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à personne. Je le questionnai : H me dit qu'il avait souffert de la lèpre pendant plusieurs années d'une manière horrible, et que le mal, quoique guéri maintenant, lui avait laissé ers marques de souillure qui l'empêchaient de retourner vers ses semblables. En effet, la couleur de sa peau était aussi blanche que celle d'un cadavre, et en le voyant, personne ne pouvait douter qu'il n'eût eu la lèpre. »
Le christianisme prend soin des lépreux ; le paganisme des Indes les brûle vivants.
— Moïse parle encore de la lèpre des maiet de celle des étoffes, Lév. 13, 47-59. 14,
33-53.; mais la scipnee moderne n'est pas encore fixée sur la solution de ce problème d'histoire naturelle; quelques savants (Michaëlis, Winer, Volney, 1, 55) voient dans la lèpre des maisons l'effet du salpêtre sur les murs, taches d'un rouge vejdàtre qui rongent peu à peu les pierres et la chaux, et qui, sans endommager peut être d'une manière notable les bâtiments, corrompent l'atmosphère et peuvent menacer ta santé des habitants ; flalmet croit que cette espèce de lèpre est causée par de petits vers qui rongent la pierre, longs d'environ 3 ou 4 mlllim., grisâtres et munis de quatre mâchoires; les rabbins ne s'expliquent pas sur ce point, ils y voient d'une manière générale une plaie divine. Il est probable que I on ne tardera pas à obtenir plus de lumières sur ce sujet par les études qui sont commencées en Egypte, où ce curieux- phénomène a encore été remarqué par Volney. La lèpre des étoffes est aussi peu connue; on l'a remarquée, non-seulement sur des draps de laine, mais encore sur des peaux et sur du cuir; elle se trahit comme celle des maisons par des taches rouge-vert, et Michaëlis l'attribue à des insectes fort petits qui se développent plus facilement dans les laines de mauvaise qualité, notamment dans la laine de moutons morts de maladies. Il faut attendre des renseignements ultérieurs sur cette lèpre qui s'attache à des objets inanimés. Quant aux prescriptions de Moïse à cet égard, la destruction des maisons et des étoffes lépreuses, elles avaient pour but, d'abord de prévenir des ma ladies contagieuses et d'empêcher les miasmes provenant d'une fermentation putride, ensuite d'affermir la loi principale en l'entourant, comme d'un rempart, de toutes ces lois secondaires relatives à la souillure légale.
La lèpre était un emblème du péché; pour exprimer la délivrance du lépreux, c'est toujours le mot nettoyé, jamais celui de guéri dont se servent les auteurs sacrés; la lèpre était considérée comme une souillure encore plus que comme une maladie.
LÉSA, Gen. 10, 19., dans les environs de la mer Morte sur ses bords orientaux, est, d'après
saint .Jérôme, la ville de Callirhoé où se trouvaient des eaux thermales.
LÉTHEK, mesure valant un demi-homer, Os. 3, 2., ou cinq baihs, environ 175 litres.
LETTRES. i° La correspondance n'a jamais été aussi active en Orient qu'en Occident ; dans l'antiquité, c !e était presque nulle ; de nos jours encore elle est assez rare, car elle suppose uo grand développement intellectuel et industriel; non-seulement il faut savoir lire et écrire, mai* encore il faut avoir sous la main les matériaux nécessaires, et pouvoir se les procurer facilement. Ce n'était pas le cas flans l'ancien monde; les messages ordinairement se faisaient de bouche; cependant on trouve ça et là dans l'A. T. des traies de lettres écrites, cf. 2 Sam. H, 14. Esd. 4, 8., qui étaient portées ou par des courriers exprès, 2 Chr. 30, 6., ou par des voyageurs en passage, Jér. 29, 3. Les rois hébreux envoyaient des courriers extraordinaires toutes les fois qu'ils avaient un ordre à expédier ou une communication à faire connaître ; c'était un service du moment et non régularisé; les rois perses, au contraire, eurent déjà un commencement d'organisation des postes, et des autres ou courriers, disposés par stations, Est. 8, 10. — Les lettres n'étaient et ne sont presque jamais cachetées en Orient; cependant, lorsqu'elles sont adressées à des personnages distingués, on les placedans de magnifiques bourses que l'on scelle avec de l'argile; cette coutume est fort ancienne, mais d'origine inconnue. Il semble que les Hébreux aient fait exception à la règle; dans l'A. T. il est, en effet, encore parlé de lettres cachetées, t H. 21 , 8.; une lettre décachetée est mentionnée comme exception , Neu. 6, 5., et l'on peut croire que Sauiballat a voulu donner à Néliémie une marque de mépris par celte façon d'agir. L'usage de lettres circulaires, ou du moins copiées à un grand nombre d'exemplaires, est indiqué 2 R. 10, 4-6., et nous voyons, Esd. 4, 6. 17., un rapport écrit adressé à Artaxcrcès et un édit royal également envoyé sous forme de lettre; cf. Acl. 23, 25. Les épltres du N. T. témoignent du développement qu'avait pris la correspondance a celle époque de renaissance et de réveil, v. Epllres. — 2° Lettres, v. Ecriture.
LEVAIN, pâle aigrie en usage dans toutes les maisons, et déjà bien connue dans l'antiquité, qui en comptait de diverses espèces, Pline 18, 26.; il sert à faire lever et fermenter la pâte en même temps qu'il lui donne plus de goût, et même, suivant quelques auteurs, une saveur irritante et sensuelle. Les Hébreux le préparaient comme ou le fait ordinairement chez nous, en laissant reposer la pâte deux ou trois jours, jusqu'à ce qu'elle s'aigrit; d'autres fois, et pour obtenir plus vile du levain, ils pétris-
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saient la farine avec de ta lie ou du moût de vin. S'ils étaient extrêmement pressés, ils faisaient leurs pains sans levain, Gen. 49, 3. Jug. 6, 19., comme le font encore de nos jours les Arabes bédouins. L'emploi du levain était expressément interdit aux Hébreux pendant les sept jours de la Pàque, Ex. 42, 8. -15. 20. 4 3, 3. 6., et ils ne pouvaient pas même offrir ù Dieu des gâteaux levés ou miellés, Lév. 2, II. Am. 4, 5.; il leur était même défendu d'avoir du levain dans leurs maisons, et le soir du 4 4 nisan tous les Juifs veillaient soigneusement à ee que tout levain et toute chose levée fût emportée et brûlée, sans qu'ils pussent seulement s'en servir pour leurs fourneaux, et en tirer ainsi quelque profit. D'après les rabbins, la même défense s'appliquait encore aux animaux. La Pàque passée, ils pouvaient recommencer a faire du levain, et les prêtres avaient droit aux prémices de tout ce qui se pétrissait, Nomb. 15, 20. — il est évident que dans la symbolique juive cette substance, qui n'était qu'une corruption de la pâte primitive, et une corruptioa corruptrice, était considérée comme l'emblème du péché, qui peut être peu de chose en apparence, mais qui envahit, qui se propage, qui entraîne les masses dans la corruption et dans la perdition. On trouve la même idée exprimée dans Plutarqoe. et chez Aulu-Gelle qui dit : Farinam fermento imbutam attlngere fia mini diali fas non est (p. Casaubon, sur la 1TC satire de Perse). Les pains du cinquantième jour, ou de Pentecôte, qui devaient représenter la nourriture ordinaire de l'homme (et spirituellement le péché), étaient en conséquence pétris avec du levain, Lév. 23, 47., de même que les gâteaux d'actions de grâces qui accompagnaient les tourteaux sans levain, et qui devaient leur servir comme d'assiettes, Lév. 7, 4 2. 43., c'est-à-dire être à leur égard dans une position d'infériorité et de moins grande pureté.
4 Cor. 5, 6., Paul s'adresse à une communauté chrétienne qui paraissait s'enorgueillir de ce que tout n'était pas corrompu dans son sein, et supposer que la pureté pourrait se maintenir à côté de l'incestueux. Vous n'avez pas sujet de vous gloritîer, leur dit-il, ne savezvous pas qu'un peu de levain fait lever toute la pâte? Puis il les exhorte (v. 7 et 8) à faire disparaître, comme les Juifs aux approches de la Pâque, le vieux levain, soit qu'on doive entendre par là les méchants et les impies qui se trouvaient au milieu d'eux, soit que cette expression se rapporte aux mauvais désirs et aux inclinations corrompues qui n'occupent souvent que trop de place dans le cœur même de l'homme régénéré. L'une et l'autre de ces explications se justifient par le contexte et par l'analogie de la foi. L'apôtre appelle levain la méchanceté et
la malice, et il appelle la sincérité et la vérité des pains sans levain.
Matth. 46, 6., Jésus engage ses disciples à se garder du levain des pharisiens et des sadducéens; dans Marc 8, 4 5., c'est du levain d'Herode, c'est-à-dire de celte incrédulité commune au parti soi-disant religieux et philosophique des sadducéens, et au parti religieux potUiquie des hérodiens; te levain des pharisiens était la propre justice, ou, comme dit Luc, l'hypocrisie, la vertu extérieure, 42, 4. ta mauvais levain, c'est la mauvaise doctrine, Matth. 4 6, 42., une prétendue morale, une prétendue raison.
C'est à tort que l'exégèse ordinaire du passage Matlb. 43, 33. Luc 43, 24. prend le mol levain en bonne part, connue désignant l'Evangile, tandis que le mot pâte signifierait le monde. Le mol pâte est toujours pris en bonne part, et dans ce passage il désigne l'Eglise; le mot levain qui est toujours pris en mauvaise part, se rapporte au monde. Notre Seigneur raconte dans les sept paraboles de Matth. 13, les destinées de l'Eglise, et il veut la mettre en garde contre Terreur et l'infidélité en apparence les moins graves et les moins dangereuses : un peu de levain fait lever toute la pâte.
LEVER. L'élévation et le tournoiement étaient deux cérémonies <que l'on rencontre quelquefois parmi celles qui accompagnaient les sacrifices lévitiques. Le samficateur lemrt eu mémorial l'offrande du gâteau, Lév. 2, 8. 9.: il levait de même une poignée de fleur de farine, l'offrande étant alors de nature à ne pouvoir être tenue à la main dans son entier, 6, 45., et enfin toute la graisse des sacrifices pour le péché, ou des sacrifices de prospérité, 4, 8. 40.; c'est-à-dire que toutes les choses qui étaient destinées à être consumées sur l'autel étaient d'abord levées, et ce n'est qu'après cette cérémonie qu'on y mettait le feu. Le tournoiement avait lieu non-seulement pour les offrandes non sanglantes, Ex. 29, 24. Lév. 8, 27. Nomb. 5, 25., huiles, farines, gâteaux, prémices des fruits et des blés, Lév. 23, 44. 42.20., mais encore pour les victimes sacriliées; et alors tantôt on ne faisait tournoyer, notamment dans les sacrifices d'actions de grâces, que quelques parties du corps de l'animal, la poitrine ou l'épaule droite, Ex. 29, 26. Lèv. 7, 30. 34. 9, 24. 10, 14. Nomb. 6, 20., tantôt on faisait tournoyer la victime entière, Lév. 4 4, 42. 23, 20.; et les lévites eux-mêmes paraissent avoir été soumis à cette cérémonie lors de leur consécration, Nomb. 8, 44. 4o. U partie tournoyéo appartenait aux prêtres, mais ne pouvait être mangée que par eux ou leurs enfants, et cela dans un lieu pur et consacré, Lév. 4 0, 14. C'était une portion de leurs revenus, et de la part de ceux qui l'offraient c otait moins un sa-
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criflcc qu'une contribution pour les besoins du culte. — On n'a que peu ou même point d'indications précises sur la nature de ces cérémonies qui, dans tous les cas, étaient fort différentes l'une de l'autre dans leurs formes comme dans leur but. L'élévation s'explique d'ellemême, et cette figure judaïque a été imitée par l'Eglise romaine dans ce qu'elle appelle l'élévation de la messe; l'offrande est élevée devant l'autel, en sacrifice au Dieu qui trône dans le ciel. Le tournoiement, qui se faisait sur les paumes des mains, avant le sacrifice et devant l'autel, Ex. 29, 24. Lév. 8, 27., était une élévation accompagnée de mouvement, soit de droite à gauche, soit d'avant à arrière, soit aussi, comme les Juifs le prétendent, vers les quatre points cardinaux du ciel, lorsqu'il ne s'agissait que de brebis, ou de pièces peu considérables. Quant au tournoiement des lévites et à leur présentation comme offrande, on peut croire que le mouvement qui leur était imprimé par le souverain sacrificateur était un va-el- vient dirigé vers l'autel, rappelant le porricere des Romains.
LÉVI (uni, accouplé), 4° troisième fils de Jacob et de Léa, Gen. 29, 34. 35, 23. (Ex. 6, 16. 1 Clir. 2, 1.), se joignit à Siméon pour venger d'une manière perfide et violente l'injure qui avait été faite à leur sœur Dina, Gen. 34, 25. Lorsqu'il descendit en Egypte avec son père, il avait déjà ses trois fils Guerson, Kéhath et Mérari, 46, 41., qui furent chefs d'autant de familles, Ex. 6, 16.; il eut plus tard une fille, ou petite-fille, Jokébed, qui épousa Hamram son neveu, fils de Kébalh, et fut la mère de Moïse, Nomb. 26, 59. Il mourut à l'âge de cent trentesept ans; sa postérité devait être dispersée en Israël, suivant lu sentence prophétique du vieux Jacob. Gen. 49, 7., mais cette menace rut changée en bénédiclion : les liens intimes qui unissent en Orient les membres d'une famille de bergers furent brisés pour celte famille; mais le sacrifiée des affections domestiques fut compensé par la gloire du sacerdoce, el Moïse mourant annonça les hautes el saintes destinées qui continueraient d'honorer la tribu de Lcvi, honneur el charge tout ensemble, Deut. 33, 8. Avanl sa consécration publique, et dans le voyage du désert, cette tribu était déjà comme préparée à ses fonctions futures par le soin du tabernacle et de ses ustensiles, qui lui était confié; ils devaient assembler el désassemblcr le pavillon à chaque départ et à chaque campe pemenl, et veiller à ce que personne n'en approchât, Nomb. t, 50. Peu nombreuse relativement aux autres, la tribu de Lévi comptait cependant déjà dans le désert 22,000 mâles donl 8,580 entre trente et cinquante ans. Ces 22,000 furent appelés à remplacer, dans Ici
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service des choses saintes, les premiers-nés des fils d'Israël qui avaient été primitivement consacrés à ce service, et dont le nombre s'élevait, lors du même recensement, à 22,273. La cérémonie de consécration est racontée, Nomb. 3, cf. Deul. 10. 8. Plus tard, dans le dénombrement qui fui fait à Sittirn aux plaines de Moab, le chiffre des Lévites s'élevait J 23,000; mais ils ne furent pas compris daas le recensement général, la tribu étant devenue une caste, Nomb. 26, 62. L'Eternel était leur héritage; ils n'eurent en conséquence, aucun territoire, mais quarante-huit villes avec leur banlieue leur furent assignées pour y habiter, dispersées au milieu des douze tribus, Jos. 21, el ils eurent droit â des dhnes el redevances en nature pour leur subsistance journalière, cf. Deut. 10, 9. 14, 29. Jos. 13, 14. 33. Privés de capitaux, ils ne devaient avoir que des revenus; leur sort fui en quelque sorte assuré sur la piété des fidèles. Ils avaient de plus l'avantage de pouvoir, dans les villes qui leur appartenaient, racheter en tout temps, sans même attendre l'année jubilaire, les maisons qu'ils avaient pu être forcés d'aliéner un instant, Lév. 25, 32., tandis que d'un autre côté la maison ou le champ qui avait été voué au temple, et qui pouvait être racheté, devenait, en cas de non-rachat, propriété lévilique et inaliénable en l'année du jubilé, 27, 16-21. v. Lévites.
2° et 3°, Luc 3, 29. 24., ancêtres inconnus de Marie. — 4° v. Matthieu.
LÉVIATHAN. Celte expression hébraïque emporte avec elle l'idée de mouvements sinueux el tortueux; elle dirige l'attention vers ces grands amphibies qui .s'ébattent à l'aise au milieu des eaux, les serpents et le crocodile. C'est, il parait aussi, la signification générale de ce mot, et selon quelques auteurs il aurait tour â tour l'une et l'aulre signification; il faudrait l'entendre plus spécialement des serpents. Job 3, 8. Es. 27, 1., du crocodile ou de quelque autre animal inconnu, Job 40, 20., et des monstres marins en général, Ps. 104, 26. 74, 43., pris dans ce dernier passage commme symboles de redoutables ennemis. (La dernière partie de Job 3, 8. doit se traduire « ceux qui sont ha biles à coujurer les lévialhans. ») Si l'on peut admettre ces différents sens un peu vagues d'uo même mot, v. Serpent, il est un passage ai moins dans lequel on doit le préciser davantage, c'est dans la description qui est faite de cet animai, Job 40, 20.-41, 25. Et d'abord il est évident que ce morceau qui célèbre la grandeur de Dieu dans la création, contient la description d'un animal réellement existant, et non point d'un être fabuleux el chimérique, ainsi que l'ont supposé quelques auteurs. Un as>ez grand nombre d'idées ont été émises sur cette
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question, et plusieurs, notamment Schultens dans sou commentaire, ont soutenu qu'il fallait entendre par lévialhan les plus grosses espèces de serpents marins; mais depuis Bocbarl presque tous les interprètes sont tombés d'accord à y voir le crocodile (Rosenmuller, Gesenius, Winer, Preiswerk, Hxvernick, Renan), opinion qui semble se justifler par l'accord des détails du livre sacré avec tout ce que nous connaissons de cet animal. Le morceau de Job se divise en deux parties; la première (40, 20.-41, 2.) est destinée à montrer, à faire ressortir la faiblesse de l'homme en présence de ce redoutable anima), si fort et si bien armé pour résister et se défendre; elle amène naturellement la conclusion : Comment celui qui ne peut lutter contre la créature essayerait-il de le faire contre le Créateur? La seconde (41, 3-25.) est une description des différentes parties de l'animal, de son caractère, de sa force et de sa férocité, description si vivante qu'il semble qu'on ait le Iéviatban devant les yeux, la gueule ouverte, jetant des flammes.
« Tireras-tu le Iéviatban avec un hameçon? Prendras- lu sa langue avec une ligne ? Lui passeras-tu une corde de jonc dans le nez? et lui perceras-tu d'un croc les mâchoires? T'adressera t-il beaucoup de prières? Te dira-l-il de belles paroles? (s'humiliera-t-il devant toi?) Fera-l-il une alliance avec loi, que tu le prennes pour serviteur à toujours? T'en amuseras- tu comme d'un oiseau, et rattacheras- tu pour tes jeunes filles (comme en Orient les enfants aiment a jouer avec de petits animaux, dont un léger til suffît pour assurer la captivité)? Les associés pêcheurs en font-ils commerce? le partagentils entre les marchands? Rempliras-tu de pointes sa peau (de manière qu'il y en ait assez pour le tuer), et du harpon des pêcheurs sa tête? Mets sur lui la main, essaye la lutte ; tu n'y reviendras plus. Voici, l'espérance de celui gui l'essayerait s'évanouira : e>t-ce qu'à sa vue déjà il n'est pas atterré? Il n'en est pas d'assez vaillant pour l'éveiller. El qui est celui qui se présenterait devant moi (pour me résister)? Qui m'aurait fait des avances que je doive les lui rendre? Tout sous tout le ciel est à moi. Je ne me tairai point de ses membres, l'expression de ses forces, la beauté de son armure. Qui découvrira le dessus de son vi lement (la cui rasse qui recouvre sa peau)? Qui s'aventurera dans sa double denture? Qui ouvrira les portes de son visage? Ses dents tout à l'eutour sèment l'épouvante. Fières sont les rangées de sa cuirasse, serrées comme d'un étroit cachet. L'une touche à l'autre, un souffle ne passerait pas entre elles. Chacune est collée à sa voisine; elles tiennent l'une à l'autre, et ne peuvent être séparées. Ses éternuments rayonnent la lu-
mière, ses yeux sont comme les paupières de l'aurore (c'est-à-dire comme les premiers rayons du jour. Les anciens avaient déjà remarqué que lorsque le crocodile sort du fond des eaux, on voit briller, avant môme de voir son corps, ses yeux qui annoncent ainsi sa venue, comme l'aurore annonce le soleil). De sa bouche sortent comme des flambeaux; des étincelles de feu en jaillissent. De ses narines sort une fumée, comme d'un pot bouillant ou d'une chaudière. Son souffle flambe comme un brasier (ou allumerait des charbons), et une flamme sort de sa gueule. »
Ces versets se rapportent à l'animal sortant du fleuve et chassant avec violence par les naseaux et par la bouche l'eau qui s'oppose à ses mouvements impétueux; ce sont des jets qui rayonnent dans tous les sens, et qui ont, selon quelques auteurs, une lumière phosphorescente quand le. crocodile est échauffé ou irrité; le voyageur Barlram parle aussi de cette vapeur qui sort de ses narines comme une fumée.
« En son cou repose la force, et devant lui danse l'effroi. Les fanons de sa chair sont fermes, coulés (ou fondus) en lui, rien ne bouge. (L'image de la fonte exprime la dureté et l'adhésion des parties entre elles.) Son nrur est dur (de fonte) comme une pierre, dur (de fonte) comme une pierre de meule de dessous. Quand il se lève, des héros s'épouvantent ; ils sont hors d'eux-mêmes d'effroi. L'attaque t-on avec l'épée, elle ne prend pas; ni dard, ni lance, ni cuirasse ne servent. Il estime le fer tomme de la paille, l'airain comme du bois pourri. Le lils de l'arc (la flèche) ne le fait pas fuir, en chaume se changent pour lui les pierres de la fronde. La massue lui semble comme du chaume ; il rit du sifflement du javelot. Sous lui sont des têts aigus (les écailles de son ventre) ; il traine sur la vase une herse à battre le blé (c'est-à-dire il laisse dans la vase, partout où il se repose, des traces de son passage et l'empreinte de ses dures et fories écailles qui labourent le terrain, comme si la herse y avait passé). Il fait bouillonner la profondeur comme un chaudron, et rend la mer semblable à un parfum (ou à un vase de parfumeur. Celte partie de la comparaison n'est pas claire ; l'auteur veut dire que le lévialhan agite et trouble les flots : mais quel rapport celte agitation a-l-elle. avec du parfum ?). Derrière lui brille son chemin ; l'anime appât ait comme une tête blanchie (à cause de l'écume que la rapidité de ses mouvements forme autour de lui). Rien sur la terre ne l'égale , il a été fait pour ne rien craindre, Il voit au-dessous de lui (ou il fixe) tout ce qui est élevé; il est roi sur tous les orgueilleux (animaux). »
Plusieurs détails de celle poétique description concordent avec ce que les naturalistes et
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les voyageurs, anciens et modernes, nous disent du crocodile. Cet animal, géant dans la famille des lézards, habite particulièrement les bords du Nil, ¥:/.. 39, 3., et devait être bien connu d'un auteur qui :ivail vécu en Egypte, comme celui du livre de Job. C'est là qu'il atteint sa plus grande longueur, qui va jusqu'à 40, et même 1î mètres; en Amérique, il n'en dépasse pas 6 ou 8. Son corps est vert, tacheté de noir; le ventre est d'un blanc jaunâtre. La tête est au moins deux fois aussi longue que large, et sa gueule, garnie à la mâchoire supérieure de trente-six, à l'inférieure de trente dents, longues et pointues, s'ouvre jusque derrière les yeux et les oreilles. Ses mâchoires sont extrêmement fortes ; mais, comme elles ne peuvent se mouvoir que du haut en bas, et nullement de droite à gauche, le crocodile ne peut rien mâcher, et doit avaler sa nourriture telle qu'elle entre dans sa gueule; il y joint quelquefois des pierres, à ce que l'on dit, pour faciliter la digestion. Ses yeux et ses oreilles se recouvrent, quand il est dans l'eau, de peaux très fines qui ne gênent pas les fonctions de ces organes, et servent à les proléger. Son cou est court, et son dos si roide que tous les mouvements de côté, un peu rapides, lui sont impossibles, ce qui permet facilement à ceux qui sont poursuivis de lui échapper. Les écailles de son dos, toutes égales entre elles, sont rangées sur dix-sept bandes, et se distinguent par leur forme carrée et régulière. Ce que l'on a dit des larmes et du ton plaintif de cet amphibie, n'est qu'une fable : sa voix (s'il en a une, ce qui est nié ^ar quelques-uns), serait une sorte de mugissement rauque et élevé, sans rapport avec les cris d'un enfant. Il a le sang froid, et en petite quantité, rougeâtre, et il peut en perdre une grande partie sans en être sensiblement éprouvé. La femelle dépose dans le sable de trente a soixante œufs, légèrement plus grands que ceux de nos poules, et les laisse éclore au soleil, se bornant à les surveiller pour les défendre au besoin. Quand les petits brisent leur coquille, ils ont déjà 20 à 25 centim. de longueur; leur peau est tendre, mais ils n'en sont pas moins vils et voraces.
Le crocodile passe volontiers ses journées sur terre, étendu sur le sable aux brûlants rayons du soleil africain, et sommeillant; le soir, il retourne à l'eau. Sa pâture, il la cherche partout, mais s'attache de préférence aux êtres vivants; des entants, des femmes, des hommes même, deviennent victimes de sa férocité : il fond sur eux à I'improvisle, et les entraîne dans le fleuve. Quelques peuplades africaines se nourrissent de sa chair et la regardent comme un morceau délicat; mais elle est dure et répand une forte odeur de musc.
Malgré l'accord des commentateurs, j'avoue cependant, pour leléviathan, comme pour le béhémoth, que j'ai des doutes sur l'exactitude de l'interprétation vulgaire; on n'a accepté le crocodile que faute de mieux, mais ce n'est pas un animal dont on puisse dire qu'il n'y a rien sur la terre qui puisse lui être comparé, on qu'il est roi sur les plus tiers animaux. Je chercherais plutôt le lévialban parmi ces nombreuses espèces disparues, dont quelques-unes étaient vraiment colossales, et méritaient ta royauté que le livre de Job leur assigne, le plésiosaure, le ptérodactyle, le mégalosaure qui avait 15 à 20 mètres de longueur, et qui tenait à la fois du crocodile et du monitor. Je ne précise rien, et je n'affirme qu'un doute, mais plusieurs de ces espèces peuvent avoir survécu au déluge et avoir disparu depuis, comme tant d'autres ont également disparu, v. Buckland, Elém. de Géol.
LK VIRAT. Le mot ne se trouve pas dans l'Ecriture, mais la chose s'y trouve. Levir, en latin, signifie le frère du mari (lege rir, comme en anglais in /aw?, désigne les pareotés acquises par le mariage), et ce nom a été donné a ia loi de Moïse qui obligeait un frère à épouser la veuve de son frère mort sans enfants, de telle sorte que l'aîné des enfants qui naîtraient de cette union nouvelle héritât des biens et du nom du défunt, Deut. 85, 5-*0.; cf. Marc 1 S, 48. sq. Cet usage, particulier, à ce qu'il semble, à la famille des Hébreux, était antérieur a Moïse, Gen. 38, 6-8., et n'a été peut-être conservé par lui qu'à cause du sentiment national, qui regardait comme un devoir de ne pas laisser éteindre la race et le nom d'un homme mort prématurément, ou privé de descendance. Cette loi favorisait d'ailleurs l'esprit de famille, la division des fortunes et la perpétuité des héritages; elle était une exception formelle et motivée aux lois sur l'inceste, v. Lèv. J8, 16. Le droit ou le devoir d'épouser pouvait se transmettre à un parent plus éloigné; mais le frère qui renonçait à la main de ia veuve pour se soustraire à celle charge, quelquefois gênante et coûteuse, était flétri officiellement et publiquement, flétrissure qui, du reste, fondée sur le préjugé, devait s'affaiblir avec lui ; c'est ainsi que, dans le livre de Rulh, on voit déjà l'opinion modifiée; la cérémonie destinée d'abord à jeter un blâme sur celui qui refuse, n'esi plus qu'un moyen judiciaire de faire constater son refus. Rulh 4, 4-10. — Les prèlres étaient dispensés d'obéir au lévirat, Lév. îl, t3., ainsi que probablement les hommes hors d'âge d'avoir des enfants, et les prosélytes. C'était le frère le plus âgé du défunt qui était le premier obligé, et il ne parait pas que la circonstance qu'il aurait été marié lui-même fût un motif suf-
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flsanl de refus. — Le lévirat, au surplus, a été [ baonites oju Nélhiniens, q. y. Depuis les jours retrouvé aux Indes elen Perse, à Siam, à Pégu, j de D;ivid, plusieurs Lévites furent appelés aussi chez les Afghans; Niehuhr Ta découvert chez à remplir des fonctions publiques, judiciaires
les Circas^ens; Bergeron, chez les Tarlares; Bruce, chez les Gallas, en Abyssinie.
LÉVITES. Dans son acception la plus générale, ce nom comprend tous les descendants de Lévi, flls de Jacob, Ex. (i, 25. Lév. 25, 32. Jos. 3, 3. Ez. 44, 15. Dans le sens pins restreint et aussi plus ordinaire, il sert à désigner tous tes descendants, moins la famille d'Aai on, qui était de la branche de Kehath, et spécialement destinée à la sacritlcature. v. Prêtres. Nomb. 3, 6. 18, 2. Il désigne donc, dans le premier «as, la tribu, pauvre et dépossédée en Israël; dans le second, la partie inférieure de la caste sacerdotale, la postérité de Guerson et de Mérari, celle de Jitshar et de lluziel, enfants de Kéhalh, et celle de Hamram par Moïse, cf. Ex. 6, 16. sq. C'est de ceux-là seulement que Dieu pouvait dire : « J'ai entièrement donné les lévites a Aaron, » Nomb. 8, 19. 18, G. 3, 0. Ils étaient ainsi les serviteurs naturels du sanctuaire, les aides des prêtres et des sacrificateurs, obligés de les servir ou de les remplacer partout où la sainteté des cérémonies n'exigeait pas la présence exclusive du sacerdoce supérieur, comme l'exigeait le service de l'autel et de ce oui était au delà du voile. Dans le désert, ils devaient mont r et démonter le tabernacle à chaque station, Nomb. 1, 54., couvrir et porter l'arche du témoignage et les vases sacrés, Nomb. 4, Dent. M, 25.; cf. 1 Sam. 0, 15. I Chr. 15, 2. 27. 2 Chr. 5, 4. Lorsqu'un centre plus stable eut été donné au culte, et que Jérusalem fut devenue le sié^e de la théocratie, ils furent chargés de la garde du temple et du soin d'en ouvrir et d'en fermer les portes, 1 Chr. 9, 27. 23, 32. 26, 12., des va>es sacrés et de leur entretien, ( Chr. 9, 28, 2 Chr. 29, 45., de la préparation des pains de proposition et des autres offrandes de farine pétrie, 1 Chr. 9. 32. 23, 29., du chant et des instruments de musique pour le service du temple, 1 Chr. 15, 19. 2:*, 5. 25, 1.2 Chr. 5, 12. 7,6. Esd. 3, 10. Néh. 12, 27. Ils eurent, de concert avec les préires, la surveillance des trésors du temple et l'inspection des lépreux, Dent. 24, 8. 4 Chr. 26, 20. i Chr. 31. 12. Néh. 13, 13.; ils assistaient les prêtres dans le sacrifice et le dépouillement des victimes, dont ils recueillaient le sang, 2 Chr. 29, 34. 30. 17. 35, 11.; ils faisaient les colle* tes pour les réparations du temple, et dirigeaient les ouvriers dans les travaux de construction, 2 Chr. 34, 9. 12. ; ils devaient enlin pourvoir au bois du sacrifice, et faire respecter le jour du sabbat, Néh. 10, 34. 1.5, 22. Cependant ils furent remplacés dans plusieurs de ces fonctions, et notamment dans les plus pénibles ou les plus abjectes, par les Ga-
ou municipales, i Chr. 23, 4. 2 Chr. 19, 41.; cf. Deut. 17, 9. 21, 5. (c'est l'opinion de Michaëlis, mais combattue par Cellérier, II, 294. sq.), et le roi Josaphal parait leur avoir confié l'enseignement religieux du peuple dans tout le pays. 2 Chr. 17, 9.
Lorsqu'ils furent mis à part et solennellement consacrés au service du sanctuaire, Nomb. 3, 4., les Lévites n'avaient pas encore des fonctions aussi définitivement arrêtées qu'elles le devinrent par la suite ; ils étaient les serviteurs du tabernacle d'une manière générale, mais le temps seul pouvait régulariser leur activité ; ils ne prirent de consistance et de corps, ils ne s'organisèrent que sous David et Salomon. A cette époque, ils étaient 38,000, dont a) 24,000 servaient dans le temple, b) 6,000 étaient prévôts et juges, c) 4,000 portiers, et d) 4,000 musiciens. Les premiers portaient par excellence le nom de lévites; ils étaient, comme les pré- Ires, divisés en vingt-quatre éphéuiéries, chacune ayant son chef, qui se relevaient tous les huit jours, entrant en semaine le jour du sabbat , et en sortant au sabbat suivant. Les lévites étaient appelés à servir depuis trente jusqu'à cinquante ans, Nomb. 4, 3. 23. 30. 47. I Chr. 23, 3. 24. il faut probablement lire trente au lieu de vingt), cf. Nomb. 8, 24. 25.; ce dernier passage fait commencer le service à l'âge de vingt-cinq ans, ce que l'on a essave d'expliquer soit en admettant cinq années préparatoires (KoscnmuUer), soit en supposant qu'au chap. 4, il ne s'agit que du transport des pièces du tabernacle (Maîmonides), soit enlin (Katine) en regardant le chap. 4 comme parlant «le ce ipd doit se faire dans les besoins actuels du service, et le chap. 8, comme prévoyant les besoins plus grands du peuple quand les douze tribus seront établies dans leurs territoires respectifs, disséminées et non plus groupées. Plus tard, quand les travaux des lévites furent devenus moins pénibles, et qu'ils n'eurent plus à porter le tabernacle et les ustensiles pour son service, ils entrèrent en fonctions plus jeunes, et dans les derniers jours de David, ils sont dénombrés depuis l'âge de vingt ans, I Chr. 23, 27. 2 Chr. 31, 17.; cf. Esd. 3, 8. — On ne voit pas dans la loi que des défauts corporels les aient rendus inhabiles, comme cela avait lieu pour les prêtres, à remplir les fondions de leur charge, et un seul motif de dispense aurait été, selon les Juifs, un vice dans l'organe de la voix.
Sur leur première consécration, w. Nomb. 8, 6., et l'art. Lever.
La loi ne leur prescrivait pas un costume
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particulier, et les vêtements de fin lin dont ils M -5. Ces villes, avec un faubourg de mille ou sont revêtus, 1 Ctar. 15, 27. 2 Chr. 5, 12. ne d
sont pas mentionnés comme uniformes. Ce n'est que beaucoup plus tard, sous Agrippa II, six ans avant la ruine de Jérusalem, que les lévites musiciens .qui par leur présence habituelle dans le temple, et par la beaulé de leur emploi, avaient plus que les autres gagné en considération, oblinrenl la permi>sion de porter la tunique de lin; Josèphe, à ce sujet, fait remarquer qu'on n'avait jamais impunément abandonné les anciennes coutumes du pays.
Leurs revenus consistaient dans les dîmes de toutes les récolles et les premiers-nés des troupeaux, que les Hébreux étaient tenus d'abandonner aux serviteurs du temple, mais les Lévites devaient eux-mêmes payer la dlme de cette dime a la famille d'A;iron, aux sacrificateurs, Nomb. 18, 24-28. 2 Chr. 31, 4. Néh. 10, 37. 38. 12, 44. 13, 10.; ils avaient en outre, leur part aux repas de dîmes qui se faisaient après les récoltes, et à d'autres repas d'actions de grâces, Deut. 14, 29. 12, 18. 16, 11. ; une fois même on les voit participer au partage du butin, après la défaite des Madianites, Nomb. 31 , 30. Il semble que ces dîmes aient dû leur assurer une assez grande aisance, mais d'un côté ils étaient nombreux, de l'autre, ils avaient des familles à entretenir; en outre, le payement des dîmes et des prémices était laissé presque entièrement à la bonne volonté des propriétaires, il dépendait en grande partie de leur régularité à faire trois fois par an le voyage de Jérusalem, et souvent la négligence venait se joindre à la mauvaise volonté. Les choses étaient arrangées de telle sorte que les Lévites eussent besoin de l'estime et de I affection de leurs concitoyens; celte dépendance était à la fois un bien et un mal, mais elle existait, et si les sacrificateurs nous apparaissent en général comme étant dans une position plutôt riche que moyenne, les Lé vites nous sont au contraires représenléscomme pauvres, assimilés a la veuve, à l'étranger, à l'orphelin, presque recommandés à la charité des agriculteurs. — La loi leur avait encore donné en toute propriéié quarante- huit villes ou vil lages, ou plutôt trente-cinq, car ils devaient en abandonner treize aux prêtres; c'était en quelque sorte la dfme des villes ou des maisons, cl dans un pays où chacun étail agriculteur ei propriétaire, et où l'on ne trouvait par conséquent pas d'appartements à louer, celte disposition de la loi était absolument nécessaire pour fournir des demeures à tous les membr» s de la tribu de Lévi : quand ils étaient de service à Jérusalem, ils habitaient les appartements réservés près du tabernacle et du temple, mais lorsqu'ils n'y étaient plus, ils devaient avoir un abri assuré pour eux et leurs familles, Nomb. 35,
deux mille coudées en dehors des murs, étaient dispersées sur le territoire de neuf tribus en deçà et au delà du Jourdain ; Juda, Siméon et Benjamin n'avaient pas de villes lévitiques, mais les treize villes sacerdotales étaienl renfermées dans leurs frontières. Il est sûr que cette dispersion dut influer avantageusement sur la culture et l'instruction religieuse des tribus. Quani au nom des villes, v. Jos. 21 , 20. sq.; dix d'entre elles appartenaient aux Kéhathites, treize aux Guersonites, et douze aux Mérarilcs.
Les Lévites étaient, d'après Josèphe, dispensés du service militaire; ils obtinrent aussi,
des gouverneurs étrangers après l'exil, l'exemption des impôts et péages, Esd. 7, 24.
Il est assez remarquable que le Deutéronome n'indique nulle part que les sacrificateurs dussent appartenir à une famille particulière de la race de Lévi, et même il semblerait, par 18, (3., que le corps sacerdotal se composât et se recrutât de tous ceux des Lévites qui sentaient en eux- mêmes une vocation intérieure spéciale pour le service du sanctuaire; ceux-là, comme véritables ministres de l'autel, avaient seuls le droit d'être nourris de l'autel, tandis que les autres Lévites, non fonctionnants, étaienl simplement recommandés à la générosité des Israélites. Si c'est en effet ainsi que l'on doit entendre le passage indiqué du Deutérotome, il serait un premier pas vers une manière plus spirituelle de comprendre le sacerdoce, et l'on doit se rappeler que ce livre, écrit environ quarante ans après la première institution, a pu modifier déjà quelques-unes des lois, quelquesuns des principes existants. Toutefois la chose est incertaine, elle doit être examinée, mais ne peut se décider.
LÉVITIQUE. C'est le nom qui a été donné au troisième livre de Moïse, parce qu'il traite de l'institution des Lévites, et des lois et ordonnances qui devaient les régir. Les Juifs l'appellent aussi la loi, ou la Thorah des prêtres. 11 forme, par son contenu, une suite naturelle aux derniers chapitres de l'Exode. Dans les sept premiers chapitres, il décrit les sacrifices de divers genres qui devaient être offerts par le peuple, et la manière dont ils devaient être présentés. Le paragraphe suivant (ch. 8-10) est plutôt historique ; il raconte le mode de consécration des prêlres et le châtiment que subirent Nadab et Abihu pour avoir offert devant l'Eternel un feu étranger. Leschap. 11-22 contiennent les lois sur la pureté légale et cèrémonielle; le chap. 16 en particulier donne des détails sur la manière dont devait être célébrée la grande fête des expiations, qui était pour ainsi dire le centre elle résumé de la loi tout entière, en consacrant la purification du peuple, du sacerdoce etdusanc-
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tualre lui-même. Enfln, la fin du livre, 23-27, renferme des proscriptions sur les fêles, les vœux et les dîmes. Le chap. 26 renferme des prophéties qui se sont accomplies d'une manière bien explicite à l'égard des Juifs, cf. v. 22 avec Nomb. 21, 6. 2 R. 2, 24. 17, ï5. Ez. 5, 17.; et la conservation de ce peuple comme peuple distinct est encore un commentaire vivant du v. 44., une preuve de plus de la vérité des prophéties.
Le Lévilique comprend l'histoire du 1-' mois de la 2e année que les Israélites passèrent dans le désert, et il s'arrête au 1er jour du 2e mois, Nomb. 1 , 1., cf. Exod. 40, 2. 17.; c'est du moins dans l'intervalle de ces deux dates que tous les événements qu'il rapporte se sont passés, sans que l'on puisse déterminer au juste combien de jours ils ont duré. On ignore l'époque de la rédaction, mais il est probable qu'elle a ordinairement accompagné, ou suivi de très près la promulgation des lois ou la célébration des solennités, r. Pentateuque.
Le meilleur commentaire <Ju Lévitiqueesl celui qu'en donne l'Apôtre dans l'épltre aux Hébreux ; ce n'est que par celle épitre qu'on peut comprendre tant de préceptes qui sans cela n'auraient aucune signification, v. aussi G. des Bergeries, Moïse dévoilé; Guers, le Camp et le Tabernacle; Darby, Etudes; et Neuman, Symbol, de l'anc. alliance. Le Lévitique nous montre dans toutes ses pages le péché comme souillant toutes choses, la haine de Dieu pour le péché, et le sacrifice comme seul moyen du salul ; c'est la lumière, mais encore faible, et un auteur anglais, Boyle, dit très bien que la loi cérémonielle, avec lous ses rites mystérieux, nous montre l'enfant Jésus enveloppé de langes, comme la crèche le montra aux bergers.
LÉZARD, animal dont on connaît plusieurs espèces de diverses grandeurs, et que, selon quelques commentateurs, on retrouve dans l'Ecriture sous six noms différents, qui sout traduits dans nos versions, Lév. 11, 29, 30., par les noms de tortue, hérisson, crocodile, lézard, limace, taupe. Disons quelques mots sur chacun de ces animaux, en réservant toujours l'incertitude qui règne sur lous ces noms, dont la plupart ne se trouvent qu'une seule fois dans l'Ecriture :
1° Hébr. tzâb (Martin, tortue); l'animal désigné par nos versions est un amphibie dont le nom est tout à fait déplacé au milieu de ceux qui l'entourent, et que la plupart des commentateurs, déjà les Septante, Damir, Aviceime, puisBocharl,Hasselquist,Léon l'Africain, Shaw. Winer, Gesenius, Harris, sont d'accord à traduire par lézard d'Egypte, lacerla Nilotica(cauda vcrlicillata); cet animal, qui porte encore le nom de dab ou dsab, a environ 35 a 40 centimètres
de long, et 10 à 12 de large sur le dos ; Il ne boit pas d'eau; ses écailles sont dentelées, sa peau jaunâtre et ses formes assrz agréables à la vue; non venimeux; irès vif; ovipare.
2° Anakah (hérisson). D'après la version anglaise, ce serait le furei; d'après Bocbarl, l'espèce de lézard tacheté, appelée par Pline stellio ; d'autres (le docteur James), remontant à l'étymologie du mot hébreu, qui indique un cri plaintif ou un grognement, pensent à la grenouille ; Hasselquist, au lézard du Nil ; Harris et Kitto, au lézard gecko, couvert de taches rouges, et dont le cri aigu lui aurait valu son nom égyptien, et aux Indes celui de tockaï, qui correspondent à la signification du nom hébreu: c'est l'opinion la plus probable. Winer enfin voit l'anakah dans l'ouaral ou guaral des Arabes : laid, méchant, venimeux, redoutable, long de 80 centimètres, il ne craint ni le crocodile, ni les plus gros serpents ; sa peau est brun-rouge, semée de taches noires : sa force a fait penser à plusieurs auteurs (Bochart, Léon l'Africain, Harris) qu'on devait le voir dans l'animal nommé en hébreu co'ach, qui signifie force : mais cette étymologie n'est pas une preuve absolue, car, ainsi que l'ont déjà démontré Micbaëlis et Rosenmuller, le nom de co'ach peut avoir encore d'autres significations.
3° Co'ach (crocodile); les Septante et l'an-
glais,
cam
léon; Harris, guaral; Winer le tra-
duit par lézard stellion : brun, avec des taches, les unes blanches, les autres noires; le corps est plus court que la queue, qui a 10 centim. de long. v. ci -dessus 2°.
4° Letaah (lézard); Vulgale, stellion; lous les interprètes reconnaissent que c'est une espèce de lézard, mais ils varient sur l'espèce. Winer, d'après Casiellion, y voit la salamandre, de 9 ou 10 centim. de long, large de trois, noire et tachetée de raies jaune-orange, avec deux rangs de glandes sur le dos, qui suintent une humeur laiteuse suffisante pour éteindre un très petit feu ; de là la fable de la salamandre qui peut vivre dans le feu. D'après Bochart, ce serait une autre espèce de lézard, venimeux, et qui peut se coller à la terre de manière à ce qu'on ne puisse l'en arracher qu'avec beaucoup de peine (de l'arabe atah).
5° Chomet (limace). D'après Bochart, Harris, Kitto, qui s'appuient de l'étymologie, ce serait le lézard vulgaire ou des sables, et la nature des animaux dont il est parlé avant et après semble justifier cette interprétation ; cependant l'hébreu chaniat, qui signifie sable, permet aussi de voir dans cet animal la limace ou l'escargot, ainsi que le font nos versions et Winer; ce serait alors le même que l'on trouve, Ps. 58, 8., sous le nom de shabeloul. v. Escargot. Le contexte est en faveur du lézard.
6° Thinshémeth (taupe). Ost le même mot qui sert, Lév. 11, 18. et Deut. U, 16., à désigner un oiseau impur, v. Cygne. Ici on le traduit de deux manières différentes, sans compter celle de la Yulgate, acceptée par les versions française et anglaise; Saadias.puis Hasselquist, Golius, Winer, entendent par cet animal le lézard gecko (v. 2"), petit, à queue courte et ronde, venimeux, mais avec celte singularité que c'est par les lobes de ses doigts de pied qu'il laisse échapper son venin ; il recherche les lieux où se trouvent des dépôts de sel marin, il s'y promène plusieurs fois de suite et y laisse après lui son venin, d'autant plus dangereux qu'il rend le sel amer, et le corrompt de telle manière que son usage peut engendrer la lèpre. De là son nom arabe de Abu-Burs, ou père de la lèpre. D'après Bnchart, Geddes et Harris, et celte opinion se recommande davantage selon nous, il faut traduire thinshémeth par caméléon : ce petit animal atteint une longueur de 25 centimètres; sa queue est longue, plate et flexible ; il s'en sert quelquefois pour s'attacher aux branches d'un arbre et reste ainsi suspendu : il n'a pas de cou visible; sa tête est unie au corps comme chez les poissons, sans séparation ; elle a deux ouvertures qui lui servent de narines, et pas d'oreilles ; le caméléon ne rend aucun son, ni cri, ni grognement; ses yeux sont extrêmement mobiles, beaux et d'un jaune d'or; il les promène à droite et à gauche sans avoir besoin de tourner la tête, ce qui lui serait assex diflicile; ordinairement ses yeux sont obliques et regardent de deux côtés à la fois. 5a couleur est gris d'acier, mais devient facilement jaune ou noire quand il sort de son élat naturel et qu'une passion l'anime, line ancienne tradition porte qu'il se nourrit d'air, sans boire ni manger (Pline, 8, 33. Ovid.,15; 4, 411). Ce qui est vrai, c'est qu'il peut rester longtemps sans nourriture. Hasselquist raconte qu'il en a gardé un trente-deux jours sans lui rien donner, et que c'est dans les derniers jours seulement qu'il parut un peu éprouvé de ce régime; il se nourrit principalement d'insectes. Son nom hébreu thinshémeth, dont la racine est nasham (respirer), rappellerait l'ancien préjugé d'après lequel le caméléon ne serait ni herbivore, ni Carnivore, mais un simple respirateur.
LIBAN. Le nom de cette montagne, auj.
Dschébel-Libnan, vient de l'hèhr. laban, qui signifie blanc, soit qu'il se rapporte aux neiges éternelles dont est couvert son sommet (comme le nom des Alpes rappelle le latin albus, blanc), soit qu'il vienne de la roche blanchâtre et crayeuse dont se compose presque toute la chaîne : c'est, pour le sens, le même nom que celui du mont Blauc ou du Dhawalagirl. Nun loin de la rive phénicienne, a peu de distance
dans l'intérieur des terres, s'élève au-dessus d'avant-monts un long rempart de montagnes escarpées, dont aucune poinle saillante ne domine de beaucoup la crête uniforme, et qui ne peut, à cet égard, nullement être comparé aux Alpes crénelées de la Suisse. Le sommet le plus élevé de la chaîne, celui qui porte proprement le nom de Liban, est situé en dehors des limites de la terre promise, mais il est merveilleusement entouré, ayant au couchant l'étroite bande des côtes de la Phènieie avec ses antiques cités, Tripoli, Tyr et Sidon ; au nord, l'ancienne capitale des Sèleucides, A mioche, où pour la première fois les disciples furent appelés chrétiens ; à l'orient, Damas, l'un des paradis terrestres; au sud, Nazarelb et la Terre-Sainte avec ses majestueux souvenirs. Il a plus rte 3,000 mètres de hauteur (10,050 pieds anglais, d'après le major Scott et Van de Velde), et la neige n'y fond jamais; on y jouit d'une vue fort étendue sur la mer et sur les montagnes environnantes. Le versant occidental s'incline doucement vers la mer, taudis que le versant oriental est fort roide, comme le versant oriental de toutes Ips montagnes calcaires de la Syrie; il conduit en deux heures, par une pente rapide, dans la vallée qui sépare le Liban de l'Anti-Liban q. v.. vallée que les Grecs connaissaient sous le nom de Cirlësyrie, ou Syrie creuse, et qui porte en hébreu le nom de Bikeath {fente, vallée) ou campagne du Liban, Jos. 11, 17. 12, 7. D'autres, cependant, Winer, Roseiimultcr, pensent que la Cœlésyrie est le Bikkalb-Aven de Am. 1, 5., tandis que la plaine du Liban serait plus près des sources du Jourdain, au pied du Djebel- Heisch. Le sol en est fertile et satispicrn s-, ses heureux habitants, longtemps ignorés et tranquilles, ont échappé aux orages des guerres qui désolaient leurs voisins, mais cette prospérité a eu son terme; la fertile Cœlésyrie est devenue déserte, et l'on ne ueut plus admirer maintenant que les belles et gigantesques ruines de Bahalath qu'elle renferme. — Quatre fleuves sortent du Liban : le Jourdain, qui coule au sud et va se jeter dans la mer Morte; l'Amana, vers l'est; le Léontés, vers l'ouest; l'Oronle, au nord, vers la Méditerranée. Le Kadisha suit pendant dix lieues, de l'est u l'ouest, le pied de la chaîne, et se jette dans la mer non loin de Tripoli; c'est près de la source de cette rivière, dans le voisinage du village montagneux de Bschirral, que se trouve l'antique forêt de cèdres, si renommée et si déchue de sa gloire et de sa beauté ; le missionnaire Fisk en a fait le tour en 15 minutes. Les flancs escarpés du Liban, jadis si richement boisés, ne comptent plus que quelques forêts de chênes et quelques bouquets de cèdres, q.v.: mais dans les nombreuses vallées qui sillonnent les deux versants du la chaîne,
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croissent en abondance les fruits du Midi, les figues, les amandes, les grenades, les citrons, les oranges; plus haut encore sont des plantations d'oliviers, et jusqu'au pied des sommets les plus «levés, des noyers, des mûriers, de la vigne et des champs de blé. Le vin du Liban n'a pas perdu son ancienne réputation (Rauwolf, Schubert, Troïlo, cf. Os. 14, 7). Les pâturages des montagnes nourrissent un grand uombre de bêles à cornes, de chèvres à longs poils, des moutons et de beaux mulets, cf. Es. 40, 46. Nulle part sur la terre les sources ne sont plus abondantes qu'au Liban, et une multitude de ruisseaux, qui fertilisent les champs et les prairies, l'Adonis, le Lycus, leTamyras, se précipitent par des gorges, et en formant de nombreuses cascades, dans la mer ou dans les vallées principales. Les poêles arabes disent que le Liban porte l'hiver sur sa tête, le printemps sur ses épaules, l'automne sur ses flancs, et que l'été sommeille à ses pieds dans les chaudes vallées qui conduisent a la mer. La Bible parle souvent de la magnificence du Liban, de ses cèdres, de ses forêts, de ses champs fertiles, de ses doux parfums, Nah. I, 4., et de ses riches vignobles, de la neige qui recouvre ses cimes, des eaux qui arrosent ses vallées, et des animaux qui peuplent ses solitudes, les perdrix, les sangliers, les chacals, les panthères. De nombreux et riches villages sont comme suspendus aux flancs de la montagne ; au nord, on trouve les Maronites qui professent le christianisme; au sud, les Druses niahométans, qui, entourés de Turcs de tous côlés, n'en ont pas moins maintenu jusqu'à ce jour leur indépendance.
Le Liban est une image du Seigneur, de ses dons spirituels et de sou Eglise, Ps. 4 33, 3. (Hermon), Cant. 4, 41. 15. 5, 15. Os. 14, 5, Es. 35, 2.; de l'orgueilleux Assyrien et de ses destinées, Es. 10, 5. 47. 48. 34.; en général des choses grandes et puissantes, Ps. 29, 6. Es. 40, 46. Son nom a été donné au temple de Jérusalem, qui était construit de bois de cèdre, Zach. 4 1, 4. Eï. 47, 3., cf. Jér. 22, 6., ainsi qu'au palais de Salomon, 4 R. 7, 2. — La tour du Liban qui regarde vers Damas, Cant. 7, 4.. parait avoir été tort haute; Benjamin de Tudéla en a vu les restes, et assure que les pierres dont elle était construite avaient jusqu'à 20 palmes de long et 12 de large; Alaundrell ne l'a vue que de loin.
Damas était le centre principal de toutes les caravanes de l'Asie occidentale ; les villes de la côte phénicienne étaient le port général d'où les marchands exportaient les marchandises venues d'Orient; la double chaîne du Liban et de l'Anti-Liban séparait Damas de la mer. La route de communication la plus directe entre ces deux grands entrepôts et débouchés, tra-
versait l'Anti-Liban, la Cœlésyrie et le Liban ; mais pénible et dangereuse, elle n'a jamais été très fréquentée ; la voie ordinaire et principale évitait les montagnes au moyen d'un grand détour vers le sud ; elle se dirigeait vers le bras est du mont Hermon, en traversait aisément les hauteurs peu considérables et peu escarpées, descendait vers le Jourdain qu'elle passait probablement au pont de Jacob (v. Jourdain), suivait les bords du lac de Génésareth par Capernaûm et Bethsaïda jusqu'à .Magdala, montait par une vallée sur le plateau, et s'élevait plus haut encore vers la plaine de Zabulon, au delà de laquelle elle descendait à Akko. C'est là le chemin de la mer qui vient d'au delà du Jourdain, Es. 8, 23. Malth. 4, 45. C'est sur cette route, à Capernaum, où le chemin passe dans un défilé entre le lac et la montagne, que les Romains avaient établi un péage, Matlh. 9, 9.
LIBATIONS, (ou aspersion sur le sacriflee, Pbil. 2, 47. 2 Tira. 4, 6.), expression usitée dans l'Ecriture sainte comme chez les auteurs profanes, pour désigner l'effusion de liqueurs que l'on répandait sur les victimes offertes à la divinité. D'après la loi juive, les libations se composaient ordinairement de vin (Deul. 32, 38. 0-. 9, 4.), que l'on versait sur l'autel, d'après Josèphe, et non dans un de ses canaux seulement. Elles étaient presque toujours accompagnées d'offrandes de pain, de farine et de sel, Nomb. 6, 45. 47. Joël 4, 9. 13. 2.4 4., et quelques auteurs ont réuni sous un même nom, et souvent confondu, les libaiions sèches avec les libations proprement dites; nous parlerons des unes et des autres, v. Offrandes. — Aucun holocauste ne pouvait être offert sans qu'il s'y joignit l'une et l'autre espèce de libaiions, comme aussi l'homme lui-même ne mange pas volontiers de la viande sans pain et sans vin, cf. Nomb. 7, 87. Les libaiions accompagnaient également les sacrifices d'actions de grâces, mais jamais les offrandes pour le péché, Nomb. 6, 17. 45, 5. 4 Chr. 29, 24 . 2 Chr. 29, 35. Elles étaient présentées soit au nom de personnes isolées, soit au nom du peuple entier, tous les jours, Ex. 29, 40., d'autres aux jours de sabbat, d'autres entin, lors des fêtes solennelles, Nomb. 28, 7. 9. 44. 29, 4. La libation qui accompagnait le sacrilice d'un agneau était 4/40 d éplia de farine, 4/4 hin d'huile, 1/4 hin de vin; pour un bélier, 2/40 épha de farine, 4/3 hin d'huile, 4/3 hin de vin ; pour un veau ou puur un taureau, 3/40 épha de farine, 4/2 hin d'huile et autant de vin, Nomb. 15, 4. 28, 4 4. sq. 29, 9. Lév. 14, 24. Dans les temps de leur égarement les Israélites faisaient des libations semblables aux faux dieux qu'ils adoraient, Es. 57, 6. 65, 44. Jér. 7, 48. 4 9, 13. 44, 47. Ez. 20, 28., usage qui n'avait rien d'étrange pour les païens.
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et qu'on retrouve dans Virgile, quand Sinon parle du sort qu'on lui réservait :
Jamque die» iufanda adrrat, mihî tacra parari, Et Misas fniges, et cireum tempora nillie,
(jfin., II, 133. 133.)
et lorsque Didon s'apprête à faire un sacrifice :
Ipia tenena dexlr* paterara pulcherrima Dido Caudeutia vaccœ média iuler curnua fuudit.
{Ma., IV, 60. 61.)
Des libations d'eau étaient faites pendant la fête des tabernacles, q. v., cf. 4 Sam. 7, 6. On en retrouve encore d'autres exemples avant l'exil, 2 Sam. 23, 16. Quant au fait rapporté 1 R. 18,
34. sq., l'eau qu'Elie. répandit sur l'autel était une libation extraordinaire, dont le but était symbolique en ce qu'il devait annoncer la pluie de bénédiction qui allait venir sur le pays, en même temps que cette profusion d'eau que le feu du ciel allait bientôt consumer, était destinée à mettre en évidence le ministère divin du prophète.
Sur la libation d'huile mentionnée, Gen.
35, 44. v. Pierres.
On sait que les païens avaient coutume de boire du vin mêlé de sang lorsqu'ils se réunissaient par serment pour une entreprise importante, dangereuse et non avouée, par exemple pour une conjuration (Sallust., Catil., 22); on a cru trouver des allusions à cet usage, Ps. 46, 4. Zacb. 9, 7.
LIBERTINS (ou affranchis). Il y avait à Jérusalem, au temps des apôtres, une synagogue dans laquelle se réunissaient ordinairement, outre les Juifs de Cyrène et d'Alexandrie, les Juifs appelés libertins, Act. 6, 9. C'est de son sein que sortit la première opposition au ministère d'Etienne, que furent jetées les premières attaques, les premières accusations, les premières pierres. Quelques interprètes (Bèze, Valckenaer), ont cru qu'il fallait lire Libisltaiens au lieu de libertins, estimant que les trois noms de la synagogue dans le passage cité devaient avoir un caractère géographique ; ce serait une forme rare, sioon précisément poétique, du nom de Libyens; mais cette supposition ne repose sur aucun fondement critique, et n'est appuyée sur aucun manuscrit. D'autres conservent le nom de Libertins, mais lui font signifier habitants de la ville ou contrée (inconnue) de Liber tum. qu'ils supposent avoir existé dans l'Afrique propre ou proconsulaire, parce qu'ait synode de Cannage, 4H, se trouvait un évéque ayant pour litre Libertinensis. L'opinion généralement reçue, c'est que les libertins étaient des esclaves libérés qui avaient conservé ce nom, eux et leurs descendants, soit des affranchis romains qui auraient passé au judaïsme, soit des Juifs que Pompée et Sosius auraient
et qui, ,2,85.),
emmenés captifs de Palestine en Italie ayant obtenu leur liberté (Tacit., Annal, se seraient établis à Rome jusqu'au moment où Tibère chassa de ses Etats les superstitions étrangères: il est naturel que dans ce cas ils se soient retirés à Jérusalem, et en assez grand nombre pour y posséder en tiers une des quatre cent quatre-vingts synagogues qui s'y trouvaient au dire des rabbins. — On ne peut du reste pas dire avec certitude si, dans ce passage, il s'agit de trois synagogues, ou d'une seule avec trois noms; mais ce qui est probable, c'est que ces noms n'étaient que des noms, et que la synagogue des libertins ne comprenait pas des libertins à l'exclusion des autres Juifs, et qu'elle ne les comprenait pas tous non plus.
LIBNA (blancheur). 4° Ville sacerdotale et villtt de refuge dans les plaines de la tribu de Juda, ancienne résidence royale des Cananéens, Jos. 40, 29. 42, 45. 24, 43. 4 Chr. 6, 57. Elle se détacha du royaume de Juda sous l'infidèle Joram, et, a ce qu'il parait, par attachement à la foi de ses pères. 2 R. 8, 22. 2 Chr. 21, 4 0., mais plus tard elle rentra dans l'obéissance ; au temps d'Ezéehins, Sanchérib l'assiégea, 2 R. 19, 8. Es. 37, 8. ; on ignore s'il réussit A s'en emparer, v. encore 2 R. 23, 31. 24, 18. Eus. be la place dans la contrée d'Eleuthéropolis sous le nom de Lobana. Auj. Arâk-cl-Mcnshî-Yeh. —2° Campement des Israélites au désert, Nomb 33. 20.- 3° Sihor Libnath (et non Sihor vers Benath), Jos. 19, 26., rivière qui servait de limites a la tribu d'Aser; son nom peut se traduire ruisxeau de verre. C'est probablement le Bélus ou Béleus des anciens; non loin de son embouchure, il coule à travers des sables très fins. On raconte que des vaisseaux sidoniens chargés de salpêtre y abordèrent, et que les gens de l'équipage, voulant préparer leur repas et ne trouvant point de grosses pierres pour construire leur foyer, se servirent a cet effet de grands morceaux de salpêtre, qui se fondirent au feu et se mêlèrent avec les cendres et le sable : il en résulta une matière transparente; c'était du verre. Dès lors le sable du Bélus fut transporté à Sidon, où l'on perfectionna l'art de travailler le verre; et aujourd'hui encore les Vénitiens en chargent leurs vaisseaux pour les belles fabriques de leur patrie.
LIBYE (chaleur), contrée de l'Afrique septentrionale. Les Grecs, depuis Homère et Hérodote, désignaient par ce nom la race inculte et cuivrée qui habitait les côtes sablonneuses et stériles de l'Egypte ; ces peuplades furent plus tard chassées et repoussées vers l'intérieur encore peu connu du pays, par l'arrivée d'une colonie grecque a Cyrène, et d'une colonie phénicienne à Carlhage. Les Libyens s'enrôlèrent dans le service étranger sous Xercès (Hérodot.
lu:
7, 7i. 86.), sous Sésak, roi d'Egypte el sous Sérah, roi d'Ethiopie, 2 Chr. 12, 2. 16, 8., cf. H, 9.; il paratl même, d'après Nah. 3, 9.. que la célèbre Thèbes (v. No.) fut aussi défendue par les armées libyennes. Daniel 41, 43. prouve que des rapports ethnographiques existaient entre les Egyptiens, les Lybiens et les Cusbiles ; les Léhabim nommés Gen. 10, 13. parmi les descendants de Milsraïm (l'Egypte), sont, sans aucun doute, les mêmes que les Lubim ou Lybiens. Chez les Romains ce nom n'avait qu'une portée ethnographique et non point géographique ; il indique vaguementla contrée, Acl. 2,10., et désigne plutôt les habitants. La côte d'Afrique, depuis l'Egypte jusqu'à Carthage, se divisait en trois districts principaux, la Marmarique, la Cyrénaïque et l'Afrique propre ; cependant Plolémée nomme le premier de ces districts Marmarique libyenne, et comprend les deux autres sous le nom général et commun de Libye propre ou intérieure. Pline appelle Libye le district Maréotis.
LICORNE. C'est par ce mot que nos versions ont traduit l'hébr. reém; les Septante, monocéros. La première question qui se présente regarde l'existence même de cet animal; les anciens l'ont admise sans hésitation, mais paraissent avoir plus d'une fois confondu dans leurs descriptions la licorne et le rbinocéros (Pline, 8, 30. pliait., Anim., 16, 20.); un bon nombre de voyageurs plus modernes semblent avoir commis une méprise du même genre; d'autres, distinguant bien ces deux espèces de mammifères, ont cru pouvoir établir l'existence de l'un et de l'autre, mais varient dans la description qu'ils font de la licorne, que la plupart d'entre eux avouent n'avoir pas vue de leurs propres yeux et ne connaître que par ce que leur ont dit les naturels des pays qu'ils ont visités. Le Portugais Jean Gabriel raconte pour sa part qu'il a vu dans le royaume de Damor une licorne qui avait une belle corne blanche au front, longue de 50 centim., poil de la queue et du cou noir et court, forme et grandeur d'un cheval bai. Vincent le Blanc en a vu une autre dans le sérail du roi de Pégu, elle avait la tête plutôt d'un cerf que d'un cheval ; el Louis Barthémo (seizième siècle), dit qu'il en a vu, chez le sultan de ta Mecque, deux qui lui avaient été envoyées par un roi d'Ethiopie; la plus grande des deux avait sur le front une corne de trois aunes (?!) de long, la tète ressemblait à celle d'un cerf, la peau était brun foncé, le pied fendu el l'ongle d'une chèvre. Ne seraientce pas là de véritables antilopes qui auraient perdu une corne par accident? Enfin, pour ne pas tout citer, Hodgson, président de la Compagnie des Indes à Népal, reçut de la ménagerie du raja un animal qu'on lui dit habiter les
parties méridionales du Thibet, qu'il reçut comme licorne et dont il envoya la peau au musée de Calcutta ; la peau était fauve et blanche sous le ventre; au milieu du front s'élevait une longue corne pointue, noire, formant trois légers coudes, avec des anneaux circulaires à la ba e; ranimai avait en outre deux petites touffes de poils aux narines, passablement de soies autour du nez et de la bouche, et la chevelure épaisse comme ne formant qu'une seule masse, autant de caractères qui donnaient à la tête quelque chose de lourd el de repoussant : cette peau serait un témoignage décisif, s'il était prouvé que l'animal était une licorne et non point une antilope monstre. Dans cette incertitude, plusieurs hésitent, pendant que d'autres ont embrassé plus ou moins chaudement, soit l'affirmative (Bochart, Ludolf, Meyer, Rosenmuller), d'autres la négative (Cuvier). Disons seulement que l'existence d'une licorne ne serait nullement impossible, qu'elle pourrait se justifier en anatomie, et que si l'animal que Ton dit avoir habité l'Egypte et l'Ethiopie ne s'y trouve plus, cela provient peut-être de ce qu'il a été refoulé dans les déserts plus intérieurs de l'Afrique, comme cela est arrivé pour d'autres espèces d'animaux. Quoi qu'il en soit, les voyageurs el les naluralisles qui croient encore à l'existence de la licorne, lui assignent pour séjour les montagnes du Thibet où elle marche par grandes bandes, et l'Afrique, depuis le grand désert jusqu'aux confins de. la Cafrerie ; elle ressemble au cheval, a 1m 30 à 1,n 60 de hauteur, et sur le front une longue corne un peu recourbée vers 1»; milieu; son caractère est sauvage et indomptable.
Après cette question préalable, et dont la solution n'est pas sans importance, on doit se demander si, en admettant même l'existence de la licorne, c'est bien de cet animal qu'ont voulu parler les auteurs sacrés sous le nom de reém. Pour cela, voyons les caractères qu'ils lui donnent, et examinons brièvement chacun des passages où il eu esl parlé : 1° Nomb. 23, 22. et 2i, 8., il n'est question que des forces du reém; i° Deut. 33, 17., les forces de Joseph sont comme les cornes d'un reém, ou plutôt comme des cornes de reém, sans que rien soit préjugé sur le nombre qu'en porte chaque individu (de même Ps. 22, 21.); le reém esl mis en parallélisme avec le taureau, probablement sous lu rapport de la force et de la puissance ; cf. aussi Ps. 29, 6.; 3° Job 39, 12. 13., le reém ne se laisse pas attacher à la charrue comme fait l'àne cl le bœuf, il rompt ses liens ; on ne peut ni l'apprivoiser, ni le dompter, 1° Ps. 22. 21,, |p reém esl dangereux, sa corne ou ses cornes lui servent d'armes; 5° Ps. 29, 6., le petit du reém est nommé à côté du veau, comme animal aux