‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 224 sur 398 · LEA · texte numérisé non relu

LEA

distillent ; il n'y a plus alors qu'à détacher soigneusement ces gouttelettes, qae l'on pétrit ensemble en gâteaux. Il est possible que la chèvre, qui a fait tant d'autres découvertes, ait aussi fait celle-là; tout au moins l'existence de poils de chèvre dans le laudanum avait-elle fait l'objet de plusieurs discussions et commentaires.

LAURIER. Ps. 37, 35. Le laurus nobilis, daphné des Grecs, de la famille des laurinées, atteint quelquefois une hauteur de 7 a 40 m.; mais on le rencontre plus souvent à l'état d'arbrisseau. Sa verdure persistante et son parfum agréable l'ont fait choisir par les Grecs et par les Romains pour orner le front de leurs poètes et de leurs grands hommes; le Psalmiste en fait l'emblème de la prospérité. Il n'était pas très commun en Palestine. Ses feuilles, ses racines, son écorce et son fruit peuvent être utilisés soit comme assaisonnement, soit comme médicament.

LAVAGE des pieds, v. Purification.

LAZARE (forme grecque de l'hébreu Eléazar : secours de Dieu), ami et disciple du Sauveur, frère de Marthe et de Marie, demeurait à Béthanie. Il tomba dangereusement malade et mourut (tendant un voyage de Jésus à Béthabara, et déjà depuis quatre jours il était enseveli quand Jésus, de retour avec ses disciples, le ramena à la vie par une parole aussi puissante et aussi simple que celle de la création : « Lazare, sors dehors ! » Jean 4 4 , 4 . 4 2, 4 . Ce miracle si grand irrita d'autant plus les principaux sacrificateurs contre celui qui l'avait fait, et détourna en même temps une partie de leur haine contre celui qui avait été ressuscité : ils cherchèrent à faire mourir Lazare, offrant par leur conduite insensée un vrai type de la colère des hommes irrégénérés contre ceux en qui se manifeste une vie nouvelle.

Ce miracle est un des plus étonnants qu'ait faits Jésus-Christ; Tholuck dit dans son commentaire que la cause de l'Evangile est gagnée quand on admet le fait même de cette résurrection ; et Bayle dit en parlant de Spinosa : On m'a assuré qu'il disait à ses amis, que s'il eût pu se persuader la résurrection de Lazare, il aurait brisé en pièces tout son système, et embrassé sans répugnance la foi ordinaire des chrétiens. Il n'est donc pas étonnant que les ennemis du christianisme aient fait tant d'efforts pour enlever à cette histoire son caractère miraculeux. Selon quelques-uns des chefs de la théologie nouvelle, toute cette scène ne serait qu'une imposture reposant sur une jonglerie.

D'après la tradition, Lazare, alors âgé de trente ans, vécut encore depuis trente autres années ; il est donc probable qu'il vivait encore lorsque les trois premiers évangélistes composèrent leur travail, et c'est peut-être pour cela,

à cause de la haine que les Juifs portaient à cet irrécusable témoin, qu'ils ont passé sous silence ce miracle qu'ils devaient bien connaître, mais dont le récit eût troublé et compromis de nouveau la vieillesse et la vie de ce disciple. Une autre tradition porte que Lazare et Marthe, après la mort de Jésus, passèrent dans les Gaules, en Provence, et qu'il prêcha l'Evangile à Marseille. En 870, on prétendit avoir trouvé ses os en Chypre, mais on sait tout le cas qu'on peut faire des os de l'Eglise romaine.— Le nom de Lazare se trouve encore Luc 46, 20. employé dans une touchante parabole du Sauveur; le malheureux couvert d'ulcères est devenu un type de ce genre d'infortune, et a donné son nom, celui de lazaret, aux premières léproseries françaises ; en hébreu déjà, Lazare (Loezer) peut signilier celulqui est sans secours, indigent, malheureux. On ne peut douter que dans la bouche de Jésus le fait qu'il raconte ne soit une parabole, bien que quelques auteurs se soient demandé si la scène s'était passée à Jérusalem ou à Babylone ; mais cette parabole toute morale, qui devait porteries Juifs â la générosité, renfermait aussi pour eux une leçon dogmatique bien importante, c'est qu'on peut être lils d'Abraham selon la chair, et ne pas reposer dans le sein d'Abraham : on en peut tirer aussi cette autre terrible conclusion, que ceux qui ne sont pas touchés et convertis par la lecture de la Parole, resteraient également insensibles aux manifestations les plus magnifiques de la puissance divine.

LÉA (lasse, fatiguée), tille aînée de l'Araméen Laban, sœur de Rachel, Gen. 29, 46. Plus âgée et moins belle que sa sœur, Léa n'avait pas inspiré à Jacob les mêmes sentiments, et ne devint son épouse que par une ruse de son père. Moins aimée, elle donna cependant plus d'enfants à Jacob, d'abord Ruben, Siméon, Lèvi et Juda, Gen. 29, 32., puis Issacar et Zabulon, Gen. 30, 47. 35, 23., et enfin une fille, Dina, 34, 4. Elle eut encore par sa servante Zilpa, qu'elle donna à sou mari, Gad et Aser, Gen. 30, 9. Ce fut là toute sa vie -, on ignore l'époque de sa mort, qui eut lieu en Canaan, où elle fut ensevelie dans les sépulcres de sa famille, près d'Hébron, là où reposaient déjà Sara, Abraham et Isaac, 49, 34. — On ne la trouve pas mentionnée dans le voyage de Jacob en Egypte, 46, 5., et du fait même du lieu de sa sépulture on peut croire qu'elle était déjà morte à celte époque. —Son nom est rappelé Ruth 4, H. dans les vœux adressés à Booz par le peuple et par les anciens. —Léa, est il dit, avait les yeux tendres. Le mot hébreu n'exprime pas précisément l'idée de tendresse, mais plutôt celle de mollesse, de faiblesse, opposée à celle de vivacité, peut-être à celle de grandeur. Dans les rivalités et les luttes de jalousie qui ont eu lieu

LÉH

LÉM

sentiment de ses torts, la conscience qu'elle était entrée dans la maison de Jacob par une usurpation; elle avail sans doute consenti à la tromperie qui lui donnait un époux, cependant Laban prend la faute sur lui, comme il est probable aussi que c'était lui qui avait imaginé l'écliange et qui l'avait fait exécuter ; peut-être Léa n'a-t-elle fait qu'obéir à la volonté paternelle. Mérc de Juda, elle compte parmi les ancêtres de Jésus.

LEBBÉE. p. Jude.

LÉBONA (encens), ville au nord de Silo» Jug. 24, 49. Maundrell la retrouve dans le village de Leban, à i lieues sud de Naplouse, du côté de Jérusalem, ce qui est assez possible. Burekhardt nomme ce village Lemna, et fait l'éloge de sa grande beauté; Lubban, d'après Van de Velde.

LÉQABIM (enflammés), Gen. 1 0, 4 3. , peuplade probablement identique avec les Lubim ou Lybiens, 2 C.br. 42, 3. La Lybie s'étendait depuis Alexandrie jusqu'à Cyrène, et peut-être encore plus loin; elle servait â désigner d'une manière générale le nord de l'Afrique, comme la Scylbie le nord,de l'Asie, et les Indes le centre et le sud de cette partie du monde.

LÉHI (mâchoire), et plus complètement Ramaih-Léhi (hauteur, coteau de la mâchoire), Jug. 1 5, 1 7. 49. C'est le nom que Samson donna d'abord au lieu qui avait été témoin de sa victoire sur les Philistins. Plus fort que mille, le Nazaréen s'était cru un Hercule ; mais bientôt la fatigue et la chaleur l'épuisèrent; aucune source ne se trouvait dans le voisinage : il se rappela qu'il dépendait de Dieu, et l'invoqua. Dieu l'exauça et, au lieu d'un nom destiné à célébrer sa victoire, Samson donna à la source un nom qui devait rappeler sa faiblesse, celui de Hen-Hakkoréh (la source de celui qui crie). Un miracle lui avait donné de l'eau, une dent s'était ouverte, une source limpide en jaillissait. On croit généralement que c'est une des dents de la mâchoire d'âne qui se partagea pour livrer le passage à l'eau qui devait désaltérer le grand juge, et le texte, comme le génie de l'hébreu, semble appuyer cette manière de voir. Cependant la version de nos Bibles contient un mot de trop : « Dieu fendit une des grosses dents de cette mâchoire d'âne; » l'hébreu porte simplement : « Dieu fendit une grosse dent de la mâchoire (ou de Léhi); » et en hébreu, comme cbez nous, le mot dent peut signifier un rocher élevé, un pic (les Dents du Midi, la Dent de Jaman, les Dents d'Oches); on peut donc traduire, sans faire aucune violence au texte : « Dieu fendit un des rochers de Léhi, » un des rochers de celte élévation sur laquelle était le vainqueur des Philistins. Que l'on choisisse maintenant entre les deux miracles, cela importe peu, le

entre elle et sa sœur, elle a dû avoir toujours le | miracle n'en reste pas mûjns grand : l'eau jaillissant du rocher a quelque chose de plus naturel et de plus conforme aux lois divines; l'eau sortant de la mâchoire avail peut-être plus d'àpropos, et Dieu disait par là que seul il pouvait donner à cet instrument de carnage la force dont s'était glorifié Samson comme s'il l'eût trouvée en lui-même. M. Coquerel dit « qu'un enfoncement du sol s'ouvrit aux pieds de Samson, » et il donne celle traduction comme la seule que le texte autorise. C'est une erreur : à peine peut-elle être acceptée en seconde ou troisième ligne; dans tous les cas elle est moins probable et moins justifiée que celles que nous avons indiquées; d'autres hébraïsnnls, comme Winer et Gesenius,ne la mentionnent pas même, ou la repoussent formellement.

LÉ MEC (fort, ou abaissé). 4° Cinquième descendant de Caïn, le premier polygame connu, Gen. 4, 49. 23., épousa Hada et Tsilla, qui, d'après Josèphe, lui donnèrent soixante-dixsept fils ; la Bible ne nomme que Jabal, Jubal.Tubal-Caïn et Nahama. « Epouses de Lémec, dit-il un jour à ses femmes, entendez ma voix, écoulez ma parole; je tuerai un homme, s'il me fait une blessure, même un jeune homme, s'il nie fait une meurtrissure, car si Caïn est vengé sept fois, Lémec le sera soixante-dix-sept fois. » Qu'est-ce que ce chant énigmatique? Les interprètes s'y sont perdus. Quelques-uns pensent qu'un double meurtre l'accable, celui de Caïn qu'il aurait tué par inadvertance, dit la tradition, et celui de son fils Tubal-Caïn, qu'il aurait tué comme l'auteur involontaire de ce premier meurtre : il cherche alors à se consoler au sein de sa famille par l'espérance que la miséricorde divine qui a protégé Caïn lui serait aussi accordée, et même en proportion de ses crimes; ou bien il veut amuser ses femmes en leur chantant ses crimes et en se moquant de la vengeance céleste; il y ajoute l'ironie, et suppose que Dieu, l'amateur du crime, lui saura plus gré encore de son double meurtre, et le protégera davantage. D'autres pensent que Lémec, voyant ses femmes effrayées de toutes les armes inventées par ses fils, leur dit pour les rassurer : « Ai-je donc tué quelqu'un? et d'ailleurs Dieu ne me le pardonnerait-il pas? » D'autres, enfin, supposent que ces paroles n'expriment que les projets d'une fierté féroce. « Je me sens plus fier et plus méchant que Caïn; si quelqu'un me touche, je le tue, quand il ne me ferait qu'une légère blessure. » Peut-être le plus simple est-il de prendre le chant de Lémec comme une composition poétique d'un mauvais genre que la tradition aurait conservée, et que Moïse rappelle en y rattachant en même temps la peinture du caractère de son auteur. « Ce Lémec est celui qui a composé le méchant et sanguinaire

LÉM

Page 1