‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 226 sur 398 · LÉO · texte numérisé non relu

LÉO

LÊP

c'est la panthère proprement dite, que les Arabes nomment encore aujourd'hui alnemr ou nemer, et que Bochart a nommée léopard tout en voulant désigner la panthère. Lu petite panthère d'Oppien est sans doute l'animal que les voyageurs modernes ont appelé once, plus petit que la panthère et que le léopard. Enflri le léopard est un animal de la Guinée, du Sénégal, et d'autres pays méridionaux, que les anciens paraissent n'avoir pas connu du tout; son nom, qui Taisait alors double emploi avec celui de panthère, a été depuis déterminé d'une façon plus spéciale, et appliqué au léopard proprement dit. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que les anciennes traductions, qui étaient exactes vu le sens que I on donnait a ce mot, ne le soient plus maintenant, et leur accord prouve d'autant mieux que ce que les Hébreux nommaient minier est la panthère de nos jours. Le corps de cet animal (felis pardus, L.), lorsqu'il a pris son entier accroissement, a environ 1" 50 de longueur, outre la queue, qui est longue de plus de 70 centimètres; la peau est d'un fauve plus ou moins foncé sur le dos et sur les côtés, blanchâtre sous le ventre-, elle est marquée de taches noires en grands anneaux ou en forme de roses, vides au milieu, parfois avec une tache au centre ; il n'y a que des taches pleines sur la léte, la poitrine, le ventre et les jambes; cf. Jér. 43, 23. La panthère vit en Afrique et eu Arabie, sur le Liban et aux Indes. Elle est ordinairement nommée à côté du lioh dans l'Ecriture. Fière, sauvage, indomptable, elle ne redoute aucun animal, et ne craint pas d'attaquer l'homme lui-même, ce que le tigre et le lion n'osent faire que lorsqu'ils sont pressés par la faim ou provoqués au combat. Sa course est rapide, ses yeux sont vifs et continuellement en mouvement, son expression est cruelle et méfiante ; elle a les oreilles courtes et le cou épais; ses pieds de devant ont cinq doigts, ceux de derrière n'en ont que quatre, mais tous armés de griffes fortes et aiguës, qui lui servent à retenir sa proie aussi solidement= que les dents. Carnivore, et dévorant énormément de nourriture, elle est néanmoins toujours maigre. Cet animal est d'une remarquable fécondité, mais il a pour ennemis le tigre et le lion, et ces races terribles se font la guerre les unes aux autres; c'est ainsi que Dieu a pourvu a ce que, pour un temps du moins, leur multiplication ne fût ni trop rapide, ni trop grande.

Plusieurs passages prouvent que les panthères étaient très nombreuses en Palestine, et nous trouvons des lieux dont le nom indique qu'ils étaient primitivement fréquentés par ces féroces animaux; ainsi Nimra au delà du Jourdain (de nemer), Nomb. 32, 3., Beth-Nimràh, ibid. 36. Jos. 13, 27., les eâhx de Nimrlm.Es.

45, 6. Jér. 48, 34. (Il serait possible cependant que ces noms, t>. Nimrah, eussent une autre étymologie); enfin la montagne des panthères, Cant. 4, 8.

Esaïe, faisant la description du règne glorieux du Messie sur la terre (M, 6.), dit qu'alors la panthère gîtera avec le chevreau, bel emblème, si ce n'est qu'un emblème, de la paix qui remplira le monde, et du changement qui se sera opéré dans les cœurs violents, haineux, durs et passionnés, a l'égard des faibles et des débonnaires.

LÈPRE, lépreux. Cette impure et désolante maladie, endémique en Egypte et dans la partie méridionale de l'Asie Mineure, était aussi l'un des fléaux les plus redoutés des Juifs, chez qui elle était assez, fréquente; c'était une épouvantable calamité, Deut. 24, 8.: on la regardait comme envoyée de Dieu, Nomb. 42, 40. 2 Chr. 26, 49., et on ne la souhaitait comme malédiction qu'A un ennemi mortel, 2 Sam. 3, 29. 2 R. 5, 27.

La lèpre se manifeste d'abord h Pépidermc, mais elle ne tarde pas a attaquer le tissu cellulaire, les membranes graisseuses, les os, la moelle et les articulations; ses progrès sont lents, mais elle se communique très facilement, surtout par la cohabitation, et le père la lègue à ses enfants jusqu'à la troisième et quatrième génération, s'affaibllssant à mesure, et perdant de son intehsité de telle sorte que chez le fils de l'arrière-petit-flls, sa présence ne se constate plus qUé par des dents gâtée* et tarlreuses, une haleine fétide, et Une apparence débile et maladive.

Le développement de la lèpre est favorisé par une atmosphère humide et malsaine, par la malpropreté, et par une nourriture grasse et huileuse; ses indices avant-coureurs sont de petites taches de la grosseur d'une pointe d'épingle, qui atteignent bientôt la dimension d'un grain de lentille; d'autres fois ce sont des dartres et des croûtes, qui se distinguent de l'exanthème de la lèpre apparente en ce qu'elles s'étendent continuellement, et que les poils ou les cheveux (car c'est ordinairement par les parties velues du corps qu'elle commence) changent de couleur et perdent leur force et leur vie. Avec les progrès de la maladie, les taches et les dartres dévorent la chair peu à peu et s'étendent sur tout le corps : les parties attaquées par les taches, molles et de diverses couleurs, jaunaircs, noirâtres on plombées, sont ordinairement le visage, la poitrine, le bas-ventre, le bassin, elles extrémités; la peau est alors inégale, rude et insensible ; on peut arriver jusqu'à l'os avec une épingle ou avec un couteau, sans que le malade éprouve la moindre douleur : les parties attaquées par des croûtes ou des dartres

sont plus sensibles, et tourmentées de violentes et continuelles démangeaisons.

On dislingue plusieurs espèces de lèpres; nous ne mentionnerons que les suivantes. La lèpre blanche : c'est celle qui régnait le plus parmi les Juifs, 2 R. 5, 27. Ex. 4, 6. Nomb.

42, 40.; elle s'annonçait par des taches et des pustules blanches, les cheveux blanchissaient à l'endroit suspect, la place s'agrandissait prompteraent, la chair vive était mise a nu, Lév.

43, 3. 8. 40. 44. 20. 25. 30.; les parlies chevelues en étaient ordinairement les premières attaquées, 43, 29., cf. 2 Chr. 26, 49.; d'autres fois c'était aux places où il y avait eu précédemment quelque ulcère ou blessure, que le bouton de lèpre apparaissait, 43, 48. Une fois la lèpre déclarée, toute la peau devient d'un blanc luisant sur le nez, sur le front, et par tout le visage; elle s'enfle, s'étend et se durcit; parfois elle crève, et des boutons pleins de pus se forment près de ces crevasses ; les extrémités s'enflent, les ongles tombent des pieds et des mains, les yeux sont fixes, mats et enflammés ; les oreilles sont rongées d'ulcères vers la base; le nez s'enfonce, parce que le cartilage se pourrit; au fond des narines sont des boutons qui dégouttent continuellement; les cheveux tombent, ou s'emmêlent dans la teigne qui les entoure, et se collent par mèches; tous les sens sont émoussés ; enfin le malheureux meurt, à la fois de consomption et d'hydropisie. Dans d'autres cas, la lèpre blanche se manifeste subitement, ses germes longtemps cachés éclatent tout à coup, et le malade devient blanc de la tête aux pieds, Lév. 43, 42., cf. 2 R. 5, 27.

Véléphantiasis est probablement cette autre espèce de lèpre qui est mentionnée Deut. 28, 27. 35. sous le nom d'ulcère d'Egypte; car cette maladie, au dire de Pline et de Lucrèce, était endémique dans la contrée où les Juifs furent si longtemps retenus comme esclaves ; elle a, de même que la précédente, sa source dans la malpropreté et dans l'absence de soins donnés à des plaies ou à des boutons d'abord peu considérables ; elle se manifeste aussi par des taches au visage et ailleurs, ou par des dartres qui commencent par la grosseur d'un pois, et atteignent bientôt celle d'une noix ou d'un œuf ; la peau se crevasse. L'éléphantiasis n'est pas ordinairement très douloureuse, il y a peu de boutons, et ce n'est que lorsque la maladie est assez avancée qu'une espèce de suppuration commence à s'établir; les extrémités meurent peu à peu et se séparent du corps les unes a^rcs les autres; le visage enfle, se bouffit, et parait comme gras de suif; le regard est sauvage et dur, l'œil s'arrondit, il sort de son orbite, et ne peut plus se mouvoir à droite et à gauche-, il pleure continuellement (cf. Job 46, 46.); la voix

s'affaiblit et devient nasillarde, ou même se perd tout à fait; dans cet affaiblissement général les besoins seuls deviennent plus vifs, la gourmandise et la volupté ; une profonde mélancolie accompagnée d'angoisse s'empare du malheureux; son sommeil est troublé, il fait des rêves effrayants, Job 7, 44.; il se relève, ses pieds et ses genoux se heurtent dans ses frissons, ils enflent, se durcissent au point de résister a la pression de la main, et se recouvrent d'une peau crevassée et comme couverte d'écailles. Cependant aucun organe vital n'est attaqué, et le malade peut vivre encore vingt ans et plus, comme il peut aussi être enlevé subitement par une légère lièvre, ou succomber a une suffocation violente. On ne connaît pas de remède à celte maladie, qu'il est toujours facile de prévenir en suivant les règles les plus élémentaires de l'hygiène.

C'est réléphaniiasis que plusieurs savants (Michaélis, Reinhard), croient reconnaître dans la maladie de Job, dans cet ulcère malin, 2, 7., qui rappelle l'ulcère d'Egypte par son nom et par ses caractères. D'autres, comme Jahn, pensent à la lèpre noire qui, du reste, ne diffère guère de la précédente que parce qu'elle est accompagnée d'une démangeaison plus vive cl plus constante. La peau devient rude et inégale, elle se crevasse et se pèle en écailles d'un rouge noirâtre; la teigne s'y joint et attaque principalement les bras et les jambes; les doigts se racornissent et refusent de procurer aux démangeaisons du malade un soulagement même momentané; toutes les extrémités se gangrènent, meurent et tombent; l'haleine est empoisonnée. On ne peut nier que ces caractères ne conviennent parfaitement à la maladie de Job; mais, d'un autre côté, ceux de l'éléphantiasis s'y rapportent également, et comme ces deux maladies ont bien des points de contact et qu'on peut aisément les confondre, il n'est pas facile, comme il n'importe pas noo plus, de décider de laquelle des deux il s'agit dans le récit sacré, d'autant plus qu'on ne saurait prendre littéralement, ni comme exacte description pathologique, tous les détails que le livre de Job renferme sur sa maladie, détails dont plusieurs se rapportent plutôt à l'état de son âme qu'à celui de son corps.

Enfin Moïse distingue soigneusement encore une espèce de lèpre apparente qu'il déclare sans contagion et sans danger, Lév. 43, 39.; Niebuhr l'a retrouvée en Egypte sous le même nom et avec le même caractère inoffensif; c'est une sorte de teigne blanchâtre qui passe d'ellemême après avoir duré de deux mois à deux ans, sans laisser ni dans le corp6 ni sur la peau aucune trace fâcheuse.

>lanétbon, prêtre égyptien, et d'après lui Ly-

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