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Plin., etc.). On fait observer encore que le miel était si commun en Palestine qu'on a pu appeler cette terre un pays découlant de lait et de miel, Ex. 3, 8. 5. Deut. 32, 13. Ps. 81, 16. etc., et que par conséquent un présent de miel ne pouvait pas être quelque chose de bien rare pour le gouverneur de l'Egypte, tandis que du miel de raisin était plus digne de lui être offert, et plus capable de le bien disposer, Gen. 43, 11.
Quoi qu'il en soit de cette question, les abeilles abondaient en Palestine, et les forêts pleines de leurs essaims, étaient chargées de rayons dont les cellules, se fondant à l'ardeur du soleil, laissaient échapper leur miel qui coulait le long des arbres et sur les rochers, pur de toute espèce d'alliage, de mélange de cire, plus délicat et plus recherché que le miel des abeilles de Jardin : les Hébreux l'appelaient yaarah, mot que nos versions ont improprement traduit par rayon de miel, 1 Sam. 14, 27. Cani. 5, 1., au lieu de : miel qui coule, ou de : ce qui distille des rayons de miel ; r. aussi Matin. 3, 4. D'après Suidas, Kûinœl, Pritsche, ce miel de forêts désignerait une espèce de manne qui découle des feuilles de certains arbres, soit naturellement, soit par suite des piqûres d'un insecte; mais cette opinion ne se justifie que par des analogies éloignées. — Le mol nopheth employé Ps. 19, 10. Prov. 5, 3. 24, 13. 27, 7. Cant. 4, H., a paru a Harmcr désigner le miel de dattes, mais il signifie étymologiqiicmenl ce qui distille, et le mot noub qui correspond en arabe à l'hébreu nouph ou nopheth, signilie encore miel sauvage, ce qui distille des rayons de miel (Forskal, Rtissel) : Hasselquist, Maundrell et Shaw, ont trouvé dans les plaines émaillées de Jérico des rayons de miel sauvage aussi gros et aussi soignés que s'ils eussent été dans des ruches.
Le beurre et le miel sont nommés dans l'Ecriture parmi les rafraîchissements les plus délicieux, 2 Sam. 17, 29. Cant. 4, H. Job 20, 17. Es. 7, 15. Dans le passage 1 Sam. 14, 27., cf. 30., l'effet produit par le miel sur les yeux de Jonathan, n'est autre chose que les forces et la clarté d'esprit que retrouve un homme fatigué et affamé lorsqu'il s'est un peu reposé et qu'il a pris quelque nourriture. Mais comme de violents désirs ont de violentes fins, et que la voracité s'engloutit et se tue elle-même dans sa satisfaction, Salomon a choisi l'exemple du miel pour recommander à l'homme la sobriété, Prov. 25,16.
Les Hébreux appelaient bakbnk le vase destiné à contenir le miel coulé, 1 R. 14, 3.: d'après Jér. 19, 1. 10., il parait que c'étaient des vases de terre, et nos versions ont improprement traduit ce mot par bouteille, car il est évident que c'est de vaisseaux évasés et non de
vases à longs cous que les Hébreux devaient se servir, pour y mettre une liqueur sirupeuse aussi facile à se candir que le miel.
MIGDAL (tour). l° Migdal-El, ville de la tribu de INephlhali, Jos. 19, 38. L'endroit dont parle Eusèbe sous le nom de Magdiel, tombe en dehors des limites de cette tribu, et ne doit ainsi pas être confondu avec celte ville. — 2° Migdal Gad, dans les plaines de Juda, Jos. 15, 37.
M1GDOL (tour), ville d'Egypte située non loin du golfe arabique, à la frontière septentrionale du pays, Ex. 14, 2. Nomb. 33, 7. Jér. 44, 1. i6, U. Ez. (hébr.) 29, 10. 30, 6. La version d'Alexandrie, et Hérodote, la nomment Magdol.tt dans la langue des Egyptiens elle s'appelait MesehUM au dire de Champollion. Elle élail entre Pelusium et Daphné, à environ 4 lieues 12 de Pelusium.
MIGRON (précipice), ville au sud-sud-ouest d'Aï, et au nord de Micmas, Es. 10, 28. 1 Sam. 14, 2. D'après Rosenmuller il y aurail eu aussi un endroit de ce nom près de Guibballi-Suûl, et c'est de cette place qu'il serait question dans le dernier passage; il s'appuie sur ce que Saûl étant à Guibhath, 13, 16., et les Philislins à Micmas, 13, 23., il ne pouvait avoir franchi l'armée ennemie pour se rendre au delà, à Migron ; mais comme le fait observer Winer, c'est une difficulté qu'une connaissance plus exacte des lieux et des défilés ferait peut-être disparaître; il n'est d'ailleurs pas probable que si près de Migron, se trouvât un endroit du même nom s ins désignation spéciale.
MILCA (reine) lille de Haran, sœur de Lot, nièce et femme de Nachor, mère de Béthuel, et grand'mère de Rébecca, Gen. 11,29. 22, 20. sq. 2i, 15.
MILET, ville de l'Asie Mineure, peu éloignée d'Ephèse ; d'abord appelée Lelégeis elle a pris successivement les noms de Pityusa, d'Anacloria et de Milet, et ses ruines portent maintenant le nom de Palat ou Palatsa : Chandler, dernier éditeur des marbres de Paros, parait du moins avoir bien établi l'identité de ces deux endroits, car à Palat il a trouvé sur le coté du théâtre qui avoisine la mer, une inscription en gros caractères, grossièrement taillée, dans laquelle le nom de la ville de Milet est répété sept fois. — Célèbre par la finesse de ses laines et la beauté de ses étoffes, Milet, capitale de l'Ionie, avait ouvert quatre ports au commerce, et possédait un grand nombre de colonies : Thalès, Anaximandre et Cadmus étaient originaires de cette ville, qui possédait encore beaucoup d autres citoyens illustres; mais plus lard des habitudes de luxe et de volupté corrompirent les mœurs, et avec elles s'évanouit la bonne répu- I talion de sagesse et d'intelligence qu'avaient
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longtemps méritée ses habitants. L'apôtre Paul y passa se rendant de Macédoine à Jérusalem, et il y eut une conférence mémorable avec les pasteurs d'Epbèse, qu'il avait fait venir ne pouvant se rendre auprès d'eux, Act. 20, 45. 17. ; cf. aussi 2 Tim. 4, 20.
MILLE. 4° Nombre qui se prend souvent dans l'Ecriture pour exprimer une quantité considérable, mais indélinie, Deut. 5, 4 0. 6, 9. Ps. 84, 10. 105, 8. Apoc. 20, 2. 3. 4. C'est sur ce dernier passage que repose toute la doctrine du cbiliasme ou du règne personnel de notre Sauveur sur la terre pendant mille, ans, doctrine qui a été crue des premiers Pères comme elle l'était des Juifs, qui a été condamnée par l'Eglise dans les aberrations de ses sectateurs, et qui, si elle doit être acceptée par le cbrélien fidèle et humble, doit l'être simplement, et sans les additions et les développements d'une fausse sagesse ou d'une riche imagination, car il y a autant et plus de danger a la déûgurer qu'à la rejeter; dans le premier cas on flatte la chair en matérialisant l'esprit, dans le second on se prive d'une espérance et d'un privilège, v. Millenium.
2° Mille, Ma;th. 5, 41., mesure de distance qui varie beaucoup d'un pays à l'autre; les Juifs ne connurent que depuis la domination romaine cette mesure qui leur fut donnée par les conquérants ; le m'Utiare ou milliarium comptait mille pas géométriques, soit 5,000 pieds, soit plus exactement encore 1,800 mètres, ou bien un tiers de lieue de 25 au degré; c'est le mille anglais, ou le tiers du mille géographique. Les lalmudistes ont conservé à cette mesure le nom de mil, mais ils la réduisent à 7 1/2 au lieu de 8 stades. Les Romains établirent sur les grandes roules de la Palestine des pierres milliaires qui indiquaient les distances des villes les plus rapprochées ou les plus importantes, v. Villes.
MILLENIUM. On est d'accord sur le mot. Les interprètes ne peuvent faire autrement, en présence du vingtième chapitre de l'Apocalypse, que de reconnaître clairement un règne de mille ans comme prédit; mais ils sont exlt^memenl divisés quant à la manière de le concevoir. Les uns le présument terrestre, comme un règne visible et personnel de Christ au milieu de l'Eglise et sur le monde vaincu et soumis, qui tentera cependant de se soulever une dernière fois. C'est proprement la théorie apocalyptique. Il y a quelques présomptions assez fortes, à priori, en faveur de celle idée :
1° L'Eglise étant présentée comme plus glorieuse, même extérieurement, que l'aucien Israël, on ne voit point que celle promesse soit accomplie dans sou existence actuelle, où tout bien est invisible, et où toute gloire est cachée.
2° Les promesses faites aux Juifs sur le ré-
tablissement de Jérusalem comme métropole du monde, et où son Messie enfin reconnu dominera en étendant sa loi sur tous les peuples, prophéties qui ont quelque chose de littéral et qui n'ont jamais eu d'accomplissement encore et n'en ont un possible que dans cette hypothèse, Jér. 32, 37-44. 33, 20. 24. 25. 26.
Le seul argument qu'on puisse invoquer contre ce système est la déclaration de Christ : Mon règne n'est pas de ce monde. Mais comme d'autre part son règne doit être sur la terre, n'y aurail-il pas quelque vraisemblance a ce que l'Eglise eût une période visible, glorieuse, et qui la rendit supérieure à l'ancienne, à laquelle elle est certainement inférieure depuis l'éclipsé presque totale des dons miraculeux. Elle n'est plus même ce qu'elle a été à son origine, et pendant ses beaux jours, où les croyants étaient comme des dieux sur la terre, et paraissaient manifestement les enfants du Souverain par l'exercice de celle grande puissance qu'ils déployaient en déliant même leurs persécuteurs. Aujourd'hui tout est réduit, quant aux privilèges du peuple de Dieu, à une spiritualité nue, ù un mode moral dépouillé de tout caractère triomphant; et pourtant avant de le détruire, Christ doit voir le inonde ù ses pieds, autrement les promesses qui s'y rapportent semblent n'avoir pas de sens, et n'offrent, pour les saisir, ni corps, ni substance. Tout le parallèle 2 Cor. 3, 7. sq., où saint Paul fait valoir, à fortiori, le second ministère comme infiniment plus glorieux que le premier, s'en va dans le vide si sa gloire n'est que la gloire à venir, car la gloire céleste est le but dans l'éternité, et non le moyen dans le temps ; et une fois le but atteint, il n'est plus question d'un ministère qui, en attendant, n'aura point été glorieux: le ministère alors sera aboli comme la foi, l'espérance, le don des langues, et toute cette divine et brillante armure dont l'Eglise aura été revêtue au temps de ses combats.
On explique le milléntum terrestre par l'idée d'un grand jour sabbatique, en appliquant à ce jour d'une manière littérale le principe de saint Pierre : Un jour devant le Seigneur est comme mille ans. Ce serait le septième jour de l'œuvre entière de Dieu, le jour où cette œuvre serait pleinement bénie et sanctifiée. On aurait compté deux mille ans avant la loi, deux mille ans sous la loi, et deux mille ans-sous le Messie. Christ, la lumière du monde, le vrai soleil de justice, venant a la lin du quatrième millénaire, correspondrait à la création du soleil qui eut lieu le quatrième jour. Le septième millénaire serait le grand sabbat, le grand repos terrestre auquel se rapporte cette promesse de l'Epître aux Hébreux, qu'il reste encore un repos pour le peuple de Dieu, et cet âge d'or décrit par Esaïe, et
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cette déclaration de l'Apocalypse, qui nous représente Satan lié pour mille ans.
Pendant cet âge bienheureux, le Christ régnerait sur la terre visiblement, c'est-à-dire, selon les uns, par de grandes et fréquentes manifestations; selon les autres, même personnellement comme roi, après avoir renversé les pouvoirs établis, les puissances terrestres, les royautés et les puissances, et concentré dans ses mains les rênes du gouvernement du monde entier. Les saints alors jugeraient le monde; tel serviteur serait établi sur cinq villes, tel autre sur dix. Les saints du Souverain posséderaient le royaume selon l'oracle de Daniel, ce qui n'a Jamais eu lieu ; les apôtres seraient assis sur douze trônes, jugeant les douze tribus d'Israël, comme le dit Jésus, Matth. 19, 28. Luc 22, 30. Car, que peut être ce royaume promis aux apôtres?
La doctrine du millénium entendu de cette manière, rend nécessaire le sens littéral des deux résurrections dont parlent Paul, I Cor. 15, 23. t Thess. 4, 16., et Jean dans l'Apocalypse, 20, 4. sq.; d'après ce dernier passnge, on est cependant forcé de reconnaître que ce n'est pas toute l'Eglise qui ressuscitera, mais ceux-là seulement qui ont été mis à mort pour le témoignage de Jésus et pour la parole de Dieu, lesquels n'ont point adoré la Bêle ni son image, et n'ont point pris sa marque sur le front ou sur la main. Tous ceux qui vivront pendant le millénium ne seront pas des ressuscités.
Les partisans de la doctrine millénaire sont nombreux, et tendent a le devenir tous les jours davantage; mais ils sont très loin de s'accorder entre eux pour les détails, et la diversité de leurs sentiments ne contribue pas peu A en rendre l'exposition difficile; on peut s'en convaincre par la lecture des ouvrages qui ont paru sur ce sujet, ces dernières années, depuis Bogue jusqu'aux publications de l'école de Plymoulh. Le millénarisine proprement dit, le chiliasme, a été passé sous silence dans toutes les confessions de foi, ce qui prouve plutôt les hésitations que l'indifférence de l'Eglise à ce sujet. Le chUiasmus dit cras$us, représenié par les montanistes et parPapias, évèqued'Hiérapolis; le chiliasmus subtilis, qui entendait le bonheur d'une nature spirituelle, sans écarter l'idée de circonstances extérieures pleinement favorables, représenté par l'Epitre de Barnabas, et, dans les temps plus modernes, par Bengel; enfin le chiliasmus subtilitsimux , représenié par Spener, Vitringa, etc.; ces différents systèmes, avec toutes leurs nuances et subdivisions, forment le champ indéfini deeequ'on peut appeler en dogmatique l'eschatologie terrestre. Les difficultés du sujet sont grandes et commandent la prudence, mais on oublie parfois qu'il faut être
prudent des deux côtés. Spener, par exemple, était plus que prudent lorsque, interrogé sur ce qu'il pensai! du chiliasme, il répondait « que. s'il y avait des idées fausses et condamnables sur le millénium, il y en avait aussi de vraies; qu'on ne devait pas, en conséquence, taxer d'hérésie et exclure de l'Eglise quiconque admettait un chiliasme ; d'autant plus que la confession d'Augsbourg ne le rejetait pas d'une manière absolue, mais qu'elle condamnait seu lement une certaine manière de le comprendre. » Ailleurs cependant il se prononce avec plus de clarté : la conversion des Juifs, In ruine de la Borne anliehretienne, et une époque florissante pour l'Eglise sur la terre, sont les principaux éléments de son système. Pour les Juift. il se fonde sur Boni. M, 45. et Os. 3, 5.; si tous les individus ne se convertissent pas, ce sera le cas au moins de la grande masse, et ainsi tout Israël sera sauvé. Le chapitre 18 de l'Apocalypse : « Elle est tombée, la grande Bahblme, etc., » lui semble prédire la chute de Borne et du pape, et par conséquent la des trurtion de l'empire de rAntichrist, bien qu'il puisse en demeurer encore quelques restes épars et sans force. Enfin il croyait voir l'annonce de beaux jours pour l'Eglise dans le chapitre 40 de l'Apocalypse : sans doute il ne pouvait pénétrer le sens obscur de ce passage; niais il voyait bien clairement qu'il y était question d'un règne de mille ans de Christ avec ses saints, règne qui évidemmént n'avait point encore commencé, et qui était tout entier à venir : il ferait partie du règne de la grâce sur la terre, et se terminerait par le passage au règne de la gloire. Il n'ose point se prononcer sur la durée précise de cette époque, ni sur la nature de cette félicité, toutefois ce ne sera point un règne terrestre et mondain ; le règne de Christ n'est point de ce monde, bien qu'il doive avoir lieu dans ce monde. — u. Spener et son Epoque, par Hossbach, trad. par Clément.
Presque toutes les difficultés dans l'examen de cette question viennent de ce que l'Apocalypse présente,* sous une autre forme que le reste des livres du Nouveau Testament, la doctrine delà fln de toutes choses, et de ce qu'il répugne au sentiment naturel du chrétien d'associer un règne de Christ aux misères de ce monde maudit. Il nous semble au contraire que la terre, qui toujours a suivi parallèlement l'histoire de l'humanité, doit, comme elle, être en quelque sorte régénérée, convertie avant sa destruction (et elle le serait par le règne de Christ), pour être rendue digne d'être renouvelée et de devenir éternelle, en passant, comme l'homme, par la mort de la destruction qui marquera les derniers temps et le dernier jour.
MILLET (pauicum miiiaceum), plante qui doit