‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 269 sur 398 · NAR · texte numérisé non relu

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nommaient les exhalations de Typhon; mais ce ne sont que des conjectures, v. Noachides.

NARCISSE. 4° Rom. 46, 44., peut-être le célèbre affranchi de l'empereur Claude, celui qui devint son favori et son secrétaire, et qui obtint à la cour une si grande influence (Suét., Claude 28, 37.Tacit., Annales, 11, 29. 33. 37. 42, 4. 57. 65., etc.). Cependant il fut exécuté au commencement du règne de Néron, l'an 55 de notre ère, et il est peu probable que Paul ait écrit aux Romains de son vivant : dans ce cas il faudrait admettre que son train de maison subsistait encore lorsque Paul écrivait, ou que « ceux de la maison » désignent ceux qui lui avaient appartenu. Il résulterait de ce passage, ainsi compris, qu'il se trouvait en effet des chrétiens a la cour, au nombre des serviteurs, ou des amis, ou même des parents de Narcisse. Toutefois ce nom était assez répandu, et il est fort possible que Narcisse ait été un simple chrétien de Rome, chez qui les frères se réunissaient. D'après les Grecs, Narcisse aurait élé l'un des soixante-dix disciples, aurait vécu quelque temps a Rome, et serait mort évêquc d'Athènes ou de Patras ; mais ces données n'ont aucune valeur.

2° Narcisse, fleur, que l'on croit désignée par l'hébr. hbabatséleth, Es. 35,4. Cant. 2, 4., traduit à tort par rose dans nos versions; la racine bébr. betsel signifie un oignon, et c'est certainement parmi les fleurs à racine bulbeuse que nous devons chercher celle-ci. Plusieurs auteurs s'appuyanl sur le sens qu'ils donnent à la traduction syriaque, entendent par la le colchicum aulumnale, vulgairement connu sous le nom de tue- chien, cette plante d'un pied de hauteur qui porte une fleur rose tendre, mais sans odeur, et que l'on trouve croissant naturellement en automne dans les prairies de l'Europe (Micbaëlis, Gesenius, etc.), et cette traduction n'est pas sans probabilité; mais celle que nous suivons d'après le Targum et plusieurs commentateurs, parait plus recommandée encore par la beauté même de la fleur, et par le contenu des deux seuls versets où il en est parlé. Chateaubriand a trouvé beaucoup de narcisses dans la plaine de Saron (llinér., II, 430.). et c'est une présomption de plus, cf. Cant. 2, 4 . Il est possible aussi, comme le dit Winer, que les deux fleurs aient été désignées par le même mot en araméen.

NARD, Jean 42, 3. Ce parfum était regardé par les anciens comme le plus précieux et le plus tin de tous; il était par conséquent aussi un objet de luxe fort recherché des grands, et souvent offert comme témoignage de respect et d'honneur. C'est dans l'Asie Mineure, et à Tarse surtout, qu'on savait le mieux le confectionner; ou l'expédiait ordinairement dans de petits fla-

cons, ou dans de petites boites d'albâtre ; souvent il était falsifié par un mélange d'huiles étrangères également odoriférantes, mais moins délicates. Le nard pur paraît avoir été excessivement cher, Marc 14, 3.; cf. Plin. 12, 26. 43, 2. Horace, Od., 2, 4 4 , 46. 4, 42, 17. Tibull., 2, 2, 7. — La plante du nard croît dans les contrées les plus chaudes de l'Inde, où elle porte le nom de jalamansi ou dschatam ; quelques naturalistes la comptent parmi les valérianes : elle sort de terre comme une céréale encore verte, sa lige est longue et mince, et porte plusieurs épis à fleur de terre; la racine est grosse mais fort courte, noire et odorante ; les feuilles sont courtes et larges; le nard, aussi nommé spicnard à cause de ses épis, réussit mieux sur les montagnes que dans les plaines; il est plus odorant et plus fort que celui qui croit le long des eaux. Il y en a de plusieurs espèces, qui toutes sont dessicatives ; on croit que le romarin, l'aspic et la lavande appartiennent à la même famille. Mais le nard indien se distingue a sa couleur jaune tirant sur le purpurin, et a ses épis allongés, au poil large et odorant : on l'expédie en bottes de feuilles et d'épis séchés. Le faux nard indien ou andropogon nardus est souvent difficile à distinguer, et l'on en fait un commerce considérable. Il ne résulte pas de Cant. 1,11.4, 13. 44., que le vrai nard ait élé cultivé en Palestine, car il exige une latitude plus méridionale, un climat plus ebaud (dans ces passages le mot aspic doit être traduit par nard), mais on peut les entendre ou du vrai nard qui aurait été importé, ou de plantes analogues, telles que le nardus syriaca, crelica ou autre, qui se trouvent facilement en Palestine. — Les anciens avaient aussi l'habitude de mêler du vin au nard, et même de boire l'huile de nard; v. Plin. 14, 49,5., Athen,, 45, 689. L'épithète de pistique, zittixt^, donnée par Marc et Jean au nard dont noire Sauveur fut oint, a été dérivée de plusieurs mots; on l'a entendue du spic-mrd, d'autres y ont vu du nard qu'on peut ôoire, c'est-à-dire liquide, d'autres enfin, et c'est le plus probable, pensent que cela signifie du nard pur, qui mérite confiance.

NATHAN (donné), 4° prophète de l'Eternel, ami et conseiller de David, l'approuva d'abord dans le dessein qu'il avait conçu de bâtir le temple, puis dut lui annoncer de la part de Dieu que ce travail devait être réservé à son fils et successeur, 2 Sam. 7, 3-47. Quelques années plus lard, ce fut lui encore qui vint reprocher au monarque son adultère et son meurtre; par un bel apologue, 2 Sam. 42, 4., il sut amener le roi coupable à se condamner lui-même, et lorsque David eut dit : « Cet homme est digne de mort » (cf. Ex. 22, 4 . Luc 49, 8.), le prophète lui répondit : « Tu es cet

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homme-là; » parole grave et sévère, presque sublime, et d'uu effet que rien ne peut rendre. La tâche des prédicateurs de cour est toujours difficile; les confesseurs des rois ont pu aller bien loin dans une fidèle sévérité, mais ont-ils jamais osé prononcer une parole aussi incisive? Et si la vérité est déguisée, si l'épèe s'enveloppe du fourreau, si la sévérité s'adoucit des précautions oratoires, ne voit-on pas que l'effet produit sera de même amoindri, amorti, peutêtre annulé ? Il n'y a d'incisif que ce qui fait mal, et aussi longtemps que le prophète n'aura pas dit an pécheur, grand, ou petit : Je parle de toi, c'est toi qui es le coupable, le pécheur ne le comprendra pas. Nathan doit servir de modèle au ministère de la vérité. — Le roi s'étant humilié à la voix sévère qui le condamnait, le prophète put lui annoncer que Dieu lui faisait grâce de la vie, mais il ajouta que le fils de son crime lui serait enlevé. A la naissance d'un second fils de Bathsébah, Nathan donna au futur Salomon le nom de Jédidja, il se chargea peutêtre de son éducation, resta toujours ûdéle à son maître, et déjouant les complots d'Adonija, 4 K. 4, 8., réclama pour son élève la couronne de David, et contribua au sacre de Salomon. Sa vie fut celle d'un vrai prophète Israélite, et son influence fut grande : il prit part à la réforme du culte sous David, 2 Chr. 29, 25., composa sur le règne de ce prince et de son fils des mémoires qui maintenant sont perdus, 4 Chr. 29, 29. 2 Chr. 9, 29., et vit deux de ses lils remplir sous Salomon les premières charges à la cour, 4 R. 4, 5. On ne connaît du reste rien de sa famille, de sa tribu, de ses premières années, ni de sa mort : son nom spuI le représente, comme il représente aussi la famille des prophètes, Zach. 42, 42. Il est rappelé encore Ps. 51,4. .

2° Fils de David et de Bathsébah, 2 Sam. 5, 41. 4 Chr. 3, 5. 44, 4., et l'un des ancêtres de notre Sauveur par Marie, Luc 3, 31. C'est à son nom que les deux généalogies se séparent pour se rejoindre seulement au nom de Salathiel; Matthieu fait descendre Joseph de Salomon, le frère de Nathan (t , 6.). Il fut père de Matthata.

On trouve encore plusieurs personnages de ce nom; ainsi : 3° 2 Sam. 23, 36., cf. 4 Chr. 4 4,38. 4° 4 Chr. 2,36. 8°Esd. 8, 46.

NATHANAEL (don de Dieu). 1° Chef de la tribu d'Issacar pendant le voyage du désert. INomb. 4, 8. 7, 1 8. 49.— 2° Frère de David, le quatrième des fils d'Lsaï, 4 Chr. 2, 44. — 3° Fils d'Hobed Edom, sonnait delà trompette pendant le transport de l'an lie, 4 Clir. 45, 21. îfi, 4. — 4° Docteur de la loi, charge par Josapdat de parcourir le pavs pour instruire le peuple, 2 Chr. 47, 7. — S» et 6° Lévites, 4 Chr. 24, 6. 2 Chr. 35, 9. — 7° et 8° Deux frères des prin-

cipaux d'entre les Juifs qui revinrent de la captivité, Esd 40, ii. Néh. 42, 21 . — 9° Véritable Israélite sans fraude, disciple de Jésus-Chrisi. Jean, t, 45-49. Il étaitdeCanade Galilée, 21,*., et c'est probablement aussi dans cette buurgade que le Seigneur, rendant à son caractère un honorable témoignage, l'appela à le suivre. La scène qui se passa entre le maître et son disciple, est racontée fort brièvement : cependant rien n'y manque, pas même les détails. On voit Philippe s'entretenir avec Nathanaél sous Je figuier, et lui adresser un premier appel; on toit Nathanaél se rappelant les prophéties relatives au Messie, llich. 5, 2., ou peut-être partagaw le mépris général des Juifs contre ce qui vient de la Galilée, refuser d'abord ses hommages i celui qu'on lui représente comme étant de Nizareth. Mais sa loyauté est plus forte que set scrupules; il veut au moins entendre et voir Jésus, et, cédant aux efforts de sa loute-sciem* n de sa sainteté, il l'adore comme le fds de Dieu et le roi d'Israël. Jésus lui annonce alors qu'il verra de plus grandes choses encore, et Nalhanaël, que nous retrouvons plus lard parmi ceux qui assistèrent a la réintégration de saint Pierre, prend place au nombre des douze apôtres, sous le nom de Barthélémy, q. v. Saint Jean seul l« nomme Nathanaél.

NATURALISATION. Le droit de cilé en Israël était héréditaire, mais en dehors de la naissance, il pouvait encore être acquis a de certaines conditions et dans de certaines limites. Le titre de citoyen romain, la *oXt?s(« de Art. -22, 28. (jus civilatis). fut octroyé du temps des empereurs à des villes et à des provinces entières, comme à des individus isolés, sans qu'ils eussent besoin, comme de nos jours en quelques pays, d'appartenir à une commune particulière : les individus étaient naturalisés, soit par suite de leur affranchissement s'ils étaient esclaves, ou de leur adoption par un citoyen romain, soit surtout s'ils avaient rendu quelque service signalé â l'Etat, à l'empereur, ou à sa famille (Suéfone, August., 47); sous Caracalla et sous Jusliiiien les empereurs poussèrent encore plus loin la générosité à cet égard. Ce droii s'acquérait également pour une somme d'argent, Act. 22, 28. Paul, comme on l'a vu ailleurs, était citoyen romain, distinction qu'il n'avait pas obtenue personnellement, mais q>" avait héritée de ses parents. Les droits dont jou** salent lescitoyens romains se distinguaient^»5 les temps florissants de la république, en droits politiques ou publics, et droits civils ou privés; iis n'étaient pas toujours réuuis dans la ntfiw concession, et ainsi le droit de ciié obtenu |*r la naturalisation, n'était souvent que partiel- 1-* seul de ces droits qui soit mentionné dans le N. T., c'est que les citoyens romains ne po«*

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valent fifre frappes de verges (virgis, ou flageljis

eaedi), ni condamnés à mon par aucun tribunal romain, Act. 10. 37., et le seul appel d'un prévenu à son lllre de citoyen (civis romanus sum}, suffisait pour faire suspendre le rours des violences judiciaires, v. aussi Cicér., Verr., 5, 57, 65.

NAZARETH, petite ville de la Basse-Galilée, située sur le territoire de l'ancienne tribu de Zabulon, Matth. 51, 11. Luc 1, 26. 2, 4., non loin de Galti-Hépher la patrie de Jouas, a 8 Jieues dp Tibériade, a 7 d'Acre, et à 2 du Tabor, dans une petite vallée au milieu dos montagnes qui soutiennent la plaine de Zabulon. et s'abaissent vers celle de Jizréhel. La ville, auj. en-Nasirah, est située sur le penebant de la montagne, Luc 4, 29. Son nom signifie couronne, ou rameau vert, fleur, et vient, soit de l'amphithéâtre des montagnes qui entourent la vallée, soit (Rurckbardt, Bovet) des nombreux buissons 'bébr. nezer) qui la remplissent : peutêtre aussi ienferme-l-il une allusion au rejeton du tronc disaï(Es. 11, 1.). ». Nazarien. C'est dans cette contrée isolée et cachée, dit Rrarn, dans celte ville paisible, au milieu d'une nature variée et pittoresque, que le Sauveur du monde, charpentier comme Joseph, attendit pendant trente ans l'heure de son père, et il y vécut tellement ignoré que le pieux Nathanaël, qui demeurait a 2 lieues de Nazareth, a Cana, n'avait jamais entendu parler de lui. La ville compte aujourd'hui, suivant les divers récits des voyageurs, de 3 à 5.000 habitants, et, d'après Ruckiugham, seulement 2,000, dont un tiers de chrétiens. Une église, qui est, avec celle du Saint-Sépulcre, la plus belle de la Syrie, renferme une grotte, celle de l'Annonciation, où, suivant la tradition, l'ange apparut à Marie, et une autre qu'on prétend avoir été la cuisine dans la demeure de la mère de Jésus. A peu de dis lance de la ville, dans une vallée, est la fontaine de Marie, la seule de tous les environs qui ne tarisse jamais, et où maintenant, comme jadis, les femmes de Nazareth vont puiser de l'eau avec une cruche sur la tète. Du côté méridional de la ville se voient, dans le rocher, un certain nombre de grottes très anciennes qui opt servi d'habitations, et plus bas plusieurs sources. Napoléon, après la bataille du Tabor, passa quelques heures et dîna a Nazareth, le lieu le plus septentrional qu'il ait touché en Syrie. Hasselquist et des voyageurs plus modernes disent que la vallée, dont la forme circulaire rappelé celle des cratères, est fermée, de tous les côtés, par des montagnes de craie, hautes, blanches, escarpées et arides; le fond est une plaine inégale, d'un quart de lieue de largeur, bien cultivée, riante, fleurie, H très fertile. Burckliardt trouve cette contrée urc des plus délicieuses do tout le district d'Acre. Une gorge étroite et pro-

fonde, d'une, lieue de longueur, conduit de la vallée dnns la plaine de Jizréhel, et, depuis les hauteurs, on jouit d'une fort belle vue sur cette plaine, ainsi que sur le Tabor, le Guilboah, et s montagnes d'Ephraïm qui apparaissent audessus de l'Meimon.

NAZARIEN, Nazaréal (hébr. Nazir). C'est le nom que la loi de Moïse donnait à l'Israélite, homme ou femme, qui faisait pour un temps ou pour la vie entière le vœu du nazaréat, professant la sobriété en toutes choses, et renonçant complètement au vin, au vinaigre, aux raisins, à tout ce qui tenait de près ou de loin aux produits tle la vigne, naturels, travaillés ou fermantes, laissant croître ses cheveux sans y toucher, évitant toute souillure cérémoniclle ou réelle, et recommençant toutes les cérémonies de sa consécration au nazaréat, Jug. 13, 14., lorsqu'il avait été souillé fortuitement, comme par la vue d'une personne morte en sa présence, ou dont il aurait trouvé le cadavre sur son chemin, Nomb. 6, 1.2., cf. Am. 2, 11. 12. Si les catholiques ont vu dans cette institution le germe du monachisme, ils doivent reconnaître que ce germe renfermait de tout autres éléments que ceux qu'on leur a substitués; la fainéantise était bien loin de constituer une partie intégrante du nazaréat, et le mariage était si peu compté parmi les impuretés, même cérémonielles, qu'il n'en est pas seulement fait mention dans les prescriptions données à ce sujet, et queSamsou, le nazarien à vie, était marié. Lorsque le temps du nazaréat était accompli, la personne qui avait fait le voiu se présentait au temple, offrait un mouton eu holocauste, une brebis d'un an en sacrifice d'expiation, un bélier en sacrifice d'actions de grâces , une corbeille pleine de gâteaux sans levain de fine farine, enfin l'huile et le vin nécessaires à toutes les libations. Le prêtre alors coupait les cheveux du pazarien, et les brûlait sur le feu de l'autel; puis il mettait entre les mains du nazarien l'épaule epite du bélier, un pain et un gâteau, pour les reprendre ensuite et les offrir à l'Eternel en offrande tournoyée, Nomb. 6, 1. sq. Plusieurs de ces cérémonies avaient également lieu lors de la consécration des prêtres, Lév. 8, 26. Si l'on se rappelle que l'usage du vin et du vinaigre était presque général en Palestine, que dans ces climats chauds le poids d'une longue chevelure était fort incommode, que les cas de souillure cérémonielle étaient très multipliés, et que l'on tienne compte des frais considérables que l'accomplissement du vœu entraîne, on comprendra que le nazaréat, même à temps, était un vœu considérable. Aussi les personnes riches qui ne se trouvaient pys en éial, ou qui n'avaient pas le loisir d'en observer les cérémonies, cherchaient-elles souveut à s'associer en quelque

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sorte aux nazariens, en participant aux frais des sacrifices, Jos., Ant., 19, 6, 1. Maïmonid., in Num., 6. Ceux qui faisaient le voeu du nazaréat hors de leur patrie se contentaient d'observer les abstinences marquées; ils se coupaient les cheveux au lieu où ils se trouvaient à l'expiration de leur vœu, et les offraient plus tard, ou les faisaient offrir par d'autres dans le temple, avec les victimes et h s offrandes ordonnées. Samson, Samuel et Jean-Baptiste sont les seuls exemples de nazaréat a vie que nous présente l'Ecriture, Jug. 13, 4. 14. 1 Sam. 1, 12. Luc 1,15. Lorsqu'un enfant à nailre était ainsi voué au nazaréat perpétuel, sa mère observait à sa place, jusqu'au moment de sa naissance, les prescriptions de la loi. Le3 rabbins opposent au nazaréat perpétuel celui de Samson qui leur parait avoir été moins rigoureux que le premier, attendu que Samson a plusieurs fois vu et tout hé des corps morts, Jug. 14, 15., sans qu'il soit fait mention de sacrifices purificatoires qu'il ait offerts. — On trouve chez presque tous les anciens peuples quelques cérémonies semblables à celles du nazaréat, et l'on remarque en particulier que les Egyptiens, les Syriens, les Grecs et les Romains avaient l'habitude d'offrir leurs cheveux et leur barbe dans les temples de leurs divinités, comme, de plus, certaines coutumes d'abstinence étaient imposées aux préires de l'Egypte : quelques autres, Porphyre, Spencer, Michaëlis, ont cru voir dans le nazaréat hébreu une tradition de l'Egypte, mais les analogies sont en elles-mêmes trop vagues pour qu'on puisse en tirer une conclusion pareille, et l'on doit se rappeler que loin de vouloir établir un lien, Moïse a toujours creusé un abîme entre les coutumes de son peuple et celles des nations voisines.

Le nom de nazarien se prenant encore dans plusieurs sens différents, nous sommes appelés à considérer de plus prés les passages suivants.

1° Gen. 49, 26. Joseph est appelé le nazarien d'entre ses frères : les Septante traduisent ce terme par chef, celui qui est honoré, et si l'on a égard à la signification primitive de nézer, on comprendra que Joseph ait pu être ainsi désigné : le nom de nazir ou nezir était d'ailleurs comme il est encore dans plusieurs cours d'Orient, un nom de dignité, de charge publique, correspondant aux fonctions de vireroi que Joseph exerçait en Egypte. Peut-être aussi, et dans le cantique du vieux Jacob il semble que ç'ait été plus naturel, le nom de nazarien désignait-il simplement que Joseph avait été mis à part, choisi de Dieu pour lui être saint, et pour être le bienfaiteur de ses trères, celui «levant qui sa famille se prosternerait. — C'est le même mot qui est traduit par hommes honorables, Lam. 4, 7.

2° Quelques auteurs ont entendu du nazaréat temporaire le vœu que fit saint Paul en deux circonstances de sa vie, Act. 18, 48. ît, ii., ce n'est qu'une hypothèse, et nous en reparlerons a l'art. \œu.

3° Dans plusieurs passages du N. T., Act. 2, 22. 22, 8. 24, 5., on lit nazoréen au lieu de nazaréen, et ce simple changement de voyelle donne au mot une signification comme une étymologie différente, remplaçant la couronne par le mépris, v. plus loin.

4° Nazaréen désigne souvent un homme uuï de Nazareth, quel qu'il soit, et sans qu'inouïe idée, autre que celle du fait, s'y rattache, ton- 10, 47. Act. 4, 40.

5° Matthieu, 2, 23., cite une prophétie d'après laquelle Jésus devait être appelé Nazaréen. Uni évident que, selon cet apôtre, il y a un rapport intime entre le séjour de Jésus à Nazareth et k surnomdeNazaréeoquiluiavailété donné; il but donc dès l'abord rejeter l'explication de ce noœ tirée du nazaréat, Nomb. 6, 2., quelque respectables et nombreux que soient les soutiens o> cette opinion (Wettstein, Spanheim, Erasme, Calvin, Bèze, Luther, Zwingle, Grolius, etc.; : ce serait un jeu de mot assez mauvais, et d'autant plus que les prophètes n'ont jamais annoncé Jésus-Christ comme devant être Nazaréen. II faut donc supposer que le nom de Nazaréen, on d'habitant de Nazareth, renferme une idée qui, d'après les prophéties, devait être un attribut de Christ : celle idée peut, ou bien se trouver dans l'étymologie de ce nom, ou bien se rattacher à l'opinion publique. On sait qu'une asMî mauvaise renommée pesait sur Nazareth, et qu'il suffisait d'en être originaire pour être méprise. Jean 4, 46. 7, 52. Or ce que les prophètes annoncent, c'est que le Christ sera méprisé de s?s contemporains, Ps. 22, 7. 8. Es. 53, 3. Peuimporte ce que l'on a dit : que les Nazaréens n'étaient pas plus méprisés que les autres Galiléens; l'un et l'autre reviennent au même, les deux noms servent également de termes d'injure; cependant en examinant Jean 4, 47., on trouvera que Nazareth était plus particulièrement méprisé, puisque le reproche en est fjij. dans un entretien amical, par Nalhaiiaël à Philippe, ces deux hommes étant l'un et l'autreG* liléens. Il faut ajouter que le nom de Nazareib prêtait bien plus que celui de toute autre rit de la Galilée, aux mauvaises plaisanteries auquelles les Juifs étaient assez enclins : eu cta" géant nazar en nazor (méprisé), les Juifs vaient exprimer d'une manière très directe ei fort simple le mépris qu'ils avaient pour ctf gens- là (p. 3°), et il est bien vraisemblable qu'fI1 appelant noire Sauveur et ses disciples de ce nom, avec ou sans jeu de mots, ils avaient l'fo' lention de jeter sur eux du ridicule; dans

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cas (et surtout si saint Matthieu a écrit en hébreu ou en syriaque), ces paroles devaient avoir une très grande force : u on lui a donné le surnom de Nazareth, ainsi que les prophètes ont annoncé qu'il serait en butte à toutes les moqueries de ses ennemis. » On comprend alors aussi ta parole de Jésus à Saul : « Je suis ce Nazaréen que tu persécutes. » — Quant à l'interprétation tirée de l'étymologie et mise en avant par Jérôme, elle se fonde sur le sens de nezer, rejeton, buisson : Matthieu ferait ressortir alors que, de même que les prophètes ont appelé Jésus un rejeton, Es. 11, 4., un germe, Es. 4, 2. Zach. 6, 42., de même les impies, prophétisant sans le savoir, lui ont donné le nom de rejeton, habitant issu de la ville des rejetons. Cette explication, à notre sens bien moins satisfaisante que celle qui précède, a été soutenue parSurenhusius.Vitringa, et récemment encore par Hengstenberg, dans sa Christologie.

On a cru trouver dans le nazaréal l'explication de Luc 22, 48. On a dit : Israël d'abord, puis les gentils en la personne de Pilate, ayant répudié l'envoyé du Père, et mis hors de la* vigne le grand dépositaire de toute bénédiction, de toute puissance et de toute autorité, Jésus, dès l'institution de la cène, a pris en quelque sorte, relativement à la terre, le signe du nazaréal et l'a gardé jusqu'à ce jour. C'est pourquoi, dans la dernière pâque qu'il célèbre avec ses disciples, il leur dit : «Je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu'à ce que le règne de Dieu soit accompli ; » indiquant par là qu'il allait être séparé du monde et n'attendrait plus aucune joie du présent siècle jusqu'au jour où il recevrait le royaume de la main du Père. Il est le nazaréen par excellence ; ses disciples doivent l'imiter.

NÉAPOLIS, Act. 16, 4t., maintenant la Cavala; ville maritime à 3 lieues sud-est de Philippes : elle a sur les cotes de la mer Egée un port avec une position avantageuse pour le commerce. Après avoir appartenu à la Thrace, elle passa, au temps de Vespasien, sous la domination romaine. On raconte que c'est aux habitants de cette ville qu'on est redevable de l'art de tailler la vigne, et qu'eux-mêmes l'avaient appris d'un àne : ils remarquèrent que les vignes mordues par cet animal croissaient mieux et rapportaient plus que les autres. — Saint Paul y passa en se rendant de Samothrace à Philippes. C'est le lieu de naissance de Mèbémet Ali.

NÉBAJOTH (hauteurs), fils aîné d'Ismaël, G en. 25, 43., et père des ISëbajoth ou Nabatheens, que nous trouvons à côté de Kédar, Es. 60, 7., formant une riche peuplade renommée par l'excellence de ses moutons. Us occupaient, selon saint Jérôme, tout l'espace de. pays com-

pris entre l'Euphrate et la mer Rouge, non qu'ils en fussent les seuls possesseurs, mais ils y étaient en majorité : d'après quelques auteurs (Diod. de Sic), la mer Morte appartenait à leur territoire, et Denys le géographe les fait avancer jusque près du Liban; il est probable en effet que, s'ils possédaient en propre l'Arabie Pétrée, ils ont empiété aussi, d'un côté sur l'Arabie Heureuse, de l'autre sur les contrées situées au nord-est, et qu'à leurs villes de Pétra et de Médaba ils en ont joint d'autres plus septentrionales, et voisines de Galaad ; mais nomades comme ils l'étaient, libres et indépendants, ils ont recherché l'air et les pâturages plus que les villes habitées, et leur territoire n'a jamais été limité nidéterminé : plusieurs d'entre eux s'adonnaient au commerce, et entreprenaient de longs voyages dans ce but. Ils avaient des rois du nom d'Arétas, et lorsque Pompée vint en Syrie, il envoya des troupes contre eux et les délit. Il est plusieurs fois parlé des Nabatbéens dans les livres des Maccabées ; lorsque tous les peuples voisins de la Judée se soulevèrent contre les Hébreux, les Nabathéens seuls leur témoignèrent de l'affection; ils accueillirent fort bien Judas Maccabée marchant au secours de ses frères en Galaad, mais plus tard ceux de ÎMédaba en particulier trahirent Jean Maccabée, le tuèrent, et s'emparèrent de tout le bagage militaire qu'il était venu leur confier, 1 Macc 5, 24. 25. 9, 35.

NÉBO. 4° La plus haute cime de la montagne de Pisga, qui appartient à la chaîne des monts Abarim : elle était sur le territoire des Moabites du temps de Moïse, et était située en face de Jérico, de l'autre côté du Jourdain. C'est là que mourut Moïse, Deut. 32, 49. 34, 4 . L'ancien nom a complètement disparu, cependant on n'a aucun doute sur l'identité du sommet de Nébo; il se trouve entre Hesbân et la mer Morte ; Burckbardt l'identifie avec le Djebel Attarus. v. Pisga. — 2° Ville de Ruben, dans le voisinage de la montagne de ce nom, Nomb. 32, 3. 38. Elle avait appartenu d'abord aux Moabites, et plus tard ils s'en rendirent maîtres de nouveau, Es. 45, 2. Jér. 48. 4. Eusèbe en place les ruines à 8 milles sud de Hesbon. — 3° Ville de Juda, Èsd. 2, 29. 40, 43. : elle est appelée l'autre Nébo, Néh. 7, 33. , pour la distinguer de la précédente : d'après Calmet, c'est de celle-ci que parlerait Eusèbe. — 4° Idole des Caldéens, dont le nom se retrouve dans la composition de plusieurs noms propres. Dans le passage Es. 45, 2., le prophète parle peut-être d'un temple consacré à cette idole sur la montagne de Nébo eu Moab; mais 46, 4. se rapporte à l'idole caldéenne dont nous avons parlé à l'article Caldée, et dont le culte fut détruit, probablement par Cyrus.

NÉBUCA DNETSAR ou Nabwhodonotor, fier el puissant conquérant, fléau dans la main de Dieu, chargé d'exécuter 1rs vengeances divines ef d'accomplir les prophéties ; il était Dis, et fui le successeur de Nabnpolassar sur le trône de Babylone. Il porte déjà le titre de roi, Jér. 25, 1 . 46, 2., quoiqu'il ne fût encore a celte époque, lors de ses premières expéditions , que l'associé de son père à la couronne; peut-être aussi les historiens sacré» le nomment-ils ainsi par anticipation. Son nom se rattache presque exclusivement, dans la mémoire de chacun, aux grandes scènes qui sont racontées dans les premiers chapitres de Daniel ; cependant son histoire commence longtemps auparavant, et les détails en sont épars dans les livres des Rois, des Chroniques, deNêhémie, d'Esdr&s, d'Ester, de Jérémie, d'Ezéchiel, et de Daniel. On peut la composer en comparant ainsi 2 K. 54, 55. 56. 5 Chr. 36, Non. 7. Esd. t, et 5; Est. 2, 6. Jér. «4, 55, 54, 55, 57, 59, 34, 37, 39, 43, 44. 46, 49, et 55. Lam. 4, Ez. 47, 54, 56-35, et Dan. 4-5.

Sa vie militaire a compté quatre campagnes principales qui l'ont toutes rapproché de la Palestine, si elles n'ont pas toutes eu pour premier but de l'envahir et de la réduire. La première est celle dont il est parlé Dan. 4.4.; elle eut lieu la troisième année de Jéhojakim. Pharaon Néco faisait acte de souveraineté sur Circesium ou Carkémis, et Nèbucadnetsar, chargé par son père de la disputer au roi d'Egypte, obtint sur ses ennemis un succès facile, et les poursuivit à travers l'Arabie, jusque sur les bords du Nil; puis, se tournant vers Jéhojakim, le malheureux allié de Néco, il triompha sans peine de la Judée, prit Jérusalem, et se disposait a emmener son roi prisonnier lorsque, changeant de caprice ou d'idée, il lui rendit la liberté, et le (il son vassal tributaire, au lieu de le traiter en esclave; il emmena seulement quelques otages, au nombre desquels se trouvaient Daniel el ses trois amis. Il poursuivit quelque temps encore ses conquêtes, el acheva d'affaiblir les Egyptiens en leur enlevant toutes leurs possessions comprises entre l'Euphrate et le Nil. C'est pendant ces victoires qu'il apprit la mort de son père : il retourna précipitamment a Babylone, el monta sur le trône (604 ou 605 av. C.),2 R. 54, 1-7. 5 Chr. 36, 6. 7. Dan. 1, 4. sq. 5, 5. Esd. 4, 7. l/année suivante, Il fit son fameux songe des quatre monarchies, qu'il oubliasans en conserver autre chose qu'une impression de frayeur telle, qu'il voulait faire mettre à mort les mages qui ne pouvaient venir en aide à sa mémoire troublée : c'est alors qu'il n<mma le jeune prophète israélile chef des mages, et qu'il lui confia le gouvernement de la llnbyloitie, parce qu'il avait vu que Dieu était avec lui,

et que Daniel seul avait les secrets de l'Eternel, Dan. 2, 1. sq.

Trois ans après sa première conquête de l.i Judée, Nèbucadnetsar dut tourner, pour la seconde fois, ses armes contre ce pays : Jéboj ikim s'était soulevé, et avait refusé le tribut. Nèbucadnetsar envoie d'abord contre lui les armées de Syrie, de Moab et de Hammon, qui ravagent la Judée, et font un grand nombre de prisonniers qui sont envoyés à Babylone, Jér. 52, 28. Jérusalem est assiégée, Jéhojakim yèrii lui-même en se défendant; Jéchonias le rem place sur le trône, et continue à se défeodre; mais Nèbucadnetsar arrive en personne au boit de trois mois : il se met a la tête des trouj*. serre la ville de plus près, et ne tarde pas à s'en rendre maître. Il envoie Jéchonias finir ses jour dans une prison de Babylone, dépouille le temple et le palais, brise les vases sacrés, emmène l'élite des habitants, et part en laissant à Sed.1cias un trône en ruines, en échange d'un serment delidélité. 2 R. 24,10. 2 Chr. 36, 10. Jer 22, 25. 37, 1. Ez. 17, 12. 4 3. Sa puissance \i se consolidant, rien ne résiste à ses armes, et les faux prophètes qui annoncent le déclin (tf son pouvoir sont frappés el mis à mort, Jèr. 29. 21., cf. 27, 6. 58, 2.

Cependant Sédécias ne tient pas le serment qu'il a prêté a l'ennemi de son pays, et, ao bout de huit ou neuf ans de soumission, la seizième année de Nèbucadnetsar, Il se révolte et réclame son indépendance; son exemple gagne les peuples qui l'entourent, et l'Egypte paraît les favoriser. Le roi de Babylone rentre en campagne; c'est sa troisième expédition. Incertain par quel ennemi il doit commencer, il tire le sort sur les flèches, et se décide bientôt; c'est Jérusalem qui recevra ses premiers coups. Ez. 21, 53-Î7- En peu de temps, la Judé*» presque entière est soumise : Jérusalem. Lakls et Hazéka seules résistent encore, Jér. 34, 7., il marche sur Jérusalem qu'il a déjà conquise deux fois, et se prépare «1 la traiter avec plus de rigueur que jjmais. L'approche du roi d'Egypte qui s'avamr contre lui, l'oblige a laisser un instant respirer Sédécias; il envoie ses captifs en Caldee. rt marche sur son nouvel adversaire; mais celuici ne l'attend pas même, et s'enfuit avant d'avoir pu faire sa jonction avec les armées de Jmda. Nèbucadnetsar revient alors, continue !f siège, el reste un an avant de venir à bout d?!J place; la famine désole les habitants de Jérusalem, qui n'en persistent pas moins à se défendre ; enlin, pendant une absence du roi de Babylone, qui s'était rendu a Ribla, en Syrie. Mf brèche est faite a la ville, les principaux officiers des Caldéens y pénètrent (7 août 58ttj, S*^ décias et les siens s'enfuient, mais ne tardcni pas à être atteints el faits prisonniers. Nébunr-

Adan, chargé de la destruction de Jérusalem,

s'en acquitte selon les souhaits de son maître, qui fait venir auprès de lui les principaux captifs, fait mettre a mort, sous les veux de Sédécias, sos lils et ses grands, cl l'envoie lui-même à babylone, après lui avoir fait crever les yeux. Dans l'ivresse do son triomphe, il ménage encore Jéréraie, et le recommande à Nébuzar- Adan, 2 R. 24, 20. 25, 4. 2 Chr. 36, 13. 47. Jér. 34, 37, et 39, etc. C'est probablement après cette expédition qu'il fit élever, dans la plaine de Dura, cette fameuse statue d'or que l'on suppose avoir été comme l'apothéose de son père, et qui faillit coûter la vie aux jeunes Hébreux qui refusaient de l'adorer (683), Dan. 3. Admirant le prodige que le Dieu de Daniel avait fait en faveur de ses jeunes amis, Nébucadnelsar n'hésita pas à décrcior la divinité du Dieu des Hébreux, et ordonna qu'on rendît a Jébovah les mêmes honneurs qu'il réclamait pour son idole.

C'est après cela que, d'après Josèphe, car l'Ecriture n'en parle pas, Nébucadnelsar entreprit le siège de la puissante ville de Tyr, ce siège infructueux de douze ou treize laborieuses années si souvent prédit par les prophètes, mais dont toute l'histoire est encore et restera toujours obscure. Les passages qu'il importe le plus de consulter sur ce point, sont : Es. 23 et Ez. 86-28,20. Josèphe, Ant., <o, 41. 1. Contre App., 4, 49. 20. Il paraît, d'après ces données, que Nébucadnetsar employa treize ansà ce siège, et qu'il ne fut pas payé de sa peine, soit qu'il n'ait pu venir à bout de son entreprise, soit plutôt que les habitants de la ville s'étant retirés dans l'Ile voisine avec toutes leurs richesses, il n'ait trouvé que des ruines à offrir en pâture à ses soldats exténués (573 av. C). Honteux de rentrer a vide dans son royaume et voulant se dédommager de sa triste victoire, il se tourna derechef contre l'Egypte, la ravagea dans toute son étendue, mêla le sang des hommes aux flots du Nil, et put ramener son armée glorieuse et chargée d'un riche butin. Ce furent là ses dernières victoires et sa dernière expédition.

Il n'avait, du reste, plus rien à désirer; il s'était élevé aussi haut que jamais roi conquérant a pu le faire; tout ce qui peut se vaincre par des forces humaines, il l'avait vaincu, et ses armes, toujours victorieuses contre Jérusalem, la ville du vrai Dieu, paraissaient l'élever audessus de ce Dieu qui inspirait Daniel et qui sauvait ses amis: la tête tournerait à moins, et le vieux monarque, au milieu d'une capitale que ses guerres lointaines n'avaient fait qu'enrichir, pouvait être pris de vertige au souvenir de toutes ses gloires. Un songe divin l'avertit de prendre garde; il vit un arbre immense renversé par terre à la voix d'un ange et couché sans

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