jésus-Christ, frère de Jacques. Plusieurs opinions sont mises en avant; cependant celle qui regarde l'apôtre comme auteur de l'éptlre l'emporte de beaucoup sur les autres, soit par l'unaHiroilé de la tradition, soit par l'autohiè des théologiens nombreux qui l'ont acceptée, soit entin par l'évidence des arguments qui militent en sa faveur. 1" De Welle, et d'autres avec lui, voient l'auteur de l'épiire dans un Jude frère de Jacques et (ils d'Alphée, mais différent de celui qui est surnommé Lebbée

ou Thaddée, lequel Jude, selon eux, devrait être entendu comme fils et non frère de Jacques, Luc 6, 46. Act. 4, 43. Jude Lebbée serait ainsi (ils d'un Jacques inconnu. Ils s'appuient, entre autres, sur ce que l'auteur de l'épître ne prend pas le nom d'apôtre. Mais on peut répondre que l'auteur était libre de se désigner comme il l'entendait, et qu'il a omis son titre d'apôtre comme Paul, Phil. 4, 4. Il a préféré se faire connaître quant à son autorité par le titre de serviteur de Christ, et quant à son individualité par celui de frère de Jacques. — 2e Augusti et Welker ont pris Jude pour Judas Barsabas, et Schott, lisant Judas Bar-Zébed, ferait de ce Jude un troisième Dis de Zébédée, opinion qui n'a pas même besoin d'être réfutée. — 3° Grotius, qui voudrait voir dans cette épitre une allusion à la secte gnostique des carpocratiens, l'attribue à un Jude évéque de Jérusalem sous Adrien, vers 430, et retranche en conséquence les mots « frère de Jacques, » contre l'autorité de tous les manuscrits. — 4° Dahl (4807) suppose qu'un prêtre, nommé Jude a voulu supprimer la lettre de Pierre qui lui avait élé remise pour être communiquée aux Eglises, qu'il l'a tronquée, mutilée, chargée d'allusions apocryphes et légendaires, afin de la rendre plus populaire et plus impressive, et qu'il la lit circuler sous son nom pour acquérir quelque gloire. — 5° Enlin, l'opinion à laquelle nous n'hésitons pas à nous ranger, attribue répitre à l'apôtre Jude, surnommé Lebbée et Thaddée, frère de l'apôtre Jacques et fils d'Alphée. Jacques, l'évoque de Jérusalem, si connu et si estimé dans l'antiquité chrétienne, était le seul qui eut assez de célébrité pour que Jude pût se servir de son nom comme d'une recommandation suffisante, ei si Jude n'y a pas ajouté le nom de son père, c'est qu'Alphée était peu connu et qu'il n'a servi à distinguer les deux Jacques qu'aussi longtemps que le tils de Zebédée était encore en vie.

On ne sait rien de positif sur l'époque de la composition de celle épitre, non plus que sur l'occasion qui lui a donné naissance. Il y a un rapport intime entre cette lettre et la seconde de Pierre, et nous en reparlerons a propos de cette dernière. Il est probable que c'est aux mêmes lecteurs que l'une et l'autre ont été adressées; elles ont toutes deux le même but, celui qui est indiqué versets 3 et 4. In mal immense s'était glissé dans les Eglises, semé par les taux chrétiens qui poussèrent les doctrines de l'Evangile, et notamment celles de Paul sur la lin de la loi et sur la liberté, jusqu'à la licence dans la conduite, en progageanl des idées qui plus tard se développèrent dans le gnosticisme, et selon lesquelles le Dieu des Juifs, organisateur de l'univers et objet du culte judaïque, aurait été un esprit subordonné et même malin ; c'était en

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un mot une satire faite sur la doctrine de Paul. Pierre ei Jude, qui habitèrent longtemps l'Orient, virent le mal et s'y opposèrent. Jude commença, et Pierre vint plus tard le soutenir de son autorité plus connue sinon plus réelle, en développant la lettre de Jude à laquelle il a emprunté plusieurs détails. — Cette épitre ne fut reçue dans le canon syrien qu'au quatrième siècle; Eusebe raconte qu'elle était reçue par les uns et lue dans les Eglises, mais que d'autres ne la reconnaissaient point, non plus que celle de Jacques et les deux dernières de Jean. On comprend facilement qu'une si petite lettre, qui de. plus n'était pas de la main de Paul, cl qui fut adressée à des Eglises de l'Asie Mineure, ne soit pas entrée en circulation aussi vile que d'autres. Jérôme nous apprend encore une raison qui a pu retarder la reconnaissance publique de cette épitre ; c'est une de ces raisons dogmatiques que les Pères ont souvent préférées aux critiques, le fait de la citation du livre d'Enoch; mais v, cet article. Au reste, les témoignages en faveur de l'authenticité remontent assez haut, et sont assez nombreux pour l'établir d'une manière complète. Clément d'Alexandrie, Origène elTertullien, la citent en propres termes; un autre passage d'Origène est douteux. — v. Arnaud, Etude critique sur l'ép. de Jude (1851).

JUDÉE. Ce nom tout à fait général, et qui signitie proprement terre des Juifs, fut employé d'abord pour désigner tout le territoire occupé par la nation juive, la Palestine, la terre de Canaan. C'est surtout immédiatement après le retour de l'exil que cette dénomination prévalut, peut-être parce que la plupart de ceux qui revinrent appartenaient a l'ancien royaume de Juda. 11 désigna plus tard, d'une manière déjà plus spéciale, la partie sud de la Palestine, les territoires de Juda et de Benjamin, avec une portion de ceux de Dan et de Siméon. La division par tribus ayant disparu depuis l'exil, cette contrée a laquelle fut ajoutée encore la partie méridionale des montagnes d'Ephraïm, et peutêtre la plaine entière de Saron, ne fut connue que sous le nom de province de Judée, Matth. 2, t. 3, 4. 4, 25. Luc 4, 65. 2, 4. Jean 3, 22. Act. 2, 9. Après la mort d'Hérode le Grand, la Judée reprit une espèce d'existence politique ; elle fut donnée en partage par Auguste à Archélaûs, de même que la Sauiarie et l'Idumée, et la province redevint royaume ; mais cet état dura peu; Archélaus ayant été banni, la Judée fut annexée à la Syrie, et gouvernée par des procurateurs. C'est dans ces conditions que les Evangiles nous la montrent pendant la vie de notre Seigneur. Agrippa, petit-fils d'Hérode, la ramena de nouveau pour un peu de temps sous son sceptre, mais à sa mort elle fut de nouveau

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réunie à la Syrie, à laquelle elle ne cessa plus d'appartenir jusqu'à ce qu'arriva la catastrophe qui mit fin à l'existence du peuple juif comme peuple.

La Judée était une contrée presque tout entière montagneuse par la réunion des monlagnes d'Euhraïm et de Juda qui parcouraient le pays du nord au midi, et qui ne s'abaissaient que vers l'ouest; mais ces montagnes étaient pour la plupart d une grande fertilité, et de riches vallées portaient en diver>es directions l'abondance de leurs productions et la fraîcheur de leurs eaux.

Josèphe donne pour limites à la Judée le Jourdain, l'Idumée, Joppe et les montagnes d'Ephraïm ; il lui donne pour centre Jérusalem, qui était d'abord la frontière nord, et il la divise en onze districts portant le nom de leurs villes principales, Jérusalem, Gophora,Acrabalta,Tliumna, Lydda, Emmaus, Pella, Idumaîa, Ben-Guédi, Hèrodlum et Jéricho. Les auteurs profanes connaissaient la Judée et quelque chose de ses usages, mais superliciellenienl : Juvénal (Sat. VI) la caractérise en deux mots :

Observant ubi festa mero pede sabbala reges, Et vetu» iodulget scuibu* clemcntia porcis.

Horace n'est ni plus juste, ni plus profond dans les appréciations qu'il en fait et dans les jugements qu'il porte.

JUGE, jugement Justice. De mêmequedans chaque maison c'était le chef de la famille qui exerçait l'autorité suprême à tous égards, et particulièrement pour les différends qui pouvaient s'élever entre les membres de la famille, de même dans les tribus, les villes et les bourgades, ce droit appartenait, en matière de jugements civils et criminels ordinaires, à des juges laïques, les mêmes qui sont nommes anciens, Dent, 24, 2. 3. 4. 6. 4 6, 48. Ex. 48, 43-26. Les sacrificateurs formaient une instance supérieure, sans cependant qu'on puisse les comparer à une cour d'appel, puisque c'était aux juges et non point aux parties de décider si l'affaire serait portée plus loin, Deut. 47, 8. 49, 47. C'était aux portes de la ville que les juges tenaient leurs audiences, et comme les Israélites étaient tous laboureurs, sortant le matin pour se rendre aux champs et revenant le soir, le lieu choisi pour rendre la justice était ainsi le plus public qu'il pût y avoir, elles passants pouvaient s'arrêter, écouter ou déposer. Deut. 24, 49. 22, t.'i. 25, 7. Ruth. 4, I. Prov. 22, 22. Am. 5, 45. Zach. 8. 46. Le plaignante! l'accusé comparaissaient en personne; ce dernier était en habit de deuil et se tenait à la gauche, Zach. 3, 4.3. Les débats étaient simples et oraux, les jugements sommaires; l'accusé était de fait presque toujours jugé par ses pairs, propriétaires et la-

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boureurs comme lui, et le tribunal était un jury sans doute peu versé dans la loi, mais bien instruit des faits. La justice parait avoir été entièrement gratuite. La preuve légale résultait du témoignage, mais il fallait au moins deux témoins; cet ordre est trois fois répété dans le Peniateuque, Nomb. 35, 30. Deut. 47,6. 49, 15.; a défaut de témoins suffisants, le serment était déféré au prévenu, Ex. 22, 44., cf. Hébr. 6, 16. Le sort paraît avoir été introduit plus tard pour la dérision de questions trop difficiles à trancher, Prov. 46, 33. 48, 18.; mais la torture, celte invention du paganisme inconnu aux Hébreux, ne pénétra dans leur vie publique que sous les Hèrodes. Dans les cas où la loi ne parlait pas assez clairement, on consultait l'Eternel, Lév, 24, 42. Nomb. 45, 34. 35. On voit par ces détails que les formes étaient toutes en faveur de l'accusé.

A l'époque des juges, ce furent ces bauls magistrats qui décidèrent des questions difficiles, Jug. 4, 5. Samuel paraît avoir établi une espèce de jurisprudence plus régulière, faisant lui-même, et plus lard faisant faire par ses fils le tour du pays pour l'administration de la justice, 4 Sam. 7, 16. 8, 4. Après lui, les rois furent juges, et non-seulement en dernière instance, mais encore juges ordinaires, et abordables à tous ceux de leurs sujets qui venaient pour demander justice ; on peut en voir des exemples 2 Sam. 15,2. 6., cf. 2 Chr. 49, 4. 5. 4 R. 3, 46. 2 Sam. 14, 4. 2 R. 45, 5. Cependant on trouve sous David et sous Salou.on rétablissement de tribunaux spéciaux pour les différentes localités, cf. 1 Chr. 23, 4. 26, 29. Lors de la réorganisation judiciaire qui fut faite par Josaphat, ces tribunaux eurent à régler tout ensemble les cas de conscience et les procès civils ou criminels; ils se composaient des sacrificateurs, ou d'un seul, réunis au juge du lieu ou bien au chef du pays ; dans ce dernier cas c'était la cour suprême, 2 Chr. 19, 8. 41.

Les prophètes et le livre des Proverbes montrent que de nombreuses plaintes s'élevaient sur la partialité des juges, et l'on peut se convaincre que, malgré les sévères défenses de la loi à cet égard, Deut. 1, 17., la vénalité des juges était presque générale, comme aussi les faux témoins étaient à l'ordre du jour, Es. 1, 23. 5, 23. 10, 1. Jér. 22, 3. Am. 4, 4. 5, 12. 6, 12. Mich. 3, 11. 7, 3. Zach. 7, 9. Prov. 48, 40. 24, 23. 6, 49. 12, 17. 19, 5. 21, 28. cf. déjà 1 Sam. 8, 3.

Les rois avaient le droit, principalement en matières criminelles, de prononcer des sentences de leur chef; c'était une justice de cabinet, comme on la rencontre encore de nos jours en Orient, 4 Sam. 22, 46. 2 Sam. 4, 9. 4 K. 22, 26. 2 Sam. 42, 5. 2 R. 21, 16. Jér. 36, 26.

Selon l'usage oriental l'exécution suivait de près la sentem e ; lorsque la peine de mort avait été prononcée et qu'il n'y avait pas un vengeur du sang, c'étaient d'ordinaire les spectateurs qui remplissaient cet office en lapidant la victime. Les accusateurs et les témoins, plus solennellement responsables, devaient jeter la première pierre. Deut, 47, 7. 5. 25, 2. Jér. 37, 15., cf. Jean 8, 7.

Des contrats de vente se faisaient aussi assez souvent en public, Jér. 32, 40. 44., devant les juges ou simplement devant des témoins, Jér. 32, 25. Rulh 4, 9., et ce genre de notoriété pouvait remplacer pour eux les preuves écrites.

Pendant l'exil et après le retour, un ordre semblable de judicature continua de subsister, et Esdras institua des juges de chaque ville pour la nouvelle colonie, Esd. 7, 25. 10, 14. — v. Cellérier, Esprit de la Lég. mosaïque.

JUGES. C'est le nom particulier que l'Ecriture donne à ces hommes extraordinaires qui furent suscités pour la défense du pays entre les jours de Josué et ceux de l'établissement de la royauté, charge en dehors des autres, fonction passagère, et toujours une manifestation spéciale de la bonté de l'Eternel. Le peuple n'était pas encore maître du territoire, il n'en occupait aucune portion d'une manière complète et délinitive; partout les Cananéens étaient mêlés aux Israélites qui, dans le commencement, avaient voulu, contre Tordre de Dieu, ménager leurs ennemis, et qui ne purent plus les déposséder entièrement lorsqu'ils le voulurent. Ce premier désavantage politique était eucore augmenté par le penchant naturel de ce peuple au sensualisme religieux; et bien loin de songer toujours à repousser les premiers habitants du pays, ceux d'Israël se laissèrent entraîner plus d'une fois a partager leur idolâtrie : c'est ainsi qu'avant la venue de Jepblhé, nous les voyons adorer les uns après les autres, ou tous à la fois, les dieux de Syrie, de Sidon, de Moab, des Hammoniles et des Philistins. N'ayant ainsi ni territoire assuré, ni principes religieux auxquels ils s'altachasscnt d'une manière sûre et ferme, ils étaient sans force ; et l'histoire sainte nous montre dans les différentes servitudes auxquelles ils furent réduits, autant de châtiments pour autant de chutes religieuses. Ces servitudes consistaient parfois en de simples tributs à payer, Jug. 3, 45.; d'autres fois c'étaient une série d'hostilités, des atteintes continuelles à la propriété, l'enlèvement des moissons ou des troupeaux, Jug. 6, 3. 41., avec quelques intervalles de repos. Lorsque la détresse était arrivée à son comble, les Juifs idolâtres retournaient à Jéhovah qui, seul, pouvait les délivrer; c'est alors que Dieu leur envoyait des juges revêtus de toute puissance, qui chassaient l'en-

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nemi et ramenaient le peuple au sanctuaire. Les Israélites furent successivement asservis et opprimés parCusan-Risbaiajim,8 ans (4 564-4 556), — par les Moabiles, 48 ans (4516-4498), — par Jabin, roi des Cananéens de Halsor, 20 ans (4 44 8-4 398), - par les Madianites, 7 ans (4 358- 4354 \ — par les Hammonites, 48 ans (4263- 1245), — et par les Philistins, 40 ans (4 244- 4474). Lorsque l'épreuve avait porté son fruit salutaire, la délivrance arrivait; des hommes énergiques s'emparaient du commandement, et après avoir chassé l'ennemi du territoire, ils s'attachaient a rétablir l'ordre dansl'adminisiralion intérieure. Il ne faut pas se les représenter comme ayant été toujours des modèles de sainteté; les noms de Jepblhé et de Samson rappellent plutôt des patriotes tbéocraliques que des prophètes religieux.

Ouinze juges, dont une femme, gouvernèrent ainsi le pays avec des interrègnes plus ou moins longs; ce sont :

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Hothniel, Jog. 3, 9. — 15C4 — 1*91

Fhud, — 3. 15. — 1506 - 1436

Samgar, - 3. 31. - (?)

Hebora, — 4, 4. 1406 — 1366

Gédéoo, — 6, 19. — 1359 — 1319

Interrègne.

Abimelec, — 9, 1. — 1319 - 1316

Tolah, - 10. 1. — 1316 — 1993

Jair, — 10, 3. — 1993 — 1371

Jcphthé, — 11, 1. - 1953 — 1247

Ibtsan, — 13. 8. — 1347 — 1340

Elon, — 19, 11. — 1340 — 1330

Hab<lon, — 19, 19. — 1230 — 1239

Samson, — 13, 24. — 1183 — 1163

Héli, lSam. 1, 9. — 1163 — 1134

Samuel, - 7, 15. - 1103 - 1091

On peut voir chacun de ces articles en son lieu et place. Quant à la chronologie, v. cet art

L'histoire des juges renferme une des pério des les plus intéressantes de la vie du peuple d'Israël, une période qui se retrouve également dans la vie de toutes les nations, sous les noms divers de temps fabuleux, héroïques, chevaleresques ou féodaux. Plus que tout autre état social, cet étal d'enfance prête a l'imagination; ce ne sont plus ici les grands miracles du voyage dans le désert, ce n'est plus la vie singulière des Hébreux vivant sur la terre, conduits par Dieu même et nourris de lui jour par jour pen dant quarante ans comme s'ils n'eussent pas été de la terre. Celte phase-là, qui ne s'est présentée nulle part ailleurs, était exceptionnelle, et n'appartient pas à l'histoire humaine de la théocratie; ce fut un long et brillant éclair au milieu duquel les ombres terrestres du c ractère hébreu parurent plus ténébreuses sans doute et bien nombreuses, mais comme des ombres seulement sur un fond céleste. Dieu était tout et en tous, à la fois législateur, pourvoyeur, guide, prophète, juge et roi. Ce temps

miraculeux passa lorsque le peuple fut établi dans son pays et constitué comme nation ; bien des miracles se Orent encore; mais l'organisation juive était devenue la base de la vie israélitique, et l'intervention visible de Dieu ne lut plus, à son tour, qu'une exception, quoique fréquente encore; des chefs, des prêtres, des juges administraient le pays ou étaient censés l'administrer; les délivrances venaient de la terre même, et ce furent des hommes suscités de Dieu, non plus Dieu en personne, qui accomplirent pendant le cours des quatre siècles de cette période, les grandes choses que l'Eternel voulut faire en faveur de la postérité d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Israël est plus indépendant, il jouit de la protection divine; mais il vit comme peuple au milieu des autres peuples, étant chargé lui-même de sa défense et de son gouvernement. Des crimes atroces et de grandes vertus se montrent dans cette histoire sans unité; des guerriers, des héros paraissent, libres, agissant pour eux-mêmes, chefs de chevaliers errants, tantôt poussés par l'Esprit de Dieu pour le salut d'Israël, tantôt sans autre mobile que leurs passions ou leur ambition. Celle histoire, si elle eût élé écrite par d'autres que par les saints hommes de Dieu, porterait certainement le cachet de merveilleux et de mythologie que l'on relrouvechez les poètes de l'antiquité ou chez les minnessengerdu Nord.

Livre des Juges. L'auteur en esi inconnu. Les Hébreux l'attribuent généralement à Samuel sur la tin de sa vie, et c'est l'opinion la plus probable, celle qui peut le mieux se soutenir en l'absence de preuves posilives. Des passages tels que Jug. 47, 6. 48, 4. 24, 25., montrent que la royauté existait déjà en Israël, et que cependant le royaume n'était pas encore divisé. D'un autre côté, la brusque interruption du livre au ebap. 4 6, après le récit des exploits et de la mort de Samson, lorsque la vie d Héli et de Samuel eussent du le compléter, semble indiquer que ces deux hommes vivaient encore, qu'ils appartenaient à l'histoire contemporaine, et que l'auteur n'a pas jugé convenable, peutêtre pas même nécessaire, de raconter des faits connus de tous. Celle lacune surprend d'autant plus que le commencement du livre, dont les deux premiers chapitres sont l'introduction, annonce un plan suivi, l'histoire complète d'une époque; or Héli, et surtout Samuel, ne pouvaient être passés sous silence dans un travail de ce genre : un contemporain seul a pu n'en rien dire, ou faire sur ces deux judicalures un travail à part, et les raisons intérieures sont toutes en faveur de l'opinion que nous avons exprimée. D'autres ont attribué ce travail à Esdras, d'autres enfin supposent que chaque juge a écrit l'histoire de son administration, et qu'uu

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