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42., général de l'armée de Nébucadnetsar, attaché au service de la personne royale et l'un de ses principaux ministres. Il fut chargé par son mailre absent, de présider au sac de Jérusalem, 588 av. C, un mois environ après que cette ville eut été prise pour la troisième et dernière fois par le roi de Babylone : il s'acquitta de sa tâche en soldat, il dépouilla d'abord la ville et le temple de tous les trésors qui y restaient, puis il mit le feu à tout ce qui pouvait brûler; les édifices publics, le temple et toutes les maisons devinrent la proie des flammes ; les remparts furent démolis et il ne resta plus que des cendres et des ruines sur l'emplacement où florissait naguère la sainte cité. N'ayant plus rien à faire en Judée, il donna l'ordre du départ, classa les prisonniers, chargea les riches dépouilles après avoir mis en pièces les ornements du temple qui ne pouvaient être emportés que par morceaux, partagea les terres entre les misérables' habitants qu'il laissait en arrière sous le gouvernement de Guédalia, donna la liberté à Jérèmie et à Baruc, selon les ordres qu'il avait reçus, et partit pour la Babylonie.— Il paraît que plus tard encore, lors du siège de Tyr, il revint en Judée, et qu'il essaya, peutêtre pour venger la mort de Guédalia, de faire de nouveau la guerre aux Juifs, mais ceux-ci s'étaient déjà retirés en Egypte, il ne pouvait plus y avoir de guerre; une apparition suffisait au milieu de ces populations cinq fois décimées, et Nébuzar-Adan ne put emmener que 745 prisonniers, Jér. 52, 30.
NÉCO,Nécho ou Néchos, l'un des Pharaons, roi d'Egypte, et contemporain de Josias et de ses deux fils, 2 R. 23, 29. 2 Chr. 35, 20. Fils de Psamméticus, il était le sixième roi de la vingt-sixième dynastie, celle des Saîtes. Il est connu dans l'histoire profane par l'entreprise qu'il lit d'un canal de communication entre le Nil et la mer Rouge, entreprise qu'il dut abandonner après que 420,000 ouvriers eurent péri dans ce travail gigantesque, et par le voyage de circumnavigation qu'il fit faire autour de l'Afrique par des Phéniciens qu'il avait à son service; partis de la mer Rouge, ils revinrent au bout de trois ans parla Méditerranée, racontant à leur retour qu'en faisant voile autour de l'Afrique, ils avaient vu le soleil levant à leur droite, ce qui, ajoute Hérodote, ne me parait nullement probable, v. Hérod. 2, 458. 4, 42. — Ce qui est raconté de son histoire dans la Bible, présente plusieurs difficultés chronologiques qui laissent dans le vague la marche générale de son expédition, et ne permet pas d'en indiquer les détails d'une manière sûre. Jaloux peut-être de la grandeur naissante du royaume de Babylone, il résolut de l'affaiblir avant qu'il ne s'élevât davantage, et se mit en route pour Circésium sur
les bords de l'Euphrate. Deux chemins se présentaient devant lui ; en prenant le plus court, il violait le territoire de Juda et risquait de trouver sur son passage un obstacle qui l'eût arrêté en même temps qu'il eût donné l'éveil â son ennemi. La voie plus longue élait sous ce rapport préférable à l'autre; il s'embarque donc pour Ptolémaîs sur la frontière de Syrie ; mais ses calculs de prudence et de ménagements sont déjoués ; Josias, soit qu'il crût son territoire violé, soit que, tributaire du roi de Babylone, il crût devoir refuser le passage à son ennemi, marche contre l'armée égyptienne. Néco cherche à le détourner de son opposition : « Ce n'est pas à toi que j'en veux, lui dit-il. mais à une maison qui me fait la guerre, et Dieu m'a dit que je me hâtasse. Nonobstant ces propositions de paix, il est forcé de combattre, la bataille s'engage dans la plaine de Mèguiddo et le roi d'Egypte remporte une éclatante victoire, tandis que Josias, blessé â mort, expire bientôt après. Néco continue sa marche sans se laisser arrêter plus longtemps, il s'empare de Circésium, y met une garnison et gagne â ses intérêts contre les Caldèens, presque toutes les peuplades des environs, la Syrie, les Hamrooniies, les Moabites, peut-être aussi les Edomites et quelques peuplades arabes. A son retour en Palestine, au bout de trois mois, il dépose et fait prisonnier Jêhoachaz, tils de Josias, que les Juifs avaient élu quoiqu'il ne fût pas l'aîné, le remplace par Ellakim ou Jéhojakim, l'héritier naturel du trône de son père, impose au pays une contribution en le rendant son vassal, et retourne en Egypte. — D'autres auteurs pensent que Néco ne marcha contre la Caldée qu'après s'être entièrement vengé sur Juda; mais cette manière de voir présente plus de difficultés que celle que nous adoptons. — Quoi qu'il en soit, le roi d'Egypte ne jouit pas longtemps du fruit de ses conquêtes, car nous voyons, Jér. 46, 2., que la quatrième année de Jéhojakim, Circésium lui fut reprise par Nebucadnetsar, malgré l'appui que Juda prêta à Néco en cette occasion.
Hérodote parle du conflit qui eut lieu en Mèguiddo, mais il le place à Migdol ou Magdola, sans doute parce qu'il connaissait cette dernière ville, et qu'il savait qu'elle élait située sur le chemin naturel d'Egypte en Palestine ; il a pu se tromper facilement, tandis qu'on ne peut supposer que les historiens juifs aient commis une erreur de cette nature. — Quant au message de Dieu que Néco dit avoir reçu, l'on suppose généralement que c'est par le moyen de Jérèmie que la volonté divine lui a été manifestée; on pourrait croire que ces paroles du roi d'Egypte n'étaient qu'une ruse pour se débarrasser plus vite du pieux Josias en en appe-
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lant à son Dieu, si l'historien sacré n'ajoutait aussitôt, 2 Chr. 35, 22. : « Josias n'écouta point les paroles de Néco qui procédaient de la bouche de Dieu. » Et quoiqu'il paraisse étrange que les oracles célestes aient été révélés à un païen, ce fait n'est pas le seul de son espèce dans l'histoire sainte.
La durée de son règne a été de six ans d'après Manéthon, de seize d'après Hérodote (de 616 à 600 environ), de quarante-six enfin d'après Gesenius qui trouve les termes précédents trop courts pour cadrer avec les dates de la dodécarebie égyptienne contemporaine d'Ezéehias.
NÉGUINOTH. v. Psaumes.
NÉHÉLADI. v. Sémabia 2.
NÉHKMIK (consolation de l'Eternel), fils de Hacalia, d'une origine du reste incertaine, de la race des prêtres selon les uns, selon d'autres de la tribu de Juda et de la famille royale. Le livre qui porte son nom renferme presque toute son histoire. Il remplissait auprès d'Artaiercès-Longuemain la chàrge d'Atlirsalha, (échanson) qui devint son surnom, Néh. 8, 9. 40, 4., et usa dignement de sa position pour le salut de ses frères. Ayant appris par Hanani et quelques Juifs revenus de Juda, le triste état dans lequel se trouvait sa patrie, et la misère de ses compatriotes, son cœur fut navré de leur récit, ses larmes coulèrent, il mena deuil, il jeûna, et recourut par la prière à celui qui devait bander les plaies de son peuple; il s'humilia, mais rappela aussi à l'Eternel les promesses qu'il avait faites aux Juifs de les ramener après les avoir dispersés. Il pria Dieu de vouloir toucher le cœur de son roi, et sa prière fut exaucée. Artaxercès ayant remarqué la tristesse inaccoutumée de son serviteur, la lui reprocha d'abord, et peut-être assez sévèrement, comme une mauvaise disposition d'esprit Inconciliable avec le devoir d'un homme de cour; Néhémie craignit d'avoir déplu a son maître, mais il lui répondit avec douceur et simplicité : « Comment mon visage ne serait-il pas défait, puisque la ville qui est le lieu des sépulcres de mes pères demeure désolée, et que ses portes ont été consumées par le feu. » Et comme le roi lui demandait ce qu'il pouvait désirer de faire, Néhémie, après avoir invoqué encore le secours et l'assistance de son Dieu, demanda au roi de le renvoyer en Judée pour y rebâtir Jérusalem. C'était une demande hardie, mais le roi dont Dieu avait disposé le cœur, l'accorda à son échanson; il lui donna en outre une escorte militaire, dos lettres poor les gouverneurs des provinces qu'il devait traverser, le droit de prendre du bois dans les forêts royales, et sa protection pour tout ce qu'il entreprendrait. Néhémie partit donc avec ses pleins pouvoirs,
et arriva bientôt à Jérusalem, 4(5 av. C. La main de l'Eternel était bonne |K)ur lui (2, 8. 48).
Il débute par un examen prudent et silencie ux de l'état des choses ; les ennemis des Juifs sont trop puissants et trop nombreux poor qu'il puisse rien tenter avant d'avoir sondé le terrain; le mal est trop grand pour que Néhèroie prenne des mesures avant d'en avoir compris toute l'étendue. Mais lorsque ses plans sont arrêtés, il rassemble les magistrats, les sacrificateurs et les principaux d'entre les Juifs, leor expose le but de sa mission, ses droits et ses desseins. Quelques étrangers, Samballal, Tobija, et Gasmu, essayent en vain de contrecarrer son œuvre par de méchantes moqueries et de perfides insinuations : Néhémie repousse jusqu'à leur concours en leur rappelant qu'ils sont étrangers au peuple juif, et qu'ils n'ont aucune part dans les affaires de la ville et de la maison de Dieu. Le peuple, qui a retrouvé on chef dont la voix l'Inspire, dont l'exemple l'encourage, se met à l'œuvre; les mars les portes, les remparts, sont reconstruits. Jérusalem sort de ses ruines, la ville sainte se relève malgré les efforts jaloux des peuples voisins, et parait sur le point de redevenir indépendante et libre. Mais les Arabes, les Uammonites cl les Samaritains se liguent contre les Juifs, et projettent de fondre sur leur métropole avant que les remparts achevés ne rendent toute invasion plus difficile toute victoire plus incertaine ; Néhémie, a qui les machinations de Samballal et de ses partisans n'ont point échappé, range le peuple en armes le long des murailles, ranime le courage des faibles, et rapj ello a tous qu'ils ont à combattre pour Dieu, l'honneur, la patrie et leurs familles. Les ennemis sont déconcertés par celte solennelle manifestation qui leur a montré un chef vigilant, un général habile, et une armée résolue : les travaux reprennent leur cours, mais depuis ce moment la moitié seulement des jeunes gens s'occupe des constructions, tandis que l'autre moitié se tient toujours prête en cas de surprise; mêaie les travailleurs gardent encore l'épéc au coté.
A côté des ennemis extérieurs. Néhémie doit combattre aussi les ennemis intérieurs, l'usure, et l'abus que les riches avalent fait de leur position aux dépens du pauvre; le peuple était opprimé, il avait dû mettre en gages ses champ, ses maisons, ses fils et ses filles. Une mesr.re héroïque devait èlre prise, et pouvait seul»* sauver Jérusalem d'une révolution : Néhémie convoqua les grands, les magistrats et les sacrificateurs; il les censura pour le trafic infAme, pour la rente qu'ils avaient laite de leurs frères, cl après leur avoir représenté le danger de la situation et l'opprobre dont leur conduite devait couvrir la nation sainte, il leur proposa la
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restitution complète des héritages, et la remise des dettes, se donnant lui-même à eux, et il en avait le droit, comme exemple de désintéresse» meut. Su voix fut écoutée, l'assemblée dit amen ! ù la malédiction que Néhémie prononça contre ceux qui ne tiendraient pas la parole jurée, et Néhémie sauva le peuple d'une crise qui eût pu être terrible, dans un moment où l'étranger ne demandait qu'un prétexte pour intervenir. Néhémie qui, depuis douze ans qu'il était gouverneur, avait renoncé à tous les avances de sa place, engageant sa fortune particulière au service de Jérusalem, a la reconstruction des murs, aux frais de représentation exigés par sa positiou, Néhémie était bien placé pour demander à ceux pour lesquels il se sacrifiait, de se sacriticr aussi; personne mieux que lui ne pouvait s'écrier : a 0 Dieu, souvienstoi de moi en bien, selon tout ce que j'ai fait pour ce peuple. • Le zèle courageux de cet homme sans peur et sans reproche, fut couronné, et malgré les intrigues reitérées de Samballal et des siens, malgré I épouvante que de faux prophètes cherchaient à répnudre parmi le peuple, la ville, ses murailles et ses portes furent achevées; mais les habitants étaient trop peu nombreux pour l'enceinte immense de l'ancienne Jérusalem ; Néhémie dut songer a peupler ces murs qu'il venait de reconstruire, et a constater les droits des anciens habitants propriétaires. Pendant les travaux et les recherches occasionnés par le dénombrement, Néhémie trouva un ancieu registre des familles, qui lui fut utile pour les reconnaissances généalogiques. (Ce registre est inséré 7, 6-73. Il est probable aussi que les trois chapitres qui suivent.
d'une partie du peuple, ils s'arrêtèrent en face du temple, où de nouveaux chants s'élevèrent en l'honneur de l'Eternel ; de nombreuses victimes furent immolées, le peuple était pongè dans l'allégresse la plus vive, et ses bruyants cris de joie retentirent au loin : de ce jour datait en effet pour lui la renaissance de sa patrie, sa restauration comme peuple; 12, 27-47. — Une année avait sufli pour tous ces travaux au zèle persévérant et sage du réparateur des brèches d'Israël.
Le premier séjour de Néhémie à Jérusalem dura environ douze ans, 4, 4. 2, 4. 5, 44. 43, 6., niais il est probable que dans l'intervalle il dut retourner une ou plusieurs fois à la cour de Perse i on peut croire même que le premier voyage qu'il lit à Jérusalem ne fut guère qu'un voyage d'exploration, et qu'après avoir vu et raconté au roi le triste état de son pays, il obtint une prolongation de congé Indéfinie. Mais après cela, il dut retourner auprès d'Artaxercès pour y reprendre ses anciennes fonctions, et quoique l'Ecriture ne précise pas la durée de son absence, on suppose qu'elle fut longue, et qu'il ne revint en Judée que sons le règne de Darius Notbu», 445 av. G. Son retour fut nécessité par le retour de l'impiété, par le relâchement dans lequel le peuple et ses chefs étaient tombés; ses réformes étaient oubliées, les sabbats n'étaient plus observés, on se refusait au payement des dîmes, des mariages détendus étaient contractés, et le désordre en était venu au point qu'un chef samaritain, Tobija, avait été logé dans les bâtiments mêmes du temple. Néhémie indigné Ht Jeter dehors les meubles de cet appartement ainsi profané, ren-
8, 9 et 40, sont hors de la place où ils devraient dit aux Lévites les dîmes, rappela les prescrip-
élre; ils renferment l'histoire delà lecture pu hlique de la loi par Ësdras, la célébration de la tête des tabernacles, la publication d'un jeûne solennel, une magnifique prière d'Esdras, et les serments prononcés en ce jour solennel, recueillis en forme de traité d'alliance). — Après cela nous voyous Néhémie continuer ses travaux de recensement, de classement cl d'organisation; il ordonne aux principaux du pays de se tixer dans la ville, et jette le sort sur le resie des habitants, a lin d'en obliger la dixième partie & s'établir dans Jérusalem ; puis ii célèbre avec une grande pompe la fêle de la dédicace des murailles : tous les Lévites des villes de Juda et de Benjamin y sont conviés ; les prêtres puriiienl le peuple et la ville, les princes et les ehefs du peuple s'assemblent sur les murs, et deux chœurs de chantres cl d'enianls en font le tour au sou des instruments, et au chant des cuitiqucs sacrés. L'un de ces chû'urs est conduit par Esdras; l'autre est accompagné par Néhémie suivi des magistrats, des prêtres, et
lions de la loi, et contraignit ceux qui avaient épousé des femmes étrangères à les renvoyer : ceux qui refusèrent furent bannis, et dans leur nombre on compte, au dire de i'hislorien Josèpbe, Manassé, flls du souverain sacrificateur et gendre de Samballal; les refraclaires ainsi chassés allèrent s'établir en Samarle, où ils fondèrent sur le mont Garizim un culte rival de celui de Jérusalem. Ceux mêmes qui consentirent à rompre leurs alliances étrangères, furent punis et publiquement déshonorés pour les avoir contractées. « Mon Dieu, souviens-loi de moi en bien ! » s'écrie Néhémie en achevant le récil de cette nouvelle réformalion.
C'est ici que se termine pour nous l'hlsloiic du gouvernement et de la vie de Néhémie ; on suppose qu'il mourut a Jérusalem. Sou nom est grand, el pnrail au milieu de l'histoire juive comme celui d'un héros pacifique ; il lit pins que des conquêtes, ii releva Jérusalem de ses ruines, et réorganisa un peuple tout entier qui n'avait plus ni rois, ni lois. H se distingua par ses
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talents, sa prudence, son zèle, sa force, sa sagesse, son désintéressement et sa persévérance; il se distingua surtout parce qu'il était animé d'un esprit de prière dont on voit peu d'exemples dans les autres livres de l'A. T., et si jamais homme fit de l'Eternel son bras et son appui, ce fut Néhémie : il agit, mais il agit par la foi et au nom de Dieu. Il est un type de l'amour du Sauveur pour son Eglise, comme les désordres qui se commettaient au milieu du peuple juif de son temps, éiaient un type, triste, mais trop Odèle, de l'Eglise chrétienne dont l'histoire ne se compose que de chutes et de relèvements.
Le livre qui porte le nom de Néhémie est, en grande partie, son ouvrage; on pourrait presque dire son journal, ses mémoires : partout où il parle à la première personne, il est impossible de douter que ce ne soit aussi lui qui raconte. Quelques ancieus auteurs et Pères de l'Eglise avaient cru y voir l'œuvre d'Esdras, non celle de Néhémie, attendu que les Hébreux réunissaient en un seul cahier ce qu'ils appelaient, ce que les Romains appellent encore les deux livres d'Esdras; mais il y a, entre ces deux livres, de trop grandes différences de style pour qu'on puisse les attribuer au même auteur; le style de Néhémie est beaucoup plus facile, plus large, plus abondant, et l'emploi qu'il fait de la première personne ne se comprendrait pas dans toute autre supposition. Cependant, il ressort de la lecture même de ce livre que tout n'est pas de Néhémie ; mais, si l'on peut dire où le fragment intercalé commence, 7, 6., il est plus difficile d'établir où il Unit ; à cet égard, les interprètes sont aussi divisés que possible. Le fragment le plus généralement reconnu comme étant d'une main étrangère, est 7, 6-73 ; quelques auteurs y ajoutent les chapitres 8, 9, et 10; d'autres encore le chapitre 41; d'autres enlin, comme Eichhorn, en regardant les onze premiers chapitres comme l'ouvrage de Néhémie, attribuent le 4 2e et les cinq premiers verset du 4 3* à un chef du peuple, qui aurait fait l'histoire de Jérusalem pendant l'absence de Néhémie. Quelques critiques estiment aussi que des versets ont été intercalés, par-ci, par-là, dans le corps du livre. Au milieu de toutes ces incertitudes, une chose demeure, c'est que ce livre, tel qu'il existe, appartient au canon juif, et que l'Eglise chrétienne l'a accepté comme inspiré. Il importe donc peu qu'Esdras soit l'auteur de plusieurs de ces fragments, ou que ce soit Néhémie; et, si l'on se rappelle le document que trouva Néhémie, 7,5., on ne s'étonnera pas qu'il en ait peut-être joint à ses mémoires quelques extraits généalogiques ou historiques. — Pour l'examen de ces diflicultés, v. Hœvemick, Einl., Il, p. 303-347.
NÉHILOTH. v. Psaumes.
NÉHUSTA (d'airain), tille d'EInathan, femme de Jéhojakim, mère et tutrice du jeune Jeehonias, âgé seulement de dix-huit ans lorsqu'il monta sur le trône, 2 R. 24, 8. Jér. 29, 2. Elle eut part sans doute au gouvernement, mais ne sut pas diriger son fils, et le suivit à Babylone lorsque Nébucadnelsar se fut emparé de la ville. C'est d'elle qu'il est parlé, Jér. 43, 48., comme régente, et le prophète lui adresse les mêmes reproches et les mêmes exhortations qu'à son lils.
NÉDUSTAN (objet d'airain). 2 R. 48, 4. C'est le nom dédaigneux qu'Ezéchias donna au serpent d'airain que Moïse avait fait, soit que les Israélites l'eussent conservé, ce que le texte sacré rend assez probable, soit qu'au milieu de leurs autres reliques d'idolâtrie, ils se fussent aussi fait des images de Dieu à la ressemblance de ce serpent. Le roi de Juda brisa cette idole en l'appelant, de son vrai nom, un morceau d'airain ; ce n'était que cela, comme les reliques modernes sont des morceaux de cire ou d'os. -r v. Serpent. Cela n'empêche pas que l'original de ce Néhustan ne se trouve encore, au dire de Calmet, dans l'église de Sainl-Ambroise à Milan.
NEIGE. Elle n'était pas aussi rare en Palestine qu'on pourrait le croire; preuves en soient et les allusions fréquentes qui sont faites à sa blancheur, Ex. 4, 6. Nomb. 4 2, 40. 2 R. 5, 27. Ps. 51, 7. Es. 4, 48. Lam. 4, 7., et l'habitude avec laquelle on paraissait l'attendre ou la craindre comme un des phénomènes ordinaires de l'année, Ps. 4 47, 4 6. 448, 8. Prov. 34, 24. Il est aussi parlé de neige réellement tombée, 2 Sam. 23, 20. 4 Macc. 43, 22. Les voyageurs modernes disent que le mois de décembre est un mois de pluie, mais qu'il tombe assez ordinairement de la neige en janvier; s'il en tombe en février, les habitants, au dire de Shaw, la regardent comme l'indice d'une année abondante. Elle ne reste d'ailleurs pas longtemps, et Russel dit que, pendant treize hivers qu'il a passes à Alep, il n'a vu que trois fois la neige rester plus d'un jour sans se fondre. — Le passage Prov. 25, 13. est probablement une allusion à l'usage ancien de se rafraîchir, au milieu de l'été, en faisant fondre de la neige dans les boissons. — Jér. 18, 44., mal traduit dans nos versions (on a ajouté sans cause la négation1, doit s'entendre comme s'il y avait : « Un homme raisonnable abandonnera-t-i) pour un rocher ses campagnes, arrosées par les neiges du Liban ? » Le prophète veut faire sentir la folie de ceux qui abandonnent le Dieu vivant pour servir des idoles.
NÉMUEL, Nomb. 26, 9., était frère de Dathan et d'Abiram, et n'a pas pris pan à leur ré-