‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 274 sur 398 · NI M · texte numérisé non relu

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breux, aussi longs et profonds que possible, et dirigés par l'art de manière à arroser en tout sens une plus grande étendue du désert, on conçoit que très peu des eaux du Nil se perdent dans la mer, et que les inondations fertilisant un terrain plus vaste, la culture s'augmentera dans la même proportion. Il n'est donc aucun pays où l'administration ait plus d'influence qu'en Egypte sur l'agriculture, et par conséquent sur la population. Sous une bonne administration, le Nil gagne sur le désert; sous une mauvaise, le désert g<Jgne sur le Nil. En Egypte, le Nil ou le génie du bien, le désert ou le génie du mal, sont toujours en présence; et l'on peut dire que les propriétés y consistent moins dans la possession d'un champ, que dans le droit fixé par les règlements généraux d'administration, d'avoir à telles époques de l'année et par tel canal, le bienfait de l'inondation.» Ainsi parle du Nil et de l'Egypte le grand conquérant de notre siècle, tout ensemble profond observateur et grand écrivain. A ces extraits de ses Mémoires, nous ajouterons quelques détails sur le rôle que le Nil occupe dans l'Ecriture. Il y est presque partout désigné par le mot égyptien yeôr qui signifie le fleuve, nom qui se retrouve sur l'inscription de Rosette, et qui est conservé dans les dialectes mempbitiques et sahidique (Jaro et Jero) : le Nil était le fleuve par excellence de l'Egypte, comme le Jourdain était celui de la Palestine, et le nom de fleuve suffisait à le désigner. Ce n'est que beaucoup plus tard que le nom égyptien ayant passé dans la langue des Hébreux comme nom commun, servit à désigner, et une seule fois, Dan. 42, 5-7., un autre fleuve que le Nil, le Tigre. Le nom de Sihor désigne évidemment aussi le Nil, Es. 23, 3. Jér, 2, 4 8., probablement Jos. 13, 3.4 Chr. 13, 5. et peutêtre Gen. 15, 18. v. Sihor. Cependant Leclerc, et d'après lui, Prideaux et quelques autres, pensent que dans ces passages, le fleuve d'Egypte désigne une petite rivière coulant au travers du désert qui est entre l'Egypte et la Palestine, et servant de limite aux deux pays. — Les inondations du Nil, qui s'élève de 46 à 22 pieds au-dessus de son niveau ordinaire, lui donnent facilement l'air d'un grand lac ou d'une mer intérieure, Es. 49, 5., cf. le Coran, 20, 39., sur laquelle les villes et les villages apparaissent comme des Iles au milieu d'une contrée submergée, Am. 8, 8. 9, 5. L'eau du Nil, comme celle du Tibre à Rome, est naturellement trouble^. Cam),maisse clarifie facilement au moyen du filtrage; elle jouit alors d'un goût agréable et sain, auquel il est peut-être fait allusion, Jér. 2, 48.; de là aussi les louanges que les Egyptiens accordaient a leur fleuve, les honneurs qu'ils lui rendaient, et les récits exagérés faits de ses différentes vertus; il donnait la fécon-

dité aux hommes et aux animaux. Le Nil était, comme il l'est encore, fort poissonneux, Es. 49, 8., cf. Nomb. 11, 5., à tel point qu'une partie de la population ne se nourrit presque que de poissons dans les mois d'avril et de mai. Des crocodiles habitent ses rives ombragées, surtout dans la Haute-Egypte. — On comprend que les bienfaits des inondations du Nil aient fait considérer ce fleuve comme le bienfaiteur du pays, et lui aient mérité des païens les surnoms de bienveillant et de béni; les prophètes aussi, parmi les maux dont ils menacent l'Egypte, n'oublient pas de compter le dessèchement de ses marais et de ses canaux. Es. 19, 5. Ez. 29, 10. 30, 4 i. Les sept années d'abondance et les sept années de famine qui eurent lieu pendant l'administration de Joseph, ont dù se rattacher évidemment au plus ou moins grand accroissement des eaux du Nil, Gen. 41, 4. sq.

NIMRAH, Nomb. 32, 3., nommée aussi Beth- Nimra, Nomb. 32, 36. Jos. 13, 27., ville delà tribu de Gad, à 5 milles nord de Beth-Haran ou Livias, d'après Eusèbe qui l'appelle Belhnabris; Burckhardt croit en avoir vu les ruines. Les Talmudistes l'appellent Belh-Nimrin ou Beih-Namer. C'est dans ces environs, et un peu au nord, que Seetzen, dans sa carte, a dessiné une petite rivière appelée Nahar-Nimrim ou Wadychoaïb, qui coule vers le Jourdain; il est probable que c'étaient là les eaux de Nimrim, Es. 15, 6. Jér. 48, 34. Quelques auteurs ont cru que le voisinage de panthères (v. Léopard), avait fait donner ce nom à cette ville, mais il parait avec plus de raison, et la racine namer peut justifier l'un et l'autre sens, que Nimra était ainsi nommée à cause des eaux claires, transparentes et peutêtre minérales qui se trouvaient dans ses environs. Les prophètes, dans les passages cités plus haut, rattachent la ruine du pays au dessèchement des eaux et des puits par les ennemis, cf. 2 R. 3, 25.

NIMRIM. v. Nimrab, ci-dessus.

NIMROD (le rebelle), Gen. 40, 8-10. 1 Chr. 4, 40., fils de Cus et pelil-lils de Cam. L'historien sacré le dépeint comme un puissant chasseur devant l'Eternel, puissant sur la terre, et fondateur de Babel au pays deSiuhar : son nom était devenu proverbial et avait peut-être été chanté par les poètes. Sans que l'on puisse déterminer exactement la portée de ces expressions dans des temps aussi reculés, elles indiquent évidemment une grande puissance et une grande gloire. Il est probable que ce célèbre chasseur ne fut pas un conquérant moins célèbre ; il est probable aussi que, le premier, il substitua un règne au régime patriarcal; il est possible enfin qu'il ait dirigé la construction impie de la grande tour de Babylone, Gen. 44, 4., et Josèphe le rend probable. Il fonda Babel,

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Erec, Acead, et Calné, autant d'empires et de grandes villes auxquels l'histoire profane donne d'autres fondateurs, soit qu'elle n'ait pu remonter plus liant (J;iiis celle nuit de l'histoire, soit que le royaume de Nimrod se soil écroulé sur lui pour renaître plus lard sous d'autres chefs, comme les Gaules après Charlemagne, soit enfin que les Bélus, les Sémiramis, et les Ninusaient donné un lustre nouveau, une forme et une vie nouvelles a d'anciens établissements, à des amas de maisons, à des enclos qui n'avaient servi jusque-là qu'à des bergers ou à des chasseurs, et qui devaient recevoir les rois de la guerre et les chefs de la civilisation. Selon plusieurs commentateurs, Niinrod aurait aussi possédé l'Assyrie, et fondé Ninive sa capitale: ils s'appuient sur une traduction possible du v. 44, par laquelle les faits attribués à Assur appartiendraient à Nimrod, et ils font la remarque, assez plausible, que la généalogie de Cam, v. 6-20, se trouve, avec la traduction ordinaire de nos versions, interrompue, contre l'habitude des Orientaux, par la mention d'un membre de la famille de Sem, Assiir, ce qui est peu probable. Ou peut répondre cependant que ce verset épisodique se rattache intimement au contexte, et qu'il renferme peut-être l'histoire d'une rébellion heureuse de plusieurs habitants de Sinhar contre l'absolutisme du gouvernement de Nimrod, et leur séparation d'avec lui. N'inrod semble être mentionné dans Bérose sous le nom de Chomasbélus, filsd'Evéchoùs; Choimes-bélus, ou < hamols-Baal, signifie, eu effet, le Seigneur violent cl oppresseur, et ce nom est à peu près synonyme de celui de Nimrod. v. Rougemonl, Peuple prim., III, p. 77.

NINIVE (belle, agréable), appelée par les Grecs et les Romains Ninus, et dont le nom hébreu signifie demeure de Ninus, était la célèbre capitale de l'empire d'Assyrie. Son origine se perd dans les temps les plus reculés de l'histoire, Gen. 10, 14. Elle fut longtemps le séjour des rois, Nab. 3, 18. 2 R. 10, 36. Soph. 2, 13.; cf. les auteurs profanes, Cièsias, Strab.,2, 8i. Hérodol., 4, 193.5, 53. Plolém., 6, 4. Diod. de Sic, 2, 23. Tacit., Anu., 42, 43., etc. Elle était située sur la rive orientale du Tigre, et, si l'on en croit les historiens, ses murailles avaient 4 00 pieds de hauteur, et 1 o à 20 lieues de ch cuit; d'autres disent même davantage; elles étaient flanquées de quinze cents tours, dont chacune avait 200 pieds d'élévation. Le fleuve qui la traversait en partie, et ses solides murailles, la rendaient imprenable. Elle étaillecenlre du gouvernement, de la richesse, et d'un immense commerce, Nab. 2, 10. 4 2. 3, 4. 16. Les conséquences de celle prospérité furent l'orgueil et la di^oluiion, Nab. 3, t. Sardanapate en fut le triste et vrai représentant : huit siècles avant

Christ, vers l'an 747, au temps d'Achaz, sa capitale fut prise, après un siège de trois ans, par les Méfies, conduits par Arbacès. Celte ville recouvra un moment, sous Esar-Haddon, son ancien éclat; elle se releva ainsi que tout l'empire d'Assyrie, mais elle fut prise une seconde fois, en G2o, par Cyaxare roi des Mèdes et Nabopolassar roi de Babylone. Elle tomba pour ne plus se relever. Ainsi s'accomplirent, et à la lettre, les prophéties diverses éparsesdans le livre de Nahum, après qu'un repentir momentané, provoqué par les prédictions de Jonas-eut d'abord épargné Ninive, ou plutôt différé sa destruction, cf. Jon. 4-4, Soph. 2, 13., etc. Au moment de la dernière conquête de cette ville, un grand nombre d'exilés juifs vivaient ou végétaient captifs dans l'enceinte de ses murailles; v. Tobie 4, 44.41, 4 *. et ailleurs. Où sont-ils maintenant ces remparts de Ninive? s'écrie Volney; et plus de vingt siècles à l'avance le prophète juif lui répond : « L'Eternel réduira son lieu à néant. » En effet, l'on a ignoré longtemps jusqu'au lieu même où cette immense cité s'était enivrée de sa gloire; et si jusqu'au treizième siècle, Strabon, Tacite et Abulfaradsch semblent nous indiquer encore quelques vestiges de ses ruines, un village, ou un castellum, cette trace même a disparu depuis lors : vis-à-vis de Mossoul se trouve un petit hameau (pie l'on suppose avoir élé b.ili sur les décombres de Ninive, puis quelques lieues à la ronde, les villages de Nabih Jounus (le prophète Jouas), Nimrud, et la colline de Nunia. Cependant des recherches fuites dernièrement, paraissent avoir remis en évidence l'emplacement de l'antique Ninive.

Le premier voyageur qui ait étudié avec soin la plaine où s'étendait il y a vingt-cinq siècles celte splendide capitale, est James Rich résident anglais à Bagdad. Sa relation date de 1820 : elle excita l'attention du monde savant. Aussi quand M. Emile Botta, le neveu du célèbre historien, fut nommé en 1842 au poste de consul français à Mossul, il reçut des recommandations et des direclions.de l'Académie des inscriptions et belles-lettres de Pari>. Il commença ses fouilles au monticule de Kouyounjik qui s'élève à t;> minutes du Tigre, vis-à-vis de Mossul. Ses recherches restèrent longtemps infructueuses, il désespérait du succès, quand un pajs tn du village de Khorsabad. situé à 4 lieues de Mossu/ (et peuplé de Kurdes demi-sang croisé d'Arabes), lui apporta de grandes briques couvertes de caractères cunéiformes; il y envoya des ouvriers et fut ainsi amené à la découverte du premier palais assyrien, mis au jour sur le sol de Ninive. après avoir été enterré plus de vingtcinq siècles. Comme tous les palais d'Assyrie, ce palais était posté sur un monticule élevé de 42 à 13 m. au-dessus de la plaine. Ce monticule

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