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troupeaux, et que leurs bergers se querellaient souvent, au sujet des puits et des citernes dn désert, ils durent se séparer, et Lot choisit pour demeure la verte et riante vallée de Sodome, arrosée par les flots du Jourdain, 13, 1 1 . Quelques années après, le roi de Sodome ayant été attaqué et pilié par Kédor-Lahoraer, et Lot fait prisonnier avec tous les siens , Abraham vint au secours des vaincus, les délivra et leur rendit à tous, et à son neveu en particulier, les biens dont ils avaient été dépouillés. Lot continua dès lors d'habiter Sodome; il y fiança ses tilles, et vivait en plus ou moins bonne harmonie avec ses Impies et impurs voisins, lorsque deux anges vinrent , et l'engagèrent à fuir le feu du ciel qui allait fondre sur la ville. On connaît l'accueil hospitalier qu'il fit à ces messagers du ciel, bien qu'il ne les connût pas, et le dévouement lâche et faible par lequel, pour sauver ses hôtes de l'opprobre, il offrit ses propres filles à la brutalité de ses concitoyens, 19, 5. sq. Le lendemain, de bonne heure, réveillé par les anges, il part, sous leur protection, avec sa femme et ses deux tilles, laissant en arrière les époux de celles-ci, que leur incrédulité avait aveuglés, comme le reste des Sodomites, sur les malheurs qui leur étaient divinement annoncés. Toute la plaine devait être engloutie, et les fuyards devaient se rendre sur la montagne de Tsobar; mais, sur leur route, se trouvait la ville de Bélah, petite, et par cela même peut-être moins corrompue que les autres ; Lot demanda qu'elle fût épargnée, afin qu'elle pût lui servir de retraite, et sa prière fut exaucée. C'est de Bélah, devenue Tsobar, qu'il put contempler l'affreux spectacle d'une plaine entière détruite par le feu et le soufre; mais déjà sa femme n'était plus avec lui : ménagère, peutêtre avare, peut-être incrédule, et, dans tous les cas, désobéissante aux ordres célestes, elle s'était retournée, et elle avait péri. Après un séjour dont la durée n'est pas déterminée, mais qui ne fut sans doute pas bien long, Lot et ses filles quittèrent Bélah, et se réfugièrent sur la montagne voisine de Tsohar pour y demeurer. La solitude pouvait convenir au vieillard, veuf, sans fils, dépouillé de tous ses biens, et témoin récent d'un déluge de feu, vengeur de l'immoralité d'une plaine dépravée; mais ses filles, plus frappées que lui de la destruction de leurs villes et de leur isolement présent, faisant vivre et périr le monde tout entier avec le monde de leur vallée, privées de leurs époux avant de les avoir possédés, condamnées, selon tonte prévision, à un célibat perpétuel, et bien instruites dans le mal par les leçons de Sodome, enivrèrent leur père (singulier, mais touchant témoignage rendu indirectement à la pureté de ses mœurs), et l'entraînèrent au crime; c'est de ce
double inceste que sortirent les Moabites et les Hammonites. Cette tache est le dernier trait que l'Ecriture nous rapporte de la vie de Lot ; mais le nom de ce patriarche est rappelé ailleurs comme celui d'un juste, honorable devant Dieu, 2 Pierre 8, 7., cf. Luc 17, 18. 32. Deut. 2, 9. 4 9. Ps. 83, 9.
Quel a été le crime de la femme de Lot, et quel a été son châtiment ? La concision de l'écrivain sacré, Gen. 19,26., autorise l'interprétation littérale, mais ne l'exige pas : « La femme de Lot regarda en arrière, et elle devint due statue (ou un monument) de sel. » On peut croire, et même traduire sans faire violence au texte, qu'elle resta en arrière, qu'elle retourna peut-être, se confiant en ce qu'avaient dit les anges, que le malheur ne commencerait que lorsque Lot et les siens seraient arrivés à Tsohar, et qu'elle fut surprise dans ses délais, ses lenteurs et ses regrets. Quant à sa mort, une quantité d'opinions et de fables se sont tait jour. La statue de sel a pour elle la lettre, quoi qu'on en dise, et l'ancienne tradition : le sel pouvant se prendre pour sel de roche, on ne peut pas objecter qu'elle a dû se fondre tout entière aux premières pluies, comme aussi rien n'indique qu'elle ne se soit pas fondue. Toutefois, le texte peut se traduire dans un sens plus large, et la tradition ne mérite guère de confiance à cause de son caractère exagéré. La statue a été vue, dit-on, par beaucoup de voyageurs; mais ils ne sont pas d'accord sur sa position, les uns la plaçant au nord, les autres au midi, à l'orient ou à l'occident ; ils auront pris pour statue de la femme de Lot quelqu'une de ces créations bizarres de la nature, comme on en rencontre en divers lieux, et qui affectent tantôt une forme, tantôt one autre. Ce rocher de sel conservait, selon eux, toutes les infirmités féminines : il pleurait en certains temps, et il avait ceci de singulier, qu'il conservait toujours la même grandeur, quoiqu'on en arrachât souvent des morceaux pour souvenir et par curiosité. D'autres auteurs pensent qu'il faut entendre que la femme de Lot étant retournée en arrière (elle périt et) devint un monument de sel (éternel, impérissable) du courroux divin contre les rebelles et les incrédules ; d'autres encore, qu'elle fut étouffée, et que, par l'abondance des matières salines renfermées dans l'air el dans le sol, son corps fut comme pétrifié ou embaumé, de manière a ne pouvoir être atteint par la corruption, comme cela arrive des corps qui sont soumis à l'action des flots de la mer Morte, ou d'une source pétrifiante quelconque. D'autres, enfin, ne prennent que l'idée générale du verset : la femme de Lot resta attachée au sol, morte et sans mouvement ; mais c'est l'explication qui se justifie le moins, bien qu'elle
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renferme pour hous la même leçon d'obéissance à la parole du maître.
L'éblouissement dont furent frappés les Sodomitcs.et qui sous bien des rapports était une conséquence presque naturelle et souvent observée de débauches pareilles aux leurs, peut être comparé à celui dont Dieu frappa les soldats syriens descendus vers Elisée, 2 R. 6, 18., cf. aussi Jean 8, 59. 10, 39.
LOUP. Cet animal, bien connu dans nos climats, l'est également en Orient, où son nom rappelle comme chez nous des Idées de voracité, de violence et de lAche cruauté : c'est aux brebis surtout qu'il se rend redoutable, c'est a la poursuite des faibles qu'il s'attache, Matth. 7,15. 10, 10. Luc 10, 3. Jean 10, 12. Act. 20, 29. Il est représenté comme altéré de sang, Ez. 2S, 27., et les principaux d'Israël lui sont comparés pour leur avidité. Ses déprédations nocturnes l'ont peut-être fait appeler loup du soir, Hab. 1, 8. Sopli. 3, 3. Gen. 49, 27. Jér. 5, 6., quoique selon quelques auteurs (les Septante) il faille traduire loup d'Arabie, ce qui n'est guère probable. L;i prophétie nous annonce pour l'époque messianique, qu'alors on verra paître dans les mêmes pâturages, le loup et l'agneau conduits par un enfant, promesse que l'on prend assez généralement dans un sens purement symbolique en la rapportant à la réconciliation des Juifs et des païens, des lldèles et des infidèles, mais qui parait se rapporter d'une manière plus entière aux jours à venir où le Seigneur Jésus, régnant lui-même sur la terre, soumettra au même sceptre les hommes et toute la nature, Ks. 11, fi. 65, 25. Benjamin est appelé par le vieux Jacob un loup qui déchire, tien. 49, 27.; les interprèles caldéens entendent cette figure du grand nombre d'holocaustes qui étaient continuellement offerts sur l'autel de Jérusalem, ville de Benjamin ; d'autres la rapportent à la violence des Benjamites, Jug. 21, d'autres encore à Ehud, à Saul ou à saint Paul, qui appartenaient a celte même tribu.
Le nom hébreu du loup est zeéb, dont on a cru trouver la racine dans l'arabe zaab ou daaha (effrayer), et d'où dériverait peut-être aussi l'allemand flieb. l'anglais thief.
LUC (lumineux, abrégé pour Lucnin, comme Silas pour Sylvain), l'auteur de l'Evangile et des Actes, était d'après Eusèbe, Jérôme et Nicéphore, natif d'Antioché en Syrie, et médecin de profession. Juif de religion, mais païen par sa naissance (cf. Col. 4, 14. 2 Tim. 4, 11.), il avait une culture lettrée qui se montre soit par la pureté de son style, soit par quelques réminiscences des profanes. On ignore comment il vint à la connaissance de la vérité, mais on peut croire que ce fut par le ministère de saint Paul,
don! il fut toujours l'ami et le compagnon de travail. Parmi les traditions, il en est qui le font ami de la Vierge, vierge lui-même, peintre, l'un des soixante-dix disciples, et le compagnon de Cléopas sur la roule d'Emmaus ; c'est possible comme sont possibles toutes les choses dont on ne sait rien, mais c'est peu probable, et notamment sa ttiission au nombre des soixante-dix disciples parait contredite par Luc 1, 1-3.; c'est encore moins probable, s'il est vrai qu'il fût d'origine païenne, cf. Col. 4, 12- 14. ctv. 11., 12. : on ajoute qu'après avoir entendu les enseignements du Christ, il s'en détourna, scandalisé des paroles du Maître : » Celui qui ne mange pas ma chair et ne boit pas mon sang, n'est pas digne de moi; » mais il revint plus tard à la foi. a la suite d'une prédication de saint Paul. Son histoire ne commence pour nous qu'au voyage de Troas, Act. 16, 10.; probablement le premier qu'il fit avec l'Apôtre, car ce n'est qu'alors qu'il commence a parler a la première personne; il suit Paul ù Philippes dans la maison de Lydie, et parait avoir séjourné quelque temps dans cette ville, malgré la persécution qu'y essuyèrent Paul et Silas ; nous l'y retrouvons encore plusieurs années après, Act. 20, 6. C'est probablement aussi de lui qu'il est question 2 Cor. 8, 13. 22. Il reprend alors avec 1 Apôtre le cours de ses voyages, et l'accompagne par Troas, Assos, Mitylène, Rhodes, Tyr, et Césarée, à Jérusalem, Act. 21, 15., où il resta probablement jusqu'au départ de Paul pour Rome, 27, 1. Fidèle à son ami, Luc partagea tous les dangers et toutes les fatigues de cette périlleuse navigation; et, arrivé au terme du voyage, il continua de lui donner ses soins et demeura au moins quelque temps avec lui, comme on le .voit par la mention qui en est faite dans deux épllres écrites, à ce que l'on suppose, de cette ville, Philém. 24. Col. 4, 14.; enfin dans le moment suprême, lorsque Paul écrit sa dernière épître, son testament, il peut dire : « Luc est seul avec moi. » i Tim. 4, 11. C'est ici que s'arrêtent les indications de l'Ecriture sur l'histoire du pieux médecin, du modeste et constant ami de saint Paul ; la tradition ne fournit que des données incertaines sur le reste de sa vie et sur sa mort. Saint Jérôme le fait mourir à l'âge de quatrevingt-quatre ans; d'après Epiphane, il aurait prêché l'évangile en Dalmatie et dans les Gaules, et d'après Nicéphorc il aurait souffert le martyre en Grèce ; il aurait été pendu à un Olivier. Les pères de l'Eglise lui connaissaient déjà passablement de tombeaux, Thèbes, en Béotie, en Billiynie, à Ephèse, à EU c, dans le Péloponese, etc.; on sait l'estime qu'on devra faire de ces reliques.
C'est probablement û Rome, avant la rédae-
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tion des Actes, et par conséquent dans les deux premières années de son séjour, que Luc aura écrit l'évangile auquel la tradition a donné son nom. On le conclut de ce que ces deux ouvrages sont adressés à la même personne, Théophile (q. v.), qui était Komain, et dont Luc avait sans doute fait la connaissance à Rome même; l'auteur entre dans beaucoup de détails sur la géographie et l'archéologie juives, qu'il parait supposer peu connues de son lecteur, tandis qu'il passe en courant et sans explicaiions ni indications aucunes, sur tout ce qui regarde la topographie de l'Italie, comme étant trop connu pour qu'il faille caractériser ou préciser : arrivé au séjour de Paul à Rome, le narrateur s'arrête et ne dit presque rien des épreuves, de l'action et de la vie de Paul, ce qui n'eût pas manqué d'intéresser les lecteurs de Jérusalem si Luc eût écrit pour eux, mais ce qui était superflu pour des lecteurs romains qui étaient autant que Luc au courant des affaires de Paul. Nous avons parlé des Jetés à leur arlicle; quant à l'Evangile, bien qu'il ait assez de nippons avec ceux de Matthieu et de Marc, pour que l'on puisse apercevoir l'usage que Luc en a fait, il diffère de l'un et de l'autre par plus de méthode dans son plan, et par une tendance éminemment catholique, générale, universelle. Marc est à cet égard sans caractère bien prononcé, bien qu'il ait été écrit sous l'influence de saint Pierre; mais l'évangile de Matthieu porte le cachet juif à chaque passage, tandis qu'on trouve dans saint Luc le caractère et vraisemblablement l'influence de Paul, le Christ de l'humanité, l'alliance de Dieu avec la terre tout entière. On aperçoit déjà cette différence dans leurs généalogies du Sauveur, Matthieu faisant remonter les ancêtres de Jésus jusqu'à Abraham, le père des Juifs, Luc les comptant jusqu'à Adam, le père des hommes; Matthieu ne parle que des douze apôtres représentant les douze tribus, tandis que Luc y joint les soixante-dix disciples représentants de l'humanité; Matthieu insiste partout sur le caractère juif du Messie, Luc sur son caractère humain, évitant de raconter ce qui aurait pu faire de son œuvre une oeuvre particulière, une mission juive; il se plaît à rappeler, 4, 4C-24., que déjà au temps d'Elie et d'Elisée, des païens ont été bénis de Dieu, et favorisés plus que des Israélites de naissance. Luc a aussi dans la forme, quelque chose de plus intime, de plus affectueux, son Messie est plus un Sauveur qu'un Roi; il raconte volontiers ses conversations plutôt que ses discours, et fait parler les interlocuteurs, enregistrant leurs questions et leurs réponses; il s'attache aux détails, il raconte la naissance de Jean-Baptiste et celle du Sauveur, le premier entretien de Jésus dans le temple, la résurrection du
jeune homme de Naïn, l'envoi des soixante-dix, la parabole du Samaritain miséricordieux, l'histoire de Marthe et Marie, la guérison des dix lépreux, la visite de Jésus à Zachée, la conversion du brigand sur la croix, la rencontre qui eut lieu sur le chemin d'Emmaûs; il donne un récit circonstancié et suivi d'un grand voyage missionnaire de Jésus, 9, 51. à 49, 27., et parie souvent de la miséricorde divine et de l'efficacité de la prière, v. Evangiles.
L'authenticité de cet évangile n'a guère été contestée, et même les hérétiques autimosaîques, tels que Marcion, l'ont reconnue, comme cela était assez naturel à cause de sa tendance antijudaïque, tandis qu'ils rejetaient les trois autres ; mais ils l'ont tronqué en plus d'un endroit, comme l'ont remarqué Tertullien et Epiphane, partout où les paroles du Messie étaient en désaccord avec leurs vues exagérées sur la loi et l'Ancien Testament, v. Schulz, Sieffcrt, Schleiermacher, sur les écrits de Luc, et Olshausen, ùber die Evang.; et en français Bames, Nicolas, G. d'Eichthal, etc.
Les Actes des apôtres sont la suite immédiate et naturelle des Actes du Maitre; saint Luc les a écrits sans doute peu de temps après son premier ouvrage, et a réuni l'un a l'autre par le court avant-propos qui est en tête du second livre, v . surtout Kuinœl.
Outre ces deux ouvrages, on a attribué à ce disciple la composition de l'épitre aux Hébreux, q. v., ainsi que celle d'autres écrits que nous ne possédons plus.
LUCHITH (planches), ville des Moabites, Es. 45, 5. Jér. 48, 5.; suivant Eusèbe et saint Jérôme, elle était située dans une contrée montagneuse, entre Aréopolis et Tsobar, et portait encore de leur temps son ancien nom.
LUCIUS de Cyrène, prophète et docteur de l'Eglise d'Antioche en Syrie, Act. 43, 4., et parent de Paul, Rom. 46, 21.; selon quelques auteurs, il aurait été l'un des soixante-dix disciples. Origène, Calmet, et d'autres encore, distinguent deux Lucius, et croient que celui dont il est parlé dans les Romains est le même que Luc l'évangélisle; mais rien ne justiûe cette opinion, le nom de Lucius n'était pas de nature à être abrégé, et si Luc est une abréviation, il dérive de Lucain et non de Lucius ; d'ailleurs au moment où Paul écrivait de Corinthe aux Romains, Luc n'était pas avec lui, mais plutôt à Philippes, Act. 20, 2. 6.; de plus, si Luc est appelé compagnon d'œuvre de saint Paul, Philém. 24., Lucius n'est appelé que son parent, dans l'épitre aux Romains, où il eût pu être appelé son compagnon d'œuvre comme l'est Timothèe ; entin pourquoi Paul caractériserait-il la même personne de deux manières si différentes dans le passage des Romains, et Col. 4, 44.?