LOT
soit la mère de l'enfant qui l'accuse, les voisins qui le tuent; le divorce demandé n'aura pas lieu, parce que le mari ne sait pas écrire; le meurtrier involontaire est livré au vengeur du sang, mais il ne mourra point, les villes de refuge sont la, et bientôt il sera mis à couvert.
On a été trop loin dans les deux sens, les uns en prétendant que la législation hébraïque avait été calquée d'après les autres législations alors existantes, que Moïse pouvait avoir étudiées; les autres en niant d'une manière absolue toute influence des lois de l'Egypte, sanitaires et autres, sur telle ou telle partie des prescriptions mosaïques. Tout ce recueil est divinement inspiré, mais la personnalité de Moïse se montre partout, ses souvenirs, ses expériences, ses impressions. 11 importe peu, d'ailleurs, que Moïse ait ramené d'Egypte ses prescriptions contre la lèpre, et l'interdiction de la viande de porc, si l'Esprit lui a révélé ces mesures comme bonnes à conserver. Il importe peu que des lois agraires, qu'une caste sacerdotale, aient été établies à l'imitation de l'Egypte, si Dieu a montré à Moïse que c'était provisoirement ce qu'il y avait de mieux à faire pour la formation et le développement de la nationalité juive. Moïse a suffisamment montré, cf. Lév. 48, 3., qu'il n'entendait point faire une copie du paganisme, et l'esprit de sa législation porte assez le caractère de l'indépendance, pour qu'à cet égard il ne soit pas suspect, même lorsqu'il paraît emprunter. Les absurdités de Bolingbroke et de Voltaire, sous ce rapport, se réfutent d'elles-mêmes. Ce qu'ils ont dit de plus sérieux se rapporte à cet isolement national que Moïse établit, à ce cordon sanitaire dont il entoure son jeune peuple, à ce particularisme étroit qu'il prêche et qu'il commande. En théorie, le reproche est fondé; Dieu a fait d'un même sang tout le genre humain ; qui comprend l'humanité perd peu a peu l'idée de la nationalité ; mais en pratique le peuple juif était non-seulement un peuple à part, mais un peuple mis à part, choisi, élu de Dieu dans un but spécial, une exception dans le monde, et son histoire n'a que trop bien montré combien les barrières de la loi étaient même insuffisantes pour le préserver du mal. Le reproche d'ailleurs aurait une plus grande portée si, en lui imposant le particularisme, Dieu avait aussi imposé à son peuple l'égoïsme; mais bien loin de là, les étrangers peuvent s'établir sur ce territoire d'Israël, partout ils sont recommandés â la bienveillance publique, et lorsqu'ils jouissent de tous les avantages, ils n'ont pas même à supporter toutes les charges.
On peut consulter utilement sur ce qui fait l'objet de cet artn-le, E. de Bonnecbose, Oist. sacrée; Cellérier, Esprit de laLégisl. mos.; les ouvrages plus spéciaux de Pastoret (Paris, 4817)
et de Salvador (Paris 48*7), la dissertation du prof. S. Cbappuis, citée plus haut (Lausanne 4838), et Neuman, Symbolique du culte de l'Ancienne alliance : en allemand on a les ouvrages classiques de De Wette (Arclueologie), Tholuck (Beil. zum Hebrseerbrief), Baehr (Symb. des mos. Cultus), et quelques travaux de Nitsch, Sack, Hengstenberg,Twesten,Néander, dont la portée est tout à la fois dogmatique et scientifique.
Le N. T. nous apprend à considérer la loi sous un double point de vue. Elle était caduque et périssable, dans ce qu'elle avait de particulier, de spécial , de local ; elle était faite pour un temps, pour un peuple, pour un pays. D'un autre coté, elle est éternelle dans ce qui en fait l'idée fondamentale, et Jésus n'est point venu pour l'abolir, mais pour l'accomplir. Avant Jésus, elle servait d'instituteur, de pédagogue, pour conduire les hommes, par le sentiment de leurs péchés, au Messie qui devait apporter le salut. Depuis Jésus, elle subsiste, mais gravée sur les tables charnelles du cœur. On peut la considérer, soit comme le fondement caché en terre sur lequel s'élève l'éditice de l'Eglise chrétienne, soit comme l'échafaudage qui a servi a son élévation, échafaudage qui n'a plus maintenant aucune valeur. On peut la considérer comme le commencement de l'œuvre que Jésus est venu Unir, ou comme un système provisoire qui n'était là qu'en attendant, occupant et préparant le lieu pour le Sauveur. Les deux points de vue ont leurs défenseurs ; les uns et les autres ont raison; la loi est tout ensemble un fondement et un échafaudage ; cette double idée se rencontre partout dans le N. T. On ne saurait en dire autant de ceux qui voient un antagonisme réel entre la loi et la grâce; c'est aller trop loin, au moins dans la forme de l'expression. Le chrétien n'est sans doute plus sous la loi, mais c'est qu'il est devenu loi à lui-même. Rien ne lui est plus défendu, mais l'Esprit qui est au dedans de lui, et qui ne parle pas deux langages, lui sert de règle et de loi. Quant à celui qui n'est pas converti, comme il n'a pas l'Esprit, comme il n'est pas sous la grâce, il reste sous la loi, et les difficultés pratiques qu'on a soulevées sur cette question, sont d'une solution facile dès qu'on se place à ce point de vue. Ces questions , du reste, appartiennent à la dogmatique.
LO RUHAMA (qui n'a pas obtenu miséricorde), v. Osée.
LOT (enveloppé, caché), fils de Haran et neveu d'Abraham, Gen. 44 , 27., accompagna son oncle d'Ur et de Caran en Canaan, et partagea d'abord sa vie nomade dans les contrées méridionales de la terre promise, 44 , 34. 42, 4.; mais, comme l'un et l'autre avaient de grands