LAO
plus de soixante dissertations snr ce fait spécial, depuis le commencement du siècle, et la lumière ne s'est pas faite encore, les uns ayant nettement nié tout miracle, les autres n'ayant vu dans le don des langues qu'un phénomène étrange et merveilleux, purement extérieur, et destiné a frapper les imaginations. L'idée générale qui ressort des différents passages où il en est parlé, c'est que la plénitude de l'Esprit de Dieu agissait tellement sur les individus, que leurs pensées se traduisaient moins au dehors par les mots eux-mêmes que par l'action incontestable de la présence divine dans leurs cœurs et dans toute leur manière d'être et d'agir, tellement que les uns en étaient édifiés, et les autres en étaient scandalisés. L'Esprit de Dieu débordant dans un cœur y produit, toujours une surexcitation morale qui paraît folie à ceux qui périssent, mais qui est parfaitement comprise de ceux qui partagent la môme foi. Ce miracle subsista dans l'Eglise aussi longtemps qu'il le faillit pour la conversion et raffermissement des païens, cf. Act. 1 0, 44. 1 1 , 1 5. 1 9, 6. ; il subsistait encore aux jours d'irénée. Dieu seul connaît à cet égard ce qu'il doit donner à son Eglise, mais chaque fidèle doit savoir ce qu'il doit demander. — v. Barnes sur les Actes; Néander, le Siècle aposlol.; Reuss, Ilisl. de laThéol., et l'art. Glossolalie, Rey. dcThéol., t. III, 1851.
LAODICÉE (peuple juste, ou jugement du peuple), ville de l'Asie Mineure, qui fut des premières évangélisée, et dans laquelle on trouva de bonne heure une Eglise chrétienne, mais qui s'endormit dans le relâchement, Apoc. 1, 11. 3, 14. Saint Paul adressa à cette Eglise, Col. 4, 16., une lettre qui, selon les uns, s'est perdue, selon les autres, serait la même que la lettre aux Ephésiens q. v., et devait servir d'encyclique à plusieurs Eglises de l'Asie Mineure. Laodirée était dans le voisinage d'Hiérapolis et de Colosses, à 7 lieues de celle dernière ville, Col. 4, 13. 15. On trouve encore sur une inscription Laodicée, Lycus, Caprus; et sur d'autres, Laodicée sur le Lycuf, pour la distinguer d'autres villes ou endroits du même nom. Laodicée était eu effet située non loin du Cadmus, où le fleuve as&x considérable du Lycus prend sa source, et près du confluent du Caprus et du Méandre. C'était une ville fort commerçante; on y trouvait surtout des changeurs d'argent. Elle porta d'abord le nom de Diospolis, plus tard celui de Rhoas; celui de Laodicée lui fut donné en l'honneur de Laodlce, épouse d'Anliochus II le Divin. Une source considérable d'eau chaude se trouvait entre Laodicée et Apamia, exhalant une espèce de fumée*qui planait sur sa surface. Quelques-unes des eaux de Laodicée même avaient la vertu de pétrifier les objets. Slrabon dit que les murs dont on entourait ces sources,