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Hvrance fut pour elle, une naissance nouvelle ; dès lors, pleine de reconnaissance, elle se dévoua >ans réserve à son raailrc, el le suivit jusqu'au Calvaire et dans le jardin de Joseph. Elle voulut contribuer ou pourvoir aux dépenses de l'embaumement, et se rendit de bonne heure au tombeau le lendemain du sabbal ; mais la pierre était roulée, et le corps n'y était plus. Les femmes, qui n'ont pas encore aperçu les anges gardiens, s'inquiètent el s'étonnent; Marie court à Jérusalem avertir les apôtres (Jean 20.), et revient au sépulcre, où elle ne trouve plus personne que les deux anges qu'elle ne reconnaît pas, el à qui elle confie le secret de son angoisse; et quand Jésus lui-même s'approche, encore toute troublée, elle le prend pour le jardinier, le supplie de lui rendre le corps de son maître, et ne le reconnaît que lorsque sa voix bien connue et pénétrante l'appelle de son nom, Marie! Elle se jette alors à ses pieds, qu'elle embrasse en s' écriant : Rabboni! mon maître! Mais il la relève et'lui dit : Ne me touche point, car je ne suis pas encore monlé vers mon Père (v. 17); paroles difficiles à comprendre, et dont on ne peut espérer de percer l'obscurité; peut être renferment-elles un reproche a Marie sur son incrédulité : « Tu n'as pas besoin de me toucher, tu peux être sûre que je vis encore-,» peut-être une exhortation, u ne perds pas de temps, et Ya dire à mes frères que je vis, » ou bien, « ne te préoccupe pas de mon corps, il n'est pas encore glorifié, il est charnel, et tes regards doivent s'élever plus haut; » peut-être n'est-ce qu'une parole d'amitié, « tu n'as pas besoin de nf adorer, je suis encore le Fils de l'homme, l'un des vôtres; » ou bien enfin, « calme ta joie, nous nous reverrons encore avant que je monte vers mon Père, ce qui ne tardera cependant pas » (cf. Calvin, Bcze, Tholuck, Olshausen, etc.). — Ici s'arrête son histoire; une tradition ajoute, mais sans le moindre fondement, que c'est elle qui, pauvre pécheresse, après une vie d'impuretés, trouva son pardon aux pieds de Jésus qu'elle oignait de nard pur en les arrosant de ses larmes, Luc 7, 37.; l'art s'est emparé de ce nom, et rien n'est plus commun en poésie et en peinture, que les pécheresse Madeleine, et les Madeleine repentante; il suffit de se rappeler qu'avant sa conversion elle était affligée d'infirmités qui ne pouvaient se concilier avec les désordres de conduite qu'on lui prèle ; la pécheresse d'ailleurs était de Naîn el non de Magdala. La tradition (Nicéphore) fa'u encore venir Marie Madeleine à Rome, et raconte qu'après avoir porté plainte contre Pilate, elle se retira dans les Gaules comme évangéliste, mais rien ne le prouve, et il est plus que \raisemblable que ce n'est qu'une légende. -- Le caractère de Marie
Madeleine est un des plus purs portraits de femme du Nouveau Testament; il ne présente pas les mêmes incertitudes que celui de la mère du Sauveur, et son amour pour le maître est empreint de plus d'intelligence, de plus d'élévation, et si on peut le dire, d'un christianisme plus évangélique.
5° Marie, femme d' Alphée ou Cléopas, Jean 1î). 25., et mère de Jacques le Mineur.de Joses, de Simon et de Jude. Elle étail sœur de la mère de Jésus, et compta parmi les pieuses femmes qui assistèrent le Sauveur pendant sa vie, le suivirent au Calvaire, se rendirent au sépulcre pour l'embaumer, et annoncèrent sa résurrection aux apôtres, Malth.27 et 28, Marc 15el 10, Luc 23 et 24. Trois de ses fils devinrent apôtres, Joses seul ne le fut pas. D'après d'autres passages, ces quatre enfants auraient été lils de Marie, femme de Joseph, Matlh. 13, 55. Marc 6, 3., et l'apôtre Jean, 7, 5., leur rend le triste témoignage qu'ils ne croyaient pas en Jésus; v. Jacques. Sur cette question, à laquelle Rome a donné plus d'importance qu'elle n'en a réellement, nous croyons qu'un mot peut suffire; Jésus était le fils unique du Père, il n'est pas le fils unique de Marie, mais son premier-né, Matlh. 1 , 25. Luc î, 7. Ceci est positif, peu importent les noms de ses frères; et si les deux sœurs, si les deux Marie ont porté le même nom, il est possible qu'elles aient au^si donné à leurs enfants des noms semblables.
6° Marie, sœur de Lazare et de Marthe, Luc 10, 39. Jean 11 et 12. Dans une visite, peut-être la première, que Jésus fit à la famille de Béthanie, Marie était assise aux pieds du Sauveur, écoutant sa parole, et se réjouissant de la vérité; Marthe, plus vive, plus extérieure, et s'occupant de recevoir de son mieux un hôte si cher el si vénéré, voyait avec impatience le calme de sa sœur, mais Jésus rendit à celle-ci ce beau témoignage : « Marie a choisi la bonne part qui ne lui sera point ôtée, » parole qui, sans blâmer Marthe d'une manière positive, justifiait Marie, et se rapportait tout ensemble à la bénédiction du moment, et aux bénédictions à venir, à l'avantage de recueillir les inMruclions du maître, et au salut qui devait en découler pour la femme disciple.
Lorsque Lazare fut mort, Marthe courut au-devant du Seigneur; Marie l'attendait, mais quand elle sut que Jésus la demandait, elle s'empressa de se rendre à son invitation, cl se jetant à ses pieds, sans beaucoup de raisonnements ou de paroles, elle dit seulement : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort. Au tombeau de son frère, oppressée peut-être par la douleur, en même temps qu'agitée par l'espérance, el soutenue par la foi, elle garda le silence, mais un silence plus signiii-
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catif que toutes les paroles de sa sœur. Peu de jours après la résurrection de son ami Lazare, Jésus étant encore à Béihanie où tant de souvenirs et tant d'affections l'attiraient, il fut invité à un repas chez Simon dit le lépreux : là, Marie, qui célébrait avec les autres convives la résurrection de son frère, sut pins qu'eux tous, plus même que les apôtres, rendre la gloire a celui à qui appartient la gloire, et répandit sur la (été et sur les pieds du Sauveur un parfum précieux qui avait élé destin", peut-être à la sépulture de Lazare, et essuya de ses cheveux les pieds qu'elle venait d'honorer ainsi. Un témoignage si naturel de reconnaissance fut cependant mal compris et mal interprété; plusieurs disciples s'indignèrent, et Judas forma le projet de livrer son maître ; mais Jésus justilia la pieuse chrétienne, et prolita de celle circonstance pour rappeler aux siens que dans peu de jours il marcherait lui-même à la mort, et que son corps réclamerait a son tour les honneurs de la sépulture que Marie venait de lui rendre d'une manière anticipée et sans le savoir. — Celte onction des pieds de Jésus ne doit pas être confondue avec celle qui est racontée Luc 7, 37. sq. Dans l'une et l'autre occasion, du reste, c'est un personnage autre que le chef de la maison qui donne à Jésus celte preuve d'hommage et d'amour; ou ne saurait donc y voir l'acte ordinaire de la politesse et de l'hospitalité dont il fallait user avec tous les convives, mais un témoignage extraordinaire de reconnaissance et de dévouement, v. Bonnet, Famille de Béihanie, et le Sermon de Saurin sur ce texte.
7° Marie, mère de Marc, et ainsi tante de Bamahas, Act. 12, 12., cf. Col. 4, 10. C'est dans sa maison que Pierre se rendit après être échappé de la prison, parce qu'il était sùr d'y rencontrer plusieurs frères qui s'y réunissaient ordinairement pour prier. Elle n'est connue que par ce détail, mais on en conclut qu'elle jouissait d'une certaine considération auprès des apôtres, et que peut-être elle était riche, et membre d'une famille distinguée.
8° Marie, femme disciple de Borne, à laquelle Paul rend un beau témoignage, Rom. 1b, 6-, mais du reste inconnue.
MAKOTH (amertume), Mich. 1, 12., localité inconnue que le prophète ne cite peut-être qu'a cause du sens de sou nom, à moins qu'on ne traduise tout simplement, comme fait Luther : La ville désolée ne peut se consoler.
MARTHE (aiuèrc), sœur de Lazare et de Marie, Luc 10, 38. 10. Jean I I, I. 5. 20. 12, 2. Active, résolue, et plus intelligente d'abord des intérêts de la terre que de ceux du ciel, elle met de l'empressement à bien servir Jésus qui visite sa famille; elle veut l'honorer, mais elle s'y
prend mal, et le Seigneur doit justifier Marie en adressant à sa sœur ces paroles d'un reproche bienveillant : Marlhe, Marthe, tu l'inquiètes et t'agites pour beaucoup de choses; mais uue seule est nécessaire ; or, Marie a choisi la bonne part qui ne lui sera point ôtée. A la mort de Lazare, Marlhe montre le même empressement extérieur; elle accourt au-devant du Christ, et le reçoit avec des paroles douloureuses en même temps que pleines de conliance. Prompte à répondre, elle veut toujours paraître avoir compris, et quand le Seigneur lui annonce la résurrection de Lazare, elle répond : Oui, je sais qu'il ressuscitera au dernier jour : mais quand le Seigneur eut déclaré qu'il était lui-même U résurrection, elle confessa franchement sa foi, et rendit témoignage à l'esprit qui l'animait. Sa profession rappelle celle de saint Pierre, comme son caractère celui de cet excellent apôlre. Enlin, près du tombeau, dans son zèle peu sage, elle fait remarquer que le corps sent déjà, et si ses scrupides eussent élé écoulés, Lazare fût resté dans le sépulcre; à force d'une fausse prévenance pour le Seigneur, elle eût rendu a la mort celui qui devait ressusciter a la gloire île Celui qui est la vie. D'anciennes traditions portent qu'elle était veuve de Simon le lépreux, et qu'elle passa plus tard dans les Gaules avec son frère Lazare. Son caractère, qui esl généralement jugé d'une manière défavorable, doit au contraire être relevé; Irop vif sans doute, il a les défauts de la vivacité, mais il en a aussi les avantages; très accessible à toutes sortes d'impressions, Marthe ne garde que les bonnes; elle aime à servir, à se dévouer, et si elle esl sans connaissance, au moins elle a du zèle, et c'est quelque chose. Notre Seigneur l a quelquefois blâmée, niais il ne lui a pas relire son affection, et ses leçons n'ont pas été perdues pour son humble servante. Sans aller aussi loin que Scbullhess qui met Marthe beaucoup au-dessjis de Marie, on peut, je crois, ne pas la mettre beaucoup au-dessous; il y a diversité de dons ; chez Marie, on remarque plus la foi, chez Marthe, les œuvres. MASKIL, v. Psaumes.
MASUEKA (sifllantj, chef de famille, et tribu ou ville des Edomites, Gen. 30, 36. I Chr. 1,47.
MASSA (tentation), v. Méribah.
MATTAS, sacrilicaleur de Banal sous le règne impie d Halhalie, fut lue devant les autels de ses dieux, lorsque le peuple revenu à lui-même rendit à Joas le trône de ses pères, 2 R. 11, 18. 2 Chr. 23, 17. A la fois prêtre de divinités étrangères et soutien d'une couronne usurpée, il péril selon les menaces de la loi,Deul. 18,20. Ex. 22, 20.
MATTANA, un des campements des Israélites
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dans le désert; il était près des frontières de l'Arabie et de Moab. Nomb. 24, 48.
MATTHAN, un des ancêtres de Jésus par Joseph, Matth. I, 15., inconnu.
MATTHANIA. v. Sédéeias.
MATTH AT (don), deux hommes de ce nom, Matlhala, et deux Mattbalie, ancêtres de Jésus par Marie, mais inconnus, Luc 3, 24. 25. 26. 29. 31 .
MATTHIAS (don de l'Eternel), Act. 1, 23., l'un des disciples que les apôtres choisirent, et sur lesquels ils jetèrent le sort pour trouver le successeur de Judas Israriote. Quelques-uns pensent que c'est le même que Mathanaël, les deux noms ayant à peu près la même signification. Il résulte des paroles de Pierre, Act. 1, 21. 22., que Joseph et Matthias avaient été au nombre des soixante-dix disciples, et l'honneur que leur font les apôtres prouve que ces deux hommes s'étaient distingués dans leur mission par leur foi, leur zèle et leur pièlé. Matthias fut élu et admis au nombre des douze, mais il reste dès lors ignoré, et c'est une question de savoir si les apôtres, en procédant comme ils ont fait, ont agi par l'esprit de Christ ; saint Paul, qui ne se montre que plus* tard, apparaît comme étant véritablement le douzième apôtre, appelé par le Seigneur lui-même à compléter le collège apostolique, et devenant le plus puissant instrument dans la main de Dieu. L'auteur sacré ne parait pas jeter le moindre blâme sur cette élection par le sort, et nous voyons qu'elle fut précédée de la prière, mais il faut se rappeler aussi que les apôtres n'avaient pas encore reçu l'effusion du Saint-Esprit, et que leurs actes officiels n'avaient par conséquent pas toujours à cette époque une sanction divine et spirituelle. Si donc c'est une question, ce n'est que cela, et personne ne peut la trancher, ni en blâme, ni en approbation. — Eusèbe et Clément d'Alexandrie mentionnent un ou deux ouvrages apocryphes de Matthias, un évangile, et peut-être des mémoires; les traditions varient sur son genre de mort : quelques-uns disent qu'il évangélisa la Judée et que les Juifs le lapidèrent; d'autres lui font souffrir le martyre eu Ethiopie, d'autres enlin prétendent qu'il fut décapité en Macédoine.
MATTHIEU (don, récompense), aussi nommé Lévi, était fils d'Alphée, probablement d'un premier mariage de ce disciple. Quoique Hébreu, il exerçait à Capernaûm les fonctions de publicain, si méprisées et si détestées des Juifs, qu'ils alliaient presque toujours ensemble les noms de péagers et de gens de mauvaise vie : on peut croire par la grandeur du repas qu'il offrit à Jésus, et par le nombre des convives invités, qu'il était riche, comme l'étaient presque tous ceux qui exerçaient la même profes-
sion. Il était assis devant le bureau du péage quand le Sauveur le vit et l'appela ; comme André, comme Pierre, comme les fils de Zébédée, il suivit le Seigneur sans hésiter, et abandonna ses biens et l'emploi dont il était revêtu. Le jour même, ou quelque temps après, il réunit dans un grand repas plusieurs de ses amis, afin de leur fournir l'occasion d'entendre le Seigneur, et son nom ne se retrouve plus qu'avec ceux des frères qui se réunirent pour prier après que Jésus fut remonté vers son Père, Matth. 9, 9. 1 0, 3. Marc 2, 44. 3, 1 8. Luc 5, 27. 6, 15. Act. 4, 43.
Saint Matthieu est généralement regardé comme l'auteur de Y évangile qui porte son nom, mais on n'est pas d'accord sur la langue dans laquelle ce livre a été d'abord écrit, si ce fut en hébreu, en syro-caldéen ou en grec. La question est très ardue et difficile à résoudre. Comme évidemment cet évangile a été écrit pour les Juifs, il serait assez naturel de penser qu'il fut écrit en hébreu ou en syro-caldéen, dans la langue parlée par ceux auxquels il s'adressait; c'est la tradition de Papias, conservée par Eusèbe, et adoptée par plusieurs, notamment par liâmes : mais comme d'un autre côté l'on n'a jamais trouvé un seul manuscrit hébreu, et que d'ailleurs le texte grec a tous les caractères d'un travail original et non d'une traduction, la force de la première présomption en est considérablement affaiblie; Matthieu, receveur des péages, devait savoir le grec, et les derniers travaux faits en Allemagne et ailleurs, semblent militer fortement en faveur d'un texte primitif grec, ou du moins de fragments écrits en grec par saint Matthieu, et notamment des discours, ou Logia, de Jésus. On peut, avec Olshausen, reconnaître que le témoignage de presque tous les Pères qui touchent ce sujet, est pour un texte syro-caldéen , et admettre en même temps que saint Matthieu a lui-même traduit son ouvrage en grec, afin de le mettre à la portée d'un plus grand public ; la langue grecque étant plus répandue, les manuscrits dans cette langue auront été plus nombreux, plus usités, et auront fini par absorber entièrement les copies hébraïques qui ne pouvaient avoir d'utilité que pour les chrétiens d'entre les Juifs, presque toujours en minorité dans la plupart des Eglises (Olsh., Hist. des Evang., p. 19.). Quelquesauteursmodernes,notammenlSchIeiermacher et de Wette, refusent à l'évangile, tel que nous le possédons, un caractère apostolique ; ils s'appuient, en particulier sur des indices extérieurs, et ceux-là sont précisément de ceux qui nous paraissent parler le plus haut en faveur de l'inspiration divine de cet ouvrage que l'antiquité chrétienne a placé en tête des livres du N. T. Quant au lieu et à l'époque de
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la rédaction, l'on ne peut que conjecturer avec un plus ou moins grand degré de certitude, sans rien déterminer ; les notices de la tradition sur la vie et sur l'activité de cet apôtre sont si vagues et si contradictoires, que tout ce qui s'y rattache doit aussi rester dans le vague : les uns le font mourir eu Palestine, d'autres à Nadebbar en Ethiopie (Socrate), d'autres en Syrie ou en Perse; il mourut de mort naturelle selon Nicéphore , et martyr selon Isidore, Ambroise, etc. Le plus probable si l'on considère les caractères intérieurs de sou évangile, c'est qu'il écrivit en Palestine, à Jérusalem peut-être, et avant la destruction de celte grande ville, dont il annonce la ruine comme prochaine (24, 4 . sq.); ce serait entre 60 et 70.
Il s'attache essentiellement à présenter Jésus comme le Christ, le Messie promis, le roi qui doit monter sur le trône de David, le grand prophète, Deut. 18, 48., le législateur et le juge; il si; tient, autant que possible, aux prophéties de l'A. T., et son langage, sa manière de parler, est celle d'un Juif parlant a des Juifs de leurs communes espérances dont il a vu l'accomplissement; sa conclusion est en parfaite harmonie avec son commencement; il montre s'élevant vers lescieux comme Roi celui qui en était descendu pour pardonner. Simple et sans apprêt, il ne se laisse pas lier par Tordre chronologique, et il groupe volontiers des événements, des discours ou des paraboles qui ont un même but, qui doivent produire un même effet, alors même qu'ils ont été séparés dans l'action. On peut compter ainsi cinq ou six groupes bien distincts de discours, et trois de miracles; v. Evangiles. Seul il donne avec quelques détails l'histoire de l'adoration des mages, avec quelque suite le sermon sur la montagne, avec un plan déterminé les paraboles du royaume; beaucoup plus que tes autres il cite l'A. T. Comme on l'a dit ailleurs, Matthieu a un caractère moins universel, moins catholique que saint Luc, et il arrête la généalogie du Sauveur à Abraham au lieu de la faire remonter à Adam; il est moins homme qu'il n'est Juif. La grandeur n'est pas pour cela étrangère à son récit; au contraire, il cherche partout l'esprit, et s'emharrasse peu des détails et de la forme ; les faits ne sont pour lui que l'accessoire de la pensée, et souvent il est bref là où les autres évangélistes ne craignent pas d'être abondants. Partout il est plein de la grandeur de son Maître, et il la comprend d'autant mieux qu'il la cherche dans le ciel et non point sur la terre; il contraste avec le messianisme charnel de ses compatriotes qui attendaient un roi comme en ont les autres peuples, mais il ne s'élève pas au spiritualisme de saint Jean, que les anciens avaient appelé l'évangile spirituel
par opposition à celui de Matthieu qui était pour eux l'évangile corporel ; non point qu'ils le missent au-dessous, ou qu'ils lui refusassent l'inspiration divine, mais comme en Christ il y avait deux natures, et qu'on pouvait l'envisager sous diverses faces, ils désignaient ainsi le point de vue différent auquel s'étaient attachés ces deux évangélistes ; Matthieu a dit la vie du Sauveur, il est essentiellement historien.
MAUVES, plante mucilagineuse, qui sert quelquefois en Orient a la nourriture des pauvres; on pense qu'il y est fait allusion. Job 30, 4.
MÉCHONA, ville de la tribu de Juda, Néh. 4 4 , 28. ; peut-être le bourg de Méchanus dort parle Jérôme, qui était situé entre Eleutbéropolis et Jérusalem.
MÉDAD (mesurant), v. Eldad.
MEDÉBAH (eaux de fa tristesse), ville frontière de la tribu de Ruben, Jos. 43, 46. Les Hébreux l'avaient prise sur les Hammoniles, mais elle avait d'abord appartenu aux Moabites, qui la reconquirent plus tard, Nomb. 24, 30. 4 Chr 49, 7. Es. 4.5, 2. Eusèbe la place dans les environs d'Hesbou; Seetzen et Rurckbardl en ont encore trouvé les ruines à peu de distance de cette ville.
MÉDECINE. La première fois que cet art est mentionné dans l'Ecriture sainte, c'est Gen. 50, 2., à propos du corps de Jacob que Joseph fit embaumer par les médecins : l'Egypte, alors la terre classique de toutes les sciences, était célèbre dans le monde païen par ses secrets merveilleux, et par l'habileté de ses jongleurs, de ses prêtres et de ses médecins, à guérir les malades ou à les embaumer s'ils venaient à mourir, Dérod., 2, 84. Odyss., 4, 829. Diod. Sic, 1, 82. Les Hébreux, et Moïse en particulier, pendant !e séjour d'Egypte, avaient pu s'initier aux connaissances égyptiennes, et ils en avaient profité; l'on voit par Ex. 24, 49.. qu'ils étaient plus ou moins en élat de soigner toutes sortes de maladies, naturelles ou accidentelles, et quelques auteurs ont voulu même attribuer à la science de Moïse ses préceptes sur le flux, la lèpre, les animaux purs ou impurs, etc. Dans le principe la médecine était surtout chirurgicale, se renfermant presque exclusivement dans le traitement des plaies, blessures ou affections extérieures; il y avait déjà depuis longtemps des sages-femmes pour aider de laborieux enfantements, Ex. 4, 45., et l'on peut croire que l'élude de celle inévitable souffrance avait commencé avec les douleurs elles-mêmes. Plus tard, les médecins hébreux, parmi lesquels on comptait plusieurs prophètes, continuèrent de pratiquer, en le perfectionnant, l'art de soigner les blessures, 2 R. 4, 24. 5, 40. 8, 7. 9. 29. 9, 45. 20, 7. Es. 4, 6. 38, 1. sq. Ez. 30,21.; ils y joi-