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rameaux ni verdure pendant sept temps. Le

chef des mages, prophète de l'Eternel, lui (il voir dans les détails de ce songe un avertissement et une menace, mais une année d'intervalle que Dieu lui accordait pour s'humilier, ne servit qu'a l'endormir dans l'espérance que la parole divine ne serait pas exécutée, ou peutêtre à la lui faire oublier. Son orgueil s'éleva à la hauteur de sa position terrestre, et comme il se promenait dans le palais royal de sa capitale, il s'écria dans une ivresse frénétique d'exaltation : N'est-ce pas ici Babylone la Grande, que j'ai bâtie pour être la demeure royale par le pouvoir de ma force et pour la gloire de ma magnificence 1 Alors une voix des cieux lui répondit, annonçant que le songe terrible qu'il avait fait, allait recevoir son exécution ; l'orgueilleux monarque fut chassé d'entre les hommes, il mangea l'herbe comme les bœufs, n'ayant d'autre abri que le ciel, exposé à toutes les intempéries de l'air comme à la haine de ses sujets auxquels il n'inspirait plus qu'une horreur mêlée de pitié ; son poil crût comme celui de l'aigle et ses ongles comme ceux des oiseaux. Sept temps se passèrent ainsi, puis le sens lui revint, il bénit le souverain duquel toutes les œuvres sont véritables, dont les voles sont justes et qui peut abaisser ceux qui marchent avec orgueil; et il remonta sur son trône, Dan. 4. Il vécut encore une année et mourut après avoir régné quarante-trois an6, 562 ou 564 av. C.

Les historiens grecs ne parlent pas de Nébucadnetsar, et ce règne à la fois long et glorieux ne nous est connu que par ce qu'en disent les historiens sacrés, Josèphe et quelques historiens de l'Orient; de là plusieurs incertitudes chronologiques et des dates peu sûres et difficiles à déterminer, d'autant plus que les historiens sacrés comptent diversement les années de ce prince, suivant qu'ils font commencer son règne a la mort de sou père, comme Daniel et les Babyloniens, ou qu'ils datent du moment de son association a l'empire avant la bataille de Cireesium, comme Jér. 25, 4. et les autres historiens hébreux. Il y a en outre, dans plusieurs de ces données, un manque de coïncidence dont il n'est pas facile de se rendre compte, et quelques divergences, pour lesquelles il faut consulter les ouvrages spéciaux, notamment Prideaux, Des Vignoles et les commentateurs modernes Dahler, sur Jérémie, Haevcrniek, sur Daniel et Ezéchiel. D'après quelques auteurs, Nébucadnetsar aurait été un nqm commun à tous les rois de Babylone, comme Pharaon était le nom des rois d'Egypte. Cela simplifierait bien des choses; malheureusement, ce n'est pas prouvé. Les traits de la vie de Nébucadnelsar étant épars dans plusieurs livres de la Bible, les uns prédite, les autres racontés, souvent sans

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suite et sans ordre chronologique, il est arrivé que plusieurs des faits attribués par les uns à l'une de ses expéditions, sont d'après d'autres, attribués a une autre, et que l'on ne peut se faire toujours une idée juste des détails dont chaque cadre doit être rempli : nous avons suivi l'ordre qui nous a paru le plus probable; Dahler et Wïner arrangent les événements d'une manière différente, et Calmet, par exemple, place l'histoire de la statue d'or ainsi que le supplice des trois* jeunes Hébreux, à la fin de la vie de Nébucadnetsar et après son retour à la raison.

Ce qui frappe le plus dans la vie militaire de ce conquérant, ce sont ses attaques sans cesse renouvelées contre le faible royaume de Juda, attaques toujours suivies de victoires et toujours plus douloureuses dans leurs résultais; la première fois, il fait de Jéhojakim son vassal, et n'emmène avec une partie des trésors du temple que des otages; la seconde fois, il dépouille le temple, emprisonne le roi infidèle, emmène l'élite des Juifs, mais laisse encore à ceux qui restent un roi de leur nation; la troisième fois enfin, il exporte les habitants en masse, fait mettre à mort les principaux d'entre eux et charge leur roi de chaînes, après l'avoir privé de la vue. Autant de secousses successives devaient faire comprendre aux Juifs que c'était bien de la part de leur Dieu que Nébucadnetsar ruinait ainsi leurs forces et leur vie nationale; et véritablement, à lire les écrivains sacrés, il semble que ce roi de Babylone n'ait eu, en effet, d'autre mission que d'accomplir les prophéties et les vengeances divines; c'est à cela que se réduit sa biographie, et ses coups prolongés pendant une carrière de quarante-trois années devaient faire réfléchir les Juifs plus que n'eussent fait les coups épars de rois qui se seraient succédé sur le même trône; Nébucadnetsar devailétre pour les Juitsl'homme de la fatalité, et l'on pense involontairement à la vieille et royale figure de Louis XIV, qui a été l'épreuve du peuple de Dieu, comme le roi de Babylone en avait été le châtiment.

La conduite de Nébucadnetsar à l'égard des mages, n'est autre que celle d'un autocrate oriental ; la téte de quelques mages n'était rien pour lui ; satisfaire un caprice au prix de plusieurs vies était peu de chose. Le songe qu'il avait oublié, ces hommes devaient le lui dire ; et leur charlatanisme spéculateur devait être la cause de leur propre ruine; ils étaient punis par où ils avaient péché. Un prophète seul pouvait, après avoir prié son Dieu, connaître ce songe, le rappeler au roi et lui raconter la succession des quatre monarchies; il est remarquable que Daniel ail eu lui-même, bien des années après, la même vision céleste, le même songe sous

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d'autres symboles, Dan. 7. La première puissance était celle de Nébucadnetsar lui-même; la seconde était celle des Perses qui vinrent sous Cyrus, 538 av. C, renverser l'empire de Babylone ; après eux vinrent les Grecs conduits par le puissant et rapide Alexandre, représenté dans le songe de Daniel sous la figure d'une panthère ailée à quatre tètes, qui signifient les quatre royaumes qui sortirent de la mort d'Alexandre et se divisèrent en restant unis. La quatrième puissance enfin, c'est l'empire de Rome. Il y a, pour ainsi dire, unanimité parmi les interprètes sur la signification de ces deux songes, et l'on peut consulter presque indifféremment les divers travaux ou commentaires qui ont paru sur ce sujet.

Le second songe de Nébucadnetsar, plus clairement encore expliqué et accompli, n'a pas besoin d'être développé davantage. Remarquoos seulement que le terme employé pour marquer la durée de sa terrible maladie, est celui de sept ti mps ; on entend ordinairement par là sept années, mais on peut l'entendre autrement encore, et sept années de folie ne prennent pas facilement place dans la vie si occupée de Nébucadnetsar : l'année asiatique se divisant en six termes de deux mois chacun, on pourrait entendre les sept temps de sept de ces doubles mois, de sorte que la maladie de Nébucadnetsar n'aurait duré que quatorze mois; selon d'autres, il aurait été malade trois ans et demi, selon d'autres, encore, seulement sept mois. Quant à la nature de cette maladie, on pense généralement qu'il s'agit de l'insania canina ou lupina, la lycanthropie, pendant laquelle l'homme n'a plus de l'homme que les instincts animaux; se croyant changé en bête, en loup, en chien, en bœuf, il abdique son cœur et sa raison, et cesse d'être lui-même : c'est un animal. Les absurdes imaginations des rabbins sur la métamorphose physique de Nébucadnetsar en bœuf, sont dès longtemps oubliées ou tombées dans le ridicule, el de grossières illustrations bibliques en conservent seules le souvenir. Lorsque le sens lui revint, il était guéri de sa folie, et l'on ne peut qu'admirer la touchante et noble confession de foi par laquelle commence en lui le retour a la raison ; il s'humilia en adorant la main qui l'avait frappé, et son nom se place, à côté de celui des Naaman, des Darius, des Cyrus et de tant d'autres païens pour qui l'Eternel a fait luire an milieu des ténèbres la foi à un seul Dieu. Plusieurs de ces grands conquérants, après avoir été des verges dans la main divine, ont reconnu vers la fin de leurs jours, la main qui les avait conduits ; et à côté de Nébucadnetsar se place naturellement, el sous ce rapport aussi, le nom de Napoléon le Grand.

NÉBUZ AR-ADAN, 2 R. 25, 8. Jér. 39, 9. 5t

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