‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 245 sur 398 · MAM · texte numérisé non relu

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16. Deut. 28, 22. 27., elc. Les dyssenteries en été, la fièvre au printt mps et en automne, paraissent avoir régné chez les Juifs, comme elles sont encore de nos jours en Orient les maladies de la saison, Ad. 28, 8. Malth. 8, 14. Luc 4, 39. Jean 4, 52.; cf. Burckbardt, Arab., 615., elc. L'Ecriture parle encore de coups de soleil, 2 K. 4, 19., d'hypocondrie et de mélancolie noire, 4 Sam. 18, 40., mais les maladies les plus communes étaient la lèpre, la cécité, la paralysie, les pestes, et dans le N. T., les maladies d esprit ou possessions, q. v. — La maladie de Job était probablement l'éléphanliasis ; v. Lèpre. — La maladie dont le pays fut frappé sous Joram, 2 Chr. 21, 15., était probablement une longue et violente dyssenlerie qui faisait de cruels ravages dans le corps, entraînait avec elle du sang et déchirait les entrailles. — L'bydropisie était bien connue, Luc 44, 2. La gangrène, nommée 2 Tim. 2, 47., est une espèce de combustion froide qui commence quelquefois à la suite de coups ou de blessures, et qui ronge peu à peu autour d'elle la chair et le système nerveux jusqu'à la mort complète (spbacèle) de l'organe attaqué; le couteau peut seul arrêter les progrès de ce mal auquel sont comparés les faux docteurs, les fausses doctrines et les disputes vaines. — v. encore les articles spéciaux, Cécité, Médecine, Nébucadnelsar, Vers, elc.

Les Juifs regardaient en général les maladies comme des châtiments divins, Job 7, 20. Jean 5, 4 4. 9, 4., etc., et l'Ecriture nous les fait aussi considérer comme les suites du péché, Gen. 3, 46. Jésus en parle comme en étant le maître absolu, les envoyant ou les rappelant comme on ferait d'un serviteur, Malth. 8, 8., et c'est a la possession des démons qu'est attribuée dans l'Evangile la cause de la plupart des maladies, Luc 4 3, 44. 46. Malth. 47, 45. 48. 4 Cor. 5, 5. 44, 30. 2 Cor. 42, 7.; cf. Deut. 28, 22. 27. 7, 45.

MALCAM ou MALCOM, v. Moloc.

MALCHUS, serviteur du souverain sacrificateur Caîpbe, Jean 48, 40. Comme il allait mettre la main sur Jésus pour le saisir, Pierre lui eoupa l'oreille d'un coup d'épée, soit que l'oreille fût entièrement détachée de la léte, soit qu'elle ne fût pas entièrement coupée ; il est assez probable que saint Pierre avait envie de lui couper la tète, dit Calmet. Mais Jésus qui donnait sa vie ne pouvait pas faire payer au serviteur les fautes de son maître ; juste et miséricordieux, il guérit la plaie qu'avait faite son disciple peu intelligent de l'épée qui doit servir a la défense du christianisme ; il toucha l'oreille blessée, et son dernier miracle avant d'être livré, fut pour un de ses ennemis, cf. Matth. 26, 51. Marc 44, ♦7. Luc 22, 50. Jean, qui était en relation avec la cour du pontife, nous a seul conservé le nom

de ce serviteur. — La tradition porte que Malchus se convertit plus lard (Corn. ad. Lapid.). — Ce nom, dérivé de mélech, roi, se retrouve ailleurs dans l'histoire, et Josèphe (Ant., 43, 5. 14, 14., etc.), parle d'un Malchus, roi des .4rabes, qui avait de très grandes obligations i Eferode, fils d'Antipater.

MALKIEL, 4 Chr. 7, 31., inconnu, de la trita d'Aser, prince et fondateur d'une ville, Biruvilh, également inconnue.

MALKIJA (l'Eternel est mon roi), 1° fils de flammélec, Jér. 38, 6., et peut-être frère de Jérahméel, 36, 26., n'est connu que pour avoir donné son nom à la citerne dans laquelle fut jeté le prophète Jérémie, et qu'il avait probablement fait creuser lui-même. — 2° Père de Pashur, Jér. 21, 1. 38, 1.

MALKISUAH (mon roi sauveur), fils de Saûl, lué parles Philistins, 1 Sam. 14, 49. 31, 2.

MALTE, Ile bien connue de la Méditerranée, située entre la Sicile et la côte africaine ; elle a environ 28 kil. de long sur 16 de large, et 85 de circuit. Selon Diodore, des Phéniciens, ayant remarqué qu'elle avait plusieurs ports commodes, en chassèrent les Phéaques, et y établirent une nouvelle colonie qui s'enrichit par son commerce et son industrie; les habitants excellaient surtoul à fabriquer des étoffes d'une beauté et d'une finesse admirables. Ovide parle de sa prodigieuse fertilité en grains; maintenant, on n'y trouve plus que du coton et des fruits, principalement des oranges. Selon les poêles, après la mort de Didon, Anne sa sœur, qui l'avait suivie en Afrique, se retira dans l'Ile de Malle, d'où Pygmalion ayant voulu l'enlever, elle se sauva en Italie, et fut très bien reçue par Enée. Malte passa successivement des Carthaginois aux Romains. Le consul Tib. Sempronius fit voile de Sicile à Malte, oh Carthage entretenait une garnison (218 av. C). Dès qu'il parut, on lui livra Amilcar, (ils de Giscon, qui commandait dans l'île, p. Rochart, Can., 1 , 26. C'est sur les côtes de cette île que Paul, après être sorti de Crète, fil naufrage Act. 28, 1., et l'on dit que, depuis son départ, il ne se trouve plus de bêles venimeuses dans l'île. Quelques auteurs ayant donne à la mer Adriatique. Act. 27, 27., le sens moderne de golfe de Venise, ont cherché cette nV dans la petite ile de Mélite, près de la côte d'Illyrie; mais celle opinion est combattue par i» direction que prit le vaisseau en partant de l'île, et par le fait que le voyage s'acheva sur un navire qui, venant d'Alexandrie, ne pouvait avoir fait, pour se rendre à Rome, le détour que cette opinion suppose et nécessite, v. Adriatique.

MAMRÉ (rebelle), Escol (raisins) et /faner (chant), Gen. 14, 13., trois frères amorrbéens, amis et alliés d Abraham, qui aidèrent le patriarche dans son expédition contre Kédor-La-

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borner. On peut croire, sans toutefois l'affirmer, qu'ils avaient, comme Melchisêdec, renoncé A l'idolâtrie en suivant Abraham. Mamré avait donné son nom à une forêt de chênes située au sud de Jérusalem, à l'orient des montagnes de Juda, près de la haute, large et fertile vallée d'Hébron, et qui fut, pendant quelque temps, la résidence ordinaire d'Abraham et des siens, Gen. 13, 48. 18, 1. 23, 17. 25, 9. 35, 27. 49, 30. 50, 13. La vallée de Mamré portait aussi le nom de vallée du Térébinlhe, a cause d'un arbre de cette espèce qui s'y trouvait, et qui passait pour aussi ancien que le monde, Jos., G. des Juifs, 4, 17. 7. Eusèbe, Prép. év., 5, 9., etc. On prétendait qu'Abraham était assis à l'ombre de cet arbre lorsqu'il fut visité par les anges qui allaient à Sodome. Plus tard, on vit les Juifs, les chrétiens et les païens, y célébrer, chacun â leur manière, les solennités de leur religion ; l'on y sacrifiait des victimes, on or- | nait de lampes allumées le puits du patriarche, et l'on y jetait du vin, des gâteaux et des pièces d'argent. Constantin défendit celle idolâtrie, et y fit bâtir une église. Le chêne de Mamré ne survécut pas longtemps à cette persécution religieuse : il n'en restait que le tronc au temps de saint Jérôme ; sans cela, il est â croire que les mahomélans seraient venus joindre leur idolâtrie â celle qui dut être supprimée par Constantin. Quelques voyageurs modernes ont cru retrouver les ruines du tronc près des ruines de la chapelle; mais il est difficile de s'y fier.

MaNAHEM (consolateur), frère de lait d'Hérode le Télrarque, élevé avec celui qui fit mettre â mort Jean-Baptiste, eut le bonheur de se convertir, et devint l'un des prophètes et docteurs de l'Eglise d'Antioche, Act. 13, 1. Saint Luc, en faisant le rapprochement de ces deux hommes, qui, après avoir reçu la même éducation, finirent d'une manière si différente, semble vouloir nous dire : « L'un fut pris, et l'autre laissé . » — On ne sait rien autre, d'ailleurs, sur sa vie; quelques-uns le font Mis d'un essénien, ami d'Hêrode le Grand, qui prédit à celui-ci son avènement au trône, et un règne long , mais injuste; d'autres ajoutent qu'il fut l'un des soixante-dix disciples.

MANASSÉ (oubli). 1° Fils aîoé de Joseph et d'Asénath, fut dépouillé de son droit d'aînesse par son aïeul Jacob, qui lui annonça une moins grande prospérité et une postérité moins nombreuse qu'à son frère cadet, Ephraïm, Gen. 41, 51. 46, 20. 48, 1. 1 Chr. 7, 14. Les deux frères sont réunis, sous le nom de Joseph, dans les dernières bénédictions du vieillard, Gen. 49, 22., ainsi que dans celles de Moïse, qui leur promet â chacun « ce qu'il y a de plus précieux sur la terre; » mais à Manassé des milliers de

descendants, et â Ephraïm des dix milliers, Deut. 33, 13-17. Manassé apparaît comme chef de tribu, Nomb. 1, 10. 2,20. 7, 54., et le nombre de ses hommes d'armes, au moment de la sortie d'Egypte, est de 32,000 (1, 35.). Les deux tribus sont presque toujours nommées ensemble, Nomb. 26, 28. Jos. 14, 4., etc. Lors de l'entrée en Canaan, Manassé se divisa en deux demitribus ; Makir, parce qu'il fut homme de guerre, reçut en partage Galaad et Basan ; il devait servir de boulevard â Israël contre les peuples inquiets et brigands de la Trachonite, contre les Syriens de Damas, et contre les Gessuriens de l'Anti-Liban. « Les maîtres de l'arc ont irrité Manassé, ont lancé contre lui des flèches, l'ont attaqué ; mais son arc a conservé sa force, et ses bras leur vigueur, et il a, de sa corne, heurté, les peuples jusqu'aux extrémités du pays. » Il habita des contrées bénies par l'Eternel, les riches plaines de l'Hauran, les belles montagnes de Galaad, et, dans ses vastes limites, il s'est étendu « comme un rameau fertile près d'une source, » Nomb. 32, 39.; cf. 34, 14. Jos. 12, 6. 13, 7. Cette demi-tribu était séparée deGad par le Jabbok, et comprenait, dans son territoire, Hastaroth et Edréhi; elle s'étendait ainsi assez loin vers l'est, Deut. 3, 13. Jos. 13, 29., et, comme son éloignement du sanctuaire, qui était à Silo, pouvait avoir, par la suite, des conséquences fâcheuses pour ses descendants, qui pourraient oublier leur culte, ou voir leurs droits méconnus, les tribus transjourdaines élevèrent, sur les bords du Jourdain, un autel destiné à témoigner en leur faveur, ou même, au besoin, contre elles, et à les relier ainsi aux neuf autres tribus, Jos. 22, 10. sq. — La seconde demi-tribu, dont le territoire fut placé à côté de celui d'Ephraïm, était comprise entre le ruisseau de Cana, la Méditerranée, la chaîne du Carmel, et à l'est les montagnes d'Ephraïm, Jos. 16, 9. 17, 1. Elle avait aussi pour voisins Aser et Issacar, sur le territoire desquels elle paraît même avoir eu quelques parcelles enclavées, 17, 11., qu'elle ne put, sous les juges, défendre entièrement contre les Cananéens, Jos. 17, 12. Jug. 1 , 27. — Après la mort de Salomon, les deux demi-tribus, sous la puissante main d'Ephraïm, passèrent au royaume des Dix tribus, dont elles suivirent les destinées. Le nom de Manassé se trouve, Apoc. 7, 6. 8., avec celui de la tribu de Joseph, qui, dans ce cas, désigne Ephraïm. Gédéon appartenait â cette tribu, qui fournit encore d'illustres guerriers sousDavid, Jug. 6, 15.

2° Manassé, père de Guersom, et grand-père de Jonathan, Jug. 18, 30. Peut-être faut-il lire Moïse (v. Guersom); peut-être aussi les noms de Moïse et de Guersom se trouvaient-ils parmi les Lévites. Dans tous les cas, il ne faut pas confondre ce nom avec celui du fils de Joseph ;

car Jonathan descendait de Lévi, 47, 7. 42.; il était Lévite, et non Manassite.

3° Mantisse, quatorzième roi de Juda, fils indigne et successeur d'Ezécliias, régna cinquantecinq ans (6<J5-64i), 2 Chr. 53, 2 R. 21. A douze ans il perdit son père et monta sur le trône ; mais le parti anlitbéocralique s'empara de son esprit, l'entoura et régna par lui; ce fut le triomphe de l'impiété et de l'idolâtrie ; le jeune roi suivit trop fidèlement les principes de ses conseillers, et notamment de Sebna ; il rétablit les hauts lieux que son père avait détruits, adora les idoles païennes, dressa des autels à Babal et a tous les astres jusque dans les parvis du temple de l'Eternel, consulta les devins, et opposa des imposteurs aux prophètes que Dieu lui envoyait et dont il lit verser à Jérusalem le sang innocent : Esaïe, selon la tradition juive, mourut victime de ses fureurs, et c'est peul-ftlre à celte mort que l'Apôtre fait allusion, Hébr. H, 37. (ils ont été sciés); entin, pour n'oublier aucune abomination, il brûla ses propres enfants devant les faux dieux! Les menaces divines étaient méprisées, elles s'accomplirent, et l'Eternel prononça cette terrible sentence : « J'étendrai sur Jérusalem le cordeau de Samarie et le niveau de la maison d'Achab; je torcherai Jérusalem comme une écuellc qu'on essuie et qu'on renverse sur son fond. » Manassé tomba entre les mains des Assyriens, peut-être lorsque Ezar- Uaddon transportait ses colons dans le royaume d'Epbraïm, Esd. 4, t.; il fut, malgré l'appui de l'Egypte qu'il avait recherché, saisi dans les huiliers, chargé de chaînes, et conduit à Babylone la vingt-deuxième année de son règne : ce fut la fin de la première partie de sa vie, de son idolâtrie et de ses malheurs (Seder-Olam). Dans la détresse et dans l'angoisse, il s'humilia, se repentit de ses crimes, et supplia l'Eternel avec larmes; il obtint son pardon, et fut bientôt rétabli sur son trône, peut-être à la condition de rester vassal assyrien; c'est ce que rendent probable les événements qui eurent lieu dans les derniers jours de Josias son petit-fils. — Sa conversion était sincère : il le prouva en faisant son possible pour remédier aux maux dont il était lui-même l'auteur : il nomma Eliakim son premier ministre, à la place de Sebna; il rétablit le culte du vrai Dieu, purifia le temple, renversa les bocages et détruisit les autels. La lin de son long règne fut consacrée à en faire oublier le commencement, et il vil prospérer son activité et sou administration intérieure; il releva les murs de Jérusalem à l'occident de Guibon, ceignit Hophel d'ouvrages élevés, rétablit l'ordre dans l'armée, et lui donna une discipline et des chefs. Il mourut à l'Age de soixantesept ans; malgré sa repenlance, il ne fut pas admis a l'honneur d'être enterré parmi les rois

de la maison de David ; il fut enseveli dans un sépulcre qu'il s'était préparé au milieu de ses jardins.

On croit que Joël prophétisa sous son règne; c'est à la même époque aussi que quelques auteurs (Bossuet, Calmet, Bonncchose) placent l'histoire de Judith et d'Ilolopherne. La tradition a conservé, sous le nom de prière de Manassé dans l'angoisse, un chapitre qui a k\k ajouté dans quelques exemplaires grecs et latins à la fin du second livre des Chroniques; celle prière renferme quelques belles choses, mais sa forme liturgique suffirait pour la faire reconnaître comme apocryphe, indépendamment des doctrines antibibliques qu'elle professe sur la justice et le péché.

Le second livre des Rois ne parle que des crimes et des malheurs de Manassé ; H ne dit mol de sa repenlance, mais indique en passant qu'à sa mort il n'était plus prisonnier : ce dernier détail montre qu'il n'y a pas contradiction entre le récit des Rois et celui dos Chroniques, mais l'omission d'une partie aussi importante de la vie de Manassé ne s'explique pas : on pourrait croire que l'auteur des Chroniques, qui a puisé à plus de sources, a trouvé aussi plus de détails; mais la conversion de "Manassé n'est pas un détail dans sa vie, et caractérise son histoire tout entière; tout Israélite, historien ou non, devait connaître un événement de celle importance.

Quelques auteurs ont essayé de réduire la longueur de ce règne, Bunsen à 45 ans, Lepsius, d'après les Septante, à 35; mais la chronologie des rois d'Assyrie et de Babylone est en faveur du chiffre biblique.

MANDRAGORE. Celte plante, désignée par certains auteurs sous le nom de mandegloire, et qui dans son étymologie grecque signifie ornement des cavernes, est l'atropa mandragora des Latins, et appartient à la famille des solanées. De tout temps et dans tous les pays où elle se trouve, elle a été l'objet des opinions les plus contradictoires, comme des fables les plus absurdes. Elle aime les pays chauds, la Palestine, la Grèce, l'Italie, l'Espagne, et ne croit que très difficilement dans nos jardins; mais dans les lieux qu'elle habile elle préfère les endroits sombres, tels que l'entrée des cavernes. La racine est épaisse, longue, fusiforme, ordinairement bifurquée, ou même divisée en trois, fauve extérieurement, blanchâtre à l'intérieur : les feuilles sortent du collet de la racine, grandes, ovales, pointues, vertes, ondulées sur leurs bords, et disposées en faisceau : entre ces feuilles naissent plusieurs pédoncules simples, courts, portant chacun une fleur dont la corolle est campanulée, retrécie vers sa base en forme de cône renversé, un peu velue en de-

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hors, blanchâtre, légèrement teinte de violet : le fruit est une baie sphérique ressemblant à une petite pomme, jaunâtre dans sa maturité, molle, charnue, pleine d'une pulpe qui contient des graines rénit ormes, placées sur un seul rang. Cette baie, narcotique et stupéfiante, n'est dangereuse que lorsqu'elle est prise en certaine quantité.

Le nom de la mandragore se trouve deux fois dans l'Ecriture sainte, (ien.30, 1i.Cant.7,13.; c'est ainsi que les traducteurs ont entendu l'hébreu dudayim; dans le premier passage, c'est la vertu prolitique de la plante qui est relevée; dans le second, c'est son odeur agréable et forte. (I s'en faut du reste de beaucoup qu'il y ait eu unanimité pour cette interprétation, qui a été appuyée par Jacq. Thomasius dans une dissertation spéciale, 4739, mais déjà fortement combattue par — 1) Ant. Densing (1659), qui entend par dudayim le petit melon de Perse odorant (cucumis dudaïm, L); de môme Sprengel, Faber, la traduction persane, etc. ; — 2) Ludolf, dans son liist. d'Ethiop., soutient qu'il faut entendre par là un certain fruit que les Syriens appellent mauz, dont la figure et le goùl ont beaucoup de rapports avec le ,ficus indica; — 3)Celse entend une espèce de loi us; — k) Pfeiffery voit une espèce de lys; — 5)Calmet, Bochart, Browne croient pouvoir donner à l'hébreu le sens de citron; — 6) Junius traduit : des fleurs agréables; — 7) Codurque, des truffes;— 8) Hiller,des cerises; —9) d'autres, des violettes; ou du jasmin; — 40) d'autres enfin, Virey, Chaumeton, l'entendent de Yorchis. Il ressort de toutes ces divergences que la véritable signification du mot est perdue, et même qu'elle l'a été de bonne heure; on voit par le passage de la Genèse que la plante dont il s'agit passait pour donner la fécondité, et le nom même de dudayim {dod% amour) pourrait bien être en rapport avec cette opinion. La mandragore et Torchis sont les deux plantes qui harmoniseraient le mieux peut-être avec le peu que nous connaissons du dudayim, la première par la bifurcation de sa racine,' à laquelle, avec un peu de peine et de bonne volonté, on pourrail encore donner la forme du corps humain, de là le nom d'anlhropomorphos qui lui a été donné par Pythagorc; la seconde, par la grossière ressemblance qu'on a cru trouver dans ses bulbes ordinairement géminées, et qui a amené la préconisalion ridicule de ses vertus aphrodisiaques. L'une et l'autre de ces plantes peuvent exercer une certaine influence sur l'homme ; elles peuvent stimuler, exciter, irriter; Vénus est appelée mandragorilis, cl l'empereur Julien, dans son épitre à Calixène, dit qu il boit du jus de mandragore pour s'exciter à la volupté; mais elles ne peuvent rien sur les femmes, surtout

elles n'ont pas les vertus qu'on leur prêle. Les bulbes de Torchis se cueillent à la lin de Tannée; on les lave, et, après qu'on les a soumises pendant quelques minutes à l'action de Teau bouillante, on les fait sécher au soleil ou dans un four; c'est dans cet état qu'elles entrent dans le commerce sous le nom de salep de Perse ou de salap; elles sont connues pour leurs propriétés nutritives, émollienles et lubrifiantes; mais c'est par ces qualités seules, et à cause de son abondance en principes assimilants, que le salep peut être considéré comme aphrodisiaque, et il ne Test qu'à la manière des oeufs, de la viande ou du lait, c'est-à-dire parce qu'il est nourrissant. — Hasselquist, Michaëlis, Maundrell, de même que Tabbé Marili (Voyag., II, 195), sont favorables à la traduction mandragore, et leurs preuves, sans être très convaincantes, ont cependant un certain poids : ce qui est dit du dudayim s'applique en tous points à la mandragore ; c'est au temps de la moisson des blés (mai) que leur fruit mûrit, Gen. 30,14.; elles ont une odeur agréable; elles peuvent se conserver, et soutiennent une espèce de comparaison avec les grenades. Ces caractères sont, il faut l'avouer, assez vagues pour permettre l'incertitude, et si Ton n'admet pas la traduction orchis, le mieux est peut-être de s'en tenir à la version traditionnelle.

Pour Tétude des miracles et des fables relatives à celte plante historique (dont un des plus grands torts est de nous avoir donné la Mandragore de Machiavel), on peut consulter Théophrastc, Pline, Dioscoride, Calmet, Hiller, et Celsius, ainsi que les monographies de Heidegger, de Drusius, de Thomasius, de Laurent Catelan (Rare et curieux discours de la plante appelée mandragore, Paris, 4639), de Uolzbom, 1702, el de Garuier de Nimes.

MANNE, Ex. 16, Nomb. 11, Deut. 8, 3. Jos. 5, 12. La nourriture que Dieu donna aux Israélites dans le désert, depuis Siu leur huitième campement jusqu'à la fln de leur séjour. Moïse la décrit comme quelque chose de menu, blanc, rond comme du grésil, comme de la semence de coriandre, et ayant le goût de beignets. Elle tombait chaque matin avec la rosée, et lorsque la rosée avait disparu sous l'action des premiers rayons du soleil, la manne restait seule sur le roc ou sur le sable, où les Israélites venaient la ramasser, mais seulement en quantité suffisante pour la journée, à l'exception du vendredi où il en tombait une quantité double et où les Israélites devaient aussi faire la provision du sabbat. Elle se gâtait du jour au lendemain, el ceux qui, se méfiant de la divine Providence, voulurent essayer d'en conserver, la virent se corrompre el les vers s'y mettre. Chacun avait droit à un borner (litres 3, 60), et celui qui en

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