‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 253 sur 398 · M EU · texte numérisé non relu

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comme tri, Ex. 22, 2.; pendant la nuit, en effet, deux circonstances pouvaient excuser l'homicide qui se trouvait dans ce cas : le soin de sa propre défense, à laquelle il doit pourvoir seul, puisque chacun dort autour de lui ; puis l'incertitude de ses coups, qu'il ne peut pas diriger comme il le voudrait dans l'obscurité, et du funeste résultat desquels il ne saurait être justement rendu responsable. La mort d'une femme enceinte, lorsqu'elle était produite involontairement sans doute, dans une rixe entre deux hommes, était cependant vengée par la mort du meurtrier, parce que dans ce cas il y avait double meurlre, et que la cause de la mort n'élail pas un accident, mais un esprit de querelle qui en lui-même déjà mérite un châtiment, et qui doit être responsable du mal dont il est cause, Ex. 2t , 23. 11 n'est pas sûr que la peine de mort fût prononcée contre le propriétaire d'une maison dont le toit, non garni d'une balustrade, aurait occasionné la chute et la mort d'une personne, Deut. 22, 8. Michaëlis penche pour l'aflîrmaiive, Winer croit, au contraire, que le législateur se borne â metlre celte responsabilité sur la conscience du propriétaire. Lorsqu'un esclave frappé par son maître mourait sous les coups, le maître était puni; rien n'indique de quelle nature était ce châtiment, mais on peut croire qu'il était sévère, puisque pour une dent ou pour un œil l'esclave était affranchi; les rabbins pensent que le maître était puni de mort, mais ils ne s'appuient sur aucune raison suffisante : si cependant l'esclave survivait de quelques jours à ces mauvais traitements, la loi, tenant compte du droit de frapper, devenait impuissante, et la perte de l'esclave était considérée comme une perle assez forte pour qu'il ne fallût pas l'aggraver par une condamnation spéciale : « c'est son argent, » Ex. 21 , 20. Etitin, dans le cas d'un meurtre inconnu, Deut. 21 .4-9., le lieu le plus voisin de l'endroit où le délit avait été commis était chargé de la responsabilité, et les anciens de la ville sacrifiaient en expiation, dans une vallée solitaire et abrupte, une jeune génisse à laquelle on coupait le cou comme on l'aurait fait au criminel, au lieu de la metlre à mort suivant l'usage ordinaire.

La constatation d'un meurtre ne pouvait avoir lieu que sur la déposition d'au moins deux témoins, Nomb. 35, 30.; le faux témoignage en pareille matière était puni de mort par la loi du talion, Deut. 19, 16-20. Les témoins, dans le cas de lapidation, devaient les premiers jeter la pierre au condamné ; lorsqu'il y avait décapitation, c'était, semble-l-il, au vengeur du sang de remplir l'office de bourreau, Nomb. 35, 19. 21 . On peut voir, 2 Sam. 1 4, l'exemple d'un cas où les rois d'Israël se sont arrogé le droit de grâce

à l'égard de meurtriers reconnus; mais on ne peut pas généraliser la conclusion tirée de ce cas particulier.

La loi ne renferme aucune disposition relative à l'infanticide, et ce crime paraît avoir été inconnu des Israélites, les causes qui l'amènent dans nos sociétés modernes n'existant paschei eux, où tout tendait â le prévenir. Il n'est rien dit non plus du parricide. Les Juifs postérieurs ont appliqué à l'empoisonneuse ce qui est dit de la sorcière, Ex. 22, 48., et ils punissaient de mort ceux qui préparaient des poisons, alors môme qu'on ne s'en était pas servi.

Enfin, il n'y a rien dans la loi qui soit rehtil au suicide -, Josèphe le condamne dans une digression théologique, et l'on trouve des enemplesde cas de ce genre, 1 Sam. 31, 4., oùSaùl se perce de son épée ainsi quesonécuyer,2Sam. 17, 23., où Achitophel s'étrangle, etÀct. 1, IS.( où le traître se fait justice à lui-même; cf. aussi 2 Macc. 14, 41.

MICA ou Miehée (Jug. 17 et 48), Israélite de la tribu d'Ephraîm, vivait probablement pendant l'époque qui s'écoula entre la mort de Jostie et l'institution des juges, vola à sa mère 1,100 pièces d'argent qu'il ne tarda cependant pas à lui rendre; une partie de cette somme fut consacrée à l'achat de deux images, le reste dut subvenir aux frais de ce culte idolâtre. Mica lit lui-même un éphod et des théraphims, etconsacra l'un de ses fils pour prêtre à l'Eternel, mêlant ainsi dans sa conduite le paganisme et la religion révélée, et paraissant ne pas s'apercevoir de toutes ses inconséquences. Bientôt uo lévite |>asse, et Mica l'engage comme prêtre au service de sa maison, dans l'espoir que l'Eternel lui fera du bien pour ce singulier acte de fidélité; mais celte espérance est vaine, son lé vile le trahit, quelques espions danites envoyés à la découverte deviennent maîtres de ses secrets, el les livrent avec ses trésors à la troupe armée qui les accompagne. 11 réclame, il poursuit, mais ses paroles comme ses démarches sont inutiles, on refuse de l'entendre, et il rentre chez lui, désolé d'avoir perdu des dieux qui n'avaient pourtant pas su le défendre, et dont au contraire la possession avait été pour lui une cause de ruine, en attirant l'attention el la convoitise ries soldats pillards. L'histoire de Mica, épisode peu intéressant d'une époque où il n'y avait en Israël ni état ni gouvernement, resle comme un exemple de l'aveuglement où l'idolâtrie jette ceux qui abandonnent ia droit* voie, et du malheur qui s'attache à ceux qui veulent suivre à la fois Dieu et le monde, \^ ténèbres et la lumière. Ce pauvre Juif a èlt peut-être plein de bonnes intentions, mais un zèle sans connaissance n'a pas de prix aux yeux de l'Eternel, lorsque c'est par sa faute que le

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pécheur manque des connaissances qu'il devrait avoir dans la doctrine de la vérité.

MlCAEL(quieslcommeDieu ?), un des grands anges ou archanges dont l'existence et le nom nous sont révélés par l'Ecriture. Micaël, appelé Michel on grec, Jud. 9., était regardé comme le représentant du peuple juif devant Dieu, et en quelque sorte sa personnilication. Les rabbins l'opposent souvent a Sammaël, le prince des ténèbres. C'est comme protecteur d'Israël qu'il apparaît Daniel 10, 43. 24. 42, 4., et saint Jean nous le montre remportant aux derniers jours la victoire sur Satan et ses anges, Apoc. 42, 7. Ces différents passages n'ont pas besoin d'explication, mais le combat rapporté Jud. 9., entre l'archange et le démon, présente de gravis difficultés. Un a cru trouver dans ce passage une allusion à Zacb. 3, 4. 2. (Bèze etVitringa),mais pour appuyer celle opinion, ii faut changer le texte et lire (au lieu de Michel) Jé.-us, Josué, ou Jéhosuah, trois noms qui n'en sont qu'un dans l'original avec de légères modifications; celte variante n'étant qu'une hypothèse sans fondement doit être abandonnée, d'autant plus qu'il faudrait encore, en l'admettant, prendre Micaël pour Jéhovah, et le corps pour la personne. D'autres théologiens, partageant la même opinion sans accepter les variantes, pensent que le corps de Moïse représente le judaïsme personnifié dans le grand sacrificateur Jéhosuah (Wolff, ArVitsius). — Une seconde classe de commentateurs, et môme quelques théologiens orthodoxes, par exemple Litghfoot, Arnaud, supposent que Jude a cité ici des traditions apocryphes, comme Paul quelquefois allègue des poêles païens; il ne veut ni confirmer, ni réfuter, il se borne a employer cet argument contre ceux auxquels il s'adresse, parce qu'ils ajoutent foi à de pareils récits, tout en faisant parade de leur prétendue sagesse; il se sert contre eux d'un argument qu'ils accepteront, bien qu'il ne l'accepte pas lui-même. Mais quand Paul fait des citations de ce genre, c'est avec plus de précautions, et il e4 probable que si Jude eût voulu citer une fable, il se serait exprimé autrement qu'il n'a fait. — Troisièmement enfin, et c'est depuis Calvin l'opinion le plus ordinairement reçue par les commenialeurs chrétiens, il se peut bien que cette tradition se trouvât dans les livres apocryphes, mais ce n'est pas là que Jude l'a puisée: l'apôtre nous transmet une tradition qui s'était conservée parmi les Juifs, et dont il connaissait l'authenticité par une révélation de l'Esprit de Dieu qui était en lui. C'est ainsi qu'on peut trouver, dans des légendes, ou racontés par des prêtres, beaucoup de faits qui n'en sont pas moins des vérités pour avoir passé par des intermédiaires, souvent peu dignes de contiauce. Jude a fait ici ce que Paul a fait

2 Tim. 3, 8., en citant les noms de Jannès et de Mambrès; il a suivi la tradition dans un cas où il savait qu'il pouvait le faire. Bèze s'est joint à cette manière de voir, ainsi que Buddé, Schœllgen, Wilsius, etc.

On prend ordinairement comme motif de celte dispute l'intention de Satan de pousser les Juifs à l'idolâtrie en leur présentant le corps de Moïse ; mais ce n'est guère probable. S'il y a dans l'Eglise chrétienne une idolâtrie relativement aux corps des saints, cette idolâtrie n'existait pas, et ne pouvait même pas exister pour l'Orient où les corps morts souillent les vivants ; on évite de les approcher, et les Juifs devaient se purifier s'ils n'avaient pu éviter de toucher un cadavre. D'autres ont modifié cette explication en disant qu'il est question de nécromancie dans ce passage; mais dans ce but le corps mort de celui auquel on s'adressait n'était pas nécessaire, cf. 4 Sara. 28, et 25, 4.— Il parait bien que la circonstance que Moïse a été enseveli par le Seigneur lui-même, a donné occasion ù celte dispute, Dent. 34, 6., mais nous n'en savons pas davantage, et le seul cas un peu analogue que nous trouvions dans l'Ecriture est celui de Zach. 3, 2. L'opinion qui entend par le corps de Moïse son corps de doctrine, n'est pas soutenable. v. Moïse, et Arnaud, Jude, p. 4 28. sq. — Les noms de plusieurs autres Micaël se trouvent Nomb. 43, 44. 4 Chr. 5, 43. 7, 3. 42, 20. 2 Chr. 24,2.

M1CAJA , p. Mahaca 2°.

MICAL, lille cadette de Saûl et d'Ahinoham, 4 Sam. 4 4, 49. Elle aima David et devint son épouse après que Mérab son aînée, d'abord fiancée au fils d'Isaï, eut élé donnée à un autre, 48, 20. Saûl se réjouit de cet amour, espérant faire tomber David entre les mains des Philistins en lui demandant une dot sanglante ; mais le jeune berger, trop heureux de mériter par son courage une épouse qu'il aimait, revint triomphant et déjoua, sans le savoir, des plans qu'il avait ignorés. La haine de Saùl ayant éclaté, Mical fut attentive à veiller sur les jours de son mari, et le tint autant que possible au courant des mesures que Saùl prenait contre lui; la maison de David ayant été cernée, Mical le fit évader par une fenêtre, et mit un simulacre avec une bure de poil de chèvre dans son lit, pour relarder les recherches, en faisant croire aux guerriers de Saûl que David élait malade. La ruse ne pouvait rester longtemps cachée, mais il fallait retourner auprès du roi pour l'interroger sur ce qu'il y avait à faire dans celle circonstance, et pendant ce temps David put gagner du terrain et s'échapper. Mical s'excusa auprès de son père en disant que David /avait menacée de la tuer si elle essayait de le retenir. C'est probablement pendant cette

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