‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 263 sur 398 · MUS · texte numérisé non relu

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les tributs que les peuples voisins payaient annuellement à Salomon, se trouvent des mulets; la contrée de Thogarma (Arménie) était surtout renommée pour ses beaux produits en ce genre, Ez. 27, 41., qui sont encore admirés de nos Jours; un mulet de Syrie se paye de 750 à 850 ou 900 francs (Burckhardi). — Le nom hébreu esl/w'rerf ou pirdah; quelques anciens interprètes ont cru que les jemim deGen. 36, 21., signifiaient aussi des mulets, et ils attribuent a Hana l'honneur d'avoir découvert le mélange du cheval et de l'âne, mais v. Hana.

MURIER (morus nigra), de la famille des urticées. Cet arbre n'est réellement nommé dans la Bible que Luc 47, 6. Le mûrier noir, fort et vigoureux, abondait en Palestine : il ne doit pas être confondu avec le mûrier blanc que les Druses du Liban cultivent en quantités innombrables. — Quant aux mûriers de 2 Sam. 5, 23. 24., leur nom hébreu Baka rappellerait plutôt l'arabe Bek, peuplier, et celle traduction» conviendrait plus au sens de la phrase, les feuilles du peuplier étant plus faciles à être agitées par le passage ou les manœuvres d'un corps d'armée en mouvement, que celles du mûrier.

MUSETTE, v. Musique.

MUSIQUE. Cet art, presque aussi ancien que le monde, et qui doit survivre au monde, cet art magique dont la puissance se fait sentir pour le mal comme pour le bien, qui élève les aines vers l'Eternel , et qui souvent divinise la matière et favorise tant de désordres, qui souffle la guerre, qui inspire la volupté, qui, tour ti tour, calme tes douleurs ou arrache des larmes aux cœurs joyeux, puissant dans le Ranz des vaches, puissant dans la Marseillaise, puissant dans les Te Deura, bienfaisant et malfaisant, religieux ou impie, tel art, connu des anciens Hébreux, et maintenant encore cultivé avec tant de succès par leurs descendants, depuis Asaph jusqu'à Menddsohn, Halévy, Meyerbeer, a été connu dès avant les jours du déluge, et peu t être que le premier homme a entendu déjà les chants meurtriers des enfants de Gain. C'est à cette famille, en effet, que l'Ecriture sainte attribue l'invention des instruments de musique; Jubal, dont le nom rappelle la joie et les jubilations, fut le premier qui découvrit ou qui inventa les sons éclatants des instruments de cuivre, Gen. 4, 21. En rapportant cette triste origine, l'Ecriture ne paraît pas vouloir jeter de la défaveur sur l'art lui-même, non plus que sur les bergers en général, sur les nomades comme tels, ou sur les ouvriers en airain, dont les premiers furent aussi Caïniles; elle ne parait pas blâmer ces découvertes en elles-mêmes, et cependant la mention qu'elle en fait n'est pas absolument indifférente non plus. L'homme étaii destiné primitivement à l'agricullure ; c'était le

genre de vie le plus facile, le plus agréable, le plus en rapport avec son organisation, celui qui éîâit le moins de nature à détourner ^a pensée des choses de Dieu ; mais la famille de Caïn, q. v., s'éianl détachée de celui qui a la vie éternelle, et ne vivant p!us que pour ce monde, elle a |>u diriger toutes ses pensées vers les beauxarts et vers les arts utiles à l'homme; elle a été mise en mesure de bien mériter de la race humaine, d'autant plus que sa direction était devenue toute humaine ; terrestre, et vivant pour la terre, la famille de Caïn a dû chercher à orner le séjour qu'elle habitait, et moins elle faisait de progrès dans la connaissance des mystères divins, plus elle devait en faire dans la connaissance des arts et des sciences de la terre. Lémec, père de Jubal, chantait sans doute ses crimes, Gen. 4, 23., et l'on regrette que les plus anciens souvenirs du chant et de la musique se rattachent à des meurtres et à une famille proscrite de Dieu.

Il e>t assez probable que le monde ayant fait invasion dans l'Eglise, et la famille de Caïn dans celle de Selh, les arts passèrent d'une famille dans l'autre, et que c'est ainsi qu'ils survécurent au déluge, ù la race détruite de Caïn. La Bible ne dit pas que la musique ail été une seconde fois inventée, el l'on peut croire que Noé et ses lils, avertis du sort réservé à la terre, prolifèrent du terme de 4 20 ans qui leur était donné, pour recueillir tout ce qui pouvait être conservé d'utile et d'agréable de l'ancien monde. Quoi qu'il en soit, nous voyons la musique généralement en usage aux jours de Laban, Gen. 31 , 27.; nous la retrouvons aux jours de Moïse après l'esclavage d'Egypte, Ex. 45, 1-22. Nomb. 10, 2. David organise de nombreux chœurs de chantres et de musiciens pour le service du temple, el les choisit parmi les Lévites dont les occupaiions ont diminué depuis l'érection du tabernacle, 4 Chr. 25, 4., cf. 2 Chr. 29, 25. 30, 21. 35, 15. v. Chantres. — Il parait que les rois avaient aussi leur musique particulière, comme on peut le conclure de 4 Chr. 25, 2. 2 Sam. 19, 35. Eccl. 2, 8., quoique le mot même de musique ne se rencontre que dans le livre de Sirach, 14, 5., cf. 32, 5. Chez les Hébreux, la musique était souvent accompagnée de danses.

Quant a sa nalure , il est difficile d'en rien dire, car elle est perdue, et les conjectures nombreuses que l'on a faites prouvent mieux que tout le reste, qu'on ne doit pas songer a la retrouver. Il est probable cependant qu'elle était simple et sérieuse, peut-être même sans connaissance de l'harmonie, qui est un perfectionnement, ou selon quelques-uns, une détérioration du goûl naturel, une corruption, dans tous les cas la civilisation transportée dans la musique, par conséquent l'art dans le sens ordinaire

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