LAH
LAN
qu'il protège, et lorsque, près des montagnes de Galaad, les deux familles se rencontrent, la colère de La ban est apaisée ; il reproche seulement au patriarche son départ précipité et l'enlèvement de ses dieux, et finit par lui proposer une solennelle alliance d'amilié. Un simple monument de pierres fut élevé en souvenir de cette journée qui se termina par un sacrifice et un festin ofTert par Jacob. Labau jura l'alliance par les dieux d'Abraham , de Nacor et de Taré, Jacob par le Dieu redoutable que craignait Isaac son père, elles deux familles se séparèrent; Laban partit de grand matin et s'en retourna en son pays. Son histoire s'arrête là.
Quelle était sa religion? Il reconnaissait l'Eternel (24, 50. 30, 27.) et jurait cependant par les dieux de Nacor, 31 , 53. ; même il rendait un culte à des thérapbims. C'était un commencement de paganisme et d'idolâtrie. Toujours membre de la grande famille des patriarches, et descendant d'Héber, il n'était cependant pas descendant d'Abraham; sa foi s'était obscurcie, ou plutôt sa foi était morte, et il n'avait conservé que le nom du vrai Dieu. Homme de la terre, il lui fallait un dieu de terre pour représenter le céleste qu'il ne pouvait voir ; et bientôt le dieu de terre étant devenu son dieu unique, il l'avait multiplié pour suppléer par le nombre à l'insignifiance. Le paganisme, chez Laban comme chez tous ceux qui ont connu la vérité et qui en ont renié la force, a toujours commencé par le cœur; et quand on jette les yeux sur ce qu'on appelle maintenant la chrétienté, on ne trouvera que trop de chrétiens, on plutôt de païens comme Laban, qui ont leurs dieux et leurs déesses, à côté du grand Dieu de la Loi et de l'Evangile. La doctrine des images et le culte des saints sont un acheminement vers cette foi double et bâtarde qui veut allier Dieu et le monde, la religion et l'idolâtrie, le christianisme et le paganisme; et, sans qu'on s'en doute, la religion de Laban a pour partisans tous ceux dont les œuvres ne correspondent pas à la profession qu'ils font d'être chrétiens; Dieu est dans leur bouche, mais ils cherchent tes idoles du monde, et, comme Laban, ils ne les trouveront point.
LAC. v. lier, et les articles spéciaux.
LACHAI-ROI. v. Citernes.
LADHA. v. Hel.
LA II M AS, ville des plaines de Juda, Jos. 45, 40. Quelques manuscrits portent Lahmam.
LAHM1 (mon pain), 4 Chr. 20, 5., frère de Goliath, et digne de lui : la hampe de sa hallebarde était comme l'ensuble d'un tisserand. 11 fut tué parEl-Hanan. Dans le passage parallèle, 2 Sam. 21, 19., le texte est corrompu et porte, au lieu de Lahmi, liethhallahmi, que nos versions ont traduit par Betbléémile, et qu'elles ont dû
joindre au nom du vainqueur, en sous- en tendant alors frère de devant le nom de Goliath.
LAIS (lion), ville de l'extrême frontière nord de la Palestine, Jug. 48, 7. Jèr. 8, 16. Deut. 34, 4. D'abord colonie sidonienne qui portail aussi le nom de Lésem, Jos. 49, 47., au pied du Liban, dans une contrée fertile, près des sources du Jourdain, elle fut plus lard appelée Dan par les Daniles qui s'y établirent, et bâtirent une nouvelle ville sur les décombres de l'ancienne qu'ils avaient détruite, Jos. 49, 47. Jug. 18, 29.; ce dernier nom lui est déjà donné par anticipation, Gen. 44, 44. Laïs fut, sous tous ses noms, un siège célèbre d'idolâtrie, et Jéroboam y institua le culte d'un veau d'or, 4 R. 42, 29.
LAIT. v. Bœuf, et Nourriture.
LARIS, résidence d'un roi cananéen, ville située dans les plaines de Juda ; Josué la conquit et la donna à la tribu de Juda, Jos. 40, 3. 34 . 45, 39. Elle fut fortifiée par Roboam contre les Philistins, 2 Chr. 44,9., assiégée plus tard par Sanchèrib dans sa campagne contre l'Egypte, 2 R. 48, 44. Es. 36, 2. 37, 8. (v. encore 2 R. 14, 49.), et enfin détruite par Nébucadnetsar dans la guerre d'extermination des Caldéens contre le royaume de Juda, Jér. 34, 7. Elle reparaît encore après l'exil, Néb. 4 4, 30. Le prophète Michèe, 1,43., semble faire de celte ville le centre de l'idolâtrie de Bahai qui couvrit le royaume. — Lakis subsistait encore sous le même nom au temps d'Eusèbe et de Jérôme, qui la mettent à 7 milles d'Eleulhéropolis vers le sud, dans le district de Daromas.
LAMEC, Luc 3, 36. v. Lémec 2°.
LAMENTATIONS, v. Jérémie.
LANCE, v. Armes.
LANGUES, langage. La question de l'origine du langage, distincte de celle de la langue primitive, n'appartient pas au plan d'un dictionnaire biblique, et ne saurait être ici l'objet d'une étude qui réclamerait d'ailleurs des connaissances que ne possèdent ni l'auteur, ni probablement la plupart des lecteurs de ce travail. Le langage, c'est-à-dire l'acte de combiner des sons, en y rattachant l'idée des signes de sa pensée, a-l-il été librement et miraculeusement communiqué à l'homme par son Créateur P provient-il d'une espèce de révélation directe, comme le pensent Johnson, Anton, et le cardinal de BonaldP ou bien est-il le produit réfléchi de l'intelligence humaine, qui, pressée du besoin de se répandre et de se communiquer au dehors, n'aurait eu de repos qu'après avoir cherché et découvert un moyen artificiel de traduire ses pensées par des sons habilement modifiés, comme le pensent IWauperluis. Rousseau, Volney? Ces deux systèmes extrêmes semblent généralement abandonnés aujourd'hui, et les savants admettent
LAN
LAN
avec 6. de Humholdt, que le langage est plutôt la conséquence d'une faculté toute spontanée, intimement liée à l'ensemble de notre organisation. L'homme primitif est nè avec la faculté de parler, comme l'oiseau naît avec celle de chanter : le langage est un instinct naturel, qui a dû tout d'abord posséder un degré relatif de perfection, mais qui, aidé de l'intelligence, était en outre susceptible de perfectionnement, à mesure que s'épuisait la force originelle de l'instinct. Le Dr Smith peut établir que les hommes ont commencé par fixer les substantifs; le président De Brosses et Herder peuvent contester le fait et chercher à prouver que les premiers mots ont été des interjections; d'autres peuvent encore prendre le parti des pronoms; les motifs qu'ils feront valoir, insuffisants pour prouver qu'ils ont raison, établiront du moins que leurs adversaires ont tort, et tous seront ainsi condamnés. Le premier bomme et la première femme ont parlé dès les jours de la création, comme Dieu leur avait parlé d'abord, et ces entretiens, quelque simples qu'ils fussent, supposent une langue complète, toute formée, et dont les éléments, quoique rudimentaires , renfermaient tout ce qui constitue le langage.
On a fait des travaux considérables, et qui n'ont point été entièrement perdus pour la science, quoiqu'ils n'aient pas atteint le but immédiat qu'ils se proposaient, pour déterminer quelle a pu être la langue primitive de l'humanité ; nous ne disons pas la langue naturelle, innée, que quelques savants avaient rêvée, car cette hypothèse philosophique est abandonnée depuis longtemps. Il y a peu de langues qui n'aient revendiqué l'honneur d'être la première et celle de laquelle toutes les autres sont dérivées, et les recherches de la philologie comparée, ou de la linguistique, se sont fourvoyées sur ce point, eu ne voyant dans les affinités des langues que des rapports de mère à filles, et en oubliant que ces affinités pouvaient s'expliquer aussi par une parenté collatérale, la langue mère étant probablement perdue. Perron a travaillé en faveur de l'antériorité de la langue celtique, Welh et plusieurs autres en faveur du chinois; le basque a eu de nombreux défenseurs, ddnt les noms déjà trahissent l'origine, Astarloa, Sorreguieta, d'Arozteguy, Larramendy, Erro; il n'est pas jusqu'au flamand dont on n'ait voulu faire la langue du paradis terrestre, et Goropius Becanus (Origines, etc., 4569, Anvers) s'est fait fort d'expliquer par le flamand tous les noms propres de la Genèse ; Adam, c'est Hat-dam ; Eve est E-vat, etc. Mais ce sont, naturellement, les langues dites orientales, ou sémitiques, qui ont eu le plus de défenseurs, le syriaque, le caldéen, l'arabe, et surtout l'hébreu (Preiswerk, Haivernick, etc.). Winer tient pour le sanscrit.
En présence de ces ambitions rivales et de cette concurrence des langues, on parait oublier un point capital , c'est que celte langue primitive doit avoir complètement disparu, soit par le fait providentiel de la confusion des langues à Babel, soit par la loi de progrès inhérente au développement normal des peuples , et par conséquent des langues qui ne sont que l'expression de leur culture et de leur civilisation.
La Bible ne dit rien qui puisse éclaircir cette question ; l'on peut supposer que l'ancienne langue des pieux ancêtres du genre humain s'est conservée plus pure dans la famille du pieux Héber, mais ce n'est qu'une présomption : l'on peut ajouter aussi que tous les noms propres des patriarches, en remontant jusqu'à Adam, sont évidemment hébreux, mais il faut avouer anssi que l'explication de plusieurs d'entre eux est assez laborieuse, et que les conclusions qu'on voudrait tirer de ce fait , si même il était mieux établi, ne seraient cependant pas parfaitement rigoureuses. D'après les travaux modernes on serait porté à croire que la première langue a dû appartenir à la famille des langues monosyllabiques, dont le chinois est aujourd'hui le principal représentant, et dans lesquelles tous les mots sont simples, à la fois verbes et substantifs, rendus par une seule émission de la voix; mais tout n'est ici que conjectures, et l'on ne saurait appliquer aux temps primitifs les règles et les lois dont on a pu vérifier la justesse pour les temps postérieurs, alors que l'intelligence eut perdu le caractère prime-sautier, instinctif, spontané, qu'elle possédait à l'origine.
La Bible raconte sommairement le grand fait de la confusion des langues, lors de la construction de Babel, Gen. 41, mais elle n'entre dans aucun détail, et ce remarquable événement donne lieu à une série de questions épineuses qu'il n'est ni facile, ni même possible de résoudre toutes.
La confusion des langues est-elle la conséquence immédiate de l'intervention divine, et fut-elle la cause de la dispersion P ou bien, au contraire, la différence des langues a-t-elle été la suite naturelle de la dispersion des hommes P Cette dernière manière de voir n'appartient pas aux rationalistes seuls, mais aussi à beaucoup de théologiens chrétiens très respectables, à Grégoire de Nysse en particulier, qui ne voit dans le récit de Mojise, qu'une chose fort simple et fort naturelle, savoir, que les hommes s'élant séparés pour un motif quelconque, il résulta de leur dispersion que, chacun faisant quelques changements à la langue qu'il avait apprise de ses pères, ils finirent par ne plus pouvoir s'entendre. D'un autre côté, le texte littéral du récit. sacré semble favoriser davantage l'autre