LL'N
LUD (génération), le pays, et Ludim, les habitants. 4° Gen. 10, 13., le premier des descendants de Mitsraïm, nommé à côté de Put frère de Mitsraïm, Ez. 27, 10. 30, 5.; ils font la guerre au service des Tyriens, et Jér. 46, 9., a la solde des Egyptiens : Esaïe les appelle gens tirant de l'arc, 66, 19., c'est pourquoi Bocharl les prend pour les Ethiopiens qui, selon les anciens auteurs (Hérodote 7, 69.J, avaient pour arme principale un arc de 4 aunes de longueur, au moyen duquel ils tiraient des flèches courtes, munies de pierres aiguës. Cependant leur demeure ne peut être déterminée avec une parfaite certitude ; Michaèlis compare les Luday, sur la côte occidentale de l'Afrique au sud de Maroc et le fleuve Laud qui coule vers la Tingitane (Tanger) ; cette opinion, el celle de Hitzig, qui voit dans les Ludim les L> biens, sont moins probables que celle de Bochart, adoptée par Calmet, Wlner, Dahler, Preiswerk, Schrœder, etc.
2° Gen. 10, 22., peuplade sémite nommée entre Arpacsad et Aram, selon toute probabilité les Lydiens (Josèphe, Eusèbe, saint Jérôme, Bochart, Calmet, Winer, etc.). La Lydie, royaume célèbre sous Crésus, est une province de l'Asie Mineure -, Sardes en était la métropole, et l'on v trouvait encore Ephèse el Smyrne.
LUNATIQUES. ». Possession.
LUNE. Ce grand luminaire fut créé au quatrième jour pour dominer sur la nuit, et pour servir de signe pour les saisons, les jours et les années, Gen. 1, 16. Servante de la terre, elle fut bientôt érigée en maîtresse et reine du ciel par l'idolâtrie; on lui attribua une puissante influence sur la fécondité du sol el sur le sort des hommes , et dans les siècles de la plus haute antiquité elle était déjà l'objet d'un culte impie, v. Job 31, 25. Les Egyptiens l'adorèrent d'abord sous le nom d'Io, et plus tard sous celui d'Isis ; et les Israélites malgré la défense formelle de la loi, Deut. 4, 19. 17, 3., lui firent aussi des offrandes, Jér. 8, 2. 19, 13. 2 R. 21, 3., qui consistaient principalement en encensements, en libations et en gâteaux de miel ayant la forme de croissants, Jér. 7, 18. 44, 47. 19., cf. Hérodote 8, 41. La lune comptait aussi des adorateurs en Arabie (Bochart, Pbaleg 2, 49.); les Romains lui rendaient ud culte sous le nom d'Hécate, la même que Diane, avec cette seule exception que Diane était chaste, tandis que la première, était réputée pour ses aventures galantes. iMacrobe, dans ses Saturnales, affirme que pour sacrifier à la lune les hommes se déguisaient en femmes et les femmes en hommes, el Maïmonides croit que c'est une des raisons pour lesquelles Dieu avait défendu aux Juifs ce double travestissement. Sur les rapports de la lune avec Astarté, v. Babal
et Caldée. Quant à la reine des cieux dont parle Jérémie, 44, 48., il paraît, malgré l'opposition de quelques savants (v. Gesenius), que c'est de la lune qu'il est question, et non point de la brillante planète de Vénus, ou de l'armée des cieux en général. Le passage Ps. 424, 6. semble se rapporter à l'influence maligne, ou réputée maligne, de la lune sur ceux qui dorment en plein air, sous le ciel pur et serein de l'Orient, ou sur la vue de ceux qui la flxent trop souvent lorsqu'elle brille de tout son éclat. « L'astrologie naturelle, dit Calvin, montrera bien que les corps d'ici-bas prennent quelque influxion de la lune, parce que les huîtres se remplissent ou se vident avec icelle; pareillement, que les os sont pleins de moelle ou en ont moins selon qu'elle croît ou diminue. » Dans tous les cas, et quoi qu'il en soit, le Psalmiste annonçant que le soleil ne donnera pas sur l'homme pieux de jour, ni la lune de nuit, parle le langage de son pays et de son temps, et veut indiquer d'une manière générale, qu'il sera préservé de tout accident fâcheux, de toute influence malveillante, soit que cette influence existe, soit qu'il y crût lui-même, soit qu'il eut simplement égard à une certaine crainte populaire mais indéterminée, comme le sont presque toutes les superstitions, soit enfin qu'il eût le pressentiment de celte nouvelle terre où il n'y aura plus ni jour ni nuit. — L'obscurcissement du soleil et de la lune (et il n'est pas nécessaire d'entendre par là des éclipses), est fréquemment indiqué comme devant accompagner de grands événements, la chute de l'empire assyrien, de Babylone, et la fin du monde, Es. 13, 40. 24, 23. Ez. 32, 7. Joël 2, 40. 3, 45.
Les Juifs célébraient les nouvelles lunes, ou néoménies; c'étaient des jours de fête et de repos qui avaient leur place au commencement de chaque mois, l'année juive étant supputée en mois lunaires; elles étaient en quelque sorte des sabbats de mois, comme le samedi était le sabbat de la semaine. Les Juifs se reposaient alors de leurs travaux, et consacraient en entier ces jours au service de Dieu. On offrait au sanctuaire des sacrifices spéciaux, Nomb. 40 et 28, 41-15.; cf. 4 Cbr. 23, 34 . 2 Chr. 2, 4. 8, 4 3. 31, 3. Esd. 3, 5. Nèh. 40, 33.; le peuple se rassemblait en assemblée solennelle, Es. 1 , 1 3. Ez. 46, 1., et les sacrificateurs sonnaient des trompettes sur les holocaustes, Nomb. 10, 10., cf. Ps. 81 , 4. On faisait des banquets sacrés, et l'on se réjouissait d'une sainte joie ; un festin avait lieu à la cour de Saiil, 4 Sam. 20, 5. 24., el les plus pieux cessaient de jeûner; il n'y avait ni travail ni commerce, Am. 8, 5X Néh. 40, 31. On faisait la lecture de la Parole de Dieu, 2 R. 4, 23. Cette fête, à cause de son importance, et peut-être aussi à cause de son analogie éloignée