US
de. ce mot. Ils chantaient, à ce qu'on pense, uni sono, chacun suivant la force et la portée de sa voix (l'accompagnement proprement dit ne datant guère que du onzième siècle ap. C), et l'on sait que J.-J. Rousseau regardait ce chant comme le plus pur et le plus heau, tandis que la musique composée n'était, selon lui, qu'une volupté artificu Ile réellement inférieure. C'est une affaire de goût sur laquelle on ne peut disputer, mais il est sûr que de grandes masses chantant à l'unisson peuvent produire de grands effets, et que plusieurs airs perdent plutôt qu'ils ne gagnent à un accompagnement. En tout cas, on doit croire que la musique vocale et instrumentale sur laquelle devaient se chanter de si beaux psaumes , était elle-même belle, excellente et parfaite. Qu'on se rappelle l'impression produite par la harpe de David sur la sombre mélancolie deSaùl, 1 Sam. 16, 23., l'impression produite par les prophètes de Samuel sur les hommes envoyés par Saùl pour prendre David, et sur Saûl lui-même, 1 Sam. 19, 23. 24., cf. 10, .")., la manière dont le prophète Elisée calma l'émotion qui l'agitait, et se disposa à recevoir les impressions du Saint-Esprit, i R. 3, 15., et l'on comprendra la puissance mystérieuse de cette musique sacrée, simple, sans recherche, mais profonde.
A côté des chants religieux nous voyons mentionner aussi la musique des festins qui assaisonne la joie des amis, mais nulle part elle n'est rappelée comme innocente, Es. 5, 12. 14, 11. 24, 8. Am. 6, 5. Lam. 5, 14. : il paraît que les Israélites pieux se contentaient pour leur intérieur, du chant des saints cantiques, et que les Psaumes fournissaient à leurs joies domestiques tous les textes qu'ils pouvaient penser et désirer. La joie publique se manifestait aussi au son des instruments, 1 R. I, 40., mais rien ne laisse supposer qu'il s'agisse dans ce passade d'une musique étrangère à la joie thcociatique : en voyant couronner son roi légitime, le peuple pouvait célébrer son avènement par des chants religieux qui répondaient à ses besoins intérieurs, et faisaient ressortir le bonheur d'une nation gouvernée par un roi choisi de Dieu.
Un assez grand nombre d'instruments sont nommés dans l'Ecriture, d'où l'on peut conclure que l'orchestration était connue des Israélites, mais on ne peut rien affirmer de positif sur leur forme et leur importance : c'est même là une des parties les plus obscures de l'archéologie des Israélites. On divise ordinairement ces instruments en trois classes, et nous rapportons ici les suppositions les plus généralement adoptées.
1° Espèces de tambours ou tambourins, a) Le thoph ou tambourin, en arabe (œtr, en espagnol aduffa, cercle de bois ou de métal, recou-
vert d'une peau tendue, de 20 cent. de diamètre : on le frappait avec le doigt, et il servait surtout a marquer la mesure : avec l'accompagnement de la cymbale ou des castagnettes il produisait un effet qui n'était point désagréable. C'étaient ordinairement les femmes qui frappaient le tambourin en Orient, Ex. 15, 20. Jug. 11, 31. Ps. 68, 25. Jér. 31, 4., et c'était dans les réjouissances publiques qu'on en faisait usage. v. aussi Job 21, 12. 2 Sam. 6, 5. Es. 5, |*. 24, 8. 6) Les tsettselim et les metsillayim, ou cymbales, q. v. c) Les mnahanehim, i Sam. 6, 5., traduits sistres dans nos versions, <ïa|iré> la Yulgate et les interprètes juifs; instrument composé de deux verges qui se coupent à angle droit, et dont les deux autres extrémités, se rejoignant, dessinent une figure ovale, ou allongée, en forme de baudrier : des anneaux de métal attachés à cet instrument produisent, lorsqu'il est secoué, un bruit qui rappelle les tintements du chapeau chinois. Le sistre était autrefois fort commun en Egypte, où l'on s'en servait surtout pour le culte d'Isis. d) Shatishim, 1 Sam. 18,6., probablement, comme l'indique son etyrao'.ogie, l'instrument encore connu sous le nom de triangle, soit qu'on en frappe les trois eûtes avec une baguette de fer, soit que ces coiès portent des anneaux métalliques qui rendent, lorsqu'ils sont agités, le même son aigu que les anneaux du sistre. Le triangle est, d'après Athénée, une invention syrienne.
2° Instruments a cent. a) Le hougab,q\ie nos versions traduisent orgues, Gen. 4, 21. Job SI, 12., et qui d'après saint Jérôme, appuyé des interprèles juifs et caldéens, doit plutôt s'entendre de la cornemuse. b) La soumphonia,\)m. 3, 5. 10. 15., que nos versions rendent par symphonie. C'est apparemment le même instrument que le bougab, du moins les interprètes juifs le traduisent ainsi : la cornemuse s'appelle maintenant encore en italien sambuja, et c'est la langue des traditions musicales. La cornemuse est une espèce de flûte dont les deux moitiés sont séparées par une grande vessie, ou sac de cuir, qui reçoit le souffle du joueur, se gonfle, et communique par la pression l'air m tuyau inférieur: ce dernier tuyau est perce de trous comme une flûte ordinaire, et rend des sons suivant le jeu des doigts; cet instrument a plutôt des tons criards, nasillards, cl peu harmonieux. Quelques auteurs, dont Cainut croient cependant que le hougab désigne la ffiAr de Pan, ou chalumeau, composé de rosraux d'inégale longueur, c) Le mashrokhita, D^n. 3, 5., serait d'après Winer la flûte de Pan : les bergers de l'Orient s'en servent de nos jour» encore, comme ceux de la Suisse et de l'Italie; c'est le mol que nos versions ont traduit p'r clairon, d) Hhalil ou nehhU, plur. Néhilotb