MIE
ville sainte. — Le style de Michée est vif, chaleureux, animé, pittoresque ; il abonde en figures, et revêt, pur moments, la forme du dialogue. Son livre se divise en trois parties : 1° les chap. 1-3, qui renferment la description de l'état moral du peuple, et les châtiments qui l'attendent ; le jugement commencera par Sam.irie, mais il s'étendra bientôt jusqu'aux portes de Jérusalem; 2° les chap. 4 et 5 sont une prophétie messianique, un coup d'œil dans l'avenir, la perspective de Jours meilleurs ; 3° retour à la première partie, 6 et 7. On peut aussi le diviser historiquement en trois parties, dont la première, 1-2, 10., renferme les oracles prononcés sous Jolham, roi de Juda, et sous son contemporain, Pékah d'Israël; la seconde, 2, 10.-4, 8. a été prononcée sous Achaz et sous Ezéchias, qui fut associé à son trône pendant les dernières années de sa vie, ainsi que pendant la fin du règne de Pékah en Israël ; la troisième enfin appartient au règne d'Ezéchias , dont les six premières années coïncident avec la plus grande partie du règne d'Osée, le dernier roi d'Israël, 4, 9.-7. C'est dans celte dernière portion de son livre que se trouve cet oracle si clair et si connu des Juifs, de la naissance du Messie à Bethléem de Juda. — Esaïe, 2, 2-4., a copié presque littéralement Mieh. 4, 1-3; l'opinion inverse, qui suppose que c'est Michée qui a copié Esaïe, se justifie moins bien , de même que celle qui veut que tous les deux aient emprunté ces versets a un troisième prophète plus ancien. — r. l'Explic. des douze petits prophètes (Neuchatel), d'après Preiswcrk, avec une introduction de Bougemonl.
3- Fils de Guémaria, Jér. 36, 11. Ayant entendu lire dans la salle de son père les oracles de Jérémie contre Jèhojakim, et peut-être ayant vu l'impression que ces paroles avaietit faites sur le peuple, il trouva la chose assez important, et courut avertir les princes. Il ne parait pas qu'il se proposât de nuire au prophète, et l'on aurait tort de voir en lui un délateur; il a voulu servir les intérêts de ses maîtres, et n'a pas cru pouvoir mieux les servir qu'en leur faisant connaître la parole de l'Eternel; il était assez naïf pour croire que les grands et les chefs des nations désirent d'être éclairés. Si le roi s'est irrité, si la vie du prophète a été en danger, la faute n'en est point à lui, mais aux mauvaises dispositions de Jèhojakim et à son inimitié contre la vérité.
MICHEL, r. Micaël.
MICHMÉTHA, ville située sur les frontières d'Eplimïm et de Manassé, non loin de Sichem, vers l'est-nordest, Jos. 16, 6. 17, 7.
MICMAS (qui frappe), ville des Bcnjamites, Esd. 2,27. Néh. 11, 31., cf. 7, 31., au sud de Migron, dans la direction de Jérusalem, Es. 10,
2ft., et à l'est de Béthaven, 1 Sam. 13, 5. C'est dans le délilé de ce nom, situé à l'est de la vallée dAjalon, que Jonathan remporta, par la foi, la victoire sur les Philistins, après avoir jeté l'épouvante dans leur camp. La position de Micmas était importante sous le point de vue militaire , à cause des deux rochers qui fermaieut l'entrée du défilé, cf. Es. 10, 29. 1 Sam. 14, 4. et 1 Macc. 9, 73. Ses environs étaient extrêmement fertiles. On trouve encore quelques ruines, du nom de Mûkhmas , et même des cabanes habitées, sur l'emplacement de l'ancienne Micmas, niais il faut les chercher plus loin qu'EIbir, et moins à l'ouest de Jérusalem.
MICTAM. v. Psaumes.
MIDD1N, ville du désert de Juda, Jos. 15, 61.
MIEL. Le miel a été de tous temps, et il est encore de nos jours, un des principaux régals des Orientaux, v. Gen. 43, 11. 1 Sam. 14, 27. 2 Sam. 17, 29. Ps. 19, 10. (cf. Sirach, 39, 31.) Cant. li, 1. Prov. 24, 13. Ez. 16, 13. Luc 24, 42, etc. Bochart a consacré vingt-huit pages à l'éclaircissement des passages bibliques où il est parlé de celte substance, et son travail doit être consulté.
Les païens avaient coutume d'offrir du miel en sacrifice à leurs divinités, et c'est peut-être pour éloigner toujours plus les Israélites des usages païens, que Dieu leur avait défendu de le faire sur ses autels -, d'un autre côté, pour les rattacher cependant à la vie paisible de l'agriculture, il avait maintenu les prémices du miel avec toutes les autres offrandes en nature, comme devant être offertes aux prêtres pour servir à leur entretien; cf. Lév. 2, 11. 2 Chr. 31, 3. — Quelques auteurs pensent que dans plusieurs passages de l'A. T., et notamment Gen. 43, 11. Ez. 27, 17. Jér. 41, 8., il ne s'agit pas du miel d'abeilles, mais d'une espèce de liqueur sucrée, de sirop, qui découle des dattes lorsqu'elles sont en pleine maturité (les docteurs juifs. Maîmonides, Josèphe ; Hiller, Celsius, Geddes, etc.) : ils s'appuient entre autres sur ce que le mot hébreu debash qui signifie miel , a en arabe le sens de dattes; d'autres pensent qu'il faut l'entendre d'un miel de raisins, c'esta-dire du jus de la vigne, cuit avec ou sans sucre, jusqu'à épaisseur de sirop (ftosenmuller) ; celle boisson se fait de nos jours encore en Syrie et en Palestine (Shaw, Bussel, Burckhardt). Trois quintaux de raisins donnent Un quintal de cette liqueur, nommée encore debs (debash). On l'emploie au lieu de sucre, en la délayant d'eau ; pour les pauvres elle remplace aussi le beurre, et pour les malades le vin. Les Grecs et les Bomains connaissaient également le miel du raisin, et ils s'en servaient non-seulement avec le vin et le lait, mais aussi pour l'assaisonnement des fruits cuits (Virg., Ovid.,