‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 276 sur 398 · NIN · texte numérisé non relu

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voya une armée ayant à sa tête Tartan, à Asdod, chez les Phiistins. Elles nous disent que Hanon, roi de Gaza, s'était uni à Sébech, sultan d'Egypte, pour combattre le roi d'Assyrie. Uanon fut fait prisonnier de la. main de Sargon lui-même, qui envahit ses Etals. Il envoya pour soumettre Asdod un de ses lieutenants, le Tartan dont parle le prophète Esaïe. Ce Tartan était un général dont le litre, parfaitement identique, se trouve sur les inscriptions cunéiformes. Il marchait contre. Asdod la deuxième année de l'investissement de Samarie. Ce siège avait commencé, d'après les fastes assyriens, en 721 . JDonc la date précise qu'Esaïe donnait à sa prophétie contre l'Egypte et l'Ethiopie est l'année 719. v. Es. 20, 4. N'est-ce pas là un résultat fort intéressant de la lecture des inscriptions de Kborsabad? Ces divers passages se trouvent sur une longue inscription, qu'ont traduite récemment MM. J. Oppert et .Menant ; ils nous donnent de curieux détails, bien qu'uu peu monotones, sur les campagnes du lier monarque assyrien qui fondait une dynastie.

M. Place, qui succéda comme consul de France au consulat de Mossul, continua les fouilles a Niuive après le départ de M. Botta. Il découvrit une ville attenante au palais de Kborsabad. Sargon nous apprend lui-même qu'il fil bâtir une ville à laquelle il donna son nom, IlirsSargina. Les excavations de M. Place mirent à jour des constructions importantes popr l'étude de l'architecture assyrienne, ainsi qu'une foule d'objets intéressants qui sont déposés dans le Musée du Louvre. Ce fut lui, qui découvrit un vaste cellier rempli d'énormes jarres, alignées avec soin el dans lesquelles il a ou distinguer 1 s .traces du vin desséché. Il découvrit aussi les portes de la ville ornées de taureaux ailés, avec, une voie cyclopécnne, etc.. Deux des superbes taureaux du Louvre viennent d'une de ces portes. „ .

Un autre monticule du site de Niuive, fut exploré par un anglais, M. A. 11. La yard» Ce monticule est appelé Nimroud par les Arabes; il est au confluent du Zab (ancien Lyeus) et du Tigre, a 4 heures de marche de Mossul. Quatre palais s'y trouvaient enfouis. De même que ppur le.pa'ai* de Kborsabad, les inscriptions lues plus tard ont. appris que le premier palais trouvé sous ce monticule -a eu pour fondateur un Sardanapale (930 av. J.-C-). Le second palais, celui du centre, a été fondé par son fils du nom «ïe Temenb.tr ou Salmanéser III, vers l'an 900 ou 885. Le troisième palais appartient au roi Esarhaddou, l'an 090. Le quatrième, dans lequel on a trouvé quelques salles, a eu pour fondateur un roi nommé Shamasphal; sa date est de( l'an 8U0 envirtui. .

Le palais de Sardanapale est le plus ancien

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de tous les palais découverts jusqu'ici à Ninive. On en a déblayé 28 salles ou passages. Les sculptures sont généralement intactes, car ce palais n'a pas été détruit parle feu comme les autres palais de Ninive jusqu'ici mis au jour. Les bas-reliefs sont ce que l'art assyrien produisit probablement jamais de plus parfait.

Le palais d'Esarhaddon était dans un état de ruine qui prouve qu'il a été détruit par le feu. On a trouvé des amas de charbons en plusieurs endroits et les plaques de marbre étaient plus ou mojns calcinées. Aucune n'a pu être envoyée en Europe.

Sur l'emplacement du palais du centre, M. Layard a trouvé un obélisque fort curieux, en basalie noir, sculpié sur les quatre faces; il y a vingt petits bas-reliefs accompagnés d'une longue inscription explicative de 210 lignes. Le sujet des bas-reliefs a rapport a des expéditions du monarque assyrien. On Introduit devant le roi des hommes qui conduisent divers animaux et portent divers objets comme tributs des peuples soumis. Sir Henri Rawlinson a traduit cette longue inscription. C'est la chronique des trente et une premières années du roi Temenbar. Sur un des bas-reliefs de eet obélisque, on voit les dt putes d'un roi dont le nom se lit sur l'inscription, Jahua d'Omri ; leurs traits et leur costume les font reconnaître pour Israélites; le Dr Hineks croit que ce sont les envoyés de Jéhu roi de Samarie. La date de ce monument tomberait donc aux environs de l'an 875 av. C. La Bible se tait sur celte circonstance; cependant on peut supposer que Jehu, qui déploya beaucoup de vigueur pour extirper de Samarie le culte des fauxdieux, chereba à détourner par des présents, la colère du monarque, promoteur de celte idolâtrie.

Sir H. Rawlinson a aussi trouvé une inscription appartenant au roi Pbulukh ; c'est le Pbul de la Bible : l'inscription mentionne son expédition dans la Syrie et rappelle le tribut imposé à Samarie ; une nouvelle confirmation des saintes Ecritures.

Après avoir exploré tout le monticule de Nimroud, M. Layard se rendit à Kouyounjik, grand monticule situé vis-à-vis de Mossul, sur la rive gauehe du Tigre. Ce fut là qu'il découvrit, profondément enterré, un superbe palais, celui de Sanchérib, si fameux dans les annales des Juifs. On se rappelle sa campagne contre Ezécbias. Esaïe nous laconte que le roi assyrien lui imposa un tribut de 30 talents d'or et 300 d'argent, et que pour payer ce tribut Ezécbias enleva les trésors du temple. Le prophète nous rapporte la harangue arrogante de l'envoyé de Sanchérib sous les remparts de Jérusalem, les supplications d'Ezéchias à l'Eternel et sa merveilleuse délivrance. Or, Layard a trouvé dans le palais de Kouyounjik une inscription, aujour-

d'hui déposée au Musée Britannique, qui renferme les annales de la troisième année du règne de Sanchérib. Sir H. Rawlinson Ta traduite. Cet te fameuse inscription, confirme le récit d'Esaîe-; l'accord s'étend jusqu'au nombre des talents d'or et d'argent.

Le palais de Kouyounjik offrit aux explorateurs 71 salles, chambres ou passages, décorés de bas-reliefs et d'inscriptions, et 27 portails gardés par des taureaux ailés et des sphinx à têtes de lions. On voit sur une dalle des salles un bas-relief représentant le siège de Lakis Es. 36, 2., au sud de Jérusalem, Sanchérib est assis sur son trône devant les murs de la ville; des femmes et des enfants implorent miséricorde, et des soldats font subir aux Juifs d'atroces cruautés. Au-dessus du trône du roi on lit ces mots : « Sennachérib le roi puissant, le roi du pays d'Assur assis sur le trône du jugement devant la ville de Lakisch. — J'ai donné la permission de les massacrer. »

Sir H. Rawlinson découvrit sous le même monticule un nouveau palais, vaste et magnifique, rempli de riches sculptures; il envoya au musée de Londres 70 dalles choisies parmi les plus belles. Les sujets des bas-reliefs sont principalement des sujets de chasse; les scènes sont plus diversifiées que dans les autres palais, le dessin et l'exécution plus parfaits. Ce nouveau palais était celui de Sardanapale V, ou Asshorbani-Pal, petit-fils de Sanchérib. C'est dans une des salles de ce palais que M. Layard, à son retour à Ninive, a trouvé une curieuse collection de plusieurs milliers de briques couvertes d'inscriptions; c'était sans doute un dépôt d'archives et une bibliothèque. Ce palais a été fondé aux environs de l'an 650 av. C. Son fondateur a été l'avant dernier roi de Ninive. On pense que ce fut sous son fils Assur-dan-il, que Ninive fut détruite par Cyaxare et Nabopolassar.

Ces palais de Ninive étaient des espèces de musées nationaux où chaque roi faisait sculpter ses batailles et ses conquêtes. — C'étaient des séries interminables de sièges, de sacs de villes, de combats, de supplices ou de scènes de triomphe. Ces bas-reliefs nous donnent une idée saisissante de l'énergie et de la cruauté de celle flère nalion assyrienne ; ils sont une frappante illustration de beaucoup de passages des livres saints, et jettent souvent une vive lueur sur plusieurs points obscurs qui embarrassaient les commentateurs.

L 'artiste ninivite a un type constant pour le dessin de ses figures, comme en Egypte il était tenu de ne point s'écarter de formes fixées, immuables : toujours le même costume, les mêmes emblèmes; il rend autant que possible la saillie des muscles, il se complaît daus les ornements, la chevelure, la barbe, toujours bouclée d'une

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