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sans doute heureux de saluer un ami si puissant qui venait de châtier la rapine et la brutalité, il lui fit apporter du pain et du vin. Sacrificateur, il bénit le patriarche, et celui-ci, reconnaissant, lui remit la meilleure dîme du butin. Toute l'histoire de Melchisériec est dans cette courte notice; rien sur sa famille, sur sa vie, sur sa mort. Il est naturel que les auteurs . sacrés qui voulaient établir qu'il y a, au-dessus de la sacrifleature lévitique, une sacrifleature plus excellente encore, aient été frappés de l'apparition mystérieuse et solennelle de crtte grande ligure.' sacrificateur en dehors de toute ordination d'homme, sacrificateur au-dessus d'Aaron, de Lévi, d'Abraham même, puisque celui-ci lui rendit hommage, et lui paya la dîme. Cette sacrifleature extraordinaire devait frapper ceux des Juifs à qui Dieu permettait de voir au delà du voile, et le Psalmiste (MO) annonça prophétiquement un nouveau sacrificateur, selon l'ordre de Melchisédcc, paroles que saint Paul (llébr. 5 et 7) applique directement à Jésus en les développant encore. Il y aurait autant d'imprudence .1 presser le rapprochement, qu'il y a de légèreté à n'y voir qu'un jeu de mots. On a été trop loin peut-être dans le premier sens, et l'on fera mieux de s'en tenir aux traits dessinés par l'Apôtre, sans aller voir encore dans le pain et le vin que le prince offrit au patriarche fatigué, un symbole de la sainie Cène, etc. L'abrégé historique des livres de l'A. T. par Jér. Kisler, et Moïse sans voile de Girard des Bergeries, renferment, sur Melchisêdec. des observations intéressantes, et seront lus avec fruit, quoique peut-être on puisse aller moins loin qu'eux dans la recherche des types. V. aussi Melcliisédec, par F. de Rougemont.
MELON et pastèque, cucumis melo, et eucurhita citrullus L. Le mot hébreu ahattichim. (maintenant encore en Egypte batlichj désigne le melon en général, et comprend ses variétés principales; il ne se trouve que Nomb. 11,5. Les melons, et surtout les melons d'eau, assez connus en Orient, depuis la Palestine jusqu'aux Fndes, l'étaient davantage encore en Egypte, particulièrement sur le Delta et sur les terrains gras et féconds que le Nil déposait sur ses bords. Ils atteignaient jusqu'à une longueur de 1 m. sur 70 c. de diamètre, ils pesaient jusqu'à 55 et 30 kil., et servaient aux pauvres et aux riches de nourriture et de boisson, en même temps qu'on les employait dans la médecine, même dans les cas de lièvre, pour leurs propriétés rafraîchissantes. Hasselquist, en parlant de ce fruit, la ressource des pauvres à cause de son abondance, le représente comme une vraie bénédiction dans la saison chaude, et fait voir la main de la Providence donnant à chaque saison ses produits naturels , et a chaque peuple
ce qui lui est nécessaire pour supporter ou adoucir les rigueurs de son climat. Il est facile de comprendre aussi les regrets et les murmures des Israélites, qui, dans le brûlant désert, ne trouvaient aucun des rafraîchissements auxquels le séjour d'Egypte les avait habitués. Les habitants du Carmel, dit Harmer, cultivent d'excellents melons dont la chair est rouge, surtout vers le centre, et dont l'écorce, d'un blanc rouge;Ure, contient une huile facile à exprimer, et d'un usage précieux contre toutes sortes d'inflammations et d'affections cutanées. Les melons a chair blanchâtre sont moins estimés, quoiqu'ils soient aussi savoureux et d'un goût aussi lin que les rouges, mais il n'ont été cultivés que plus tard, et n'ont pu renverser ni égaler la réputation toute faite des premiers. Les pauvres les mangent avec ou sans pain, et satisfont à la fois leur soif et leur appétit.
MELTSAR, proprement le maître de la cave, ou le préposé au vin, peut être entendu, soit comme nom propre, soit comme désignation d'un office, Dan. 1, H. C'était l'officier chargé par Aspénaz de pourvoir à l'entretien de Daniel et de ses amis à la cour de Nébucadnelsar; il consentit, après une épreuve de dix jours, a l'abstinence de vins et de viandes dans laquelle les jeunes Hébreux lui avaient témoigné le désir de vivre, et, spéculant sur la pieuse sobriété des captifs, il s'empara de leurs portions qui lui furent, pendant trois ans, une source de malhonnêtes revenus; il se paya lui-même pour sa complaisance.
MEMPHIS, très ancienne ville de la Basse- Egypte, appelée en copte Memphi on Mêphis; en égyptien Ma-m-phlah, demeure du dieu Phlah;" en hébreu Moph, Os. 9, 6., ou Noph, Es. 19, 13, Jér. 4(3, 19. Elle était située dans une étroite vallée, sur la rive gauche du Nil, à 25 Kilom. sud de la pointe du Delta; une forte digue et un large fossé, destinés a la défendre contre les inondations du fleuve, lui servirent aussi de défense militaire. Elle avait déjà des rois au temps d'Abraham, et le nom de Mesr, que lui donnent quelques historiens arabes, peut faire supposer que la terre de Misraïm qu'occupèrent en Egypte Abraham et ses descendants, était le territoire de Mempliis. Fondée par L'choréus, cette ville devint, sous Psammétique, la résidence du maître de l'Egypte et la capitale de tout le pays; elle s'accrut en même temps que Thèbes s'abaissait. Diodore de Sicile lui donne 150 stades de circuit ; outre le château royal, elle renfermait une fouie de magnifiques monuments, le temple de Phtha (Vulcain), celui de Sérapis, la cour d'Apis, etc. Tous ces faux dieux devaient être détruits, Ez. 30, 13. — Après la prise de Péluse par Cambyse, Psamménite s'avança contre lui
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avec une nombreuse armée qui fut défaite dans un combat sanglant, et, du temps d'Hérodote, on voyait encore les crânes des Egyptiens, solides et durs, couvrir la terre à côté de ceux des Perses, si mous qu'on les perçait avec facilité. Memphis commença à déchoir quand elle cessa d'être la résidence des rois ; dans la suite, lorsque Alexandrie s'éleva, elle perdit encore davantage; mais elle, ne fut démolie, ni par Nébucadnetsar, ni par Cambyse : le premier se contenta d'en transporter les habitants, le second exerça surtout sa fureur sur les temples, et ût périr le bœuf Apis. Aux jours de Strabon, Memphis s'en allait doucement en ruines; plusieurs de ses grands bâtiments étaient dégrades, et, bien qu'elle fût encore riche et peuplée, on pouvait prévoir sa lin prochaine. La construction du Caire, dans son voisinage, acheva ce que le temps et la guerre avaient commencé. Aujourd'hui, l'on ne voit plus que de faibles restes de cette grande ville, en sorte qu'on a été longtemps incertain sur le lieu qu'elle avait occupé autrefois. Ce sont les Sarrasins qui l'ont démolie.
MÉMUCAN ou Méhuman, Est. 1, 4 4., l'un des sept conseillers intimes d'Assuérus, celui qui prit le premier la parole pour condamner la reine Vasli, soit qu'il lût le plus grand et que le roi l'eût interrogé le premier, soit qu'il fût le plus jeune et le plus impétueux, et que, dans sa vivacité, il ait parlé avant d'y être appelé. 11 condamna Vasti, dans la crainte, dit-il, qu'un exemple de désobéissance impunie venant de si haut, n'encourageât une rébellion générale de toutes les dames de la Perse et de la Méilie contre l'autorité de leurs maris. On peut croire que son vote était dicté par des motifs, sinon meilleurs, du moins plus sérieux, et que peut-être il haïssait la favorite, ou qu'il en était haï. Ces sages, ou conseillers du roi, étaient choisis entre les grands du royaume, et devaient être versés dans la connaissance des lois etdu droit; c'étaient des politiques, et ils Armaient une espèce de conseil d'Etat ou conseil des ministres.
MENAHE.M (consolateur), seizième roi d'Israël, usurpa une couronne déjà teinte de sang par l'usurpation de Sallutn qui la portait, et qu'il lit assassiner. Fils de Gadi, il avait été probablement officier deXacharie. A la mortde son maître, il accourut, le vengea dans sa capitale, tua le meurtr ier et lui succéda sur le trône. Son règne de dix ans fut fécond en crimes et en cruautés : la ville de Thiphsa ayant refusé de lui ouvrir ses portes, il s'en empara, tua tous les habitants jusqu'aux femmes enceintes, et ravagea son territoire. Idolâtre comme ses prédécesseurs, il vitPuI, roi d'Assyrie, tondre sur Israël, et dut se reconnaître son tributaire; il
lui paya mille talents, et fit peser cette dette sur les riches du royaume, qu'il taxa à cinquante sicles par tête, a la décharge du pauvre peuple, dont il sut, par celte mesure, se gagner l'alTeclion et s'assurer l'appui. Il se maintint ainsi dix années sur le trône, et mourut la cinquantième année du règne d'IIozias, roi de Juda. Sa mort fut naturelle, ce qui était bien rare alors dans le royaume des Dix tribus (768-758) 2 R. 45. Les prophètes Osée et Amos virent, sous son règne, leurs oracles dédaignés, mais n'en continuèrent pas moins leurs avertissements et leurs menaces.
MÉNI, idole, Es. 65, 44. ». Gad 3°.
MENTHE, Luc 44, 42. On connaissait en Syrie plusieurs espèces de menthe (famille des labiées), notamment la menthe sauvage et la menthe à feuilles rondes, dont ou se servait soit en médecine, soit comme assaisonnement: la menthe est indiquée presque à chaque page dans le livre de cuisine du Romain Apicius (Rosenmuller).
MEPHAAT, ville lévitique de la tribu de Ruben, non loin de Kédemolh, Jos. 13, 18. i\, 37. i Chr. 6, 79.; elle fut plus tard acquise par les Moabiles, Jér. 48, 21. Eusébe la nomme Méphath et en fait une citadelle romaine située vers l'Arabie.
MÉPHIBOSETH (exterminateur d'idoles).
1° Fils de Saûl, v. Armoni. 2° Fils de Jonathan ; il est aussi appelé Méribaal ou Mèrib- Bahal, i Sam. 4, 4. 4 Chr. 8, 34. 9, 40. Fort jeune encore à la mort de sou père, il fut recueilli par sa nourrice qui le laissa tomber dans sa fuite, et il resta boiteux toute sa vie en suite de cet accident. Il vécut longtemps dans l'obscurité; son épreuve était à celle époque plus encore qu'aujourd'hui, de nature à l'éloigner de la scène du monde, et il n'eût plus jamais reparu à la cour si l'ami de son père, si David, aidé de Tsiba, ne l'eût cherché et découvert dans la maison de Makir. Les biens de son aïeul lui furenl rendus, il s'établit à Jérusalem et fui admis à la table du roi, i Sam. 9. Une incroyable calomnie le perdit, 2 Sam. 46, 3. Tsiba accusa le timide boiteux de se poser en prétendant et d'atlendre, pour se décider, l'issue de la guerre d'Absalon; le calomniateur obtint pour récompense les biens et la fortune de sa victime. Absalon était déjà maître de Jérusalem; Méphiboseth, lidèle à son roi légitime, ne rendit point hommage au vainqueur et porta publiquement le deuil, laissant croître sa barbe et ne changeant pas de vêtements, pour prolester de son attachement à la maison de David. 49, 24. Bientôt après, il trouva l'occasion de se justilier devant le roi, il se contenta d'établir son innocence sans demander aucune réparalion, et répondit par un vœu humble et tou-
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chant à la seconde injustice que lui fit David en ne lui rendant que la moitié de ses biens, et en laissant l'autre au calomniateur. Son caractère est humble et modeste, et l'un ne saurait douter que l'infirmité n'ait mûri son âme d'une manière salutaire; il ne réclame qu'une seule chose, l'affection de David et l'intégrité de sa propre réputation-, quant à son patrimoine il l'abandonne, et il bénit ses ennemis au lieu de s'indigner en les voyant abuser de leur force contre sa faiblesse. Les désavantages physiques assouplissent le caractère quand ils ne l'aigrissent pas, et c'est une chose singulière que ce contraste dans les fruits de la difformité; la bonne part échut à Méphiboseth, et l'esprit se fortifia d'autant que la chair s'affaiblit. — Lorsque, à la demande des Gabaonites, David leur livra sept enfants de S «ûl pour être mis à mort (parmi lesquels se trouvait l'autre Méphiboseth), le (ils de Jonathan fut encore redevable de son ^alut à la mémoire de son père et à l'affection Je David, 21, 7.; c'est le dernier fait de son rumble vie raconté dans l'Ecriture; il n'est rien dit de sa mort.
MER. 1° Méditerranée, appelée mer intéri ure par les Romains; les Hébreux la désistaient par grande Mer, Nomb. 34, 6. 7. Jos. 1,4., mer d'Occident, Deul. 4 4, 24. Zach. 44, 8., mer des Philistins, Ex. 23, 31., ou simplement la Mer, 1 R. 5, 9.; elle formait toute la froitière occidentale de la Palestine. Le rivage de h Méditerranée est escarpé et souvent à pic deTyr à Ptolémaïs; vers le sud il s'abaisse et devient sablonneux après avoir formé près du montCaruiel le grand golfe d'Acco ou Ptolémaïs, le seul port naturel de toute la cote; des mouilhges artificiels ont été de bonne heure creusé» à Césarée, Joppe et Gaza. La marée, très peu considérable de la Méditerranée, est presqui insensible et très irrégulière sur les côtes d< la Palestine; cf. Job 26, 12. Un courant qui va du sud au nord se fait apercevoir, surtout i l'époque des inondations du Nil, et dépose sir les côtes d immenses amas de sables et d» boue; aussi a-t on remarqué depuis quelques iiècles que la rive méridionale gagne du terrain sur la mer. On a découvert entre Gaza et Jojpe des bancs de corail, et ces eaux sont très poissonneuses. Le commerce juif eût trouvé dan: la Méditerranée un puissant auxiliaire, mais déjà l'Egypte et la Phénicie avaient pris possession de l'empire maritime, et d'ailleurs les empêchements que la loi de Moïse mettait au comnerce extérieur ne permirent pas de longtemps ;ux Hébreux de profiter des avantages que h nature leur procurait, de sorte qu'ils ne coinaissaient guère la Méditerranée que de vue, peut-être aussi par la pêche (Ez. 47, 10); les bois du Liban, destinés à la con-
struction du temple furent cependant transportés par mer à Joppe; c'est également sur la Méditerranée que Jonas s'embarqua pour échapper à la mission divine.
2° Mer Morte; c'est le plus grand des trois lacs de la vallée du Jourdain ; elle porte aussi dans la Rible les noms de mer Salée, mer de la Campagne, mer Orientale, Deul. 3, 47. 4, 49. Gen. 14, 3. Jos. 3, 16. Ez. 47, 18. Joël 2, 20. Zach. 14, 8. Josèpbe, Diodore de Sicile et Pline l'appellent lac Asphaltile, et les Arabes lui ont conservé le nom de mer de Lot. Le Ghor, ou vallée du Jourdain, conserve à peu près sa forme et sa largeur; les bords en sont des montagnes escarpées et nues; la chaîne orientale semble être une prodigieuse muraille ; on n'y distingue aucun sommet, et l'on dirait seulement que la main du peintre qui a tracé sur le ciel celte longue ligne horizontale, ait tremblé en quelques endroits; ces montagnes, au dire de quelques voyageurs, ressemblent, par leur grandeur et leur situation, aux rives du lac de Genève, vis-à-vis de Lausanne et de Vevey; elles n'ont guère plus de 450 m. de hauteur. La chaîne occidentale n'est ni aussi élevée, ni aussi uniforme; elle présente même des montagnes de figures extraordinaires et bizarres. Au fond de la vallée, entre ces deux chaînes, est encaissé un bassin sombre et profond qui a 22 lieues de long sur 5 à 6 de large (Josèphe compte 580 stades en longueur et 150 en largeur), et qui est rempli par les eaux claires, lourdes et très salées d'un lac immobile et mort. Ce lac se divise lui-même en deux parties assez distinctes, faciles a reconnaître sur toutes les cartes : on suppose que la partie septentrionale, qui recevait les eaux du Jourdain, formail déjà un lac aux jours d'Abraham, tandis que les villes maudites s'élevaient dans la plaine du Midi, sur un sol bitumineux, encore rempli aujourd'hui de puits et de crevasses. Le feu du ciel ayant embrasé le bitume qui couvrait la terre, on comprend qu'il se soit produit un affaissement général du sol, que les villes aient été englouties, et que les eaux du lac se soient précipitées sur l'espace laissé libre, et l'aient submergé. Les eaux, en baignant le pied d'une montagne de sel située à l'extrémité sud-est du lac, montagne qui subsiste encore en partie sur une étendue de près de 8 kilom., l'auront minée par la base, et auront entratné des éboulemenls partiels; des portions plus ou moins considérables de rochers salins auront été précipités, et ce procédé continuant d'agir depuis l'époque de la submersion, l'élément salin se sera répandu dans le lac tout entier, et aura frappé de stérilité cette vallée que les anciens pouvaient, à cause de sa fraîcheur et de sa fertilité, comparer au paradis terrestre. Comme ces eaux conlien-
nent une quantité de sel presque égale a la moitié de leur volume, elles sont si pesantes que le vent ne les agile qu'avec peine. Arvieux, qui voulut en portera ses lèvresquelques gouttes les trouva si araères et si cuisantes, qu'elles lui causèrent une vivedouleur et produisirent de l'enflure- Chateaubriand les compare a une forte dissolution d'alun ; un voyageur anglais, qui s y baigna avec six de ses amis (Morgenl., 1840), raconte ainsi ses impressions: « Si nous voulions nager, nous avions de la peine à maintenir nos pieds sous l'eau ; si nous voulions nous tenir perpendiculairement, la moitié du corps surnageait, et nous avions de la peine à garder l'équilibre, probablement à cause de la plus grande pesanteur de la tête et des épaules qui étaient hors de l'eau et qui ne trouvaient pas dans la partie inférieure du corps un contrepoids suffisant. L'un d'entre nous, qui ne savait pas nager, restait étendu sur l'eau immobile comme un morceau de liège, et nous avions en général beaucoup de peine à plonger entièrement. Le goût de l'eau à la bouche est très repoussant salé, amer, sulfureux, et si fort que pendant longtemps nos yeux, qui en avaient été mouilles, en ressentirent une cuisson douloureuse; la peau même en était affectée, et je suis persuadé que si I on établissait ici une maison de bains, ils agiraient puissamment et avanta geusement sur les maladies de la peau
Ce lac, situé à 4317 pieds anglais au-dessous du niveau de la mer, n'a point d'écoulement, mais 1 action d'un soleil ardent y produit une évaporation très active qui dépose une grande quantité de sel sur les pierres et sur les chétifs arbrisseaux de ses bords, et qui suffit à maintenir le niveau ordinaire ; cependant le Jourdain seul charrie Journellement en movenne 6,090,000 tonnes d'eau dans la mer Morte (Shaw). On ne voit aucune plante, aucune habitation sur ses rives; c'est un désert de sel et de bitume, de l'aspect le plus triste. Aucun poisson ne peut vivre dans ses eaux, et ceux qui y descendent avec les flots du Jourdain y périssent bientôt, Ez. 47, 8-10. On n'y voit pas même un coquillage vivant (Seetzcn). Les bêtes sauvages, qui n'y trouvent ni nourriture ni breuvage, l'évitent et semblent le redouter ; à peine y découvre-t-on quelques vautours, des aigles qui ont élevé leur aire sur ses noirs rochers, et des hirondelles qui font la chasse à quelques insectes près de ses bords. Le professeur Robinson qui a passé cinq Jours sur ses rivages n'a pas constaté la moindre émanation malsaine des eaux du lac, et relègue au rang des fables tout ce que l'on a dit à cet égard ; les oiseaux volent au-dessus du lac et le traversent sans en être incommodés, et si les habitants des côtes souffrent des fièvres en été,
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cela tient à la chaleur suffocante du bassin, plus qu'à la nature même des eaux. De légères éruptions volcaniques qui partent de ses profondeurs, quelques nuages de vapeurs d'une couleur sombre, s'élancent par moments, surtout vers le milieu du Jour, et obscurcissent, mais pour peu de temps seulement, la pureté naturelle de l'atmosphère ; sur ses rives orientales on trouve des sources chaudes contenant du soufre et un asphalte gras et foncé, qui passe de ces sources dans la mer, sur laquelle il nage en masses parfois très considérables ; on les recueille soit pour médicaments, soit pour la teinture des laines, soit pour la construction des bâtiments a la place de chaux ; c'est de là que la mer Morte a pris aussi le nom de lac Asphaitite. — v. Bram, Raumer, Buckingham, Schubert, Bovet, Sepp, Van de Velde.
La place qu'elle occupe était jadis un pavs délicieux comme un Jardin de Dieu. L'ardetir du soleil y était adoucie par des eaux abondantes, et elle favorisait probablement ici, coimur sur les rives du lac de Génésarelh, la produttion en une même contrée, des fruits les plu variés; la fertilité du sol y était encore accru;, ainsi que dans la plaine de Babylone et ailleurs, par sa nature bitumineuse. Mais les habitaits de la plaine de Siddim étaient des hommes méchants, et leurs péchés attirèrent sur eux les jugements du Seigneur : il les avait en vain avertis, Gen. 14, et il fit pleuvoir du feu et du soufre sur Sodome, Gomorrhe, Tseboïn et Adama ; la fumée monta du pays comme d'une fournaise. Nulle contrée sur ia terre eilière n'offre une telle désolation , et l'état où a été réduite cette vallée jadis si belle, atteste Jepuis nombre de siècles que le jour du Seigneir vient sur tous ceux qui se croient en sûreté, >out en vivant dans l'oubli de Dieu et dans le piché. — On peut conférer les passages suivant? de l'Ecriture, où il est parlé de ce terrible événement, Es. 13, 19. 1, 9. 10. Jér. 23, 11 49, 18. 50, 40. Ez. 16, 46. Os. 11, S.Soph. 2 9. Peut. 29, 23. Matth. 10, 15. 11, 23. 24. 2Pierre 2, 1-10. Jude 7. — Au temps de notre Seigneur, et de nos jours encore, quelques vovageurs (M. de Saulcy) croient avoir vu prè> des bords de cette mer des ruines de murs <t de palais dans l'emplacement des villes détmites, mais c'est impossible, ces villes ayant dû être situées beaucoup plus au midi que là où l'on prétend es retrouver. — Celte contrée doitêtre un jour renouvelée, Ez. 16, 53. 55. 56. 47,8. sq.
Il existe un contraste frappan' entre celte mer et le lac de Génésarelh, si ri;nt et si fertile; et l'on recherchait pendant b moyen âge pourquoi l'eau bénite du Jourdan se' versait dans la mer de malédiction, dans h mer du diable. La mer Morte est toujours ctée dans 1E-
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criture, comme un exemple permanent des jugements de Dieu ; elle n'est mentionnée que dans l'A. T., et seulement en passant sous le nom de lac de Kinnércth, tandis que le lac de Génésareth et ses villes ont été le principal théâtre de la vie de notre Sauveur.
3° Mer Houge (hébr. mer des roseaux); appelée par les Grecs et les Latins golfe Arabique. On ne sait d'où vient son nom actuel ; quelquesuns l'attribuent à certaines herbes marines abondantes dans ses eaux, et dont les feuilles sont tachetées de rouge, d'autres à un ancien roi Erythros (rouge), ou Edom, qui a la même signification, et qui par sa puissance aurait peutêtre bien mérité de donner son nom a cette mer (Calmet) ; d'autres enfin (Reland et Rosenmuller; le regardent comme synonyme de mer méridionale, les poêles appelant quelquefois la zone torride zone rouge à cause de l'ardeur de son climat. L'ancien nom de mer Ilouge servait d'abord à désigner toute la mer qui sépare l'Afrique et les Indes, et comprenait ainsi les deux golfes principaux, celui de l'Arabie et celui de Perse; plus lard cependant sa signification s'est restreinte au seul golfe qui sépare l'Egypte de l'Arabie, l'Afrique de l'Asie; vers le nord il se divise en deux branches, l'Héroopolitanns, maintenant Balihr Assucz ou Bahhr el Kolsnm, et à l'orient, l'yElanites ou golfe élanitique, maintenant Bahhr El Akaba; ces deux branches comprenaient enlre elles l'Arabie Pétrée. La longueur de la mer Rouge depuis le détroit de Bab-el-Mandeb est de 301) milles géographiques en suivant la rive africaine ; la largeur varie beaucoup et ne dépasse guère 4 2 a 4 5 kilom. au détroit; la profondeur est également très diverse, de 400 m. en plusieurs endroits, et de 9 seulement prés de Suez (Niebuhr). Le flux et le reflux s'y font sentir sur tous les bords d'une manière très remarquable, atteignant près de Suez 2 m. en temps ordinaire, et im GO dans le mauvais temps (Dubois -Aymé). Sa surface est, sauf dans le bras de Suez, couverte d'une espère d'algue, de mousse ou de roseau appelé en hébreu souphy d'où elle a tiré son nom. v. Roseaux.
Le plus célèbre événement auquel se rattache le souvenir de l.i mer Houge, est le passage miraculeux des Israélites, raconté Ex. 44. On a cherché à l'expliquer d'une manière naturelle, et l'on a substitué la science et la sagesse de Moïse à la puissance de Dieu ; il faut avoiler qu'il y a en effet quelque chose de simple et de naturel dans plusieurs détails de celle explication, el nous la reproduisons d'après les divers auteurs qui l'ont développée. Moïse , parfaitement au fait des heures de la marée, connaissant aussi les gués de la mer Rouge, aurait sous ces deux rapports choisi les cir-
constances les plus favorables pour effectuer, avec la plus grande promptitude possible, là traversée que l'approche des Egyptiens avait rendue nécessaire, et à laquelle il n'aurait peutêtre pas pensé sans cela. Sans rien pouvoir déterminer sur l'endroit qu'il choisit, il est de fait qu'anciennement le golfe qu'ils passèrent s'étendait beaucoup plus au nord, et qu'il avait là une largeur beaucoup moins grande que plus bas ; près de Suez encore (Niebuhr), cetlc largeur ne dépasse guère 4,500 pas, ce qui équivaut à quatre fols seulement la largeur de l'Elbe. En plusieurs endroits il y a des gués ou des bancs de sable, qui pendant la basse marée sont presque à fleur d'eau, et très faciles a franchir. Christophe Fflrer de Heimendorf, patricien de Nuremberg, traversa en 4565 ce bras de la mer Rouge près de Suez, mais non toutefois sans danger; on en cite d'autres exemples encore. Le fond de l'eau vers le nord de ce golfe est uni, sans coraux, et presque sans algues ni herbes marines; il se compose essentiellement de sable. On sait que c'est à peu près là que passèrent les Hébreux, et Moïse aura choisi le gué le moins profond et le moment du reflux. Quant à la difficulté de faire traverser ce gué à 600,000 hommes, sans compter les femmes et les petits enfants, pendant les six ou sept heures seulement que dure la marée basse, elle est levée par la circonstance, mentionnée v. 24., d'un grand vent d'orient qui retint les eaux, comme cela se voit souvent en lemps d'orage, et Michaclis admet à cause de cette circonstance, une marée double qui dura douze heures, et dont le retour plus violent et plus rapide, parce qu'il avait été longtemps arrêté, fut pour les Egyptiens le messager de mort. Dubois- Aymé fait disparaître encore quelques aulrcs difficultés en supposant que le passage s'esi effectué plus au nord de Suez, là où l'on voit maintenant, au sud d'Adsherud, un banc de sable qui paraît s'être formé d'une manière lente et progressive sur un Ht peu profond, par les sables du Midi; le lit de Suez aurait aussi été anciennement beaucoup plus bas qu'il n'est aujourd'hui. Josèphe compare le miracle du passage de la mer Rouge avec le passage de la mer de Pamphylie par les Macédoniens sous Alexandre, Jos., An!., 2, 46, 5., cf. Strabon 44, 458. Liv. 26, 46.; mais dans ces passages il est plutôt questions de rives côtoyées que de bras de mer traversés : cette observation de l'historien juif est peut-être ce qui a fait croire à quelques anciens pères et rabbins, du reste peu importants, que les Hébreux n'avaient fait que côtoyer la mer Rouge, mais elle n'a pas eu grand succès ; il en est de même de plusieurs autres essais de solutions de ce genre, comme aussi de la négation môme du fait. L'explication du passage
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à gué pendant la marée basse, a en revanche trouvé un grand nombre de partisans, depuis les prêtres de Memphis, qui, au rapport d'Artapane, s'étaient prononcés dans ce sens (Eus., Prép. évang., 9, 27., cf. Philon, Op., II, 108), jusqu'aux temps modernes où elle a été développée par beaucoup de savants et de théologiens, Leclerc, Michaëlis, Riller, Paulus, Do> derlein, Winer, etc. Il n'y a contre elle qu'une seule objection, c'est que le texte sacré, soit de Moïse, soit des auteurs inspirés qui rappellent cet événement, parle clairement d'un fait miraculeux, d'un passage de la mer Rouge d'une rive à l'autre dans un lit très vaste, que les eaux retirées leur laissèrent a sec; que l'on confère seulement Ex. 44, 46. 47. 45, 8. Ps. 78, 43. l i t, 3. 5. 77, 4 6. Es. 63, 41. Hab. 3, 45. v. aussi Sapience 40, 47. 4 8. 19, 7. 8. Ce n'est qu'après avoir maintenu la séparation des eaux comme miraculeuse, que l'on peut y joindre la coïncidence de faits naturels, de bas-fonds ou de marée basse, comme points de contact entre la nature et le surnaturel, entre le connu et l'inconnu; le v. 21 établit en effet, comme on le voit d'ailleurs par l'examen de presque tous les miracles, que si Dieu peut créer des moyens miraculeux, il peut se servir aussi des moyens ordinaires d'une manière miraculeuse.
4° Mer de Tibériade, v. Génésareth.
5° Le mot de mer est encore employé dans l'Ecriture en diverses acceptions moins étendues, pour désigner une portion de la mer, Es. 4 4, 15., un étang, v. Jahzer, ou les grands fleuves, le Nil , Es. 44, 15. 48, 2. 27, 4. Job 44, 22. Nah. 3, 8., l'Euphrate, Es. 24, 4. Jér. 51, 36. Hab. 3, 45., le Tigre, etc. Une langue de mer désigne ce que nous appellerions une langue de terre. — Mer d'airain ou de fonte, v. Cuve. — Mer de sable, v. Mirage.
MERAB (qui augmente), tille aînée de Saûl et d'Ahinoham, 4 Sam. 4 4, 49. Fiancée d'abord à David, elle fut donnée à Hadriel, sans que l'on sache à quoi attribuer cette rupture, sinon à l'esprit de jalouse inimitié qui anima toujours le premier roi d'Israël contre celui qui devait être son successeur, 48, 47. sq. C'est par erreur que sa sœur Mica) est nommée au lieu d'elle, 2 Sam. 24,8.
MÉRAR1 (amer, provoquant), Gen. 46, 44.
Ex. 6, 46. Nomb. 3, 47. 4 Cbr. 6, 1., troisième et dernier fils de Lévi, naquit en Canaan, et a donné son nom à l'une des branches lévitiques, celle qui dans le désert fut chargée de veiller à l'entretien et au transport de la partie extérieure du tabernacle d'assignation, piliers du parvis, clous, cordages, etc., Nomb. 4, 29. Cette famille comptait alors déjà 3,200 personnes de trente à cinquante ans.
MERCURE (v. Caldéens), divinité bien con-
nue qui représentait chez les Grecs et les Romains le commerce, l'éloquence et le vol; messager des dieux, son esprit souple et intrigant le rendait propre aux négociations; il faisait une espèce de service régulier du ciel à la terre, et accompagnait presque toujours Jupiter dans ses excursions; aussi les habitants de Lystre crurent voir dans les personnes de Paul et de Barnabas ces deux divinités voyageuses, et prirent Paul pour Mercure à cau>e de son éloquence et de la puissance de sa parole. Act. 14, 42. Quelquefois il était représenté avec de la barbe, d'autres fois il était imberbe, mais toujours dans la force de l'âge, comme l'était aussi saint Paul au commencement de son ministère, lors de son passage à Lystre.
MÉRED, 1 Chr. 4, 47., v. Pharaon 3°.
MÉRIBAH (querelle). C'est un des noms que donna Moïse au campement de Réphidim, q. v., parce que les Israélites manquant d'eau s'élevèrent contre lui et voulurent le lapider; il appela aussi ce lieu Massa (tentation), parce qu'ils tentèrent Dieu, Ex. 47, 7., cf. Ps. 81, 7. 95, 8. Hébr. 3, 8. Sur la lin du voyage dans le désert, l'eau étant venue derechef a manquer, les murmures du peuple éclatèrent de nouveau, et Moïse partagea ce mécontentement; il parla légèrement de ses lèvres, Ps. 406, 33., et Dieu qui ne fut pas glorifié par eux, se glorifia en eux, il rendit l'eau au rocher, et annonça aux chefs mêmes du peuple qu'ils mourraient avant d'avoir vu la terre promise, Nomb. 20. Cet endroit, qui était Kadès dans le désert de Tsin, au nord-est de Kadès-Barné, fut appelé Mcribah-Kadès pour le distinguer de l'autre Kadès et de l'autre Méribah, cf. encore Nomb. 27, 44. Ez. 47, 19. 48, 28., etc. — Selon quelques auteurs cependant les deux Méribah ne seraient qu'un seul et même endroit, et ce serait par un défaut de coordination que le même fait serait raconté deux fois et avec des circonstances différentes.
MÉR1BAAL (rébellion), t\ Méphiboseth.
MÉRODAC-BALADAN ou Bérodac-Baladan, (Ils de Baladan, roi de Babylone, n'est connu que par l'ambassade qu'il envoya auprès d'Ezéchias pour le féliciter de sa guérison, 2 R. 20, 42. Es. 39, 1. cf. 2 Chr. 32, 34. Il s'était rendu indépendant dans la Babylonie, et cherchait dans l'amitié d'Ezéchias un appui contre Sanchérib a la puissance duquel il s'était soustrait. C'est ce roi probablement que l'on trouve dans le canon de Ptolémée sous le nom de Mardocempad; cependant, d'après ce canon, Mardoc aurait régné douze ans (721-709), tandis que Merodac, d'après un fragment de Bérose cité par Gesenius, ne sut se maintenir que six mois : Hitzig et Winer lèvent celle diflicullé en faisant du Mérodac de Bérose un personnage différent,