ALO
core, il faut repousser l'idée qui veut traduire ce mot par corail. — Les anciens commentateurs juifs les plus célèbres, Kimhi et autres, pensent que ce bois d'Opbir était celui que les Arabes nomment EI-Bakam, bois du Bré>il, ou de sandal rouge, lequel en tout cas fut connu et décrit bien antérieurement à lu découverte du Brésil. Cet arbre croît dans les Indes ; son bois, dur et pesant, est noir au dehors, rouge au centre, et sans odeur ; il sert à la teinture, à la menuiserie et à la sculpture. — D'autres interprètes pensent que c'était une espèce de pin du mont Liban, 2 Chr. 2, 8; mais c'est peu probable à cause de ce qui est dit, 4 a. 40,42., qu'il n'était point encore venu de ce bois, et qu'on n'en avait point vu jusqu'à ce jour : un bois si précieux, et dans un voisinage aussi rapproché, n'aurait pas échappé longtemps à l'attention des architectes. — D'après Kilto, ce serait le cèdre de l'Inde, cedrus deodora, dont le bois est dur et très odorant. — Enfln, les plus modernes prennent cebpis pourleSantalum Album de Linné, arbre de haute futaie (6 a 10 m.) qu'on trouve dans les Indes, en Arabie et en Afrique : ce serait le bois appelé cilrus par les Romains, et ihyion par sajnt Jérôme. Il est très odoriférant, et d'autant plus qu'il est plus près de terre et que la couleur en est plus foncée. On s'en servait comme d'encens, mais plus généralement encore pour la construction des temples, et pour la sculpture. Cette opinion qui est la plus probable est conlirmée par le témoignage de Josèphe (Antiq., 8, 7). « Les vaisseaux d'Opbir, dit-il, apportaient des pierres précieuses et des pius dont Salomon faisait faire des colonnes pour le temple et pour son palais, et des instruments de musique. Ce bois était plus grand et plus fin qu'aucun autre bois connu jusqu'alors; il avait l'apparence de bois de figuier, mais il était encore plus blanc et plus éclatant. »
ALOES, de la famille des liliacées (aquilaria), gi-nre d'arbre dont Toumefort compte quatorze espèces; celui dont il est question dans la Bible n'est ni l'aloès de nos jardins, ni celui de nos pharmacies, mais un arbre des Indes, le bois d'aloès appelé aussi bois d'aigle. H a environ 3 m. de hauteur; sa cime est couronnée d'une touffe de feuilles ovales, dentelées, épaisses et longues d'environ I m. 30 c.; ses fleurs, d'un rouge mêlé de jaune ou de blanc, exhalent un parfum délicieux; son fruit est de la grandeur d'une cerise; de sorte que c'est un des plus beaux arbres qui existent. L'aloès a une sève extrêmement amère, et son écorce recouvre (rois couches de bois différentes; la couche extérieure est noire, dure et pesante; la seconde est brune, très poreuse et pleine d'une résine odoriférante ; enfin l'intérieur du boisa une odeur aromatique extrêmement forte.
Les anciens faisaient déjà grand cas de celte dernière couche et l'estimaient plus que l'or. On s'en sert pour parfumer les habits, les appartements, etc., soit en le réduisant en poudre, soit en le brûlant, soit en en mettant de petits morceaux appelés calumbaks dans les objets que l'on veut parfumer: on garde ordinairement ces calumbaks dans des flacons pour empêcher l'odeur de s'évaporer.
Balaam, pour indiquer combien le peuple d'Israël est agréable*^ son Seigneur, et précieux devant lui, le compare à des arbres d'aloès, que l'Eternel a plantés, Nomb. 24, 6. Parmi les attraits que la femme de mauvaise vie met en usage pour séduire, Salomon lui fait dire qu'elle a parfumé son lit d'aloès, Prov. 7, 47. La myrrhe, l'aloès et la casse sont dans les vêtements de la reine chantée Ps. 45, 8; cl l'époux du Cantique, 4, 4 4., dil que la myrrhe, l'aloès et lous les parfums aromatiques se trouvent dans le jardin de son épouse. Quand le corps de noire Seigneur eut été descendu de la croix, Jean 49, 39., Nicodèine apporta de la myrrhe et de l'aloès, non pour embaumer le corps, mais pour mettre ces aromates dans les linges, v. 40, aûn de conserver le corps jusqu'après le sabbat.
ALPHA, a, première lettre de l'alphabet grec, dont oméga (ou o long) est la dernière. Le Saint-Esprit désigne par ces deux lettres l'éternité de Dieu et celle de Jésus-Christ, Apoc. 4, 8. 44. 24, 6. 22, 43.
ALPHÉE. 4° Père des apôtres Jacques le Mineur et Jude; époux de Marie sœur de la mère de Jésus, Mallh. 4 0, 3. Marc 3, 18. Luc 6, 15. Act. 4,43. Marc 4 5, 40.; le même que le Cléopas de Jean 49, 25., mais différent de celui qui est nommé Luc 24. 48. v. Cléopas. On ne sait, du reste, rien sur sa vie. — 2° Perc de Lévi ou saint Matthieu, Marc 2, 4 4., également inconnu. Peut être est-ce le même que le précédent, et, dans ce cas, Matthieu son fils, qui n'est jamais indiqué parmi les enfants de Marie, serait le fils d'un premier mariage.
ALTASCHETH, inscription des Ps. 57, 58, 59 et 75, signifie ne détruis point. « On ne saurait, dit Calvin, amener de certaine raison pourquoi l'inscription de ce psaume (57) est ne détruis point ; et pourtant les expositeurs sonl différents d'opinion, comme en une chose obscure et douteuse. Aucuns pensent que c'était le commencement de quelque vieille chanson. Les autres estiment que ce sont les mots que David prononça se voyant environné de toutes parts sans espoir d'échapper, « 0 Dieu, ne dé- « truis point. » Les autres sont d'ad vis que la preud'hommie de David est louée par celle sentence, lequel empescha et destourna Abisaï qui voulait aller tuer Saul, pour ce aussi que l'histoire sainte exprime nommément cette repré-
bension en ces termes : « Ne le défais point, » 1 Sara. 26, 9. Mais pour ce que David avait fait cotte prière et psaume déjà auparavant (comme on le voit par l'inscription même), ceslc opinion ne peut convenir. Par quoy il nous faut tenir à l'une de ces deux expositions , ou quo ce psaume a été compose sur le chant d'une chanson commune, ou que David a voulu yci noter en brief, comme une chose mémorable, la prière qu'une frayeur soudaine lui tira de la bouche.
Ainsi parle Calvin, et depuis lui la science n'a rien découvert que Ton puisse ajouter à son explication. La version de nos Bibles est défectueuse dans ces inscriptions, et ne donne aucune idée du vrai sens du mot.
AMANA, Gant. 4, 8., une des cimes del'Anti- Liban, à ce qu'il parait d'après le contexte du passage ciié. C'est probablement de celte montagne que sortait le fleuve Abana, q. v. Une correction apportée au texte hébreu de 2 R. 5, (2. autorise à croire que le vrai nom du fleuve est plutôt Amana, comme celui de la montagne. — Quelques-uns placent l' Amana au delà du Jourdain, dans la demi-tribu de Manassé ; d'autres, le cherchant au nord-est, pensent qu'il séparait la Syrie de la Cilicie.
AMANDIER, Gen. 30, 37. 43, 4 (.Ex. 25, 33. 34. 37, (9. 20. Les mots hébreux Louz et Shaked que nos versions rendent par amandier (coudrier, Gen. 30, 37), désignent deux espèces différentes de pêchers dont les fleurs et les feuilles se ressemblent beaucoup. L'un de ces arbres (amygdalus communis), dont le fruit ne mûrit qu'au mois de septembre, est le premier à fleurir aussitôt après les rigueurs de l'hiver, avant même qu'il ait poussé des feuilles. Cette particularité, remarquée aussi par Théopbrasle, lui a fait donner en hébreu le nom de Shaked qui signifie « prompt, expéditif, qui se réveille de bonne heure, vigilant, » et l'a fait prendre, Jér. (, ((., pour le symbole de la rapidité avec laquelle les jugements de Dieu allaient éclater sur Israël. Jérémie a fait dans ce passage un jeu de mot conforme au goùl des Orientaux, mais difficile à rendre dans notre langue. « Que voistu, Jérémie? » dit l'Eternel, et le prophète répond : « Je vois une branche shaked; » ce qui signifie tout à la fois : je vois une branche d'amandier, et je vois une branche, un bâton vigilant, qui veille, qui se hâte. Aussi l'Eternel, continuant d'employer le même mot dans son double sens, répond encore : « Tu as bien vu, car je me hâte d'exécuter ma parole. . C'est donc sur ce nom significatif de l'amandier que repose tout le sens de cette vision.
Dans le passage Ecclés. 12, 7., cet arbre qui fleurit déjà lorsque ses branches sont encore dénuées de feuilles, est pris pour image de la
touffes de cheveux blancs. — La verge d'Aaron qui le confirma dans sa dignité de grand prêtre, Nomb. (7, 8., était une verge d'amandier; et, selon quelques savants, une verge de ce bois était le signe dislinctif des chefs des tribus israélites, qui devait leur rappeler la vigilance.
— L'amande, qui fournit une huile précieuse, était un fruit très estimé; c'est peut-être pour cela que la forme d'amande fut donnée à quelques-uns des objets du culte dans le tabernacle, Ex. 25, 33. 37, 19.
AMARIA (parole de l'Eternel). (° Souverain sacrificateur, ( Cbr. 6, 7. ; il vécut du temps des juges, et parait avoir fonctionné immédiatement avant Héli. — 2°( Cbr. 6, ((. — 3° Esdr.40,42. —4° Sophon. (, 4. —5° 2 Chr. (9, H. Souverain sacrificateur, placé par Josaphat à la tête de la cour suprême des juges d'Israël.
AMATSIAfque l'Eternel fortifie). 1° Neuvième roi de Juda, fils de Joas et de Jébohaddan, 2 R. 1 2, 21 . 1 4, 1 . 4 Chr. 3,(2.2 Chr. 24, 27. 25, ( . Il avait vingt-cinq ans lorsqu'il monta sur le trône, 837 ans av. C, et régna vingt-neuf ans à Jérusalem. Il commença par faire mourir les meurtriers de son père, mais ne permit pas qu'on fît le moindre mal à leurs enfants, mesure de grâce et de justice bien rare alors, bien opposée aux mœurs barbares de ces temps, mais conforme à l'esprit et à la lettre de la loi mosaïque, Deut. 24, 16. Il comptait dans son royaume 300,000 hommes en état de porter les armes; il s'en adjoignit encore 100,000 du royaume d'Israël, pour les envoyer contre les Iduméens qui s'étaient soustraits sous Joram à l'obéissance des rois de Juda, environ cinquante ans auparavant. Mais un prophète lui ayant rappelé que toute alliance avec les tribus rebelles serait fâcheuse au royaume de Juda, il comprit que c'est Dieu seul qui donne la victoire et qui met en fuite, et il se bâta de licencier les troupes étrangères, en faisant le sacrifice des cent talents (près d'un million) qu'il avait donnés pour les enrôler. La victoire se prononça en faveur de celui qui avait cru; il vainquit les Iduméens dans la vallée du Sel. Ici s'arrête la première partie de la vie d'Amatsia; sa foi ne l'accompagna pas dans toute sa carrière, parce que ce n'était pas une foi véritable; il se détourna de l'Eternel, et la fin de ses jours, à dater de celle victoire, ne fut plus que péchés et malheurs. Au nombre des objets pris sur l'armée d'Edom se trouvaient les idoles de Séhir. Amatsia les adora ; puis, lorsqu'un prophète vint lui reprocher son incroyable idolâtrie, le culte de ces dieux vaincus, Amatsia lui répondit : « Qui t'a établi conseiller du roi? Cesse de m'importuner,car pourquoi te feraistu tuer?» Le prophète se retira donc, après
lète du vieillard couverte seulement de quelques lui avoir anuoncé les châtiments que Dieu ferait