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tomber sur lui. Et Dieu aussi s'était retiré de la cour et des conseils du malheureux roi. Enivré de sa récente victoire, il osa défier son voisin d'Israël, et lui offrit le combat. On peut croire que la cause ou le prétexte de cette guerre, ce furent les déprédations que les 400,000 Israélites, frustrés du butin qu'ils avaient espéré de remporter sur Edom, avaient commises en s'en retournant dans leur pays, et dont le roi de Juda crut devoir demander satisfaction. Joas, roi d'Israël, se comparant luimême, au cèdre du Liban, et son adversaire à quelques ronces de la montagne, voulut le dissuader de son entreprise téméraire ; mais Amatsia ne l'écouta point, « car cela venait de Dieu. » Les deux armées se rencontrèrent à Bethsémès, et le roi de Juda, fait prisonnier avec une partie de son armée, vit les remparts de Jérusalem démolis, ses trésors transportés à Samarie, et les principaux des siens emmenés comme otages (vers 823). Amalsia survécut quinzeans à sa défaite, mais la fin de son règne fut sans gloire, et il péril victime d'une conjuration. Il fut assassiné à Lakis où il s'était réfugié, et son corps fut transporté à Jérusalem où on l'ensevelit avec ses pères.
2° Amatsia, sacrificateur du veau d'or à Bélhel (vers 784 av. C). Amos 7, 40. sq. dénonça à Jéroboam les prophéties d'Amos, et ses menaces contre le culte idolâtre d'Israël. Amos répondit au faux prophète, qui l'engageait à s'enfuir de devant la colère du roi : « Je n'étais qu'un bouvier, piquant les figues sauvages (pour les faire mûrir), lorsque l'Eternel me dit : Va et prophétise à la maison d'Israël. » Et après avoir donné à Amatsia la preuve de sa divine mission, Amos lui annonça à lui-même les maux qui fondraient sur sa maison, sur sa femme, et sur ses enfants. — Cyrille d'Alexandrie, Epiphane et d'autres Pères, ajoutent qu'Amatsia employa la violence pour forcer le prophète à se taire, et qu'il lui lit souffrir divers supplices.
AMBASSADEUR ; officier d'un prince envoyé pour annoncer quelque importante nouvelle, ou pour traiter quelque grande affaire. Les anciens n'avaient pas d'ambassadeurs titrés et a poste fixe; ce n'était qu'une charge temporaire, en vue d'un objet unique, et qui cessait après la négociation terminée. Elibézer, serviteur du patriarche Abraham, fut l'ambassadeur de ce riche et puissant prince auprès de Nacor, Gen. 2i, t. Plus tard cette mission prit un caractère plus politique, ainsi que nous le voyons 2 Chr. 32, 9. 31. — Les ministres de l'Evangile sont appelés ambassadeurs de Christ, parce qu'au nom de ce Roi des rois, peu nombreux sur la terre, ils sont chargés de dire aux hommes sa volonté, et de proclamer le traité de grâce
qu'il a fait avec eux; 2 Cor. 5, 20. Eph. 6, 20.
AME. C'est le mot par lequel on traduit ordinairement l'hébreu néphesh dans l'Ancien Testament, et le grec tyj%rt dans le Nouveau, cf. Deut. 6, 5. Malth. 22, 37. L'hébreu leb% cœur, et le grec y^xpîii, désignent l'organe par lequel 'âme a la conscience d'elle-même, et perçoit les impressions, cf. Gen. 8, 24 . Ex. 4 0, 20., etc. Cette distinction ne saurait cependant s'appliquer à tous les cas, et l'on doit reconnaître que dans le sommaire de la loi, à moins de supposer une tautologie, l'âme et le cœur sont deux choses différentes, dont l'une n'est pas l'organe de l'autre, mais qui ont chacune un rôle indépendant, une action spéciale dans l'organisme moral. Le cœur représenterait davantage l'élément actif, le principe de l'aspiration, du désir; et l'âme, l'élément passif et susceptible de recevoir des impressions.
Les paroles du Deutéronome, 6, 5., sont citées trois fois dans les évangiles, et chaque fois d'une manière différente, qui s'éloigne également du texte hébreu, et de la traduction des Septante. Il est aisé de voir que les évangélistes ont cité de mémoire, en s'occupant du sens plus que des mots.
Dans le texte hébreu du Deutéronome, on trouve en effet, et dans l'ordre suivant, les mots : cœur, âme, forces (Septante, SuvajAtc). Dans saint Matthieu : cœur, âme, pensée (ciavo(a) . DanssaintMarc, 42, 30. : cœur, âme, pensée (Siavofa), force (tr/ù;) au verset 33 l'ordre des mots est encore interverti, et, en outre, cuviîi; est mis à la place de îwcvsîa. Dans saint Luc, 40, 27. : cœur, âme, force, pensée.
Le mut force (Deut. et Luc) désigne, presque sans contestation, l'action de la volonté, l'activité, la pratique; le mot pensée (ou intelligence, Marc 42, 33.) comprend les facultés intellectuelles; les mots cœur et âme, qui se retrouvent dans les quatre passages, ne peuvent avoir que le sens qui a été indiqué : la force serait alors l'expansion au dehors des impressions reçues, des désirs, et des résolutions formées par l'activité intérieure.
L'emploi et la distinction des mots cœur et ame, dans les plus anciens livres des Hébreux, indiquent déjà, même en admettant un certain matérialisme, que les Juifs avaient une idée de la spiritualité de l'homme. Comme la plupart de leurs notions religieuses, théologiques, philosophiques, psychologiques, cette idée était confuse et vague, parce que l'analyse n'était pas intervenue, parce, que le temps ne l'avait pas mûrie. Moise pouvait dire : L'âme de la béte est dans son sang, Lév. 47, 14. Deut. 12, 23., cf. Gen. 9, 4., sans être accusé d'hérésie, sans heurter le sentimeni public et la délicatesse des
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sages. Longtemps après, on pouvait confondre encore par une même expression l'Ame et la vie matérielle, <Ur£f), Matth. 46, 26. M;iis l'idée n'en existait pas moins qu'une substance immatérielle, qu'une réalité spirituelle était jointe au corps, à la matière; quelque intime que fût l'union, ce n'était qu'une union, et non une identité, une confusion. En disant l'esprit, l'âme et le corps, l'Ecriture renferme des indices, sinon une théorie formelle sur la composition de l'homme, cf. Es. 57, 46.
Le récit de la création même implique la distinction de nature entre le corps formé de la terre et l'âme formée par le souffle, l'esprit de Dieu, et renferme par conséquent le germe de l'idée d'immortalité, Gen. 2, 7., quoique les roots respiration de vie se retrouvent plus loin, 7, 22., appliqués aux animaux, par suite de cette absence de précision, qui n'est pas l'erreur, mais qui accompagne toute définition encore incertaine, toute science dont les termes sont encore à créer. Les mots âme vivante sont également appliqués aux animaux, 1, 20.30., et l'âme semble désigner simplement le principe vivifiant, comme Jonas 4. 3., où le texte porte : Ote-moi, je te prie, l'âme, car la mort me vaut mieux que la vie. Cf. 4 Cor. 45, 45. C'est encore le souffle, Eccl. 42, 9., qui retourne ù Dieu, après que la poudre est retournée dans la terre. — v. plus loin l'article Immortalité.
« L'âme dit Calvin, est prise pour la volonté et désir, à savoir, d'autant qu'elle est le siège de la volonté et du désir. En ce sens, il est dit que l'âme de Jonathan était liée à l'âme de David, et l'âme de Sicbem adhéra à Dina, fille de Jacob... Quelquefois l'âme est simplement prise pour la personne, ou homme ayant âme, comme quand il est dit que « septante-six âmes descendirent avec Jacob en Egypte. » Item : « L'âme qui aura péché mourra...» Et davantage, l'Ecriture use de cette façon de parler que > l'âme se départ, » au lieu que nous disons cnutumièrement : « rendre l'âme... » Davantage, nous savons que quand ces deux mots, âme et esprit, sont conjoints ensemble, par l'âme estsiguifiée la volonté, et par l'esprit l'entendement;... il faut prendre en ce même sens ce que l'Apôtre aux Hébreux dit, que « la parole
• de Dieu est vive et pleine d'efficace, et plus
• pénétrante que tout glaive â deux tranchants, « et atteint jusqu'à la division de l'âme et de « l'esprit... » Toutefois, en ce dernier passage, rocnns aiment mieux par l'esprit entendre celte essence en laquelle est la raison et la volonté..., et par l'âme, le mouvement vital, elles sens que les philosophes appellent supérieurs et inférieurs. »
AMEN. 4° Vrai, Adèle, certain. C'est le mot
que nos traductions ordinaires rendent par « en vérité, » Quand il est redoublé, il équivaut â la solennité du serment. Des quatre évangélistes, Jean est le seul qui ait conservé la répétition de ce mot, et cette différence entre lui et les synoptiques, se retrouve même dans les passages parallèles ; cf. Maith. 26, 21. 34. et Jean 4 3, 21 . 38. Y aurait-il un sens mystérieux et caché dans le fait de cette double aflirroation ? C'est l'opinion de Bcngel. La parole de Christ est la vérité à l'égard de celui qui parle, et à l'égard de ceux qui croient; cf. 4 Jean 2, 8. Elle est la vérité quant â la forme et quant au fond. Christ n'est pas seul à rendre témoignage : lui et son Père sont uns à le rendre, Jean 8, 18. 2 Cor. 4 , 20. Et lors même qu'on ne verrait pas dans cette répétition tout ce que Bengel y voit et qu'il développe d'une manière si intéressante, on ne saurait y méconnaître une affirmation solennelle. Des exemples de cette répétition se trouvent aussi dans l'Ancien Testament, p. ex. Ps. 41 , 44.
2» Ainsi soit-il, Deut. 27, 45. 26. Jér. 41,6. 28, 6. Apoc. 4, 48. Formule d'adhésion, d'approbation, d'affirmation, ou de souhait, ordinairement employée â la Ûn des prières comme pour en sceller le contenu, p. ex. à la fin de l'Oraison dominicale. On ne la trouve cependant ni à la tin de la prière sacerdotale, Jean 47, 26., ni lors de la présentation de Matthias et Joseph à l'apostolat, Act. 4, 25. Presque tous les écrits du Nouveau Testament se terminent par ce mot, qui semble être la récapitulation et la confirmation des faits et des renseignements qui s'y trouvent renfermés.
3° Un des noms donnés à Christ, parce qu'il est le Véritable, le Dieu de vérité, la substance de la vérité révélée, le prophète infaillible, le fidèle et vrai témoin. Apoc. 3, 44. Toutes les promesses sont oui et amen en lui; elles sont inébranlablement fondées sur sa parole et sur son serment, irrévocablement ratifiées par sa mort, et scellées par son esprit, 2 Cor. 4, 20.
AMÉTHYSTE. Ex. 28, 49. 39, 42. Apoc. 24. 20. Pierre siliceuse, espèce de quartz transparent violet, coloré par l'oxyde de manganèse ; il y a aussi des améthystes d'autres couleurs, tirant sur le pourpre, le rose ou le bleu ; il y a même des améthystes blanches. Les plus fines se trouvent en Arabie, en Syrie, en Arménie et dans les Indes. Les anciens, qui faisaient déjà des bijoux de cette pierre précieuse, croyaient qu'elle préservait de l'ivresse, et lui ont, à cause de cela, donné le nom qu'elle porte, et qui pourrait se traduire par désenivrante. — Les Habbins ont aussi leurs étymologies, et prétendent que le nom hébreu de l'améthyste vient de ce qu'elle fait voir des songes â celui qui la porte; ce serait une songeuse. — C'était la